On peut analyser le commerce international en termes de valeur ajoutée nationale contenue dans les échanges. Ceci permet d’identifier les contributions stricto sensu des économies, en excluant l’apport d’autres pays intervenant dans le processus de production.

Dans l’approche en valeur ajoutée, les soldes commerciaux agrégés de chaque pays correspondent aux soldes commerciaux habituels, mais les soldes bilatéraux entre pays et les soldes sectoriels peuvent différer significativement de l’approche classique. Ainsi, les principaux déficits extérieurs bilatéraux français (Chine et Allemagne en 2011) sont plus faibles en raisonnant en valeur ajoutée, parce que la Chine et l’Allemagne exportent vers la France des produits incorporant des intrants importés d’autres pays. En outre, le secteur exportateur français apparaît moins dépendant du marché européen.

En revanche, le rôle relatif des secteurs d’activité dans le déficit de la balance des biens et services de la France est peu modifié en passant des données traditionnelles à celles exprimées en valeur ajoutée.

Les données de commerce en valeur ajoutée suggèrent que la France est de plus en plus insérée dans les chaînes de valeur mondiales (CVM). En 2011, le niveau de participation de la France aux CVM se situait dans la moyenne des pays de l’OCDE.

La France était positionnée légèrement en aval des CVM cette année-là, à l’instar de l’Allemagne, alors que la plupart des principales économies développées (États-Unis, Japon, Royaume-Uni notamment) sont davantage en amont.

Pour développer des activités à forte valeur ajoutée figurant en amont des chaînes de valeur (activités de conception, de R&D, etc.), la France devrait favoriser davantage l’innovation. Cela lui permettrait également d’être moins vulnérable aux chocs d’offre potentiels de pays positionnés plus en amont des CVM.

Les obstacles au commerce international se cumulant le long des chaînes de valeur, ils nuisent davantage aux pays très intégrés dans les CVM. Autrement dit, les bénéfices de la mise en oeuvre de politiques de libéralisation commerciale seraient a priori importants pour ces pays. 

 

Graphique du numéro sur la valeur ajoutée

Sources : OCDE, Commission européenne, DG Trésor.