Flash conjoncture France - Quelle orientation des ventes de voitures, thermiques et électriques, au 1er trimestre 2026 ?
En janvier, les immatriculations de voitures particulières neuves (VPN), c’est-à-dire les véhicules destinés au transport de personnes (à la différence des véhicules utilitaires), ont reculé de −0,4 % en variation mensuelle (CVS-CJO), après un net repli en décembre (−2,1 %), selon le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique. Le repli de janvier s’explique surtout par la diminution des ventes auprès des entreprises (−0,7 %, après −3,6 %), même si celles aux ménages baissent également (−0,1 %, après −0,4 %, cf. graphique 1).
L’acquis de croissance pour le 1er trimestre à janvier s’établit à −1,6 %, après une hausse de +2,5 % au 4e trimestre 2025. Les entreprises tirant largement ce chiffre vers le bas (acquis de −2,3 %, contre −0,8 % pour les ménages), alors que la hausse du 4e trimestre était autant attribuable aux entreprises (+2,4 %) qu’aux ménages (+2,6 %).
Graphique 1 : Immatriculations de voitures particulières neuves par mois depuis 2021 – tendance en pointillés
Le repli de janvier ne provient pas des voitures électriques : leurs immatriculations rebondissent fortement (+21,7 % en variation mensuelle, après −6,4 %), même si les ventes électriques sont généralement plus volatiles. Ce rebond s’observe auprès des entreprises (+25,3 %, après −14,3 %), tandis que les ventes aux ménages accélèrent (+18,9 %, après +0,8 %). La part de l’électrique dans les ventes de voitures augmente en janvier (28,1 %, après 21,7 % en décembre). Les ventes dans l’électriques avaient augmenté de +11,7 % en 2025 par rapport à 2024 (cf. graphique 2).
Graphique 2 : Évolution des ventes mensuelles de voitures électriques (base 100 en 2021) et répartition des ventes (axe de droite)
Le retard de l’adoption du budget 2026 a entretenu une incertitude sur la fiscalité des flottes, susceptible d’avoir conduit certaines entreprises à différer leurs achats. Cet attentisme expliquerait le repli attendu au 1er trimestre, après un 4e trimestre très dynamique. La levée de l’incertitude budgétaire plaide désormais pour une reprise graduelle des achats de véhicules par les entreprises au cours de 2026.
En parallèle, la forte hausse des ventes de voitures électriques peut s’expliquer par des mesures préalablement actées, qui sont entrées en vigueur au 1er janvier 2026 (puis ont été confirmées ou durcies dans le budget 2026), rendant l’acquisition de véhicules électriques plus favorables :
- Le malus CO2, qui taxe à l’immatriculation d’un véhicule en fonction de ses émissions de carbone, a été renforcé au 1er janvier 2026. Cette hausse du barème a eu lieu chaque année depuis 2020 et cette trajectoire de renforcement se poursuit jusqu’en 2027. Ce malus englobe donc chaque année un plus grand nombre de véhicules thermiques.
- Le malus masse, qui taxe l’immatriculation d’un véhicule en fonction de sa masse, devient également plus contraignant, puisqu’il s’applique désormais à des véhicules moins lourds, auparavant exonérés : la LFI 2025 a prévu un abaissement du seuil de déclenchement à 1 500 kg à partir du 1er janvier 2026 (contre 1 600 kg en 2025). Les véhicules électriques restent exonérés de ce malus masse.
- La taxe annuelle incitative au verdissement des flottes, qui concerne les entreprises disposant de plus de 100 véhicules si elles n’atteignent pas un certain pourcentage de véhicules à faibles émissions, a été relevée, ce qui est de nature à inciter les entreprises à renouveler et verdir leur flotte (une nouvelle augmentation est prévue pour 2027).
- Le montant du bonus écologique (prime coup de pouce), qui subventionne les acquisitions de voitures électriques pour les ménages, a été revu à la hausse, du fait de la hausse du cours des certificats d’économie d’énergie.
Au total, janvier peut donc refléter à la fois (i) un attentisme des entreprises tant que le cadre budgétaire n’était pas stabilisé et (ii) l’effet des évolutions de la fiscalité à l’achat des véhicules thermiques applicables dès le 1er janvier 2026, renforçant l’accélération des ventes de voitures électriques déjà lancée en 2025.