BELGIQUE
Relations économiques bilatérales France-Belgique
En 2025, avec un volume d’échanges de biens de 89,4 Md€ (-8,5%), dont 44,9 Md€ d’exportations françaises
(-0,9%) et 44,5 Md€ d’importations depuis la Belgique (-15,1%), la Belgique recule à la 6ème place des partenaires commerciaux de la France, après avoir occupé la 2ème place en 2023. La relation commerciale franco-belge se distingue toutefois par un retournement notable du solde bilatéral : après un déficit de -12,4 Md€ en 2023 et de -7,2 Md€ en 2024, la France enregistre en 2025 un léger excédent de +0,3 Md€. Cette amélioration est principalement liée au reflux des importations d’hydrocarbures et de produits pétroliers transitant par la Belgique qui avaient fortement pesé sur le solde français depuis 2021 (7,3 Md€ en 2025 contre 16,9 Md€ en 2024). Les exportations françaises vers la Belgique – dont une partie importante transite par la Belgique pour être réexportée – sont principalement constituées de produits des industries agroalimentaires (7,7 Md€, 17,1%), d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (7,2 Md€, 16,2%), de matériels de transport (6,3 Md€, 14,0%), de produits chimiques, parfums et cosmétiques (5,0 Md€, 11,1%) et de préparations pharmaceutiques (3,4 Md€, 7,5%). Ces cinq postes représentent 66% des exportations françaises vers la Belgique. Du côté belge, la France reste en 2025 le 2ème client de la Belgique et son 3ème fournisseur. Par ailleurs, l’excédent de la France dans les échanges de services contribue à consolider la relation bilatérale (+9,1 Md€ en 2025, après +8,1 Md€ en 2024). Enfin, sur le plan des investissements directs étrangers, la Belgique est le 6ème investisseur étranger en France en 2024 avec un stock de 66 Md€ d’IDE et le 6ème employeur étranger avec 130 000 employés. Réciproquement, la France détient en Belgique son 4ème stock d’IDE à l’étranger (126,4 Md€) et s’y classe au 1er rang des investisseurs étrangers selon la Banque nationale de Belgique.
Des échanges de biens en recul mais un solde rééquilibré par la baisse des importations énergétiques
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La Belgique est le 6ème partenaire commercial de la France.
En 2025, la Belgique demeure parmi les premiers partenaires commerciaux de la France mais la dynamique bilatérale reste orientée à la baisse. Selon les douanes françaises, les échanges franco-belges de biens atteignent 89,4 Md€ en 2025, contre 97,8 Md€ en 2024 (-8,5%). Cette baisse provient principalement du recul des importations françaises depuis la Belgique, qui diminuent de 52,5 Md€ en 2024 à 44,5 Md€ en 2025 (-15,1%), tandis que les exportations françaises vers la Belgique se maintiennent au même niveau, passant de 45,3 Md€ à 44,9 Md€ (-0,9%) (Tableau 1). La Belgique se classe ainsi au 6ème rang de nos partenaires commerciaux au niveau mondial, représentant 6,9% de nos échanges totaux[i] (Tableau 2). La Belgique est notre 5ème client (7,4% de nos exportations) et notre 6ème fournisseur (6,5% de nos importations). Du point de vue belge, selon l’Agence belge du commerce extérieur (ACE), la France conserve en 2025 une place centrale dans le commerce extérieur du Royaume. Elle est le 2ème client de la Belgique (derrière l’Allemagne) avec 65,3 Md€ (13,0%) d’exportations belges vers la France, malgré une baisse de 4,5% par rapport à 2024. Elle reste également le 3ème fournisseur de la Belgique, avec 48,0 Md€ (10,1%) d’importations belges depuis la France (derrière les Pays-Bas et l’Allemagne).
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Le solde commercial devient légèrement excédentaire pour la France sous l’effet du reflux des hydrocarbures et des produits pétroliers.
