Commerce extérieur

Avec un taux d’ouverture de 100%, la Belgique est l’une des économies les plus ouvertes de la zone euro. En 2022, son montant total d’échanges de biens a enregistré une forte hausse de 30,4% par rapport à 2021, s’établissant à 888 Md€ selon la Banque Nationale de Belgique, dont 440,2 Md€ d’exportations (+34,6%) et 448,1 Md€ d’importations (+34,5%), classant la Belgique au 8ème rang mondial des pays exportateurs, après l’Italie et devant la France, selon l’OMC. Etabli en excluant une partie des flux de transit, qui représente en moyenne 40% du commerce extérieur belge, le solde de la balance commerciale belge présente un déficit de 7,9 Md€ en 2022 (contre 8,4 Md€ en 2021). Il tend à se dégrader depuis vingt ans en raison d’une progression des coûts salariaux unitaires plus rapide en Belgique que chez ses trois principaux partenaires et concurrents (Pays-Bas, Allemagne, France) qui représentent 45% de ses échanges. Les échanges de biens de la Belgique sont dominés par les produits des industries chimiques et pharmaceutiques (24,3% du volume total ; premier excédent sectoriel), les combustibles minéraux (23,2%), les machines et appareils électriques (9,8%) et le matériel de transport (8,7%).

Le commerce extérieur de la Belgique enregistre une hausse de 30% en 2022.

  • Les échanges commerciaux belges ont atteint 888 Md€ en 2022, dégageant un solde déficitaire de 7,9 Md€.

Selon la méthodologie du « concept national » de la Banque nationale de Belgique (BNB), qui neutralise l’impact des flux de transit des entreprises non-résidentes des Etats membres de l’Union européenne (UE) avec des pays hors UE, le montant total des échanges de biens de la Belgique a augmenté de 30,4% en 2022 pour s’établir à 888 Md€ (contre 681 Md€ en 2021), dont 440,2 Md€ d’exportations (336,5 Md€ en 2021) et 448,1 Md€ d’importations (344,9 Md€ en 2021). En 2022, le solde commercial belge présente un déficit de 7,9 Md€, après un déficit de 8,4 Md€ en 2021 (cf. annexe 1). Toutefois, selon la méthodologie d’Eurostat (« concept communautaire », cf. annexe 2), la Belgique affiche un excédent commercial de 11,2 Md€ en 2022 (contre 14,3 Md€ en 2021, soit une contraction de -21%), pour un montant total d’échanges de 1 197 Md€ (914,3 Md€ en 2021). Le calcul de cet excédent tient compte des flux de transit, dont le montant est généralement estimé à 40% du commerce extérieur belge, une proportion très importante résultant de la position géographique de la Belgique en Europe et de ses infrastructures portuaires.

Selon la BNB, à l’exception de l’année 2020 de crise sanitaire marquée par une contraction du commerce extérieur belge de 8,1% et un excédent de 1,7 Md€, le solde commercial belge est structurellement déficitaire depuis 2008. Ce dernier est passé de +10 Md€ en 2002, plus important excédent commercial enregistré par la Belgique, à -13,9 Md€ en 2018, son plus important déficit. Pour la BNB, ce déséquilibre résulte de la détérioration de la compétitivité-coût de la Belgique, résultant principalement de l’augmentation des coûts salariaux unitaires (CSU), plus forte en Belgique que chez ses concurrents. La BNB a calculé (cf. annexe 4) que les CSU belges ont augmenté en moyenne de +33,3% entre 1996 et 2013, contre +24,8% chez ses trois principaux partenaires commerciaux (France, Allemagne, Pays-Bas).

Par ailleurs, si le volume des échanges de services n’est pas encore disponible pour 2022, il s’était élevé en 2021 à 231,4 Md€ (en hausse de 9,7% par rapport à 2020) et la Belgique dégageait un solde de la balance des services excédentaire de 1,3 Md€. Ce dernier ne compense donc pas le solde de la balance commerciale (le solde de la balance des biens et des services s’est établi à -6,6 Md€ en 2021) et cela ne devrait pas être non plus le cas en 2022.

 

  • Le commerce extérieur de la Belgique est porté par les échanges de combustibles minéraux (pétrole et gaz), de produits pharmaceutiques et de véhicules automobiles.

La forte croissance du commerce extérieur de la Belgique en 2022 s’explique notamment par la hausse des prix de l’énergie[1], la valeur des échanges de combustibles minéraux s’établissant à 206,3 Md€ (+159,6% par rapport à 2021).

