Les pays du Maghreb ont amorcé leur transition démographique à partir des années 1940-1950 en raison de la baisse de la mortalité infantile. La seconde phase a débuté dans les années 1960 avec la planification des naissances et la baisse consécutive de la fécondité. L'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont connu une mutation rapide de la structure par âge de leur population. Cette situation devrait leur être profitable jusqu'en 2050. La proportion de la population en âge de travailler augmentera avant de connaitre un vieillissement à l'instar des pays développés.

L'augmentation massive de la population en âge de travailler peut représenter un gain de croissance important pour les pays du Maghreb à condition qu'ils trouvent la voie d'une croissance plus inclusive et durable.

Pour l'instant, le marché du travail se caractérise surtout par un niveau élevé du chômage des jeunes et un faible niveau d'insertion des femmes. L'insertion des jeunes sur le marché du travail se heurte à un modèle de développement économique insuffisamment créateur d'emplois, auquel viennent s'ajouter des formations en décalage avec les besoins du marché et le déficit d'emplois décents dans le secteur formel. Si les flux migratoires permettent de détendre la pression sur le marché de travail et de mieux équilibrer les comptes externes, des réformes structurelles telles que mises en œuvre par certains pays asiatiques dans les années 1970 et même en Europe permettraient aux pays du Maghreb de mieux profiter de ce bonus démographique.

Autre défi à moyen terme, le Maghreb devra faire face au vieillissement de sa population à l'horizon 2050, à des niveaux toutefois différents selon les pays. Anticiper l'impact du vieillissement de la population implique de préserver la viabilité financière des régimes de protection sociale et de s'interroger sur les réformes de leur financement et de leur fonctionnement dans un contexte où les solidarités intergénérationnelles continuent de jouer un rôle important.

Trésor-Éco n° 211