Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Il n'est de richesse que d'ailleurs

« L'approvisionnement n'est qu'une moitié de l'équation. L'autre, c'est l'acheminement », a déclaré Sultan Al Jaber, ministre émirien de l'Industrie et CEO d'ADNOC, lors de l'ouverture du salon ADIPEC, le 2 novembre à Abou Dabi. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sur les marchés énergétiques, marqué par la persistance des perturbations dans le détroit d'Ormuz. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'offre mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) serait en baisse de 3 % en 2026, malgré l'augmentation des capacités de production dans plusieurs régions du monde. Le salon, qui s'est conclu sur un montant record de 67 Md USD d'accords commerciaux recensés, a notamment été marqué par plusieurs annonces témoignant de la volonté d'ADNOC de renforcer sa présence sur l'ensemble de la chaîne de valeur gazière, de l'extraction à la commercialisation internationale. Cette stratégie est le reflet d’une ambition de plus long terme, celle de faire d'Abou Dabi une plateforme mondiale du GNL, capable de commercialiser des volumes croissants indépendamment de leur origine géographique.

Le développement de nouvelles ressources gazières constitue d'abord un enjeu de sécurité d'approvisionnement et de compétitivité industrielle pour les EAU. Le pays dispose certes des réserves parmi les plus importantes au monde (7e rang mondial, 8 410 milliards de m³ de réserves prouvées de gaz naturel fin 2025), mais il doit aussi répondre à une demande domestique soutenue, notamment pour la production d'électricité et les activités industrielles. ADNOC ambitionne ainsi d'atteindre l'autosuffisance gazière d'ici 2030, tout en développant ses exportations. À l'occasion d'ADIPEC, le groupe a annoncé sa décision finale d'investissement dans le gisement non conventionnel de Ruwais Diyab, qui devrait produire 345 millions de pieds cubes de gaz brut par jour à partir de 2029, avec un potentiel de montée en capacité jusqu'à un milliard de pieds cubes par jour. Ce projet s'ajoute aux investissements déjà engagés dans le développement gazier offshore et dans les infrastructures de traitement et de liquéfaction. En particulier, la future usine de GNL de Ruwais, dont la capacité atteindra 9,6 Mt/an, devrait permettre de porter les capacités nationales de liquéfaction d'environ 6 à 15 Mt/an à partir de 2028. L'augmentation de la production domestique pourrait ainsi soutenir simultanément la diversification industrielle et les ambitions exportatrices du pays, sous réserve de la disponibilité des volumes nécessaires à ces deux usages.

La croissance internationale d'ADNOC repose parallèlement sur l'acquisition d'actifs gaziers à l'étranger, afin de diversifier ses sources d'approvisionnement et ses marchés. XRG, filiale internationale d'investissement énergétique d'ADNOC, a annoncé lors du salon un accord pour acquérir la participation de 16,7 % de Shell dans le projet australien North West Shelf, pour 1,45 Md USD. Ce complexe dispose d'une capacité totale de liquéfaction de 14,3 Mt/an et bénéficie d'une implantation stratégique à proximité des marchés asiatiques, qui constituent un débouché majeur pour le GNL. Cette acquisition illustre la volonté d'ADNOC de constituer un portefeuille mondial d'actifs de production et de liquéfaction. Ainsi, disposer de gaz produit dans plusieurs régions permettrait au groupe d'ajuster ses approvisionnements aux besoins de ses clients, de réduire certaines contraintes d'acheminement et de renforcer sa présence commerciale sur les principaux marchés importateurs.

Cette internationalisation accompagne surtout une évolution du modèle commercial du groupe, qui cherche à capter davantage de valeur dans le négoce du GNL. En juillet dernier, ADNOC avait annoncé la création d'une plateforme intégrée de commercialisation, regroupant les activités de GNL d'ADNOC Gas et de XRG avec les capacités de négoce d'ADNOC Trading. Celle-ci vise un portefeuille de 47 Mt/an de GNL commercialisable à horizon 2035, soit plus de trois fois la capacité de liquéfaction domestique projetée à partir de 2028. Cet écart témoigne de la volonté d’ADNOC de s’appuyer davantage sur des actifs situés hors des EAU et sur des achats auprès de producteurs tiers pour accroître les volumes commercialisés. Le groupe pourrait ainsi accroître ses revenus commerciaux sans devoir développer des capacités de production équivalentes sur son territoire. L'accord annoncé cette semaine avec TotalEnergies, portant sur la fourniture d'un maximum de 1,6 Mt de GNL sur cinq ans, s'inscrit dans cette consolidation des relations commerciales internationales d'ADNOC.

