Données générales et perspectives économiques

Présentation générale
 
Le Canada est une monarchie constitutionnelle, une démocratie parlementaire et un État fédéral au sein duquel dix provinces et trois territoires disposent d’une très large autonomie. En 2017, la Confédération canadienne a célébré son 150ème anniversaire. Le Canada est en 2020 la 10ème puissance économique mondiale (FMI) avec un PIB en valeur de 2 200 Md CAD (Statistique Canada) (1490 Md € environ). Deuxième pays plus vaste au monde après la Russie, le Canada compte 38 M d’habitants en 2020 (Statistique Canada) soutenu par d’importants flux migratoires. 61 % de la population canadienne réside dans les provinces de l’Ontario (14,7 M ; 39%) et du Québec (8,5 M; 22%).
 
L’Ontario joue un rôle moteur dans la croissance de l’économie canadienne et contribuait en 2020 pour 39 % du PIB, suivi des provinces du Québec (20%), de l’Alberta (14,5 %) et de la Colombie britannique (13,2%) (Statistique Canada).
 
Perspectives économiques – Mesures prises dans le contexte de la pandémie
 
En amont de la pandémie, l’économie canadienne était dans une situation assez confortable. A la suite d’une année 2017 marquée par une croissance du PIB de 3,2 % (croissance exceptionnelle expliquée par la conjonction de très nombreux éléments favorables, en particulier la hausse des prix du pétrole, le dynamisme immobilier dans un contexte de politique monétaire accommodante, la vigueur de la consommation des ménages sous l’effet notamment de la réforme des allocations familiales), la croissance canadienne s’est tassée en 2018 (+2,0 %) puis en 2019 (+1,7 %) sous l’effet de plusieurs facteurs distincts : les tensions géopolitiques et commerciales, le ralentissement de la croissance mondiale et plus particulièrement de la croissance américaine, les difficultés du secteur énergétique, confronté aux problèmes de la baisse du prix du pétrole et des contraintes d’acheminement. Malgré ce ralentissement de l’activité pré-pandémie, l’économie canadienne était demeurée résiliente avec en particulier un marché du travail extrêmement vigoureux et un taux de chômage proche de son creux historique à la fin de l’année 2019 (5,7 %). 
 
L’éclosion de l’épidémie au printemps 2020 a entraîné la mise en place de mesures restrictives et un brusque ralentissement de l’activité économique. Le chômage a rapidement augmenté, atteignant 13,4% au mois de mai 2020 avant de progressivement se rétablir (7% début 2021). On estime qu’entre février et avril 2020, près de 2 millions d’emplois à temps plein et 1 million d’emplois à temps partiel ont été perdus. Enfin l’économie canadienne a été particulièrement affectée par l’effondrement des cours des matières premières au printemps 2020. 
 
En réponse à cette crise, le gouvernement fédéral a mis en place un plan d’intervention avec des mesures transverses (pour l’ensemble des secteurs) de grande ampleur auxquelles s’ajoutent de nombreuses mesures sectorielles et des mesures provinciales de bien moindre envergure. Le plan fédéral s’articule autour de trois principaux piliers :
 
- des mesures de soutien direct pour les ménages et entreprises via notamment deux programmes phares : la Prestation canadienne d’urgence (PCU), remplacée fin septembre par d’autres mesures, et la Subvention Salariale d’Urgence du Canada (SSUC). La PCU était une allocation de 500 CAD (325 €) par semaine à destination de ceux dans l’incapacité de travailler à cause de la COVID-19. En septembre 2020,  un mécanisme de remplacement a été mis en place avec en particulier un assouplissement de l'éligibilité à l'assurance-emploi (AE) et la mise en place de trois nouvelles prestations de 500 CAD/semaine dont la prestation canadienne de la relance économique pour les travailleurs indépendants ou non éligibles à l'AE. Au moment de sa mise en place en mars, la subvention salariale d’urgence était une subvention à hauteur de 75 % de la masse salariale pour toutes les entreprises (toutes tailles et tous secteurs confondus) qui justifiaient une perte de revenus de 30 %. Le dispositif a été maintenu au long de l’année 2020 puis en 2021. À l’occasion de la publication du budget fédéral 2021/2022, le gouvernement canadien a confirmé l’extension de ces dispositifs de soutien jusqu’au 25 septembre 2021 pour un montant supplémentaire de 10 Md CAD (6,7 Md€).
 
