Selon les comptes nationaux, la contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB a fortement rebondi au 3e trimestre (+0,6 pt), après avoir été négative au 1er semestre (−0,4 pt au 2e trimestre après −0,6 pt au 1er trimestre). L’acquis de contribution pour l’année 2025 reste toutefois négatif, à −0,7 pt, après +1,3 pt en 2024.

Au 1er semestre, le commerce extérieur français a été pénalisé par des retards de livraisons aéronautiques. Des difficultés d’approvisionnement persistantes ont conduit à des reports de livraisons : seuls 306 avions ont été livrés au 1er semestre 2025, contre 323 sur la même période en 2024, alors même que la cible annuelle était plus élevée en 2025 (820 appareils annoncés en début d’année, contre 800 début 2024). Les principaux goulots d’étranglement concernaient les moteurs et les toilettes, paralysant la livraison de dizaines d’appareils et entraînement une accumulation de stocks. En comptabilité nationale, la production d’un avion est enregistrée comme une hausse des stocks jusqu’à sa livraison, sa valeur progressant au rythme des coûts engagés ; lors de la livraison des avions à des non-résidents, cela se traduit par une hausse des exportations accompagnée par une baisse équivalente des stocks, avec un effet net sur la croissance du PIB négligeable.

Au 3e trimestre, la levée progressive de certaines contraintes d’approvisionnement, conjuguée à la montée en cadence d’Airbus, a permis un net rebond des livraisons, soutenant fortement les exportations. Les exportations de matériels de transport (qui ne se limitent pas à l’aéronautique mais incluent notamment l’automobile) ont ainsi progressé de +13,4 % selon les comptes nationaux du 3e trimestre. 

Graphique 1 : contributions aux variations trimestrielles des exportations

  Contributions aux variations trimestrielles des exportations

Note de lecture : au 3e trimestre, les exportations ont progressé de +3,2% tirées par les exportations de matériels de transport (C4) qui ont contribué à hauteur de +1,9 pt et les autres biens manufacturés dont la contribution s’élève à +1,0 pt.

En décembre 2025, Airbus a toutefois revu à la baisse ses prévisions annuelles, ramenant sa cible de 820 appareils à « autour de 790 », en raison d’un « problème de qualité » sur les panneaux de fuselage affectant la production des A320. L’entreprise a finalement annoncé en début de semaine avoir légèrement dépassé cet objectif révisé, avec 793 livraisons sur l’année, soit une hausse de +3,5 % par rapport à 2024 (+27 appareils). L’évolution des livraisons en 2025 se décompose comme suit : une hausse des court-courriers A220 (+18 après +7 en 2024), ainsi que des moyen-courriers A320 (+5 après +31) et des long-courriers A330 (+4 après 0), tandis que les livraisons de long-courriers A350 sont restées stables (0 après −7). 

Graphique 2 : livraisons d’Airbus dans le monde (nombre d’avions, cumul sur l’année)  Livraisons d’Airbus dans le monde (nombre d’avions, cumul sur l’année)

 Note de lecture : malgré une montée en cadence de production en 2025, Airbus n’a pas encore retrouvé son niveau de production record de 2019 (863 appareils)

En 2026, l’allégement des contraintes d’approvisionnement devraient soutenir la montée en cadence prévue par Airbus. Dans ce contexte, les exportations aéronautiques devraient continuer à soutenir le commerce extérieur français.