Publication du Cadre de politique économique ; Baisse des rendements sur les titres d’État ; Part locale de l’approvisionnement en carburant à 74% ; IA industrielle à la raffinerie Dangote ; Le ministre de l’Électricité sa feuille de route. Convention d’Accra pour faciliter le financement des marchandises ; 250 M USD pour moderniser la mine d’Awaso ; Préparation du rachat anticipé d’obligations ; La fin des retards de versement aux fonds publics ; Ghana et UE renforcent leurs partenariats. 

Nigeria

Publication du Cadre de politique économique par le ministère des Finances

Le ministère des Finances du Nigeria a publié son Cadre de politique économique, qu’il ouvre à la consultation publique. Ce cadre a pour but d’établir des principes et des lignes directrices pour la politique économique, ainsi que des indicateurs de résultat qui reflèteraient un consensus national, au-delà du gouvernement en place.

Le Cadre dresse notamment des résultats économiques constituant, non pas des objectifs fixés pour une période donnée, mais des critères de performance durables. Ces critères comprennent notamment, un PIB qui croît plus rapidement que la population, un taux d’inflation à un chiffre (cet objectif a été annoncé pour fin 2027 par le ministre Taiwo Oyedele), des taux d’intérêts à un chiffre (le taux directeur de la CBN est actuellement à 23%) et un ratio impôts/PIB d’au moins 20% (la mobilisation fiscale était de 9,9% du PIB en 2025). Le Cadre fixe également comme indicateurs de performance un taux de chômage inférieur à 5% et un indice de Gini en dessous de 0,3.

Le ministère des Finances invite les citoyens, les entreprises, la société civile tout comme les états et les collectivités locales à répondre à la consultation, ouverte jusqu’au 27 novembre 2026.

 

Baisse des rendements sur les titres d’Etat à court et moyen terme 

Selon les données de la Banque centrale du Nigeria (CBN), les rendements enregistrés pour les titres d’Etat à court et moyen terme étaient en baisse lors des dernières émissions. Les bons du Trésor (T-bills) dont les maturités vont jusqu’à 1 an, tout comme les obligations courtes (Savings Bonds) d'une maturité de 2 à 3 ans, ont vu leurs rendements baisser lors des émissions du mois d’octobre.

Concernant les bons du Trésor, les rendements ont poursuivi leur baisse entamée en septembre lors des émissions d’octobre. En moyenne, les taux étaient de 15,5% pour 90 jours (après 16,1% en moyenne sur les neuf premiers mois de l’année), 15,8% pour 180 jours (après 16,4% en moyenne) et 15,9% pour 364 jours (après 16,9% en moyenne). Les T-bills de 90 et 180 jours retrouvent ainsi leur niveau de rendement moyen enregistré en décembre 2025 tandis que ceux de 364 jours n’avaient pas été émis à des taux aussi bas en moyenne mensuelle depuis janvier 2024.

Les obligations de moyen terme ont enregistré en octobre des taux de 13,1% pour la maturité de 2 ans (après 13,8% sur les 9 premiers mois de l’année) et 14,1% pour la maturité de 3 ans (après 14,9%). Alors que des rendements similaires sur les Savings Bonds de 2 ans ont été observés au T2-2026, il s’agit du rendement le plus bas enregistré depuis décembre 2025 pour les Savings Bonds de 3 ans.

Les rendements sur les opérations d’open market de la CBN, les OMO bills, restent contenus à 17,1% pour 180 jours et 17,6% pour 138 jours, en baisse par rapport aux neuf premiers mois de l’année qui enregistrent un taux moyen de 19%.

 

Hausse de la part locale de l’approvisionnement en carburant, à 74% en septembre

Selon les chiffres publiés par l’Autorité de régulation pétrolière intermédiaire et en aval du Nigeria (NMDPRA), la part locale de l’approvisionnement en carburant (PMS) est en hausse en septembre. L’approvisionnement par les raffineries locales représentait 74% de l’approvisionnement total en septembre, après 71% en août et 57% en juillet.

En termes de volume, l’approvisionnement total était en baisse, à 38,7 M litres par jour (lpj) après 50,5 M lpj en août, une baisse de 23%. Il s’agit du niveau le plus bas d’approvisionnement en carburant depuis février 2026.  L’approvisionnement local est passé de 35,9 M lpj à 28,5 M lpj, soit -21%, et les importations de 14,6 M lpj à 10,2 M lpj, soit -30%.