En 2022, les combustibles minéraux ont ainsi représenté 23,2% du total des échanges commerciaux (contre 12% en 2021) mais ils restent devancés par les produits des industries chimiques et pharmaceutiques, premier poste du commerce extérieure belge à hauteur de 216 Md€ (24,3% du total), dont 116,7 Md€ d’exportations, en hausse de 21% par rapport à 2021. Les autres principaux produits commercés par la Belgiques sont (i) les machines et matériels électriques (87,0 Md€, +16,3% par rapport à 2021, 9,8% du total), (ii) les matériels de transport (77,5 Md€, +9,5%, 8,7% du total), (iii) les métaux (59,4 Md€, +14,7%, 6,7% du total), (iv) les matières plastiques et leurs dérivés (46,2 Md€, +6,0%,5,2% du total), (v) les perles et articles de joaillerie (39,5 Md€, +11,9%, 4,4% du total), et (vi) les produits des industries alimentaires (36,6 Md€, +14,8%, 4,4% du total) – cf. annexe 8. L’ensemble de tous les postes supra a représenté 86,5% des échanges de produits en 2022 (contre 85,2% en 2021).

Comme en 2021, les produits des industries chimiques et pharmaceutiques dégagent le principal solde excédentaire de la Belgique à hauteur de 17,3 Md€ (+21%), devant les matières plastiques et leurs dérivés (8,5 Md€, stable), les produits des industries alimentaires[2] (7,9 Md€, +24%) et les métaux (3,5 Md€, +41%). Les principaux déficits sectoriels concernent les produits minéraux (-26,1 Md€) et les machines/matériels électriques (-15,3 Md€).


[1]  En valeur, les importations du poste « combustibles minéraux » ont augmenté de +143% (dont +272% pour le gaz). Les exportations de ce poste ont augmenté de +207% (dont +395% pour le gaz).

[2]  La Belgique est notamment le premier exportateur mondial de frites surgelées, devant les Pays-Bas, le Canada et les États-Unis.

 

Les échanges de la Belgique demeurent principalement tournés vers ses pays frontaliers, tandis que la part des pays non européens se stabilise autour d’un tiers depuis 2000.

  • En 2022, l'Allemagne, les Pays-Bas et la France étaient les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique, avec une part dans le volume total d'échange de 45,1%.

En 2022, les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique sont les Pays-Bas (17,4% des échanges, soit 154,3 Md€), l’Allemagne (16,3%, soit 144,7 Md€) et la France (11,4 %, soit 101,3 Md€). Les échanges bilatéraux avec ces trois voisins ont largement dépassé leur niveau d’avant-crise. Les trois premiers partenaires devancent les Etats-Unis (6% des échanges), le Royaume-Uni (5,7%) et l’Italie (4,1%).

Les Pays-Bas demeurent le premier fournisseur de la Belgique, avec une part de marché de 20,5%, loin devant l’Allemagne (12,5%) et la France (10,4%). En revanche, ils sont son deuxième client (14,1% des exportations belges), derrière l’Allemagne (20,2%) et devant la France (12,4%). Par conséquent, les Pays-Bas entretiennent un fort excédent vis-à-vis de la Belgique (+29,8 Md€), tandis que l’Allemagne et la France présentent des déficits bilatéraux, respectivement de 33 Md€ et de 8 Md€. Derrière les Pays-Bas, l’Irlande et la Norvège constituaient les deuxième et troisième déficits bilatéraux belges (respectivement de 18 Md€ et de 14 Md€). La Belgique enregistre ses deux premiers excédents avec l’Allemagne et la France.

  • Les pays non membres de l'UE représentent plus du tiers du commerce extérieur belge de biens tandis qu'ils demeurent marginaux dans les échanges de services.

La part des échanges de biens de la Belgique avec ses partenaires non membres de l’Union européenne s’élève en 2022 à 36,7%, en légère hausse par rapport à 2021 (34%). Le poids des partenaires extra-européens a progressé entre 2009 et 2016, passant de 31,2% à 36,3%, mais s’est stabilisée depuis. La hausse du volume d’échange avec les partenaires non membres de l’UE s’est accompagnée d’une nette détérioration du solde commercial belge vis-à-vis de ces derniers : alors qu’il était excédentaire depuis plus de dix ans (+20,5 Md€ en 2021), il est redevenu déficitaire en 2022 à hauteur de -15,9 Md€. Trois des cinq premiers déficits commerciaux belges sont avec des pays non membres de l’UE : la Norvège (3e déficit ; -14 Md€), la Chine (4e déficit ; -10,1 Md€) et la Russie (5e déficit ; -7,9 Md€).

En 2021, les principaux partenaires de la Belgique pour les échanges de services étaient les Pays-Bas (14,3% du volume d’échange), la France (11,5%), les Etats-Unis (11,1%) et l’Allemagne (9,2%) et le Royaume-Uni (7,9%). Les Etats-Unis étaient le seul pays non européen parmi les dix premiers partenaires de la Belgique.

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