En France, la consommation de chaleur représente près de la moitié de la consommation finale d'énergie. Ce secteur est aujourd'hui encore largement carboné (le gaz, le fioul et le charbon représentent plus de 60 % de la production de chaleur) et constitue donc un enjeu majeur pour la décarbonation de l'économie.

Le bois énergie, utilisé essentiellement pour la production de chaleur, est aujourd'hui la première source d'énergies renouvelables consommée en France, devant l'hydraulique. La France est néanmoins en retard sur ses objectifs de chaleur renouvelable : 20,7 % de la production de chaleur était d'origine renouvelable en 2016, alors que l'objectif fixé était de 25,5 %.

Les énergies renouvelables (EnR) thermiques sont en général quasiment aussi compétitives que les moyens carbonés de production de chaleur (gaz, pétrole). Elles présentent donc un coût de la tonne de carbone évitée relativement faible et inférieur à celui des EnR électriques comme l'éolien ou le solaire (cf. graphique).

La mise en place d'un prix du carbone élevé est le principal outil de soutien à la chaleur renouvelable. La hausse votée en loi de finances pour 2018 de la trajectoire de la composante carbone, qui atteindra 86,2 € par tonne de carbone en 2022, va ainsi nettement augmenter la compétitivité des EnR thermiques.

Néanmoins, la présence de barrières à l'investissement (comme le manque d'information ou les difficultés d'accès au crédit), justifie le maintien d'un soutien public notamment via le fonds chaleur et le crédit d'impôt transition énergétique, pourvu qu'ils soient ciblés sur les technologies les plus efficaces, et de normes thermiques pour les constructions.

Trésor-Éco n° 222