Depuis la mise en route des activités de la raffinerie Dangote en septembre 2024, le taux moyen d’approvisionnement domestique en carburant est globalement à la hausse : 14% en 2024, 41% en 2025 et 76% à ce jour en 2026.

 

Évolution de l’approvisionnement mensuel en carburant, importations vs production locale

approvisionnement carburant

Source : NMDPRA

Clef de lecture : En septembre 2026, l’approvisionnement total en carburant était de 38,7 M litres par jour (courbe noire), les importations étaient de 10,2 M litres par jour (bleu clair) et l’approvisionnement en production locale de 28,5 M litres par jour (bleu foncé), représentant 74% de l’approvisionnement total.  

 

Honeywell déploie une plateforme d’IA industrielle à la raffinerie Dangote

Honeywell Technologies a annoncé le lancement de Forge Plant Cognition, une plateforme industrielle d’IA, reposant sur les technologies d’IA et de calcul accéléré de NVIDIA, ainsi que sur l’infrastructure d’IA de Dell Technologies. Destinée aux secteurs du raffinage, de la pétrochimie et du gaz naturel liquéfié, cette solution vise à améliorer la performance opérationnelle des installations industrielles en identifiant les contraintes de production (goulets d’étranglement, optimisation des débits), en détectant de manière précoce les anomalies affectant les équipements et les procédés, et en recommandant des mesures correctives. Elle doit également faciliter la prise de décision des équipes d’ingénierie et d’exploitation grâce à l’intégration de données opérationnelles et de connaissances techniques dans des outils d’aide à la décision fondés sur l’IA. La raffinerie pétrolière Dangote, située à Lekki, constitue le premier site de déploiement de la plateforme, à l’échelle mondiale.

 

Le ministre de l’Électricité dévoile sa nouvelle feuille de route

Le ministre de l'Électricité, Joseph Tegbe, a présenté une feuille de route visant à stabiliser le réseau électrique nigérian, à accroître la capacité de transport d'électricité et à attirer de nouveaux investissements dans le secteur de l'énergie. Le ministre a défini quatre priorités pour le secteur : améliorer la liquidité et la viabilité financière des sociétés de production et de distribution, optimiser les actifs existants et développer les infrastructures pour répondre à la demande future, et renforcer les zones énergétiques.

Ces dernières, annoncées fin septembre 2026, ont été identifiées en tant que hubs commerciaux et industriels à forte demande d’électricité qui doivent bénéficier d’un approvisionnement fiable permanent. L’objectif est d’y concentrer en priorité les investissements. Ces hubs sont concentrés dans 3 corridors : Lagos–Ogun ; Bénin–Enugu–Port Harcourt ; et Abuja–Kaduna–Kano. La stratégie vise à harmoniser la production d’électricité, les infrastructures de transport, la capacité de distribution et la demande identifiable au sein de ces corridors afin d’améliorer la distribution d’électricité et de soutenir la productivité industrielle.

Il a identifié les contraintes d’approvisionnement en gaz, les infrastructures de transport surchargées, les pertes de distribution et les dettes accumulées par le secteur comme des défis majeurs nécessitant une action coordonnée tout au long de la chaîne de valeur de l’électricité.

Le ministre a également identifié la réduction des pertes techniques et commerciales comme une autre priorité, en mettant en avant les initiatives en cours telles que l’Initiative présidentielle de comptage (PMI), le Programme de redressement du secteur de la distribution (DSRP) et le Fonds d’acquisition de compteurs (MAF). Le ministre a également rappelé que le gouvernement s’attaquait aux dettes héritées du passé et avait déjà versé 1,2 Md NGN sur un total estimé à 3,3 Md NGN.

 

Ghana

Signature de la Convention d’Accra pour faciliter le financement des marchandises

Le Ghana a signé la Convention d’Accra aux côtés de 25 autres pays, dont le Nigeria, sur les documents de cargaison négociables. Adoptée par les Nations unies en décembre 2025 et ouverte à la signature à cette occasion, elle vise à étendre aux transports routier, ferroviaire et aérien un mécanisme jusqu’ici principalement utilisé dans le transport maritime.

Ce mécanisme permet aux entreprises de transférer à un acheteur ou à une banque, au moyen d’un document papier ou électronique, les droits sur des marchandises en cours d’acheminement. Ces dernières peuvent ainsi servir de garanties pour obtenir un financement avant leur livraison.

