Les échanges commerciaux entre la France et la Namibie en 2025

En 2025, les échanges commerciaux entre la France et Namibie ont atteint un niveau élevé (+11% par rapport à 2024, à 251 M EUR). Les exportations ont ainsi augmenté pour la septième année consécutive (+21,9 %, à 45,2 M EUR), tirées principalement par les livraisons de matériel de transport, tandis que les importations, toujours dominées par les achats d’uranium naturel, ont progressé plus modérément (+6,7 %, à 202 M EUR). Dans ce contexte, le déficit commercial structurel enregistré par la France en Namibie s’est creusé en 2025 (-160,8 M EUR), reflétant le déséquilibre structurel des échanges : des importations françaises concentrées sur des matières premières stratégiques et des exportations françaises dépendantes de contrats ponctuels et reposant sur un marché domestique de taille limitée. Si la Namibie reste un partenaire commercial marginal pour la France en termes de volumes (142ème client et 92ème fournisseur), elle a néanmoins une importance stratégique croissante pour la sécurité d’approvisionnement énergétique française, dans un contexte de diversification des sources d’uranium et de relance du nucléaire.

1. Les exportations françaises vers Namibie ont progressé pour la septième année consécutive en 2025 (+21,9 %), pour atteindre le niveau record de 45,2 M EUR. Le flux se distingue ainsi par son dynamisme, nettement plus marqué sur l’année que celui des exportations françaises vers l’Afrique subsaharienne (- 0,2 %) et au niveau mondial (+2,3%). Cette performance s’explique par plusieurs contributions sectorielles :

  • La forte hausse des exportations de « matériel de transport » (+110,8 %, à 19,7 M EUR), contribuant à hauteur de 27,9 points à la croissance totale. Cette évolution, portée par la construction aéronautique et spatiale (+108 %, à 19,3 M EUR ; avions, autres véhicules aériens et pièces détachées), ainsi que par les équipements automobiles (+35 %, à 0,08 M EUR), confirme la tendance observée en 2024.
  • La progression des produits des « industries agroalimentaires » (+9 %, à 4 M EUR ; contribution de +8,1 points), portée principalement par les boissons (+4 661 %, à 3,6 M EUR).
  • De même, plusieurs segments industriels enregistrent un rebond marqué de leurs exportations, notamment le « bois, papier et carton » (+3 000 %, à 1,3 M EUR ; +3,4 points), les « produits métallurgiques et métalliques » (+138 %, à 1,3 M EUR ; +2,1 points), ainsi que les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (+3 %, à 7,7 M EUR ; +0,6 point).
  • À l’inverse, les exportations françaises reculent dans plusieurs catégories, en particulier les « équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques » (-38,5 %, à 8,1 M EUR ; - 13,7 points), en lien notamment avec la baisse des ventes de machines industrielles et agricoles (- 11 %, à 5 M EUR ; -11,2 points). Cette évolution confirme une tendance déjà observée en 2024. Elle s’inscrit toutefois dans une logique de normalisation, après un pic exceptionnel en 2023, les flux revenant progressivement vers leur niveau moyen de long terme (environ 5,1 M EUR entre 2018 et 2022).

2. La structure des exportations françaises vers la Namibie a connu un changement majeur en 2025. Le « matériel de transport » (aéronefs, hélicoptères, drones, spatial, pièces aéronautiques et composants automobiles) devient le premier poste d’exportations françaises, représentant 44 % du total, contre 25,2 % en 2024 et seulement 2,1 % en 2023. Les « équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques » (moteurs, transformateurs, machines et équipements divers) reculent au deuxième rang, représentant 18 % du total, contre 36 % en 2024. Les « produits chimiques, parfums et cosmétiques », notamment les agents de surface organiques et les réactifs de laboratoire, se maintiennent à la troisième position en 2025.