Cette stratégie intervient néanmoins dans un marché mondial du GNL dont les perspectives restent incertaines. Selon l'AIE, les perturbations des exportations du Golfe devraient entraîner une contraction historique de l'offre mondiale de GNL en 2026. Elles pourraient également provoquer des pertes cumulées d'approvisionnement estimées à 150 milliards de mètres cubes entre 2026 et 2030, en tenant compte des dommages subis par certaines infrastructures régionales. Cette contraction intervient au moment où une nouvelle vague d'investissements dans la liquéfaction, principalement en Amérique du Nord, devrait accroître considérablement les capacités mondiales d'ici la fin de la décennie. L'AIE estime que plus de 330 milliards de mètres cubes de capacités annuelles supplémentaires pourraient entrer en service entre 2025 et 2030, sur la base des projets déjà approuvés et en construction au début de 2025. Pour ADNOC, la diversification internationale pourrait donc constituer un facteur de flexibilité face aux fluctuations du marché, mais elle accroît aussi son exposition aux cycles mondiaux des prix du gaz.

En somme, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité d’ADNOC à transformer l'expansion de son portefeuille en marges commerciales durables, dans un secteur où la multiplication des projets de liquéfaction, le coût du capital et la volatilité des prix pourraient peser sur les rendements futurs.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

 

Pétrole et gaz

Brent 06/11/2025 à 12h00 GST :  96,851 USD/Bbl

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Cette semaine, le marché pétrolier a enregistré une forte correction des cours, sur fond de reprise des exportations du Golfe et d'anticipations de désescalade entre les Etats-Unis et l’Iran. Le Brent, qui évoluait au-dessus de 110 USD/baril en début de semaine, est repassé sous 100 USD/baril en fin de semaine, enregistrant une baisse hebdomadaire proche de 12 %. Cette détente intervient après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, dont les résultats ont renforcé les anticipations d'un infléchissement de la politique américaine à l'égard de l'Iran. Les risques sécuritaires demeurent néanmoins élevés, avec de nouvelles attaques contre des pétroliers dans le Golfe et le détroit d'Ormuz. Au-delà de ces développements politiques, la correction des cours reflète une évolution plus fondamentale du marché pétrolier, avec une reprise progressive des flux physiques et l'affaiblissement de la consommation mondiale. D’autre part, les marchés du diesel et du gaz naturel liquéfié (GNL) continuant de subir des contraintes d'approvisionnement importantes.

Le retour progressif des exportations pétrolières du Golfe fait apparaître les premiers signes d'un excédent d'offre, après plusieurs mois de fortes tensions. Selon Bloomberg, l'Arabie saoudite, les EAU, l'Irak et le Koweït ont exporté conjointement 15,53 Mbpj en octobre, en hausse de 10 % par rapport à septembre et à un niveau proche de celui observé avant le conflit. Cette reprise, soutenue notamment par l'augmentation des passages de pétroliers dans le détroit et les transferts de cargaisons au large d'Oman, contribue à reconstituer les disponibilités immédiates de brut. Début novembre, le brut de référence de Dubaï est entré en situation de contango, son contrat à échéance rapprochée se négociant avec une décote d'environ 2 USD/baril par rapport au contrat du mois suivant, une première depuis juillet. Cette évolution s'inscrit dans un contexte de contraction de la demande mondiale, que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime à 2,6 Mbpj en 2026 sous l'effet des prix élevés des carburants et du ralentissement économique. Selon JPMorgan, l'offre mondiale aurait ainsi dépassé la consommation de 1,4 Mbpj en octobre, après un excédent de 1,1 Mbpj en septembre. Ce rééquilibrage demeure néanmoins fragile, les stocks pétroliers mondiaux restant fortement diminués depuis le début du conflit.

