Commerce extérieur

Avec un taux d’ouverture de 80,8% en 2020, la Belgique est l’une des économies les plus ouvertes de la zone euro. L’année passée, son volume d’échange de biens a reculé de 6,5% par rapport à 2019, s’établissant à 525,2 Md€. Cette chute du commerce extérieur s’est néanmoins accompagnée d’une nette amélioration du solde commercial, remontant de 3,2 Md€ par rapport à 2019. Le déficit de la balance des biens belge s’établit ainsi à 2,9 Md€. Depuis 20 ans, la balance commerciale tend à se dégrader en raison, notamment, d’une progression des coûts salariaux unitaires plus rapide que celle des Pays-Bas, de l’Allemagne et de la France. Le commerce extérieur belge présente trois spécificités notables : (i) il apparaît très concentré au plan géographique, les trois grands voisins de la Belgique représentant 43% de ses échanges, (ii) il est principalement de nature intra-branche, (iii) la Flandre représente 80% des échanges.

1. La perte de compétitivité-prix de la Belgique s’est traduite par une dégradation tendancielle de sa balance commerciale, dont le déficit a toutefois reculé avec la crise sanitaire.

  • Le solde commercial de la Belgique, déficitaire depuis 2008, s’est en grande partie résorbé depuis 2019, s’établissant à -2,9   milliards d’euros en 2020 (-0,6% du PIB).

En 2020, selon la Banque nationale de Belgique, le solde commercial belge en concept national s’établit à -2,9 Md€ (-0,6% du PIB). Le déficit commercial a ainsi été divisé par deux par rapport à celui de 2019, qui était de 6 Md€ (-1,3% du PIB). De fait, la crise économique et sanitaire, qui a entraîné une baisse de 6,5% du commerce extérieur belge en 2020, a davantage touché les importations (-7%) que les exportations (-6%). Au total, le volume d’échange de biens de la Belgique s’élève, en 2020, à 525,2 Md€ (561,7 Md€ en 2019), dont 261,2 Md€ d’exportations et 264 Md€ d’importations. Le volume d’échange de services, qui s’élève à 202,6 Md€ (en baisse de 7,3% par rapport à 2019), est plus de deux fois inférieur à celui des biens. La Belgique présente un solde de la balance des services excédentaire, à 709 M€, après avoir enregistré un déficit de 539 M€ en 2019.

Le solde commercial belge est déficitaire pour la 13e année consécutive (depuis 2008) date avant laquelle il était durablement excédentaire. La détérioration tendancielle du solde commercial sur les vingt dernières années s’explique notamment par une augmentation des coûts salariaux unitaires de la Belgique plus marquée que celle de ses concurrents (+33,33% entre 1996 et 2013 contre +24,84 % en moyenne pour les trois pays voisins).

Dans le cadre du concept communautaire, la Belgique affiche un excédent commercial de 21 Md€ (17,1 Md€ en 2019), pour un volume d’échange de 714,1 Md€ (781,2 Md€ en 2019).

  • La crise sanitaire a entraîné un recul des volumes d’échange particulièrement marqué au deuxième trimestre, mais a soutenu les exportations de l’industrie pharmaceutique belge.

Le recul du volume d’échange de biens en 2020 s’explique principalement par la forte chute du commerce extérieur belge au deuxième trimestre, qui s’élève à 116,5 Md€, inférieur de 20,2% par rapport au deuxième trimestre de 2019. Les échanges se rétablissent rapidement dès le trimestre suivant, enregistrant une progression sur trois mois de 9%, atteignant 126,9 Md€. Le commerce extérieur belge retrouve son niveau structurel au quatrième trimestre, affichant un volume stable par rapport à celui du dernier trimestre de 2019. Malgré le recul du commerce extérieur en 2020, certains postes ont enregistré une nette progression annuelle, au premier rang desquels les produits pharmaceutiques, dont le volume d’échange croît de 16,1% (+10,3 Md€) par rapport à 2019. A l’inverse, de nombreux postes ont souffert de la crise, notamment les combustibles minéraux et le gaz naturel qui chutent de 19,1 Md€ (-35,4%) et les véhicules automobiles qui reculent de 7,9 Md€ (-11,1%).

2. Les échanges de biens et de services de la Belgique demeurent principalement tournés vers ses pays frontaliers, tandis que la part des pays non européens apparaît stable après avoir augmenté entre 2009 et 2016.

  • En 2020, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France étaient les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique, avec une part dans le volume total d’échange de 43%.

En 2020, les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique sont l’Allemagne (15,5% des échanges, soit 81,5 Md€), les Pays-Bas (15,3%, soit 80,5 Md€) et la France (12,2%, soit 64,1 Md€). Ils devancent nettement les Etats-Unis (7% des échanges), l’Italie (4,9%), le Royaume-Uni (4,9%) et la Chine (3,1%).

