Flash conjoncture France - En janvier, l’inflation s’établit à +0,3 % sur un an
En janvier 2026, l’inflation s’établit à +0,3 % sur un an (après +0,8 % en décembre) d’après l’estimation provisoire publiée par l’Insee mardi 3 février. Il s’agit du point d’inflation le plus bas depuis décembre 2020.
Une partie de cette baisse s’explique par un effet de base (hausse de +0,2 % sur un mois en janvier 2025) :
- En janvier 2025, les prix des « autres services » avaient augmenté de +0,8 % sur un mois, entrainés par la hausse exceptionnelle des prix des crèches (+7,5 % sur un mois) et, dans une moindre mesure, des prix des assurances, avec la hausse de la surprime CatNat (catastrophes naturelles). Par ailleurs, les prix des services de santé augmentaient de +2,4 % sur un mois, tirés par la revalorisation des consultations de médecine générale (passées de 27 € à 30 €). La revalorisation des actes de kinésithérapie en janvier 2026 aurait un effet plus limité sur les prix des services de santé que les revalorisations de l’an dernier.
- En janvier 2025, les prix des produits pétroliers avaient fortement augmenté (+2,8 % sur un mois), dans le sillage d’une hausse d’environ +7 % des cours du Brent. En janvier 2026, les cours du Brent ont également augmenté, mais de façon plus modérée que l’an dernier (+5 % sur le mois).
La forte baisse de l’inflation en janvier 2026 (−0,3 % sur un mois) s’explique cependant surtout par des facteurs saisonniers ponctuels en ce début d’année. En particulier, le repli des prix des produits manufacturés s’est nettement accentué sur un an, passant de −0,4 % sur un an en décembre à −1,2 % en janvier, ce qui s’explique par l’effet des soldes sur les produits d’habillement-chaussures (voir infra) et sur les « autres produits manufacturés ».
Empiriquement, la baisse saisonnière de l’habillement-chaussures observée en janvier dépend du nombre de jours de soldes inclus dans la collecte terrain de l’Insee. Depuis 2017, on observe une atténuation de la baisse mensuelle des prix de l’habillement-chaussures en janvier qui coïncide avec une diminution du nombre de jours de soldes dans la collecte de l’Insee. L’impact sur les prix d’un jour de soldes supplémentaire semble également s’être atténué : d’après nos estimations, la baisse des prix de l’habillement-chaussures associée à un jour de soldes collecté supplémentaire s’est réduite de moitié entre 2015 et 2025 (environ −0,5 pt par jour de soldes collecté en 2025 contre −1,0 pt en 2015). Cette année, la collecte IPC inclut 5 jours de soldes de plus qu’en 2025, ce qui amènerait la variation mensuelle de l’IPC habillement-chaussures autour de −10 % sous l’hypothèse d’un effet solde similaire à celui de 2025.
L’inflation en France se situe à un niveau nettement inférieur aux autres grandes économies de la zone euro en janvier 2026 : en termes d’IPCH, elle s’établit à +0,4 % sur un an en France, contre +1,0 % en Italie, +2,1 % en Allemagne et +2,5 % en Espagne. Cet écart, apparu dès février 2025, reflète l’ajustement avec retard des prix de l’électricité en France suite à la baisse des prix de gros, en raison de la règle d’indexation des tarifs réglementés. Il est aussi le résultat d’une inflation énergétique plus contenue au moment du choc inflationniste, qui s’est ainsi moins propagée aux autres composantes de l’inflation. On devrait toutefois observer un rebond de l’inflation en février 2026, tiré par un effet de base sur les prix de l’énergie et par un contre-coup de l’effet saisonnier des soldes sur les prix des produits manufacturés.