Les tensions se concentrent désormais davantage sur les produits raffinés, dont les approvisionnements se rétablissent beaucoup plus lentement que ceux du brut. Selon Reuters, les exportations de brut et de condensats du Golfe ont retrouvé en octobre environ 86 % de leurs niveaux d'avant-guerre, contre un peu plus de la moitié pour les produits raffinés. Cette divergence s'explique par les dommages subis par les infrastructures de raffinage et les difficultés persistantes d'acheminement des carburants. L'AIE relève que les exportations mondiales de diesel et de gazole sont en baisse de près de 700 000 bpj en g.a. en septembre, les pertes enregistrées au Moyen-Orient et en Russie n'ayant été que partiellement compensées par les autres fournisseurs. Cette situation pèse particulièrement sur les activités de transport et de production industrielle, dont la consommation de carburants reste relativement peu sensible aux variations de prix. L'AIE estime que les tensions sur le marché du diesel pourraient se prolonger jusqu'en 2027, les besoins de reconstitution des stocks s'ajoutant à ceux de la consommation courante. La baisse récente des cours pétroliers pourrait donc avoir un effet limité sur les coûts de transport et les prix à la consommation à court terme.

Le marché mondial du GNL demeure confronté à des tensions plus durables, malgré l'augmentation des capacités de production hors du Golfe. Dans son Global Gas Security Review publié le 3 novembre, l'AIE prévoit une contraction de 3 % de l'offre mondiale de GNL en 2026, soit près de 20 milliards de m³, plus forte baisse annuelle jamais enregistrée. Les exportations de GNL du Qatar et des EAU ont diminué de plus de 60 milliards de m³ entre mars et octobre par rapport à la même période de 2025. L'augmentation de 14 % de la production hors du Golfe, notamment en Amérique du Nord et en Afrique, a permis de compenser environ les deux tiers de ces pertes. Le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande a entraîné une hausse des prix et une réduction de la consommation mondiale de gaz, attendue à 1,5 % en 2026 selon l'AIE.

La correction du Brent observée cette semaine témoigne ainsi d'un rééquilibrage progressif du marché du brut, sans normalisation équivalente des marchés des carburants et du gaz. Pour les producteurs du Golfe, le retour des volumes exportés pourrait soutenir les recettes à court terme, mais la perspective d'une offre pétrolière excédentaire en 2027 constitue un risque de baisse des prix.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

Brèves économiques 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

Le PMI des EAU est en légère baisse, atteignant 54,8 en octobre, contre 55,3 en septembre. Le rapport indique que les prix de la production ont été augmentés au « taux le plus fort » depuis le début de l’enquête S&P Global en août 2009, sous l’effet de la hausse des coûts (carburant, fret, matières premières). À Dubaï, le PMI atteint 54,6, son plus haut en huit mois.

Dubai Investments Holding a levé 1,9 Md AED (529 M USD) en cédant 20 % de sa filiale DIP Holding, première introduction en Bourse aux EAU cette année. Le prix a été fixé à 1,12 AED par action, soit une capitalisation de 9,7 Md AED. Les titres doivent être cotés au DFM le 11 novembre, avec un rendement du dividende attendu d’environ 7,5 %.

TA’ZIZ a levé 1,39 Md USD pour financer deux projets à Ruwais, dont 928 M USD pour son terminal logistique et plus de 460 M USD pour une usine d’ammoniac d’une capacité de 1 Mt/an. Ces financements portent à plus de 3,39 Md USD les montants sécurisés cette année, après les 2 Md USD levés en avril pour le projet de méthanol. La première phase de la zone industrielle de TA’ZIZ doit produire 4,7 Mt/an de produits chimiques d’ici fin 2028 et contribuer à hauteur de 50 Md USD à l’économie des EAU.

Le groupe dubaïote Al Habtoor a décidé de vendre l’ensemble de ses actifs et investissements au Liban, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Approuvée par son conseil d’administration, la décision fait suite à la suspension de ses activités annoncée le 28 janvier 2026. Elle concerne hôtels, biens immobiliers et terrains, que le groupe détient dans le pays depuis la fin des années 1990.

XRG, filiale d’ADNOC, va acquérir auprès de Shell une participation de 16,67 % dans le projet australien de GNL North West Shelf pour 1,45 Md USD. L’opération comprend des intérêts amont, des pipelines, des infrastructures midstream et des accords d’offtake, avec une prise d’effet au 1er janvier 2026 et une finalisation attendue en 2027 sous réserve des autorisations réglementaires.

