Après avoir baissé en 2015 dans le sillage des économies émergentes, la croissance mondiale montre de nouveaux signes de fragilité en 2016. L'activité mondiale est notamment pénalisée par un trou d'air aux États-Unis au 1er semestre. Elle devrait accélérer en 2017 portée par un regain de dynamisme américain et les sorties graduelles de récession au Brésil et en Russie.L'incertitude consécutive au référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE) pénaliserait la croissance britannique d'environ un point au total en 2016 et 2017. À cet horizon, l'impact proviendrait essentiellement d'une détérioration de la confiance des entreprises et des ménages, d'une dégradation des conditions financières et d'une hausse possible de la volatilité sur les marchés. Ce ralentissement britannique affecterait de façon limitée la croissance en zone euro. Ainsi, la croissance qui s'est encore renforcée début 2016 n'augmenterait plus en 2017 en lien avec la dissipation progressive de f

Après avoir baissé en 2015 dans le sillage des économies émergentes, la croissance mondiale montre de nouveaux signes de fragilité en 2016. L'activité mondiale est notamment pénalisée par un trou d'air aux États-Unis au 1er semestre. Elle devrait accélérer en 2017 portée par un regain de dynamisme américain et les sorties graduelles de récession au Brésil et en Russie.

L'incertitude consécutive au référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE) pénaliserait la croissance britannique d'environ un point au total en 2016 et 2017. À cet horizon, l'impact proviendrait essentiellement d'une détérioration de la confiance des entreprises et des ménages, d'une dégradation des conditions financières et d'une hausse possible de la volatilité sur les marchés. Ce ralentissement britannique affecterait de façon limitée la croissance en zone euro. Ainsi, la croissance qui s'est encore renforcée début 2016 n'augmenterait plus en 2017 en lien avec la dissipation progressive de facteurs externes positifs (baisse des prix du pétrole et dépréciation de l'euro) et l'effet du Brexit.

Aux États-Unis, l'activité devrait accélérer en 2017 après la dissipation du trou d'air de 2016, lui-même lié à l'appréciation passée du dollar et à la difficulté du secteur pétrolier pénalisé par la faiblesse des prix du pétrole. De même, l'activité japonaise accélèrerait en 2017, portée par un plan de relance massif. Dans les économies émergentes, la croissance serait globalement un peu plus dynamique en 2017 qu'en 2016 malgré une poursuite du ralentissement en Chine et un freinage attendu en Turquie. Cela s'expliquerait principalement par les sorties de récession en Russie et au Brésil.

Le commerce mondial poursuivrait son ralentissement en 2016, du fait d'importations décevantes en zone euro et en Chine au 1er semestre et du ralentissement de la demande intérieure des pays anglo-saxons. Il accélèrerait graduellement en 2017, grâce notamment au plus grand dynamisme de l'activité. La demande mondiale adressée à la France suivrait un profil similaire, tout en gardant un rythme de croissance supérieur à celui du commerce mondial, les exportations françaises dépendant moins des économies émergentes que le commerce mondial.

L'ampleur des effets du référendum britannique reste incertaine. La croissance du Royaume-Uni sera sensible aux avancées des négociations sur la sortie de l'UE, tandis que le policy-mix britannique pourrait être modifié pour davantage soutenir la croissance. Les orientations de politique budgétaire représentent également un aléa important, notamment au Japon où le timing et l'ampleur du plan de relance sont incertains. Dans les économies émergentes, des tensions politiques et financières subsistent et le rééquilibrage chinois reste associé à des risques importants. À l'inverse, la reprise attendue au Brésil et en Russie en 2017 pourrait être plus forte que prévu au vu des récents signaux conjoncturels encourageants. Les aléas pesant sur ce scénario économique international apparaissent équilibrés.

Trésor-Éco n° 181