Relations économiques bilatérales France-Belgique

Avec un volume d’échanges de biens de 63,1 Md€ en 2020, en baisse de 12,8% par rapport à 2019, la Belgique est le 5e fournisseur et le 5e client de la France. Le solde commercial bilatéral (-1,6 Md€ en 2020) est structurellement déficitaire en raison des importations de gaz naturel transitant par la Belgique. Néanmoins, ce déficit est en baisse tendancielle depuis 2011 et est compensé par un excédent dans les échanges de services. Les investissements croisés entre la France et la Belgique témoignent d’une attractivité réciproque : la Belgique est la 3e destination des IDE français et la France, la 2e destination des IDE belges.

Partenaire commercial majeur de la Belgique, la France compense son déficit dans les échanges de biens par un excédent de la balance des services.

  • La Belgique est le 6e partenaire commercial de la France et enregistre un excédent commercial structurel dans les échanges bilatéraux en raison du gaz naturel transitant par son territoire.

En 2020, d’après les douanes françaises, les échanges franco-belges de biens s’élèvent à 63,1 Md€, soit 12,8% de moins qu’en 2019, où ils étaient de 72,4 Md€. La Belgique est le 6e partenaire commercial de la France (6,9% des échanges), son 5e client (7,4%) et son 5e fournisseur (6,5%). Avec 30,8 Md€ d’exportations et 32,4 Md€ d’importations, le solde commercial bilatéral s’établit, en 2020, à -1,6 Md€ (-3,9 Md€ en 2019) et constitue le 14e déficit bilatéral français (7e en 2019). Ce déficit est structurel en raison des importations de gaz naturel transitant par la Belgique (3,3 Md€). Néanmoins, la France présente des excédents sectoriels notables dans les produits pharmaceutiques (2,7 Md€) et les véhicules automobiles (1,6 Md€).

  • Le déficit commercial bilatéral tend néanmoins à se résorber depuis 2010 et est compensé par l’excédent dans les échanges de services.

Le déficit commercial vis-à-vis de la Belgique poursuit une tendance baissière : il a été divisé par plus de deux entre 2011 (-9 Md€) et 2019 (-3,9 Md€). La crise sanitaire a accentué cette tendance, la chute des importations (de 15,2% par rapport à 2019) étant supérieure à celle des exportations (-10,2%). Ainsi, le déficit commercial a été à nouveaux divisé par plus de deux entre 2019 et 2020, subissant une baisse de 58,7%, soit 2,3 Md€. Ont notamment contribué à cette amélioration du solde commercial français en 2020 :

- la chute des importations énergétiques, avec une baisse de 44,6% des importations de gaz naturel (soit -2,7 Md€) et de 25,3% des importations de produits du raffinage de pétrole (soit -645 M€).

- la hausse de 17,9% des exportations de préparations pharmaceutiques (+582 M€).

- la résilience du poste des composants électroniques, dont les exportations poursuivent leur hausse en 2020 (+ 16,8%, soit + 149 M€), après avoir déjà très fortement augmenté en 2019 (+838 M€).

L’excédent de la balance des services, qui s’établit, selon la Banque de France, à 5 Md€ en 2019[1], compense le déficit commercial avec la Belgique. La balance bilatérale des biens et des services est ainsi excédentaire en 2019, affichant un solde de +1,1 Md€. Avec un volume d’échange de 31,5 Md€, dont 13,3 Md€ d’importations et 18,2 Md€ d’exportations, la France est le 2e partenaire de la Belgique pour le commerce de services et dispose de la deuxième part de marché dans les services (11,3% des importations belges), derrière les Pays-Bas (14,7%) et devant le Royaume-Uni (9,2%).

[1] Les chiffres pour 2020 ne sont pas encore disponibles.

Marqué par d’importants échanges de biens industriels et de ressources énergétiques, le commerce franco-belge a souffert du ralentissement industriel provoqué par la crise.

  • Le commerce franco-belge est marqué par la prépondérance de biens industriels, de produits manufacturés et d’hydrocarbures naturels.