Fitch a confirmé la note AA d’Abou Dabi avec une perspective stable, tout en relevant fortement ses prévisions de croissance, à +3,7 % en 2026 et +15,1 % en 2027, contre une contraction d’environ 1 % anticipée en mai.

Energie, Infrastructure & Industrie

La marée noire au large des EAU sous surveillance. Les EAU surveillent la qualité de l’eau de mer aux points de captage de ses usines de dessalement, après la marée noire au large du nord des EAU. Selon la presse, la nappe s’est approchée à environ 2 km de l’usine de Naqa’a (682 000 m³/j), à Oumm al-Qaïwaïn. L’entreprise assure que l’approvisionnement des Émirats du Nord n’est pas affecté.

Sharjah annonce son 1er projet d’usine de dessalement dans l’émirat. L’Autorité de l’électricité, de l’eau et du gaz de Sharjah (SEWA) a annoncé des projets énergétiques et hydriques de plus de 5,2 Md AED (1,42 Md USD). Ils comprennent la première usine de dessalement indépendante de l’émirat, par osmose inverse, d’une capacité de 410 000 m³ par jour d’ici le quatrième trimestre 2028, qui alimentera 1,4 million de personnes. SEWA a aussi présenté des initiatives pour adapter ses réseaux électriques à l’énergie propre.

En marge du salon ADIPEC, Abu Dhabi renforce son partenariat avec Open AI. Abu Dhabi a conclu une série d’accords avec OpenAI pour déployer l’IA dans l’administration, l’investissement, l’agroalimentaire et l’éducation, à l’issue d’une rencontre entre le prince héritier Cheikh Khaled ben Mohammed et Sam Altman, PDG d’OpenAI. Les deux parties vont lancer l’initiative « Machine-Readable Government », dont le premier pilote, avec l’autorité Adafsa, porte sur les importations alimentaires. Inception42 a par ailleurs signé avec OpenAI un accord de cinq ans pour adopter la plateforme Frontier.

Emirates n’est pas épargné par la crise et cela se ressent dans ses résultats. La compagnie Emirates a enregistré une baisse de 13 % de son chiffre d’affaires au premier semestre 2026 (avril – septembre), tandis que son bénéfice net a chuté de 66 %, et s’élève à 3,3 Md AED (903 M USD). Le nombre de passagers transportés chute de 22 % (21,8 millions de passagers) et son coefficient de remplissage tombe à 72 %, contre 79,5 %. Seul le fret résiste, avec des revenus en hausse de 52 %.

L’Allemagne avance ses pions avec ADPIC. L’Abu Dhabi Projects and Infrastructure Centre (ADPIC) a signé cinq protocoles d’accord avec des groupes allemands lors de son roadshow ADIS à Munich, afin d’attirer des investissements et de l’expertise pour son programme de projets d’investissement de 56 Md USD. Siemens, l’architecte HENN, les gestionnaires d’actifs Patrizia et Partners Group et la chambre de commerce germano-émiratie (AHK) sont concernés.

 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

Les bénéfices d’Aramco progressent de 34,6 % en glissement annuel (g.a.) au T3 malgré les perturbations liées au conflit régional. Le géant pétrolier saoudien Aramco affirme, dans son rapport trimestriel avoir enregistré un bénéfice net de 36,3 Md USD au T3 2026, contre 26,9 Md USD au T3 2025. Ces résultats interviennent malgré une contraction de 16,7 % en g.a. de la production d’hydrocarbures, à 11,05 M bep/j au T3 2026. Par ailleurs le taux de fiabilité des approvisionnements recule à 97,8 %, contre 99,9 % un an auparavant selon l’entreprise. Aramco annonce néanmoins un dividende trimestriel de 21,9 Md USD (+3,5 % en g.a.), confirmant sa capacité à préserver les distributions à ses actionnaires malgré les perturbations opérationnelles. Par ailleurs, Aramco confirme le démarrage de la production additionnelle du champ de Zuluf et poursuit ses investissements dans le gaz.

