La forte mortalité des start-ups lors de la phase d’industrialisation (« Vallée de la mort ») apparaît plus faible en France en comparaison internationale. Les besoins de financements externes soutenus des start-ups les rendent vulnérables aux « acquisitions prédatrices », dont le but est de supprimer l’innovation de la cible. Ces acquisitions demeurent néanmoins modérées (moins de 6 % des achats de start-ups par des grands groupes en France).

La série des Documents de Travail présente des travaux menés au sein de la DG Trésor, diffusés dans le but d’éclairer et stimuler le débat public. Ces travaux n’engagent que leurs auteurs.

 Le rachat de start-up est souvent source de crispation. Pour cause, de telles acquisitions posent des questions essentielles en termes notamment d’indépendance technologique, de concurrence mais aussi d’innovation (ce que l’on nomme dans la littérature économique récente « acquisitions prédatrices »). Aussi, cet article a pour ambition d’évaluer l’impact d’une prise de participation financière sur les performances d’une start-up. À partir de données françaises récentes et en utilisant une méthode de « diff-in-diff » avec appariement sur le score de propension, nous estimons que le rachat d’une start-up n’a aucun impact significatif sur l’intensité en R&D mais permet d’augmenter significativement les performances en aval (chiffre d’affaires et effectif notamment) de l’entreprise. Nous interprétons ce résultat comme le fait que le rachat d’une start-up permet l’industrialisation de l’innovation qu’elle porte. À partir de nos résultats, nous proposons également une quantification indirecte de la prévalence des « acquisitions prédatrices » que nous estimons à un taux faible, situé entre 1 % et 6 % des acquisitions.

 

DT-2021-01