Après deux années de ralentissement, l'activité mondiale accélèrerait en 2017 et dans une moindre mesure en 2018. Cette accélération serait portée à la fois par les économies avancées, en premier lieu les États-Unis, et par les économies émergentes, suivant l'amélioration de la situation en Russie et au Brésil.
Aux États-Unis, après la dissipation du trou d'air de 2016, l'activité devrait accélérer en 2017 et 2018, en lien avec les mesures de soutien à l’activité prévues par la nouvelle administration. De même, l'activité japonaise accélèrerait en 2017, portée par un plan de relance massif, puis ralentirait légèrement en 2018. Au Royaume-Uni, l'activité ralentirait et l'incertitude entourant les négociations sur sa sortie de l'Union Européenne (UE) pénaliserait la croissance britannique d'environ un point au total en 2017 et 2018.
La reprise de l’activité que connaît la zone euro depuis 3 ans se poursuivrait à un rythme quasi-stable. Le soutien monétaire de la BCE se poursuivrait mais la hausse de l'inflation induite par la remontée des prix de l'énergie pèserait sur le pouvoir d'achat des ménages. Les écarts de trajectoire entre grands pays de la zone reflèteraient notamment des différences d'orientation des politiques budgétaires.
Dans les économies émergentes, les perspectives économiques sont contrastées : la situation s'améliorerait au Brésil et en Russie, tandis que la croissance diminuerait en Chine et resterait inférieure à sa tendance en Turquie. En Inde, l'activité ralentirait en 2017 puis accélèrerait en 2018.
Après deux années de ralentissement, le commerce mondial se redresserait en 2017 et accélèrerait modérément en 2018. La demande mondiale adressée à la France afficherait un profil similaire sur l'horizon de prévision.
De nombreux facteurs d'incertitude entourent ce scénario : politique de la nouvelle administration aux États-Unis, ampleur des effets du référendum britannique, orientations de politique budgétaire et résultats des élections à venir en Europe. Dans les économies émergentes, des tensions politiques, géopolitiques et financières subsistent et le rééquilibrage chinois reste associé à des risques importants, même si les réformes mises en œuvre en Inde pourraient conduire à une croissance plus importante que prévu. Enfin, si des mesures protectionnistes étaient mises en place, elles pourraient freiner le rebond du commerce mondial observé fin 2016.

Trésor-Éco n° 194