Le PIF mobilise 3 Md USD de financements garantis par l'agence italienne SACE. Le Fonds souverain saoudien (PIF) a annoncé, le 3 novembre, la mobilisation de 3 Md USD sous forme de lignes de crédit garanties par SACE, l'agence italienne de crédit à l'exportation. L'opération, réalisée auprès d'un consortium de 25 banques internationales, comprend une tranche de 1,78 Md USD et une tranche verte de 1,035 Md EUR destinée au financement de projets environnementaux. Elle s'inscrit dans le prolongement d'un accord de coopération signé en mars 2025, visant à faciliter l'accès des entreprises italiennes aux marchés du PIF et de ses filiales. Cette opération illustre la diversification des sources de financement du PIF et le renforcement de ses partenariats avec les agences européennes de crédit-export.

Saudi Aramco et le PIF annoncent la finalisation de l'entrée d'Aramco à hauteur de 49 % au capital de HUMAIN. L'opération prévoit notamment un apport en numéraire d'environ 2,6 Md  USD par Aramco en 2026, auquel s'ajoute le transfert d'actifs technologiques et numériques. Créée en mai 2025, HUMAIN ambitionne de développer une capacité de 3 GW de centres de données dédiés à l'IA d'ici 2030.

L’Arabie saoudite accorde plus de 403 M USD de prêts concessionnels pour la reconstruction des infrastructures et des services publics. Le Fonds saoudien pour le développement (SFD) a signé le 04 novembre six accords de prêts concessionnels avec le ministère syrien des Finances, pour un montant total supérieur à 403 M USD. Parmi les financements accordés, 90 M USD seront alloués à la réhabilitation de la centrale thermique d’Alep, 30 M USD à la modernisation des services d’eau potable et l’installation de 300 000 compteurs intelligents, 105 M USD à la construction et l’équipement de 25 centres de protection civile, ainsi que 60 M USD à la réhabilitation de jusqu’à 10 000 logements endommagés. Une enveloppe supplémentaire de 100 M USD est destinée à la reconstruction et à l’équipement d’hôpitaux et de centres de santé, tandis que plus de 18 M USD financeront la transformation numérique du ministère syrien des Finances.

Energie, Infrastructure & Industrie

Systra et Egis associés à Parsons pour le pilotage de l’extension de la ligne rouge du métro de Riyad.  La coentreprise Riyadh Metro Transit Consultants (RMTC), menée par l’américain Parsons et associant les français Systra et Egis, a été sélectionnée par la Commission royale pour la ville de Riyad (RCRC) pour assurer la gestion de projet et de construction (PMCM) de l’extension de la ligne 2 du métro.

L’Organisation saoudienne de l’irrigation lance cinq appels d’offres pour des travaux hydrauliques dans la région d’Asir. La Saudi Irrigation Organisation (SIO) a lancé cinq appels d’offres portant sur la rénovation et la réhabilitation de trois barrages (Ghaleba, Ahmar et Al-Darham), la réalisation de points de raccordement et de conduites d’adduction et de transfert d’eau, ainsi que la réhabilitation de la conduite Khamis Mushait-Dalghan. Les dates limites de remise des offres s’échelonnent du 10 au 29 novembre 2026. Ces appels d’offres font suite à six avis de préqualification publiés en septembre pour la première phase d’un programme complémentaire d’irrigation dans les régions d’Al-Baha et de Jizan. Celui-ci prévoit d’acheminer l’eau de barrages existants vers des exploitations agricoles, au moyen de stations de pompage, de stations de remplissage de camions-citernes, de réservoirs et de conduites de transfert.

Oman

La visite d’État du Sultan Haitham en Chine approfondit le partenariat économique sino-omanais, avec un accord de swap de 4,5 Mds USD et plusieurs projets d’investissement et de coopération technologique. À l’occasion de cette visite, Mascate et Pékin ont conclu un accord de swap de monnaies locales de 30 Mds CNY (4,5 Mds USD) entre leurs banques centrales, destiné à faciliter les paiements commerciaux en yuan, le tout premier conclu par la banque centrale omanaise. L’Oman Investment Authority (OIA) a également signé un accord préliminaire avec le fonds chinois Silk Road Fund pour créer un fonds conjoint de 800 M USD, dont la majorité des investissements serait dirigée vers Oman. Plusieurs partenariats sectoriels ont par ailleurs été annoncés, notamment dans le stockage par batteries, le spatial (constellation de sept satellites), la logistique et le calcul pour l’intelligence artificielle. Leur concrétisation reste toutefois à préciser : à l’exception d’un contrat de services miniers de 419 M USD attribué à une entreprise chinoise pour le projet de cuivre de Mazoon, la plupart des annonces ne comportent pas d’engagement financier ferme ni de calendrier public.