Le fait marquant de l’année 2025 est la disparition du déficit commercial bilatéral français vis-à-vis de la Belgique. Après avoir atteint -22,9 Md€ en 2022, puis -12,4 Md€ en 2023 et -7,2 Md€ en 2024, le solde commercial devient légèrement excédentaire en 2025, à +0,3 Md€ (Graphique 1). Cette amélioration résulte principalement de la baisse des importations d’hydrocarbures naturels et de produits pétroliers raffinés, qui transitent en partie par la Belgique – notamment via les infrastructures énergétiques et portuaires belges – et sont comptabilisées comme des importations françaises en provenance de Belgique selon les conventions douanières. En 2025, les importations françaises d’hydrocarbures naturels depuis la Belgique tombent à 7,3 Md€, contre 14,0 Md€ en 2024 (‑47,9%). Les importations de produits pétroliers raffinés reculent également fortement, à 2,5 Md€, contre 3,6 Md€ (‑30,6%) (Tableau 4). La relation commerciale hors énergie apparaît ainsi nettement plus équilibrée, voire excédentaire pour la France. En excluant les hydrocarbures et les produits pétroliers raffinés, la France enregistrerait un excédent bilatéral de 6,1 Md€ en 2025, contre 5,8 Md€ en 2024. Cet excédent hors énergie repose principalement sur le solde positif des équipements mécaniques et du matériel électrique (+4,8 Md€), des matériels de transport (+3,8 Md€), des produits agricoles et sylvicoles (+1,3 Md€) et des produits pharmaceutiques (+1,2 Md€) (Tableau 7).
- Hors énergie, les échanges sont dominés par le commerce intrabranche et les biens industriels.
Le commerce franco-belge se caractérise par des échanges croisés de produits similaires. Les catégories les plus échangées sont les produits des industries agroalimentaires (16,5 Md€, 18,5%), les produits chimiques, parfums et cosmétiques (12,6 Md€, 14,1%), les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (9,8 Md€, 10,9%) et les hydrocarbures naturels (9,3 Md€, 10,4%) (Tableau 3). À l’instar des échanges intra-européens, le commerce franco-belge est marqué par un commerce intrabranche : les produits de la construction automobile, les produits chimiques et les produits pharmaceutiques figurent ainsi dans le top 10 des exportations comme dans celui des importations bilatérales. Les exportations françaises vers la Belgique sont constituées de produits industriels intermédiaires et de consommation. En 2025, elles ont atteint 44,9 Md€ (-0,9% par rapport à 2024) et sont portées par les produits des industries agroalimentaires (7,7 Md€, 17,1%), les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (7,3 Md€, 16,2%) et les matériels de transport (6,3 Md€, 13,9%), dont une partie transite par le port d’Anvers-Bruges pour être réexportée. Viennent ensuite les produits chimiques, parfums et cosmétiques (4,9 Md€, 11,1%) et les produits pharmaceutiques (3,4 Md€, 7,5%) (Tableau 5). Les importations françaises depuis la Belgique sont dominées par l’énergie et les biens intermédiaires. En 2025, elles ont atteint 44,5 Md€ (-15,1% par rapport à 2024) et sont principalement constituées de produits des industries agroalimentaires (8,9 Md€, 19,9%), de produits chimiques, parfums et cosmétiques (7,6 Md€, 17,1%), d’hydrocarbures naturels (7,3 Md€, 16,3%) et de produits métallurgiques et métalliques (4,8 Md€, 10,8%) (Tableau 6). La Flandre demeure la principale région belge dans les échanges franco-belges, en raison du poids de son appareil industriel et logistique et du rôle du Port d’Anvers-Bruges dans le transit et la réexportation.
Les services confortent l’excédent français dans la relation bilatérale
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Le solde de la balance bilatérale des services est structurellement excédentaire pour la France.
