Commerce extérieur

Avec un taux d’ouverture (échanges de biens et services sur deux PIB) de 82%, la Belgique est une des économies les plus ouvertes de la zone euro. En 2020, le volume d’échange de biens de la Belgique s’élève à 523,7 Md€, en baisse de 6,8% par rapport à 2019. Le solde commercial belge (échanges de biens), qui s’établit à -2,6 Md€, s’est dégradé au cours des vingt dernières années et est déficitaire depuis 2008. Ce recul s’explique en partie par une progression des coûts salariaux unitaires plus rapide que la moyenne de ses trois principaux concurrents. La crise économique et sanitaire a néanmoins eu pour effet de réduire le déficit commercial, qui était de 6 Md€ en 2019. Le commerce belge présente trois spécificités : (i) il est très concentré au plan géographique, les trois grands voisins de la Belgique représentant près de 45% de ses échanges, (ii) il est de nature intra-branche, couvrant principalement des biens industriels et manufacturés, (iii) la Flandre représente près de 80% du commerce.

1. La perte de compétitivité-prix de la Belgique s’est traduite par une dégradation tendancielle de sa balance commerciale, dont le déficit a toutefois reculé avec la crise sanitaire.

Selon la Banque nationale de Belgique, le volume d’échange de biens de la Belgique s’élève en 2020 à 523,7 Md€ (en baisse de 6,8% par rapport à 2019, où il était de 561,7 Md€), dont 263,2 Md€ d’importations (283,9 Md€ en 2019) et 260,5 Md€ d’exportations (277,8 Md€ en 2019).

Le solde commercial belge en concept national s’établit donc à -2,6 Md€ (-0,58% du PIB). Le déficit commercial s’est résorbé de 3,4 Md€ par rapport à 2019, où il était de -6 Md€ (-1,3% du PIB). Ce recul s’explique principalement par la crise sanitaire, qui a davantage touché les importations (-7,3% en 2020) que les exportations (-6,2%). En 2020, le solde commercial est déficitaire pour la 13e année consécutive, soit depuis 2008, date avant laquelle il était systématiquement excédentaire. De fait, il affiche une dégradation tendancielle depuis 20 ans, passant de +10 Md€ en 2002, plus important excédent enregistré, à -13,9 Md€ en 2018, plus important déficit.

Cette détérioration s’explique notamment par une augmentation des coûts salariaux unitaires de la Belgique plus marquée que celle de ses concurrents (+33,33% entre 1996 et 2013 contre +24,84 % en moyenne pour les trois pays voisins).

Dans le cadre du concept communautaire, la Belgique affichait en 2019 un excédent commercial de 17,1 Md€, pour un volume d’échange de 781,2 Md€. L’excédent selon le concept communautaire s’explique par le fait que les exportations dues au quasi-transit sont plus importantes que les importations.

Le volume d’échange de services, près de deux fois inférieur à celui des biens, s’élevait à 218,5 Md€ en 2019 (211 Md€ en 2018, +3,5%). La Belgique présentait alors un déficit de la balance des services de 540 M€.

2. Les échanges de biens et de services de la Belgique demeurent principalement tournés vers ses pays frontaliers et l’Europe, tandis que la part des pays non européens reste minoritaire.

  • Les Pays-Bas, l’Allemagne et la France sont les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique.

Les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique sont les Pays-Bas (16,07% des échanges de biens en 2019, soit 90,3 Md€), l’Allemagne (15,9%, soit 89 Md€) et la France (12,4%, soit 69,9 Md€). Ces trois pays représentent ainsi 44,4% des échanges de la Belgique.

Les Pays-Bas sont le premier fournisseur de la Belgique, avec une part de marché de 20,4% en 2019, loin devant l’Allemagne (14,2%) et la France (11,2%). En revanche, ils sont son troisième client, représentant 11,6% des exportations belges, derrière l’Allemagne (17,6%) et la France (13,7%). Alors que les Pays-Bas représentent le premier déficit commercial belge (-25,7 Md€), l’Allemagne et la France représentent les deux premiers excédents du royaume (8,5 Md€ et 6,4 Md€). Loin derrière les Pays-Bas, l’Irlande et le Japon constituent les 2e et 3e déficits belges (-11,5 Md€ et -5,8 Md€). Outre l’Allemagne et la France, la Belgique enregistre ses principaux excédents avec le Royaume-Uni (+5,2 Md€), les Etats-Unis (+4,9 Md€), le Luxembourg (+4,6 Md€) et l’Inde (+3,2 Md€).