L’excédent commercial d’Oman a progressé de plus de 65 % sur les huit premiers mois de 2026, à 17 Mds USD, porté principalement par la hausse des exportations d’hydrocarbures. Selon les données préliminaires du NCSI, les exportations de marchandises ont progressé de 19,7 %, à 47,6 Mds USD, tandis que les importations ont augmenté de 4,4 %, à 30,9 Mds USD. Les exportations de pétrole et de gaz ont atteint 31,5 Mds USD (+23,9 %), celles de produits non pétroliers 12,7 Mds USD (+10,5 %) et les réexportations 3,4 Mds USD (+19,7 %). Les Émirats arabes unis demeurent la première destination des exportations non pétrolières (4,2 Mds USD), tandis que la Chine est la deuxième source d’importations (4,4 Mds USD, +49 %).

La construction de l’interconnexion électrique entre Oman et le réseau du CCG est achevée à 35 %, pour un investissement supérieur à 699 M USD, avec une mise en service prévue fin 2027. Le projet prévoit une ligne de transport de 530 km à 400 kV reliant Ibri, en Oman, à Al Sila, aux Émirats arabes unis, ainsi que la construction de deux postes électriques. Selon le directeur général de la GCC Interconnection Authority, les travaux ont atteint un taux de réalisation d’environ 35 %. Cette infrastructure a pour but, in fine, renforcer la fiabilité de l’approvisionnement, faciliter les échanges transfrontaliers d’électricité et réduire les coûts de production. Lors de GCC POWER 2026 à Mascate, le ministre omanais de l’Énergie a également plaidé pour le développement d’une filière régionale de fabrication d’équipements électriques, afin de répondre notamment aux besoins liés aux énergies renouvelables.

Koweït

La production pétrolière koweïtienne reprend du débit. Le Koweït a porté sa production de pétrole brut à 2,1 Mb/j en octobre, son niveau le plus élevé depuis le déclenchement du conflit régional (Reuters). Ce volume représente une hausse de plus de 300 000 b/j par rapport à septembre, où la production s’établissait à environ 1,77 Mb/j. Cette progression intervient malgré les risques persistants pesant sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, où les attaques contre les navires se sont multipliées. Les exportations de brut ont également progressé, passant de 809 000 b/j en septembre à environ 880 000 b/j en octobre (Kpler). La production reste néanmoins inférieure à son niveau pré-conflit, atteignait 2,6 Mb/j.

KPA embarque KPMG pour définir sa stratégie. La Kuwait Ports Authority (KPA) a confié à KPMG Kuwait l’élaboration de sa nouvelle stratégie portuaire. Cette mission s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec le groupe Haskoning Nederland BV et le cabinet Dar Gulf Consult. KPMG assurera la coordination des trois cabinets. Il pilotera les analyses de marché, commerciales et organisationnelles pour la mise en œuvre de la stratégie. Une évaluation du positionnement et des performances actuelles de KPA sera également réalisée. Cette évaluation permettra de définir des objectifs stratégiques et une feuille de route. Un dispositif de suivi des risques sera mis en place pour accompagner cette démarche. Par ailleurs, le mandat prévoit la création d’un bureau d’appui stratégique et technique pendant 36 mois, dirigé par KPMG. Il aura pour mission d’accompagner KPA dans le pilotage, le conseil technique et la gestion intégrée des projets. L’objectif de cette mission est de renforcer la compétitivité, la connectivité et les performances des ports commerciaux koweïtiens dans un contexte de concurrence régionale accrue.

KUFPEC et TotalEnergies ensemble en Malaisie. La filiale malaisienne de KUFPEC, détenue à 100 % par Kuwait Petroleum Corporation (KPC), s’associe à TotalEnergies, PTTEP et Petronas Carigali pour le développement de deux gisements gaziers en Malaisie. Ces accords portent sur les gisements de Lang Lebah (bloc SK410B) et B14, situés au large de l’État de Sarawak.