Les Pays-Bas restent le premier fournisseur de la Belgique, avec une part de marché de 19%, loin devant l’Allemagne (14,4%) et la France (11,2%). Ils sont son troisième client (11,6% des exportations belges), derrière l’Allemagne (16,6%) et la France (13,2%). Par conséquent, les Pays-Bas entretiennent un fort excédent vis-à-vis de la Belgique (+20,1 Md€, en baisse de 5,6 Md€ par rapport à 2019), tandis que l’Allemagne et la France présentent des déficits bilatéraux, respectivement de 5,4 Md€ et de 5,1 Md€, l’Irlande et le Japon constituaient les deuxième et troisième déficits bilatéraux belges (respectivement 10,9 Md€ et 5,3 Md€). La Belgique enregistre ses deux premiers excédents avec les Etats-Unis (8,4 Md€) et le Royaume-Uni (5,6 Md€), devant l’Allemagne et la France.

  • Si les pays non membres de l’Union européenne représentent 35,2% du commerce extérieur belge de biens, les échanges de service se concentrent davantage sur l’Europe.

La part des échanges de la Belgique avec ses partenaires non membres de l’Union européenne s’élève, en 2020, à 35,2%, en légère hausse par rapport à 2019 (34,7%). Le poids des partenaires extra-européens a fortement progressé entre 2009 et 2016, passant de 31,2% à 36,3%, mais s’est stabilisé depuis. La hausse du volume d’échange avec les partenaires non membres de l’UE s’est accompagnée d’une nette amélioration du solde commercial belge vis-à-vis de ces derniers : alors qu’il était déficitaire de 2007 à 2009, il est excédentaire depuis 2010, après avoir enregistré une augmentation de 12,8 Md€ entre 2008 et 2012.

En 2019, les principaux partenaires de la Belgique pour les échanges de services étaient les Pays-Bas (14,7% du volume d’échange), la France (12,8%), l’Allemagne (9,7%), le Royaume-Uni (9,7%), les Etats-Unis (7,1%) et le Luxembourg (5,7%). Les Etats-Unis étaient le seul pays non européen parmi les dix premiers partenaires de la Belgique. Les pays non membres de l’UE ne représentaient que 24,3% des échanges de services belges.

3. Le commerce de biens de la Belgique, principalement intra-branche, est marqué par une forte participation de la Flandre, disproportionnée par rapport à son poids dans la population.

  • Le commerce belge est dominé par les véhicules automobiles et les produits pharmaceutiques.

Les échanges de biens de la Belgique sont dominés, en 2020, par les produits pharmaceutiques (14,1% du volume d’échange total), les véhicules automobiles (12%), les réacteurs nucléaires et équipements associés (7,6%), les produits chimiques organiques (6,6%) et les combustibles minéraux (6,6%). En 2019, les véhicules automobiles constituaient le premier poste (12,6%), devant les produits pharmaceutiques (11,4%).

Le commerce de la Belgique est intra-branche : les deux premiers postes d’exportations sont les mêmes que les deux premiers postes d’importations. Les produits pharmaceutiques représentent 15,5% des exportations et 12,8% des importations, les véhicules automobiles, 12% des exportations et des importations. Deuxième excédent sectoriel en 2019, les produits pharmaceutiques occupent la première place en 2020, affichant un solde de +6,8 Md€ (4,1 Md€ en 2019), devant les matières plastiques (+6,3 Md€). A l’inverse, la Belgique présente des déficits sectoriels majeurs dans les combustibles minéraux (-8,3 Md€) et les machines et appareils électriques (-7,5 Md€).

  • Le volume d’échange de biens de Flandre est près de cinq fois supérieur à celui de la Wallonie.

Alors qu’elle ne représente que 57,7% de la population, la Flandre représente 80% du commerce de biens belge en 2020 (419,9 Md€), devant la Wallonie (16%, soit 84,2 Md€) et Bruxelles-Capitale (4%, soit 21,1 Md€). Bien que minoritaire dans les échanges, la Wallonie est la seule région à présenter un excédent commercial (+12,5 Md€), alors que la Flandre et Bruxelles-Capitale enregistrent des déficits commerciaux de 9,4 et 6 Md€.

 

(1) Point méthodologique important : cette note propose d’analyser le commerce extérieur belge dans le cadre du concept national, qui exclut les activités des non-résidents, et qui est utilisé par la Banque nationale de Belgique pour l’établissement des comptes nationaux. Le concept communautaire, qui respecte la nomenclature d’Eurostat, est souvent utilisé par les autorités belges, notamment la Flandre. A la différence du concept national, il tient compte des activités de quasi-transit.

 

Publié le