L'analyse du surplus distribuable traite de la manière dont sont partagés les fruits de la croissance. Le surplus distribuable est la part de la croissance du PIB disponible pour améliorer la rémunération réelle des facteurs de production. C'est donc la part de la croissance qui ne sert pas à rémunérer l'accroissement en volume des facteurs de production. Ce surplus est constitué des gains de productivité et de l'évolution du prélèvement opéré par le reste du monde, au travers des variations des termes de l'échange.
Le surplus distribuable est réparti entre les salariés et les non-salariés, via des évolutions des rémunérations horaires, et les détenteurs du capital, via des évolutions de la rémunération du capital.
Sur longue période, le surplus distribuable a fortement diminué en moyenne, principalement en raison du ralentissement de la productivité. De fait, après avoir représenté près de deux points de PIB dans les années 1980, le surplus distribuable est en moyenne annuelle inférieur à un point de PIB depuis le début des années 1990, et a encore baissé depuis la crise financière de 2008-2009.
D'une année à l'autre, le surplus distribuable varie en fonction de la conjoncture, en premier lieu le prix de l'énergie mais également le cycle de productivité. En France, ces chocs sont principalement absorbés par la rémunération du capital à court-moyen terme. Ce phénomène a été particulièrement important lors de la récession de 2008-2009, et jusqu'en 2013.

Trésor-Éco n° 189