Les accords de « farm-out » visent à coordonner le développement des deux gisements. Ils sont répartis entre deux contrats de partage de production. Leur objectif est d’optimiser l’exploitation et la commercialisation de ces ressources. Sous réserve des autorisations réglementaires, la répartition des participations sera la suivante : KUFPEC détiendra 25 % des parts, TotalEnergies 30 %, PTTEP 25 % et Petronas Carigali 20 %. Ce partenariat vise à développer le portefeuille international et à valoriser les actifs gaziers de KUFPEC.

Le naphta koweïtien reprend le large depuis ses propres ports. Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a lancé un appel d’offres pour 50 000 tonnes de naphta à gamme complète, selon les conditions FOB, pour la première fois depuis juin 2026. Le chargement est prévu entre le 15 et le 25 novembre. Il s’effectuera depuis un ou deux ports koweïtiens jugés sûrs. Les offres ont été soumises avant le 4 novembre. Depuis plusieurs mois, KPC privilégiait les ventes selon les conditions DES, qui incluent la livraison jusqu’au port de destination, en raison des perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz. Son précédent appel d’offres pour 35 000 tonnes de naphta, également destinées à un chargement en novembre, mais selon ces modalités DES. Ce retour au FOB marque une évolution des modalités commerciales de KPC, sans pour autant signifier un retour complet aux conditions d’exportation antérieures.

Liaison Koweït-Riyad sur la bonne voie. Dhuha Al-Dhahi, directrice générale du département des grands projets et de la construction au ministère des Travaux publics, a annoncé le lancement de l’appel d’offres pour l’accord de projet de liaison ferroviaire entre les deux capitales. En parallèle, le projet de réseau ferroviaire intégré du CCG a atteint un stade avancé de conception, dont une grande partie est désormais achevée. Ces annonces ont été faites à l’occasion de l’ouverture de la conférence Kuwait Project Management Conference 2026, organisée du 2 au 5 novembre.

Bahreïn

Le forum Gateway Gulf 2026 s’est achevé sur 22,3 Mds USD d’annonces, de partenariats et d’opérations. Organisée les 1er et 2 novembre, la quatrième édition du forum a donné lieu à plus de 110 annonces et à la signature de plus de 75 accords et protocoles d’accord dans les secteurs financier, technologique, logistique, industriel, touristique et énergétique. Quatre projets représentant 3,89 Mds USD ont par ailleurs obtenu une « licence d’or » : une installation régionale de maintenance aéronautique de DHL, trois projets portés par Capital A, maison mère d’AirAsia, un ensemble hôtelier et résidentiel développé par Meliá et Infracorp à Amwaj, ainsi que le centre technologique Digital City Bahrain. AirAsia prévoit de lancer ses opérations à Bahreïn en mars 2027, après plusieurs reports liés aux tensions régionales.

L’assurance santé obligatoire des résidents assujettis est entrée en vigueur le 31 octobre 2026. La couverture prévoit un plafond annuel de 15 000 BHD par assuré, dont un plafond commun de 2 000 BHD pour les maladies chroniques et préexistantes, ainsi qu’une prise en charge intégrale des urgences à Bahreïn. Le paiement annuel et anticipé des cotisations conditionne désormais la délivrance ou le renouvellement des permis de travail ou de séjour. Pour les permis antérieurs à l’entrée en vigueur du dispositif, l’affiliation intervient au moment de leur renouvellement. La réforme vise à organiser le financement des soins des résidents dans le cadre d’un système assurantiel et à renforcer la soutenabilité du système de santé.

Mumtalakat et ARP Group projettent de créer à Bahreïn une banque de gros reposant sur l’intelligence artificielle et la blockchain. Destinée aux institutions financières, aux entreprises de paiement et aux sociétés exerçant des activités transfrontalières, la future banque doit proposer des services programmables directement reliés aux systèmes de ses clients. Le projet a obtenu un accord de principe de la Banque centrale de Bahreïn, mais son démarrage reste conditionné à la délivrance d’une autorisation définitive. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du Royaume visant à renforcer sa position de centre financier régional et à développer les infrastructures financières numériques.