Relations économiques bilatérales France Belgique

Dans un environnement international défavorable, nos échanges de biens avec la Belgique (72,2 Md€) sont restés dynamiques en 2019, malgré une diminution de 1,8% par rapport à 2018. Le solde commercial, au 5e rang de nos déficits bilatéraux reste structurellement déficitaire compte tenu de nos importations de gaz qui transitent par la Belgique, mais excédentaire hors hydrocarbures. Le pays est demeuré notre 5e client en 2019, mais est passé de la 4e à la 5e place comme fournisseur, après les Etats-Unis. Automobile et pharmacie demeurent nos deux points forts à l’export. 

Cependant, les effets de la crise sanitaire se font déjà largement ressentir dans les résultats enregistrés pour les 7 premiers mois de l’année 2020, reflet du repli sans précédent des échanges commerciaux mondiaux. Nos échanges avec la Belgique ont chuté de 17% par rapport à la même période de 2019, le secteur automobile étant le plus impacté.

La Belgique et la France sont des partenaires commerciaux de premier plan.

  • La Belgique est le 5e client de la France (6,9% des exportations françaises) et son 5e fournisseur (6,6% des importations françaises). La France est le 2e client de la Belgique (14,1% des exportations belges) et son 3e fournisseur (9,7% des importations belges).

- Les exportations françaises vers la Belgique s’élèvent en 2019 à 34,2 Md€, stables par rapport à 2018 (source : Douanes françaises).

Cette stabilité tient pour l’essentiel à la compensation de la baisse des exportations de matériels de transport (-495 M€ soit -7,8%), des produits métallurgiques et métalliques (-285 M€ soit -11,1%), d’électricité et de gaz (-274 M€ soit -54%), des produits des industries agro-alimentaires (-174 M€ soit -3,6%), des déchets industriels et ménagers (-117 M€ soit -11,6%) et des produits de l’édition et de la communication (-93 M€ soit -22,5%) par une forte hausse des exportations de produits pharmaceutiques (+ 840 M€ soit + 33,7%) et de produits informatiques, électroniques et optiques (+ 786 M€ soit +83,1%).

La baisse des exportations d’électricité et de gaz s’explique par la résorption de la crise énergétique qu’avait traversée la Belgique fin 2018 en raison de l’indisponibilité partielle de son parc nucléaire et qui l’avait conduite à importer d’avantage d’électricité en provenance de ses pays voisins, dont la France.

Au niveau fin, les « produits de la construction automobile » restent en tête à 4,7 Md€ (13,6% de nos exportations vers la Belgique) mais enregistrent une baisse de - 6% versus 2018. Cette position s’explique par notamment la place qu’occupe le port de Zeebrugge, hub via lequel transite une partie des exportations françaises de véhicules. C’est notamment le cas des voitures Toyota produites à Onnaing près de Valenciennes. Les « produits pharmaceutiques » restent au 2e rang de nos exportations vers la Belgique, à 3,3 Md€, avec une forte hausse par rapport à l’an dernier +33,7%).

Exportations françaises vers la BelgiqueLes exportations françaises vers la Belgique : ventilation par produit (2019) - Source DGDDI

 

On dénombre par ailleurs 46 560 entreprises françaises exportant vers la Belgique (source : Business France).

Sur les 7 premiers mois de l’année 2020, l’effet de la crise sanitaire pèse sur nos exportations vers la Belgique avec une chute de 17% (source : DGDDI), les faisant passer à 17,4 Md€, contre 20,4 Md€ sur la même période en 2019[1]. Par ailleurs, selon la Banque Nationale de Belgique (BNB)[2], sur le premier semestre 2020, le recul des exportations françaises vers la région wallonne atteignait 29,5% par rapport à la même période en 2019. Ce recul était de 12,5% en région flamande. Les exportations françaises vers la région Bruxelles-Capitale progressaient quant à elles de 28% à 1,2Md€. De manière générale, toutes régions confondues, les produits les plus touchés sont les véhicules automobiles qui enregistrent une baisse de 41% (1,7 Md€ versus 2,9 Md€). Les produits pharmaceutiques sont en revanche peu impactés (-5% environ).

- Les importations françaises depuis la Belgique s’élèvent en 2019 à 38 Md€, soit une baisse de 3,3% par rapport à 2018, en partie du fait d’une baisse de la facture énergétique en 2019.

Au niveau agrégé, nos importations sont composées à 43,5% des « autres produits industriels » du type produits, chimiques, pharmaceutiques, métallurgiques, caoutchouc et plastiques suivies par les « hydrocarbures naturels, électricité, déchets » qui représentent 18% de nos importations, en baisse de presque 17,3% par rapport à 2018. Composé à environ 89% de gaz naturel qui n’est pas produit en Belgique mais transite par son territoire, ce poste évolue au rythme des prix et des besoins du marché. Le troisième poste d’importation est celui des « produits des industries agro-alimentaires » à hauteur de 15% des importations, stable par rapport à 2018. A un niveau plus fin, après le « gaz naturel », les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (14% des importations, en baisse de 3,3%) et les « produits métallurgiques et métalliques » (11% des importations, en baisse de 6,8%) occupent les premières positions. Les « produits du raffinage du pétrole » (+19%) et les « machines industrielles et agricoles» (+ 13%) ont également enregistré de fortes progressions en 2019.Importations françaises depuis la Belgique

Les importations françaises depuis la Belgique : ventilation par produit (2019) - Source DGDDI

 

Sur les 7 premiers mois de l’année 2020, nos importations depuis la Belgique chutent d’environ 20% par rapport à la même période en 2019, passant de 23,2 Md€ à 18,6 Md€. Les hydrocarbures naturels – en raison de la baisse de l’activité - les produits sidérurgiques et les véhicules automobiles sont les premiers concernés avec une baisse totale de 2,8 Md€.

