Seuls huit des 48 pays les moins avancés (PMA) recensés par les Nations unies sont asiatiques : ils font donc figure d'exception à la fois parmi les PMA et en Asie. Trois d'entre eux sont situés dans la région du Grand Mékong (RGM), en Asie du Sud-Est : la Birmanie, le Cambodge et le Laos. La Banque mondiale les range parmi les pays qu'elle qualifie d'« Olympiens de la croissance » (pays dont le taux de croissance a été parmi les plus élevés durant ces 20 dernières années).Répondre à la question de savoir si les PMA d'ASEAN sont des PMA comme les autres permet de s’interroger sur la spécificité de leur trajectoire de croissance, d'identifier ses moteurs et d'évaluer leurs perspectives de développement. Une analyse comparative montre qu’ils seraient dans une situation plus favorable que les autres PMA pour sortir de cette catégorie tout en demeurant des économies pré-émergentes (cf. graphique ci-dessous). Ces trois PMA se démarquent de leurs pairs par la vigueur de leur croissance éco

Seuls huit des 48 pays les moins avancés (PMA) recensés par les Nations unies sont asiatiques : ils font donc figure d'exception à la fois parmi les PMA et en Asie. Trois d'entre eux sont situés dans la région du Grand Mékong (RGM), en Asie du Sud-Est : la Birmanie, le Cambodge et le Laos. La Banque mondiale les range parmi les pays qu'elle qualifie d'« Olympiens de la croissance » (pays dont le taux de croissance a été parmi les plus élevés durant ces 20 dernières années).

Répondre à la question de savoir si les PMA d'ASEAN sont des PMA comme les autres permet de s’interroger sur la spécificité de leur trajectoire de croissance, d'identifier ses moteurs et d'évaluer leurs perspectives de développement. Une analyse comparative montre qu’ils seraient dans une situation plus favorable que les autres PMA pour sortir de cette catégorie tout en demeurant des économies pré-émergentes (cf. graphique ci-dessous). Ces trois PMA se démarquent de leurs pairs par la vigueur de leur croissance économique et la qualité de leur capital humain. Mais aussi par leur position géographique dans une région qui est un pôle mondial d'attractivité des investissements directs étrangers (IDE) et qui est en outre mitoyenne de la Chine.

L'écart persistant entre ces PMA et le Vietnam, économie pré-émergente de référence qui a attiré 7 % des IDE entrants en Asie du Sud-Est en 2014 (ces PMA à eux trois en ayant attiré 2,5 %), reflète surtout une insertion internationale différente. Les PMA d'ASEAN demeurent ruraux, spécialisés dans des produits à faible valeur ajoutée (filière textile pour le Cambodge, matières premières pour le Laos et la Birmanie), et leurs partenaires commerciaux sont peu nombreux. Alors que l'économie vietnamienne s'est diversifiée, réduisant ainsi sa dépendance aux exportations de matières premières tout en développant une offre industrielle compétitive.

L'interdépendance économique et financière des PMA d'ASEAN avec la Chine s'est intensifiée depuis une décennie. Les échanges commerciaux ont quasiment quadruplé depuis 2010 et ont été multipliés par 18 depuis 2000. Le stock d'investissement chinois cumulé dans les trois PMA a atteint près de 12 Mds USD en 2014, soit 3 fois le niveau de 2010 et 150 fois celui de 2003. La Chine est aussi devenue une source essentielle de financement extérieur.

La Birmanie, le Cambodge et le Laos sont donc en première ligne de l'expansion économique chinoise en Asie du Sud-Est. Ces PMA jouxtent également deux puissances économiques régionales, à savoir la Thaïlande et le Vietnam. Cette proximité ne signifie pas que leur rattrapage avec le club des « Tigres asiatiques » passe par une industrialisation et une internationalisation aussi avancées. Les pays de la région du Grand Mékong (RGM) doivent valoriser leurs avantages comparatifs.

Trésor-Éco n° 173