D’après les données d’Eurostat, la balance des services de la Belgique avec la France est déficitaire à hauteur de -9,1 Md€ en 2025, soit une hausse de 1 Md€ par rapport à 2024 (+12,6%) (Graphique 2). Avec 15,8 Md€ d’exportations belges de services vers la France (-2,3%) et 24,9 Md€ d’importations belges de services depuis la France (+2,7%), la France est le 2ème partenaire commercial de la Belgique pour les services avec 40,7 Md€ d’échanges au total (+0,7%).
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Les échanges de services se concentrent dans les services aux entreprises, les transports et les voyages.
Les exportations belges de services vers la France sont principalement composées des voyages (10,2 Md€, 40,1%), des services aux entreprises (5,9 Md€, 23,7%) et des transports (2,4 Md€, 10,0%). Pour les importations belges de services depuis la France, les services aux entreprises dominent également (5,6 Md€, 22,6%), devant les transports (3,4 Md€, 13,7%) et les voyages (1,8 Md€, 7,2%). La structure des échanges de services met ainsi en évidence l’importance des fonctions de soutien aux entreprises, de mobilité, de tourisme et de logistique dans la relation économique bilatérale.
Une présence économique forte de part et d’autre de la frontière, portée par les IDE et les filiales
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Le stock d’IDE français en Belgique est près de deux fois supérieur au stock d’IDE belges en France .
Le stock d’IDE français en Belgique, près de deux fois supérieur au stock d’IDE belges en France (Graphique 3), témoigne de l’importante présence entrepreneuriale française en Belgique. D’après la Banque de France – selon la méthode du pays de proximité immédiate – la Belgique accueille le 4ème stock d’IDE français dans le monde, avec 126,4 Md€ en 2024 (8,4% du montant total des IDE français)[ii] (Tableau 9). En termes de flux, les Français ont investi 1,4 Md€ en Belgique en 2024. Selon la Banque nationale de Belgique (BNB), la France est le 1er investisseur étranger en Belgique en 2024. Réciproquement, la Belgique est le 6ème investisseur étranger en France en 2024. D’après la Banque de France, le stock d’IDE belges en France s’élève à 66,0 Md€ (7,1% du total)[iii] (Tableau 10). En termes de flux, les IDE belges en France s’élèvent à -4,6 Md€ en 2024[iv]. Par ailleurs, selon la Banque nationale de Belgique, la France est la 3ème destination des IDE belges en 2023, avec 12,2% de ces derniers (74,7 Md€)[v].
- Les filiales françaises en Belgique sont nombreuses et diversifiées.
D’après l’enquête de l’Insee sur les firmes multinationales françaises (2023), les entreprises françaises contrôlent 2 600 filiales en Belgique, soit 4,7% de l’ensemble des filiales françaises à l’étranger. La Belgique se situe ainsi au 6ème rang des pays d’implantation des filiales françaises[vi]. Ces filiales réalisent 78 Md€ de chiffre d’affaires consolidé en Belgique, soit 4,6% du chiffre d’affaires réalisé à l’étranger par les firmes multinationales françaises. Elles emploient plus de 170 000 salariés. Elles filiales se concentrent notamment dans le secteur financier (Axa, BNP Paribas Fortis, CA-CIB, Crédit Mutuel, Groupe BPCE-Caisse d’épargne, Société Générale), le commerce et la distribution (Carrefour, Decathlon, Intermarché, Fnac), les transports (AF-KLM, CMA-CGM, Eurostar) et les télécommunications (Orange). L’industrie manufacturière conserve également une place centrale dans la présence française en Belgique, notamment dans la chimie, l’énergie, l’agroalimentaire, la pharmacie, les matériels de transport, l’aéronautique et les équipements de défense. Les entreprises françaises y sont présentes à travers des groupes tels qu’Air Liquide, TotalEnergies, Danone, Sanofi, Alstom, Safran et Thalès. Elles sont particulièrement actives dans la production et la distribution d’électricité et de gaz, avec notamment Engie-Electrabel, EDF Luminus et TotalEnergies.
- Les filiales belges en France font de la Belgique le 6ème employeur étranger.