 

  • Bien que déficitaire, la balance commerciale s’améliore de 33%, à -3,8 Md€ (-5,1 Md€ en 2018), et elle demeure excédentaire (+2,3 Md€) hors importations d’hydrocarbures en provenance essentiellement de Norvège et des Pays-Bas.

Les hydrocarbures naturels restent le premier déficit de l’exercice, avec un solde de -6,2 Md€ qui s’est réduit de 24% en 2019. Viennent ensuite les « produits métallurgiques et métalliques » (solde stable de -1,9 Md€) et les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (solde de -1,5 Md€). Parmi les excédents commerciaux, le poste « matériels de transports » reste en tête à 2,8 Md€ grâce notamment aux exportations d’automobiles, mais il connait une baisse de 18,3% versus 2018. Viennent ensuite les « équipements mécaniques, électroniques, électriques et informatiques » dont le solde commercial s’accroit de 31% à 2 Md€ grâce au bond des produits informatiques, électroniques et optiques (solde de 1,4 Md€ en 2019 versus 0,6 Md€ en 2018) puis les « produits agricoles », à 1 Md€, en légère augmentation.

Sur les 7 premiers mois de l’année, le solde passe de -2,8 Md€ à -1,3 Md€, l’ensemble des échanges ayant baissé de 17,3% par rapport à la même période en 2019.

L’importance des investissements croisés témoigne d’une attractivité réciproque entre les deux pays.

  • La Belgique compte environ 2 100 filiales françaises, employant 151 500 salariés.

Ces filiales réalisent un chiffre d’affaires total de 73 Md€ (source : enquête OFATS 2016 /Insee). Elles sont actives principalement dans trois secteurs :

- les services (73% des entreprises, réalisant 40% du chiffre d’affaires total et employant 66% des effectifs) : commerce et distribution (Carrefour, Decathlon, Fnac) ; transport (Thalys, CMA-CGM) ; activités financières (BNP Paribas Fortis, Axa, Cofidis) ; communication (Orange) ;

- l’industrie manufacturière (18% des entreprises, 25 % du CA, 16% des effectifs) dont chimie (Total, Air Liquide) ; pharmacie (Sanofi) ; fabrication de matériel de transport (Alstom) ;

- la production et la distribution d’électricité et de gaz (37 entreprises et 5% des effectifs, mais 28% du CA total) : Engie-Electrabel et (EDF) Luminus.

  • La Belgique reste la 3e destination des investissements directs français à l’étranger en 2019 : elle concentre 10,6% des IDE français à l’étranger soit 142 Md€, derrière les Etats-Unis (16,2%) et les Pays-Bas (13,6%) (Banque de France).

En 2019, la Belgique est le 7e investisseur étranger en France par pays d’origine immédiate avec 53,7 Md€ de stock d’IDE

Pour rappel, la Belgique occupait la 6e place en 2018. Elle représente désormais 6,9 % des stocks d’investissements directs en France (source : Banque de France).

  • Les investisseurs belges étaient à l’origine de 74 projets sur le territoire français en 2019, ces projets ayant permis la création ou la sauvegarde de 1 058 emplois. La France reste le 1er pays d’accueil des investissements créateurs d’emploi réalisés en Europe par des entreprises belges. En tout, ce sont plus de 2 000 entreprises françaises qui sont contrôlées par un investisseur belge, employant en France plus de 130 000 personnes (Source : Business France 2019).

Les investissements belges en France s’orientent principalement vers les activités de production (41 % des projets et 47% des emplois) et les centres de décision (23 % des projets et 19 % des emplois). Les secteurs les plus attractifs pour les investisseurs belges sont ceux de l’agroalimentaire (20 % des projets et 20 % des emplois), des logiciels (12% des projets) et du commerce (9 % des projets). La Belgique se distingue aussi dans le secteur BTP, matériaux de construction, puisque les décisions d’investissement de ce pays représentent 18 % des projets étrangers et 12 % des emplois dans ce secteur au niveau national.

  • La majorité des investissements provenant de Belgique se localisent dans trois régions, les Hauts-de-France (30 % des projets et 41 % des emplois), la Bourgogne-Franche- Comté (14 % des projets et des emplois) et l’Île-de-France (11 % des projets et 10 % des emplois).

En termes d’emplois, les plus grandes entreprises belges présentes en France sont le groupe agroalimentaire Delhaize (Cora) avec 18 000 employés, suivi par Econom (logiciels et prestations informatiques) avec 6500 emplois et par le groupe chimique Solvay (5 000).



[1] Selon la Banque Nationale de Belgique (BNB), sur le premier semestre 2020, les exportations françaises vers la Belgique sont en recul de 15% à 14,1Md€ contre 16,6Md€ en 2019 sur la même période.

[2] Dont les données sont reprises par les agences régionales pour le commerce extérieur.

 

 



 

                                                                                                                                               



 

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