L'ASEAN en Bref

L’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) regroupe 10 Etats membres. Créée par l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande et les Philippines en 1967, elle a été rejointe par le Brunei (1984), le Vietnam (1995), le Laos et la Birmanie (1997) et enfin le Cambodge (1999).

Avec un PIB cumulé de 2800 Mds USD en 2017, l’ASEAN est le « 5ème bloc économique mondial », derrière l’UE, les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Elle rassemble 9% de la population mondiale, soit 645 millions d’habitants. Le niveau de développement des pays composant l’ASEAN est très hétérogène, avec un revenu par habitant moyen d’environ 4 000 USD, allant de 1 100 USD pour le Cambodge à 52 000 USD pour Singapour. Selon la classification de la Banque mondiale, basée sur le revenu national brut, la région compte cinq « pays à revenu intermédiaire tranche inférieure » (Laos, Cambodge, Birmanie, Vietnam, Philippines et Indonésie), deux « pays à revenu intermédiaire tranche supérieure (Thaïlande, Malaisie) et deux « pays à revenu élevé » (Brunei, Singapour). Regroupant des économies très ouvertes, elle participe pour environ 8% au commerce mondial. Le montant des investissements étrangers entrants, à 134 Mds USD fin 2017, est similaire aux IDE en Chine. L’ASEAN est une des régions du monde les mieux insérées dans les chaînes de valeur transnationales (électronique, informatique, automobile…).

La région ASEAN connaît une croissance moyenne de 5,1% depuis 2011. En 2017, la croissance s’est établie à 5,2%, tirée essentiellement par la consommation et l’investissement, dans un contexte de reprise de l’activité mondiale. L’inflation atteint 2,8% en 2017. Les perspectives de croissance pour 2018 et 2019 sont stables, selon le dernier rapport du FMI (avril 2018), à 5,2% sur les deux années.

La région dispose de solides relais de croissance, avec une population jeune (50% a moins de 28 ans), urbaine (90 millions de personnes devraient migrer dans les villes de plus de 200 000 habitants d’ici 10 ans) et très connectée (taux de pénétration mobile de 133%). Les besoins en infrastructures sont colossaux et estimées à 210 milliards USD par an entre 2016 et 2030 par la Banque asiatique de développement.

L’ASEAN fonctionne par consensus entre ses Etats-membres, avec une présidence tournante annuellement (2018 : Singapour, 2019 : Thaïlande). Le siège de l’organisation est situé à Jakarta. L’effort d’intégration économique des dix Etats membres de l’ASEAN s’est concrétisé le 31 décembre 2015 par l’entrée en vigueur de la Communauté économique de l’ASEAN (AEC). L’AEC vise à faciliter la circulation des flux de capitaux, de biens, de services, d’investissements et de main-d’œuvre qualifiée dans la région. Début 2018, la quasi-totalité des droits de douane sur les échanges de marchandise ont été supprimés entre les pays de l’ASEAN.  L’ASEAN a par ailleurs signé des accords bilatéraux de libre-échange en vigueur avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

 

Les Etats membres de l'ASEAN

ASEAN

 Les services économiques et antennes de la DG Trésor en ASEAN

Birmanie Cambodge | Indonésie | Laos | Malaisie | Philippines | Thaïlande | Vietnam
SER de Singapour

 

Commerce France-ASEAN

En 2017, les échanges commerciaux entre la France et les pays de l’ASEAN ont progressé de 5,9% par rapport à 2016, à 31 Mds EUR. Nos exportations progressent modérément, de 3,7% – en raison principalement d’une diminution des ventes de matériels de transport vers l’Indonésie – tandis que nos importations ont augmenté de 8,1%.

En savoir plus : Commerce France ASEAN (mai 2018)

 

Les investissements français en ASEAN

Le stock d’IDE français en ASEAN s’est établi à 16,2 Mds EUR en 2017, en baisse de 18% par rapport à l’année 2016 (19,6 Mds EUR). Singapour occupe le rôle de plateforme régionale et continue de concentrer près des deux tiers des stocks français (10 Mds EUR). Pour la deuxième année consécutive, le flux d’investissement vers l’ASEAN est négatif, à -151 M EUR, reflétant en particulier la baisse des IDE vers Singapour et le désinvestissement en Malaisie. En dépit d’une année 2017 en demi-teinte, l’ASEAN demeure une région attractive pour les investisseurs français au regard de son fort potentiel de croissance (en particulier dans les infrastructures), de l’ouverture progressive de ses marchés, d’une main d’œuvre peu chère et de l’émergence d’une vaste  classe moyenne.

En savoir plus : Les investissements directs français en ASEAN en 2017 (juin 2018)

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