Selon l’Insee (2023), plus de 2 000 filiales d’entreprises belges sont actives en France et emploient 130 000 personnes. La Belgique est ainsi le 6ème employeur étranger en France[vii]. Les principaux groupes belges présents en France incluent notamment le prestataire informatique Econocom (6 500 employés), le groupe chimique Solvay (3 700) et le groupe agroalimentaire Louis Delhaize, dont la présence française a toutefois été restructurée avec la cession des supermarchés Cora en 2023, tout en conservant notamment les jardineries Truffaut. Dans le cadre du dispositif de détection de Business France, la Belgique était à l’origine de 80 projets d’investissement en France en 2024, contre 126 en 2023.
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Les relations économiques entre la France et la Belgique se caractérisent ainsi par une forte densité des échanges, une intégration commerciale marquée et une présence entrepreneuriale française importante. La Belgique demeure l’un des tout premiers partenaires commerciaux de la France, même si le volume des échanges bilatéraux a de nouveau reculé en 2025. Le principal changement par rapport aux années précédentes tient à la résorption du déficit commercial français, sous l’effet de la forte baisse des importations d’hydrocarbures et de produits pétroliers transitant par la Belgique. Hors énergie, la relation commerciale reste dominée par les biens industriels intermédiaires, les produits de consommation et le commerce intrabranche, avec un rôle central de la Flandre et du Port d’Anvers-Bruges. Les échanges de services, structurellement excédentaires pour la France, ainsi que l’importance des investissements croisés confirment la profondeur de la relation économique franco-belge. Celle-ci est portée par un stock d’IDE français en Belgique près de deux fois supérieur au stock d’IDE belges en France, ainsi que par une présence significative de filiales françaises et belges de part et d’autre de la frontière.
[i] Principaux partenaires commerciaux de la France (en volume) : la Belgique est 6ème et se situe derrière l’Allemagne (167,9 Md€, 13,0%), les États-Unis (103,9 Md€, 8,0%), la Chine et Hong-Kong (103,0 Md€, 8,0%), l’Italie (101,6 Md€, 7,9%) et l’Espagne (90,7 Md€, 7,0%).
[ii] Stock d’IDE français à l’étranger : la Belgique accueille le 4ème stock d’IDE français, derrière les États-Unis (240,2 Md€ ; 16,0%), les Pays-Bas (206,5 Md€ ; 13,8%) et le Royaume-Uni (148,4 Md€ ; 9,9%).
[iii] Stock d’IDE étrangers en France : la Belgique est le 6ème investisseur étranger en France, derrière le Luxembourg (187,5 Md€), les Pays-Bas (128,3 Md€), la Suisse (125,0 Md€), le Royaume-Uni et l’Allemagne, et devant les États-Unis (57,9 Md€).
[iv] Un flux d’IDE négatif correspond à un désinvestissement net sur l’année : les cessions de participations, remboursements de prêts intragroupe, retraits de capitaux ou bénéfices réinvestis négatifs ont été supérieurs aux nouveaux investissements belges en France. Il ne signifie donc pas une absence d’investissement belge en France mais une diminution nette des flux entrants sur la période.
[v] Stock d’IDE belges à l’étranger : la France est la 3ème destination des IDE belges en 2023, avec 74,7 Md€ soit 12,2% du total, derrière les Pays-Bas (161,8 Md€ ; 26,5%) et le Luxembourg (122,0 Md€ ; 20,0%).
[vi] Implantation d’entreprises françaises à l’étranger : la Belgique est au 6ème rang des implantations de filiales françaises à l’étranger et se situe derrière les États-Unis, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Chine, et devant l’Italie.
[vii] Employeur étranger en France : la Belgique est le 6ème employeur étranger en France, derrière les États-Unis (524 000), l’Allemagne (333 500), la Suisse (263 500), les Pays-Bas (230 423) et le Royaume-Uni (222 000), et devant le Luxembourg (129 000).