La Banque africaine de développement estimait le déficit de financement du commerce en Afrique entre 74 et 92 Md USD en 2024. Ce dispositif pourrait contribuer à améliorer l’accès au crédit des entreprises et à soutenir les échanges commerciaux régionaux. La Convention entrera en vigueur 180 jours après sa ratification par un dixième État, aucun des 26 pays signataires ne l’ayant encore ratifiée.

 

Ghana Bauxite sollicite jusqu’à 250 M USD auprès d’Ecobank pour moderniser sa mine d’Awaso

La Ghana Bauxite Company (GBC) a mandaté Ecobank Ghana pour structurer un financement pouvant atteindre 250 M USD afin de moderniser et développer sa mine de bauxite d’Awaso, dans la région Nord-Ouest. Les fonds recherchés doivent notamment permettre l’acquisition de nouveaux équipements miniers et le renforcement des infrastructures de transport et de manutention. Cette opération accompagne la montée en puissance de GBC, dont les exportations de bauxite sont passées de 0,8 M T en 2022 à 2,1 M T en 2025.

Cette expansion s’inscrit dans l’ambition du Ghana de développer une filière intégrée de l’aluminium, afin de valoriser davantage ses ressources minières sur son territoire. Faute de raffinerie d’alumine en activité, le pays exporte actuellement sa bauxite à l’état brut tout en important l’alumine nécessaire à sa production d’aluminium. Pour remédier à cette situation, IOP Group, actionnaire majoritaire de GBC, envisage la construction d’une raffinerie à Awaso, d’une capacité initiale de 0,5 M T d’alumine par an, qui pourrait atteindre 1,5 M T à terme. Ce projet demeure toutefois distinct du financement actuellement recherché, consacré aux activités minières et logistiques.

 

Préparation du rachat anticipé d’obligations restructurées arrivant à échéance en 2027

Le gouvernement ghanéen envisage de racheter par anticipation une partie des obligations issues de la restructuration de sa dette intérieure de 2023, selon le calendrier des émissions de titres publics pour le dernier trimestre 2026, publié par la Banque du Ghana. Cette opération vise à alléger les échéances de 2027, année pour laquelle le ministère des Finances prévoit un service de la dette domestique de 58,4 Md GHS (5,0 Md USD), dont 39,6 Md GHS de remboursement du capital et 18,8 Md GHS d’intérêts.

Pour anticiper ces échéances, le gouvernement entend s’appuyer sur un fonds d’amortissement, alimenté notamment par une partie des recettes fiscales. Il prévoit également de lever 15,4 Md GHS (1,3 Md USD) de financement intérieur net au dernier trimestre 2026, au moyen d’émissions de bons du Trésor et d’obligations à moyen et long terme. Si ces mesures s’inscrivent dans une stratégie visant à réduire les risques de refinancement, le montant et les modalités des rachats restent à préciser.

 

La fin des retards de versement aux fonds publics

Le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a annoncé le versement de 24,8 Md GHS (2,1 Md USD) aux fonds publics statutaires depuis janvier 2026, destinés notamment au financement de l’éducation, de la santé, de l’entretien routier et du développement local. Selon le ministre, les allocations du troisième trimestre ont été intégralement versées dans les délais, contrairement aux retards et arriérés accumulés par le passé. Cette régularité des décaissements doit permettre aux organismes bénéficiaires de mieux planifier leurs dépenses et d’assurer la continuité des services publics financés par ces fonds.

 

Le Ghana et l’UE renforcent leurs partenariats commerciaux dans l’agro-industrie

À l’occasion du Forum UE-Ghana de l’agro-industrie, la ministre du Commerce, de l’Agro-industrie et de l’Industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, a appelé les entreprises européennes à investir dans la transformation locale des produits agricoles, notamment à travers des coentreprises et des transferts de technologies. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à accroître la valeur ajoutée de ses exportations, avec notamment l’objectif de transformer localement au moins 50% du cacao à partir de la campagne 2026/27.

Organisé par la Chambre de commerce européenne au Ghana (EuroCham Ghana), le forum a réuni entreprises et investisseurs européens et ghanéens afin de favoriser l’émergence de partenariats commerciaux. Dans un rapport publié à cette occasion, EuroCham Ghana identifie plusieurs opportunités d’investissement, notamment dans la transformation de l’anacarde et du karité, les infrastructures de stockage frigorifique et la logistique.