Indicateurs et conjoncture

Depuis 2014, les autorités ont dû faire face à deux chocs concomitants, à savoir la forte baisse du prix des minerais de fer, principale industrie du pays, et l’épidémie d’Ebola, qui ont fortement impacté les équilibres budgétaire et extérieur du pays. L’année 2015 a été marquée par l’arrêt de la production des deux principaux exploitants miniers. La contraction de 50% de la production de minerai de fer a participé à la contraction de l’économie de 20,5% sur l’année 2015. L’embellie de 2016, avec une croissance de 6,3%, devrait se consolider devrait se consolider à moyen terme autour de 7% par an à l’horizon 2023. En revanche, le FMI a fortement revu à la baisse la perspective de croissance en 2017 et 2018 à 3,5% (contre 6,03% en 2017 et 6,1% en 2018 initialement prévu). Ces perspectives reposent sur plusieurs éléments : (i) la reprise durable de la production de minerai de fer (efforts de réduction drastique des coûts par le principal productif permettant une reprise de la production et réactivation de l’activité de la deuxième principale compagnie du secteur nouvellement acquise par un nouveau groupe) ; (ii) les investissements dans les nouvelles capacités de production minière et la concession de nouvelles licences pour augmenter les volumes de production dans les secteurs miniers non ferreux (en particulier les rutiles, les bauxites et les diamants) ; (iii) les investissements étrangers dans les secteurs de l'agriculture et de l'agroalimentaire, en particulier dans l'huile de palme ; (iv) les dépenses sociales pour soutenir la demande et d'infrastructure pour engranger des effets multiplicateurs ; (v) la poursuite de réformes structurelles pour contribuer à l'amélioration de l'environnement des entreprises et à la baisse du coût des affaires.

La crise économique, la baisse des flux des donneurs ainsi que la réduction des échanges commerciaux ont réduit l’offre de devises étrangères. Conséquence directe, le Leone dont le cours est censé être déterminé librement sur le marché, a connu d’importantes pressions à la dépréciation conduisant les autorités à intervenir sur le marché des changes grevant les réserves. Fin 2017, les réserves couvraient moins de 3 mois d’importations (552 M USD) d’après le FMI (contre 3,8 en 2016). Reflet de la dépréciation du Leone et d’une offre locale de produits agricoles insuffisante, en 2016, les pressions inflationnistes se sont accentuées pour atteindre 17,4% puis se sont amoindries à 13,8% en 2017. C’est dans ce contexte qu’en 2017 la Banque centrale a durci à trois reprises sa politique monétaire en augmentant progressivement son taux directeur le faisant passer de 12% à 14,5%. En 2018, le FMI table sur une inflation en fin de période de 13%.

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