3. La Namibie reste un débouché marginal pour les exportations françaises. Le pays se classe au 142ème rang des clients de la France (sur 235 pays), et au 27ème rang en Afrique subsaharienne. La France occupe également une position limitée en tant que fournisseur (23ème fournisseur mondial et 7ème européen), avec une part de marché estimée à 0,7 % en 2024 (dernières données disponibles). La Namibie reste en effet fortement dépendante de l’Afrique du Sud, qui représente 36,3 % de ses importations.

4. Les importations françaises en provenance de la Namibie ont augmenté de 6,7 % en 2025, à 202 M EUR. Elles ont plus que triplé depuis 2020, confirmant une dynamique de long terme malgré un léger ralentissement récent. Cette évolution s’explique principalement par :

  • Le rebond des importations de « produits métallurgiques et métalliques » (+8,1 %, à 145,7 M EUR ; contribution de +5,8 points à la hausse des importations), catégorie composée quasi exclusivement d’uranium naturel. Il convient de distinguer deux flux : d’une part, l’uranium naturel, principalement importé du Kazakhstan (33 % des importations françaises en 2025), suivi de l’Ouzbékistan, de l’Australie, du Niger puis de la Namibie ; d’autre part, l’uranium enrichi, destiné à un usage industriel, provenant majoritairement des Pays-Bas (32 %), puis de la Russie, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. En 2025, les importations françaises d’uranium ont fortement augmenté (+47 % pour l’uranium naturel et +51 % pour l’uranium enrichi), dans un contexte de sécurisation et de diversification des approvisionnements.
  • La hausse des importations de « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (+54,4 %, à 10,6 M EUR), en particulier les produits chimiques de base, produits azotés, matières plastiques et caoutchouc synthétique.
  • La hausse des « équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques » (+631%, à 1 M EUR, soit +0,5 point), et notamment des machines industrielles et agricoles (+2100%, à 0,6 M EUR) et des produits informatiques, électroniques et optiques (+187, à 0,22 M EUR).
  • À l’inverse, les importations de « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » (- 38,8 %, à 2,4 M EUR) reculent, tout comme celles des « produits manufacturés divers » (-15,2 %, à 6,3 M EUR), notamment la joaillerie et les instruments de musique. Les achats de « produits agroalimentaires » enregistrent également une légère baisse (-0,7 %, à 0,036 M EUR).

5. La structure des importations françaises en provenance de la Namibie demeure très concentrée. Les produits métallurgiques (uranium) ont représenté 72 % des flux en 2025, confirmant une tendance haussière structurelle. La Namibie figure parmi les principaux producteurs mondiaux d’uranium naturel (4ème ou 5ème rang selon les années). À moyen terme, les flux pourraient être soutenus par la présence d’acteurs français tels qu’Orano, TotalEnergies ou Hydrogène de France, ainsi que par divers projets d’investissement. Les produits des industries agroalimentaires (principalement poissons pélagiques transformés) représentent le deuxième poste d’importations françaises (18 %), tandis que les produits manufacturés divers (diamants et pierres précieuses), troisième poste d’importations, ne représentent que 3 % du total.

6. La Namibie reste un fournisseur marginal de la France (92ème rang mondial, 14ème en Afrique subsaharienne), toutefois stratégique pour son approvisionnement en uranium. Le pays a été le 5ème fournisseur d’uranium naturel de la France sur la période récente, représentant 13 % des importations françaises d’uranium en valeur, ce qui souligne une dépendance non négligeable dans un secteur stratégique.

7. Le déficit commercial entre la France et la Namibie s’est creusé de 6 % en 2025, pour atteindre 160,8 M EUR. Ce déséquilibre s’explique principalement par la structure des échanges : les importations françaises sont concentrées sur des matières premières stratégiques (principalement l’uranium), tandis que les exportations reposent sur des contrats ponctuels dans un marché domestique très limité (environ 3 millions d’habitants). Les exportations françaises demeurent ainsi fortement volatiles et dépendantes de grands contrats.

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