Situation économique et financière

Croissance économique et développement

Bien que le secteur agricole reste le principal contributeur au PIB (55,5% en 2019), la Sierra Leone est connue mondialement pour être un important producteur de minerais, au premier rang desquels le minerai de fer, les diamants, le rutile et l’or. En effet, les investissements dans le secteur minier ont fortement augmenté entre 2008 et 2014 (liés à trois sociétés minières cotées à la bourse de Londres : Sierra Rutile, African Minerals et London Mining) et se sont traduits par une multiplication par plus de 7 de la part du secteur minier dans le PIB qui est passée de 3,5% à 26,3% sur la période. Avec les activités connexes, le secteur minier représenterait à présent environ 30% du PIB. Entre 2014 et 2016, le pays a fait face à deux chocs concomitants, à savoir la forte baisse du prix des minerais de fer, principale industrie du pays, et l’épidémie d’Ebola, qui ont fortement impacté les équilibres budgétaire et extérieur du pays. L’année 2015 a notamment été marquée par l’arrêt de la production des deux principaux exploitants miniers, London Mining et African Minerals, qui ont tous deux fait face à d’importantes difficultés financières, aggravées par la baisse des cours. La contraction de 50% de la production de minerai de fer a participé à la contraction de l’économie de plus de 20% en 2015. Depuis lors, l’économie se redresse péniblement, et le pays n’a toujours pas retrouvé le niveau de PIB per capita pré-Ebola (527 USD en 2020 contre 720 USD en 2014).

Depuis 2016, le pays n’arrive que péniblement à redresser sa trajectoire de croissance économique. En 2020, l’économie s’est contractée de 2,2%, contre une croissance de 5,5% en 2019, en raison de perturbations de la production et du commerce dues à la pandémie de la COVID-19. L’industrie minière a particulièrement été affectée, ne contribuant qu’à 7,8% du PIB en 2020 (contre 10% l’année précédente). Le FMI table sur un rebond de la croissance à +3,2% en 2021, puis à +5,9% en 2022, sous réserve de la reprise de la production minière et d’une situation sanitaire stable. Les perspectives à moyen terme demeurent favorables : la croissance devrait retrouver son niveau d'avant-crise en 2024 et s’établir en moyenne à +4,8% sur la période 2023-2025.

Par ailleurs, le pays enregistre des indicateurs socio-économiques parmi les plus faibles au monde : ce PMA d’environ 8 M d’habitants se hisse au 182ème rang sur 189 pays du classement IDH du PNUD (IDH de 0,452) en 2020. Le pays enregistre une espérance de vie à la naissance de 54 ans, une croissance démographique de 2,1% et un taux de fertilité de 4,3 enfants par femme. La population sierra léonaise est également jeune (40,5% de la population a moins de 15 ans et 75% moins de 35 ans) et majoritairement rurale (57,1% de la population vit en milieu rural). Les autorités évaluent le taux de pauvreté national à 56,8% en 2019 et plus de 95% des emplois se situent dans le secteur informel. De fait, le secteur privé formel en Sierra Leone est de taille limitée. Un important déficit d’infrastructures, notamment dans les domaines énergétique et de transport, continue de constituer un goulot d’étranglement important qui limite encore la croissance du secteur privé. Les autorités ont mis en place un plan à moyen terme intitulé Plan national de développement (Medium-term National Development Plan) pour la période 2019-2023, qui s’appuie sur les acquis du précédent Agenda pour le changement.

Finances publiques

Les autorités font des efforts en matière de consolidation budgétaire, mais les finances publiques ont été affectées par la crise sanitaire. En 2020, les recettes ont été impactées par l’affaiblissement de l’activité économique ainsi que les difficultés accrues dans la collecte des recettes, en raison des mesures de restrictions sanitaires face à la COVID-19. . Du côté des dépenses budgétaires, les dépenses courantes et en capital ont connu une hausse (respectivement +1,8% et +1,6% du PIB hors minerai de fer), du fait des dépenses liées à la lutte contre la pandémie. Ainsi, le déficit budgétaire s’est élargi à 5,6% du PIB hors minerai de fer en 2020 (contre 3,1% en 2019) selon le FMI. En 2021, le déficit budgétaire est projeté à 3,8% du PIB hors minerai de fer.

Le pays présente un risque de surendettement élevé, avec un encours de la dette publique de 73,7% du PIB du PIB hors minerai de fer en 2020 (contre 71,8% l’année précédente). Toutefois, selon le FMI, la dette publique est soutenable dans l’hypothèse d’un ajustement budgétaire et d’un recours continu aux financements concessionnels et aux dons. Par ailleurs, la Sierra Leone a pu bénéficier en 2020 et 2021 de l’initiative de suspension du service de la dette, permettant de repousser à une échéance future certains décaissements afin de faire face aux dépenses prioritaires provoquées par la pandémie. Cette initiative, combinée à la mesure d’allègement de la dette mise en place par le FMI, aurait permis au gouvernement sierra-léonais de libérer un espace budgétaire de 90 M USD au total en 2020 et en 2021 (23,9 M USD au titre de l’ISSD et 66,1 M USD à travers le FMI, soit un montant équivalent à 56,3% du service de la dette extérieure sur la période).

Climat des affaires

Si le climat des affaires s’est amélioré ces dernières années, beaucoup d’efforts restent à faire. Des progrès ont été accomplis en matière de coûts de création d’entreprises, mais le climat des affaires reste miné par la faiblesse du cadre juridique, l’insuffisance des infrastructures énergétiques et de transport (seulement 25% du réseau routier bitumé, à peine plus de 1000 km de chemins de fer, etc.), les lourdeurs administratives et les pratiques de corruption.

 

Sierra Leone

 

Publié le