  • Près d’un tiers du commerce extérieur belge est réalisé avec des pays hors de l’Union européenne à 28.

La part des échanges de la Belgique avec des partenaires hors de l’UE s’élève, en 2019, à 34,7%. Cette part a progressé entre 2009 et 2016, passant de 31,2% à 36,3%. La Belgique entretient un excédent commercial vis-à-vis des pays non membres de l’UE depuis 2010 (+6,1 Md€ en 2019), après avoir affiché un déficit de 2007 à 2009. Néanmoins, parmi les six premiers déficits commerciaux bilatéraux de la Belgique, trois sont des pays non européens : le Japon (3e déficit ; -5,8 Md€), la Russie (4e déficit ; -3,2 Md€) et la Chine (6e déficit ; -2,3 Md€).

  • Les échanges de services de la Belgique apparaissent géographiquement plus concentrés, en faveur de l’Europe.

Les principaux partenaires de la Belgique pour les échanges de services sont les Pays-Bas (14,7% du volume d’échange), la France (12,8%), l’Allemagne (9,7%), le Royaume-Uni (9,7%), les Etats-Unis (7,1%) et le Luxembourg (5,7%). Les Etats-Unis sont le seul pays non européen parmi les dix premiers partenaires de la Belgique. Si la Belgique se tourne principalement vers des pays européens pour ses échanges de services, ces derniers apparaissent moins concentrés sur ses proches voisins que pour les échanges de biens : les Pays-Bas, la France et l’Allemagne ne représentent que 37,2% du volume d’échange (contre 44,4% du commerce des biens).

3. Le commerce de biens de la Belgique est de nature intra-branche, avec une prépondérance de biens industriels et manufacturés, et se caractérise par une forte participation de la Flandre.

  • Le commerce belge est principalement intra-branche.

Les échanges de biens de la Belgique sont dominés, en 2019, par les véhicules automobiles (12,6% du volume d’échange total), les produits pharmaceutiques (11,4%) et les combustibles minéraux (9,6%). Le commerce de la Belgique est principalement intra-branche : les cinq premiers postes d’exportations sont également les cinq premiers d’importations, quoique dans un ordre différent (cf annexe des principaux secteurs).

Les matières plastiques constituent le premier excédent sectoriel de la Belgique avec un solde de +6,9 Md€, suivies des produits pharmaceutiques (+4,1 Md€) et de la fonte, du fer et de l’acier (+4,1 Md€). La Belgique présente un déficit sectoriel majeur au niveau des combustibles minéraux, de -13,2 Md€. Elle enregistre également des déficits sectoriels substantiels pour les machines, appareils et matériels électriques (-7,3 Md€), les réacteurs nucléaires et équipements associés (-4,4 Md€) et les véhicules automobiles (-3,1 Md€).

  • Le volume d’échange de biens de Flandre est près de cinq fois supérieur à celui de la Wallonie.

La Flandre représente près de 80% du commerce de biens belge (79,9% en 2019, soit 448,6 Md€), devant la Wallonie (16,2%, soit 91,1 Md€) et la région de Bruxelles-Capitale (3,9%, soit 22 Md€). Bien que minoritaire dans le volume d’échange, la Wallonie est la seule région belge à présenter un excédent commercial (+13,5 Md€), alors que la Flandre et la région de Bruxelles-Capitale enregistrent des déficits respectifs de -13,5 Md€ et -6,1 Md€.

 

(1) Point méthodologique : cette note propose d’analyser le commerce extérieur belge dans le cadre du concept national, qui exclut les activités des non-résidents, et qui est utilisé par la Banque nationale de Belgique pour l’établissement des comptes nationaux. Le concept communautaire, qui respecte la nomenclature d’Eurostat, est souvent utilisé par les autorités belges régionales, notamment la Flandre. A la différence du concept national, il tient compte des activités de quasi-transit : ce sont des exportations ou des importations de biens effectuées par des non-résidents avec des pays non-membres de l’UE. Les opérations douanières associées entraînent une comptabilisation artificielle de ces échanges dans les statistiques extérieures selon le concept communautaire, qu’il convient d’écarter en mobilisant le concept national pour l’analyse du commerce extérieur belge. En effet, à l’exception des services d’entreposage et de transport, les activités de quasi-transits n’ont pas d’impact sur l’économie belge.

 

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