8ème édition du Séminaire Transition "Modèles économiques d'une agriculture en transition"
Paris
Co-organisé par la Direction générale du Trésor et la Direction générale de l'énergie et du climat, le séminaire Transition réunit chaque trimestre des experts de disciplines différentes pour réfléchir aux enjeux de la transition écologique et améliorer l'action publique en matière d'environnement. La 8ème édition portera sur les modèles économiques d'une agriculture en transition.
Elle réunira des chercheuses et chercheurs de premier plan pour interroger, sous un angle pluridisciplinaire, les modèles économiques d’une agriculture en transition : comment concilier transition écologique, souveraineté alimentaire, viabilité économique des exploitations et renouvellement des générations ?
L’ambition de séminaire est résolument prospective et pluridisciplinaire : confronter les regards, croiser les méthodes et nourrir la réflexion des administrations sur des transformations de long terme. Chaque séance s’articule autour de deux temps – un diagnostic partagé des enjeux, puis une exploration des pistes d’évolution de l’action publique – et accorde une place aux retours d’expériences étrangères et territoriales.
L’agriculture face à la transition : enjeux de la séance
Le secteur agricole se trouve à la croisée de plusieurs objectifs d’intérêt général qu’il s’agit de concilier : réussir la transition écologique – en combinant atténuation du changement climatique, adaptation, préservation de la biodiversité et réduction des pollutions – tout en garantissant la souveraineté alimentaire, la viabilité économique des exploitations et une juste rémunération des agriculteurs, dans un contexte de renouvellement des générations. Cette réflexion s’inscrit dans le cadre des stratégies publiques françaises et européennes : SNBC 3, Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), Plan national d’adaptation (PNACC) et Politique agricole commune (PAC).
La séance s’organisera autour de quelques grandes questions :
- Résilience au niveau de l’exploitation. Dans quelle mesure la diversification des productions et des débouchés renforce-t-elle la robustesse des exploitations face aux aléas climatiques et économiques ? Existe-t-il des changements de pratiques « sans regret », bénéfiques à la fois sur les plans agronomique, économique et environnemental, et qu’est-ce qui freine leur généralisation ?
- Une transition qui se joue sur toute la chaîne de valeur. Les leviers et les blocages se situent souvent en dehors de l’exploitation – du côté de l’amont (intrants, matériels, conseil), de l’aval (industries agroalimentaires, distribution, cahiers des charges) et du secteur financier. Quel rôle pour les coopératives, les filières et les circuits courts dans une meilleure répartition de la valeur ?
- Synergies et antagonismes environnementaux. Atténuation, adaptation, biodiversité, qualité de l’eau et de l’air n’évoluent pas toujours dans le même sens. Comment articuler ces objectifs pour maximiser les co-bénéfices et limiter les effets adverses, notamment autour de la fertilisation azotée, de l’élevage et de la gestion de l’eau ?
- Les leviers de l’action publique. Quelle articulation entre normes, instruments économiques et dispositifs de financement (PAC, mesures agro-environnementales, paiements pour services environnementaux, label bas-carbone, assurance) ? Et quelle place pour l’action sur la demande et l’alimentation ?
Conformément à l’esprit du séminaire, les retours d’expériences étrangères (Pays-Bas, Danemark…) et territoriales seront les bienvenus pour éclairer ces questions.
Les intervant(e)s
Marie-Benoît Magrini
Économiste, unité Agroécologie, innovations, territoires (AGIR), INRAE
Économiste spécialiste de la filière des légumineuses à graines, Marie-Benoît Magrini étudie les processus de changement et d’innovation dans les filières agro-industrielles, au moyen d’approches systémiques qui articulent sciences sociales, sciences du vivant et de l’ingénieur.
Thématiques d’intervention pressenties :
- Les « verrouillages » de la chaîne de valeur agroalimentaire et le rôle des contrats et arrangements organisationnels pour favoriser la transition.
- La diversification des cultures – notamment l’intégration des légumineuses – et l’articulation entre transition agroécologique et transition protéique.
- L’action sur la demande (restauration collective) et le rôle des certifications et labels environnementaux dans le verdissement des filières.
Stéphane de Cara
Économiste de l’agriculture et de l’environnement, département Économie et sciences sociales, INRAE
Stéphane de Cara mobilise les méthodes de l’économie quantitative pour analyser le rôle de l’agriculture et des usages des sols dans la lutte contre le changement climatique, et pour évaluer l’efficacité économique et environnementale des politiques agricoles et climatiques. Il a notamment exercé au Food and Agricultural Policy Research Institute (Iowa State University).
Thématiques d’intervention pressenties :
- L’évaluation économique et le potentiel d’atténuation des émissions agricoles de méthane et de protoxyde d’azote.
- La pertinence et les difficultés d’un prix du carbone en agriculture, et l’efficacité-coût des différents instruments (taxes, quotas, subventions).
- Le stockage de carbone dans les sols et les paiements pour services environnementaux ; les arbitrages entre atténuation, biodiversité et sécurité alimentaire.
Ève Fouilleux
Directrice de recherche en science politique, CNRS
Ève Fouilleux analyse les conditions, le contenu et la conduite des débats de politique publique à l’ère de la globalisation. Ses travaux empiriques portent sur les politiques agricoles et alimentaires et la transition écologique, depuis l’échelon national jusqu’aux dispositifs privés transnationaux de standardisation et de certification (PAC, sécurité alimentaire, commerce durable, agriculture biologique).
Thématiques d’intervention pressenties :
- Les verrouillages socio-techniques de la transition agroécologique et le rôle de l’influence de l’amont et de l’aval dans la décision publique.
- La fabrique des politiques alimentaires, les jeux d’acteurs et les débats sur la souveraineté et la sécurité alimentaires.
- Les trajectoires institutionnelles, par exemple de la PAC ou de l’agriculture biologique face aux marchés internationaux et aux labels.