- des mesures de politique monétaire : dès le début de la crise, la Banque du Canada a procédé à trois baisses successives du taux directeur, désormais maintenu à 25 points de base contre 175 points en février 2020. Un important programme de Quantitative Easing a également été mis en place comprenant des achats d’obligations souveraines, d’obligations provinciales et d’obligations des sociétés. La Banque du Canada a décidé de rééquilibrer celui-ci en privilégiant les achats d’actifs de long terme pour influer plus directement sur les taux d’intérêt à long terme. A ce jour, le bilan de la Banque du Canada a ainsi presque quintuplé (passant de 120 Md CAD en février à plus de 500 Md CAD en juillet, soit près d’1/4 du PIB canadien).La Banque centrale a amorcé en 2021 une diminution progressive de ces politiques monétaires non-conventionnelles (passage de 5 à 4 Md CAD de titres achetés par semaine, puis de 4 à 3 en avril 2021), toutefois le taux directeur devrait rester au taux plancher jusqu’au 2nd semestre 2022 au minimum. 
 
- des mesures pour faciliter le financement de l’économie : la capacité des banques à prêter de l’argent a été rehaussée par la réduction de l’exigence de fonds propres et plusieurs programmes de prêts et garanties de prêts ont été lancés afin de couvrir les besoins de financement des petites entreprises, entreprises exportatrices mais aussi des grandes entreprises.
Après avoir anticipé une récession historique pour l’année 2020, la Banque du Canada a révisé ses projections à la hausse en avril 2021 suite au redémarrage rapide de l’économie canadienne au début de l’année. La récession est ainsi estimée à 5,4% du PIB réel en 2020, tandis qu’une croissance de 6,5% est attendue en 2021. Cette croissance particulièrement forte s’explique par le redémarrage précoce des principales économies mondiales (notamment les Etats-Unis et la Chine), mais également par les perspectives de reprise de la demande interne, grâce à l’épargne accumulée depuis un an qui viendra soutenir la reprise de l’économie. Ces perspectives de reprise ont toutefois fait émerger quelques inquiétudes quant à une possible période d’inflation, notamment en raison des tensions apparues sur le marché des matières premières et sur le marché immobilier, toutefois la Banque du Canada rappelait en avril 2021 que les anticipations d’inflation de moyen et long-terme restaient proches de la cible de 2%. 
 
Dans une perspective de plus long terme, tous les analystes, les organisations internationales et les milieux d’affaires s’accordent sur les grands défis et enjeux pour l’économie canadienne afin d’accroître sa productivité et sa croissance potentielle :
• la diversification de ses échanges commerciaux : le Canada est très dépendant des Etats-Unis vers lesquels se dirigent 75% des exportations canadiennes ;
• l’intégration du marché canadien puisque le commerce interprovincial est entravée par de nombreuses barrières réglementaires et administratives ;
• le renforcement de la concurrence dans de nombreux secteurs clés de l’économie : banque de détail, télécommunications, transports notamment ;
• le développement des infrastructures ;
• la modernisation et la simplification du cadre réglementaire et fiscal qui souffre notamment de la superposition des cadres fédéral, provincial et municipal
 
croissance
Source : Statistique-Canada (Tableau 36-10-0128-01), Banque du Canada
 
chômage
Source : Statistique-Canada (Tableau 14-10-0023-01)
 
commerce extérieur
Source : Statistique-Canada (Tableau 12-10-0011-01)
 
IPC
Source : Banque du Canada
 dette APU 2
Source : Statistique-Canada (Tableau 36-10-0467-01), rapports budgétaires annuels du Canada
 
dette ménages
Sources : Statistique-Canada (Tableau 38-10-0235-01), Banque des règlements internationaux

 

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