Entre 2013 et 2016, l'inflation, au sens de l'indice des prix à la consommation, a été de près d'1 point plus faible que prévu dans les projets de loi de finances (PLF). Cela peut refléter une plus grande difficulté à prévoir l'inflation dans un contexte économique exceptionnel (inflation très faible, taux directeurs de la Banque Centrale Européenne contraints par le plancher du taux zéro, mise en place de nouveaux instruments) ou des causes plus classiques, comme les fluctuations imprévues du taux de change et du prix de l'énergie.

Depuis 2000, les prévisions d'inflation du PLF ont été sans biais : les écarts entre la prévision et la réalisation ont été nuls en moyenne, même si certaines années ils ont pu être conséquents (cf. graphique ci-dessous). Sur la même période, les écarts de prévisions du PLF ont toujours été du même ordre de grandeur que ceux des autres organismes de prévisions (Fonds Monétaire International, Commission Européenne ou Consensus des économistes) avec un écart absolu moyen de 0,6 point.

La plus grande partie de l'écart de prévision s'explique par les variations non prévues des prix de l'énergie. Les fluctuations des cours du pétrole et du change, qui interviennent après le gel utilisé de manière conventionnelle au moment de la prévision du PLF, ont contribué à plus de la moitié de l'écart de prévision de l'inflation totale sur la période 2007-2016 (en valeur absolue).

Les évolutions des prix du pétrole et du change affectent à la fois l'inflation énergétique et l'inflation sous-jacente. Ainsi, une dépréciation de l'euro renchérit le prix des consommations intermédiaires des entreprises. De même, une hausse du prix du pétrole se traduit par une hausse du prix des intrants des entreprises, mais également à terme par une hausse des revendications salariales, les salariés voulant conserver leur pouvoir d'achat suite à l'accroissement des prix à la pompe. Dans les deux cas, les entreprises passeront une partie de leurs hausses de coûts dans leurs prix de vente.

La mise en œuvre de mesures de politiques économiques désinflationnistes (crédit d'impôt compétitivité emploi, pacte de responsabilité et de solidarité) et l'effet sur les prix plus fort qu'attendu de l'accroissement de la concurrence dans certains secteurs (téléphonie mobile, grande distribution) expliquent également une partie des écarts constatés depuis 2013 sur l'inflation sous-jacente.

Pour l'année 2017, l'inflation a été révisée à la hausse par rapport au PLF 2017 dans le Programme de stabilité d'avril 2017 de 0,8 % à 1,2 %. Cela traduit essentiellement le rebond des prix du pétrole observé entre l'automne 2016 et le printemps 2017.

 Trésor-Éco n° 198