Le commerce bilatéral entre la France et les Emirats arabes unis (EAU) en 2017

S’élevant à 4,5 Mds € en 2017, les échanges commerciaux bilatéraux France-EAU ont connu un léger fléchissement (-3,3% en g.a.), poursuivant la tendance constatée après une année 2013 record pour le commerce bilatéral (5,3 Mds €). L’augmentation de nos importations (+4,3%), tirée par la hausse des cours du pétrole au cours du second semestre, conjuguée à la diminution de nos ventes, qui ont atteint 3,4 Mds € (-5,5% en g.a.), ont entrainé une réduction de notre surplus (-9,6%). En 2017, les EAU confortent néanmoins leur position de deuxième débouché commercial de la France dans le Golfe, et les échanges avec ce pays continuent de générer, avec un solde de 2,3 Mds €, notre quatrième excédent commercial mondial.

commerce bilatéral

Malgré une légère baisse des échanges bilatéraux en 2017, les EAU demeurent le deuxième partenaire commercial de la France dans le Golfe

Le volume des échanges commerciaux bilatéraux s’est établi à 4,5 Mds € en 2017, en repli de 3,3 % par rapport à l’exercice précédent. Ces chiffres placent la Fédération au 2ème rang de nos partenaires commerciaux au sein du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), derrière l’Arabie Saoudite (8,6 Mds €).

Le ralentissement des échanges repose principalement sur une baisse de 5,5% des exportations françaises à destination des EAU, pour atteindre 3,4 Mds €. C’est le troisième repli consécutif de nos ventes aux EAU, après 5,9% en 2016 et 6,3% en 2015.

Ce fléchissement, combiné à une augmentation du volume des importations en provenance des EAU (près de 1,1 Md €), ont conduit à une réduction de l’excédent commercial structurel de la France. Etabli à 2,3 Mds € (-9,6% en g.a.), il demeure cependant notre quatrième excédent commercial derrière Hong-Kong, Singapour et le Royaume-Uni.

Ces résultats ont entrainé une légère dégradation conjoncturelle du positionnement des Emirats parmi nos partenaires commerciaux : en 2017, les EAU sont notre 27ème client et notre 50ème fournisseur (respectivement 28ème et 48ème en 2016). Hors Union européenne, les EAU sont notre 15ème client, alors qu’ils occupaient la 16ème place en 2016. 

Si les exportations françaises vers les EAU sont en léger repli en 2017, certains secteurs affichent une croissance solide et renforcent la diversification de nos ventes

Si le ralentissement des exportations françaises vers les EAU en 2017 s’explique par une diminution sensible des ventes d’aéronefs, qui constituaient jusqu’en 2015 notre premier poste à l’export, le fait qu’elle soit en partie compensée par une hausse sensible d’autres postes d’exportations constitue une nouvelle encourageante.

En effet, l’année 2017 est à nouveau marquée par le recul de nos ventes d’aéronefs qui restent cependant, avec 311 M € (-8,2% en g.a.), notre 2ème produit à l’export. Ce mouvement, constaté depuis 2014, fait suite à une année record d’exportations d’Airbus en 2013 (+66,7% en g.a. à 692 M €). Il s’explique notamment par la part croissante des A380 dans les ventes d’Airbus aux EAU, lesquels sont exportés depuis le site de Hambourg (et sont donc comptabilisés dans les exportations allemandes).

Les ventes de parfums et produits cosmétiques connaissent une croissance de 4,7% (412 M €) en 2017 et confortent leur place de premier produit à l’export, devant les préparations pharmaceutiques (167 M €, -3,7%) et les instruments et appareils de mesures (112 M €, -39,7%). Parmi les principaux produits exportés, les ventes de vin de raisin (96 M €, +4,1%), d’équipements de communication (76 M €, +3,5%) et de véhicules automobiles (74 M €, +44,2%) ont connu de bonnes performances à l’export, et viennent renforcer la diversification de nos exportations. Dans le contexte de l’ouverture du Louvre Abu Dhabi en novembre 2017, les postes « services des musées » et « création artistique » ont connu une augmentation combinée de 303%, pour atteindre 78 M €, ce qui en fait - virtuellement car ces postes relèvent de catégories douanières distinctes - notre 7ème type de produit à l’export.

La moitié de nos exportations aux EAU se concentre dans 3 secteurs : les biens d’équipement représentent 23% du total (785 M €, -21,8%), devant les produits chimiques, parfums & cosmétiques (630 M €, +2%), poste pour lequel les EAU sont le 10ème client de la France hors UE, et les matériels de transport (441 M €, +2,3% en g.a.).

En 2017, la Fédération a absorbé 31,2% de nos ventes dans le CCEAG contre près de 35% en 2016.  Pour la deuxième année consécutive, les EAU sont le 2ème débouché commercial de la France dans la région, après l’Arabie Saoudite (41%), alors qu’ils occupaient, jusqu’en 2015, la première position. Les exportations vers les EAU représentent 1,8% des ventes françaises hors Union européenne en 2017, contre 2% en 2016. Avec une part de marché de 1,64% en 2016, la France est le 11ème fournisseur de la Fédération [1]. Sur les 11 premiers mois de l’année 2017, la part de marché de la France est estimée à 1,55%.

Du fait de la hausse des cours du pétrole, nos importations en provenance des EAU ont augmenté de 4,3% en 2017

Estimées à 1,09 Md €, les importations en provenance des EAU ont augmenté de 4,3% en 2017, après une hausse de 0,7% en 2016. Celles-ci sont très concentrées : la part du poste hydrocarbures est passée de 68% en 2016 % à 72% en 2017. A la faveur de la hausse des cours du pétrole, la valeur combinée des importations de produits pétroliers raffinés (682 M €, +11,8% en g.a.) et de pétrole brut (107 M €, +3,5%) s’est appréciée de 10,6%, tandis que nos importations hors hydrocarbures ont diminué de 9,1% sur la période. Les achats d’aluminium, 3ème  produit importé des Emirats, ont connu une baisse sensible de l’ordre de 25,9% en valeur (95 M €), de même que celle des matières plastiques sous formes primaires (26 M €, -23,2%).

Pour autant, les Emirats restent le 2ème fournisseur de la France dans le Golfe, représentant 17% de nos importations en provenance de la zone, loin derrière l’Arabie Saoudite, dont la part s’élève à 64%.

 

 

exportations France EAUImportations France EAUSource: Douane française

 

[1] Source : FMI DOTS, données consultées le 6 mars 2018

Publié le