Dans le cadre des travaux du Comité Coeuré, la DG Trésor a développé un outil de micro-simulation permettant d’estimer l’impact de la crise, ainsi que des mesures mises en place pour y répondre, sur la situation financière des entreprises françaises. Les résultats montrent que si celle-ci s’est dégradée en 2020 par rapport à une année sans crise, les politiques publiques – l’activité partielle surtout et, pour les petites entreprises, le fonds de solidarité – ont fortement limité cet impact.

La série des Documents de Travail présente des travaux menés au sein de la DG Trésor, diffusés dans le but d’éclairer et stimuler le débat public. Ces travaux n’engagent que leurs auteurs.


La crise liée à la pandémie de Covid-19 a eu un impact majeur sur l’économie, et en particulier sur les entreprises. La DG Trésor a développé un outil de micro-simulation permettant d’estimer l’impact de la crise sur la situation financière des entreprises au niveau individuel, ainsi que l’effet des mesures mises en place. Cet outil repose sur un modèle comptable similaire à celui employé par plusieurs travaux récents, mais il a l’avantage d’intégrer des données individuelles observées sur l’année 2020 concernant le choc subi par les entreprises et les dispositifs de soutien dont elles ont bénéficié. Il repose ainsi sur des données récentes, entreprise par entreprise, sur l’évolution du chiffre d’affaires, de l’emploi, de la masse salariale, ainsi que sur le recours à l’activité partielle, au fonds de solidarité et aux reports de cotisations sociales. Un tel outil permet de simuler l’évolution de la liquidité, de la solvabilité et de l’endettement des entreprises au niveau individuel, en tenant compte de l’hétérogénéité des entreprises. Les résultats montrent que si la situation financière des entreprises s’est dégradée en 2020 par rapport à une année sans crise, les politiques publiques – en premier lieu l’activité partielle et, pour les petites entreprises, le fonds de solidarité - ont fortement limité le nombre d’entreprises illiquides ou insolvables. L’impact de la crise est en outre très différencié selon les secteurs et l’insolvabilité touche des entreprises plus productives qu’habituellement. L’augmentation de l’endettement des entreprises en 2020 risque de peser sur l’investissement en phase de reprise de l’activité : selon notre modélisation dynamique de l’investissement des entreprises sous contraintes financières, le surcroît d’endettement des entreprises pourrait conduire à un moindre investissement d’environ 2 % en phase de reprise. Une modélisation similaire sur la R&D suggère que celle-ci est en revanche plus résiliente à la dégradation de la situation financière des entreprises.

 

 

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