Les secteurs ayant le plus de poids dans les échanges franco-belges sont les préparations pharmaceutiques et les produits pharmaceutiques de base (9,9% des échanges, avec un volume de 6,3 Md€), les véhicules automobiles (7,6% ; 4,8 Md€), le gaz naturel (5,3% ; 3,3 Md€), les produits sidérurgiques (4,5% ; 2,9 Md€) et les produits du raffinage de pétrole (4,2% ; 2,6 Md€). Les exportations sont portées par les préparations pharmaceutiques (12,5% des exportations en 2020, soit 3,8 Md€) et les véhicules automobiles (10,4%, soit 3,2 Md€), dont une partie transite par le port de Zeebrugge pour être réexportée, loin devant les composants électroniques (3,4% ; 1 Md€) et les céréales (3,3% ; 1 Md€). Les premiers postes d’importation sont le gaz naturel (10,3% contre 15,7% en 2019 ; 3,3 Md€), les produits sidérurgiques de base (6,3% ; 2 Md€) et les produits du raffinage de pétrole (5,9% ; 1,9 Md€).

  • La crise sanitaire a entraîné une chute du commerce de ressources énergétiques, de biens industriels et de véhicules automobiles mais une hausse des échanges de produits pharmaceutiques.

Les échanges de gaz naturel et de produits du raffinage de pétrole ont reculé respectivement de 4,1 Md€, passant de 10,1 Md€ à 6 Md€, ce qui représente une chute de 40,6%. Les biens industriels ont également souffert de la crise avec, en particulier, une baisse des échanges de produits sidérurgiques de base et ferroalliages de 701 M€ (-19,6%), des matières plastiques de 332 M€ (-15,7%) ou encore des produits chimiques organiques de base de 298 M€ (-16%). Enfin, les véhicules automobiles ont chuté de 1,5 Md€ (baisse du volume total de 24,2% et des exportations de 30%). A l’inverse, le commerce de produits de l’industrie pharmaceutique a fortement augmenté en 2020, avec une hausse de 504 M€ des préparations pharmaceutiques (+11,4%) et de 319 M€ des produits pharmaceutiques de base (+31,1%), dont les importations progressent de 32,7%.

Les investissements directs français en Belgique, plus de trois fois supérieurs aux IDE belges en France, témoignent de l’importante présence entrepreneuriale française.

  • La Belgique constitue la 3e destination des IDE directs français

La Belgique constitue la 3e destination des IDE directs français avec un stock de 142 Md€ en 2019 (10,4% du montant total d’IDE français), derrière les Etats-Unis (217 Md€, 15,9%) et les Pays-Bas (181 Md€, 13,3%) et devant le Royaume-Uni (129 Md€, 9,5%). Selon l’Insee, 2 100 filiales françaises sont actives dans le royaume, réalisant un chiffre d’affaires de 73 Md€ et employant 151 500 salariés. Elles se concentrent dans trois secteurs :

- les services (40% du chiffre d’affaires total), dont le commerce et la distribution (Carrefour, Decathlon, Fnac), le transport (Thalys, l’armateur CGA-CGM) ou encore la communication (Orange) ;

- la production et la distribution d’énergie (28% du CA), avec notamment Engie-Electrabel et ED Luminus ;

- l’industrie manufacturière (25% du CA), dont la chimie (Total, Air Liquide), la pharmacie (Sanofi) ou encore la fabrication de matériel de transport (Alstom).

  • La Belgique est le 7e investisseur étranger en France par pays d’origine immédiate en 2019

La Belgique est le 7e investisseur étranger en France par pays d’origine immédiate en 2019, avec un stock de 54 Md€ (7% du total), devant l’Italie (3,4%) et derrière les Etats-Unis (7,5%). Par pays de l’investisseur ultime, le stock d’IDE belges s’élève, en 2018, à 42 Md€ (6e stock, derrière le Luxembourg, à 71 Md€, et devant les Pays-Bas, à 30 Md€[2]). Selon la Banque nationale de Belgique, la France constitue la deuxième destination des IDE belges, derrière les Pays-Bas et devant le Luxembourg, la Suisse et l’Allemagne. 2 000 entreprises françaises sont contrôlées par un investisseur belge et emploient plus de 130 000 personnes avec, notamment, le groupe agroalimentaire Delhaize (18 000 employés), le prestataire informatique Econocom (6 500) et le groupe chimique Solvay (5 000).


[2] Les montants des IDE luxembourgeois et néerlandais par pays de l’investisseur ultime sont bien inférieurs à ceux par pays d’origine immédiate car ces deux pays sont des pays hosts, accueillant de nombreuses holdings par lesquelles transitent d’importants volumes de capitaux.  

 

 

 

 

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