Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Ormuz, le talon d'Achille de la puissance financière du Golfe

Le FMI prévoit pour le CCG une contraction de 4,8 % du PIB en 2026, puis un rebond de 9,1 % en 2027. Au-delà des chiffres, la crise révèle que ce n’est plus le pétrole qui fait la puissance d’un pays du Golfe, mais la capacité de l’acheminer, de l’assurer et de le protéger.

La crise d'Ormuz révèle la principale limite du modèle économique du Golfe : la puissance financière de ses États ne suffit pas à préserver leur croissance lorsque les flux physiques dont dépend leur prospérité sont interrompus. Le FMI parle d’un choc pétrolier d’une ampleur inédite : à fin juillet, les pertes cumulées d’approvisionnement atteignaient 1,8 milliard de barils, bien plus qu’en 1973 ou en 1990. La production d’hydrocarbures des exportateurs MENA directement touchés par le conflit a chuté de 33 millions de barils par jour en février à environ 19 en mai, ce qui explique en grande partie la révision brutale des prévisions. Dans son rapport du 22 octobre 2026, le FMI a ramené sa prévision pour les six économies du CCG de +2 % à -4,8 % en 2026, un recul comparable à celui de 2020. Le choc gagne en réalité l’ensemble de l’économie car l’activité non pétrolière devrait reculer à son tour de 0,8 %, entraînée par la désorganisation des échanges, du transport et de la logistique. Réduire la part du pétrole dans l’économie a laissé intacte une autre dépendance, celle des infrastructures logistiques (routes maritimes, ports et infrastructures). Désormais, la diversification se juge à la capacité de l’économie à tenir quand ces flux s’interrompent.

Le choc frappe très inégalement les six pays, et c'est la géographie, bien plus que la richesse, qui fait la différence. Oman, dont les ports sont situés hors du détroit, devrait rester en croissance (+4,1 %). L'Arabie saoudite (-3,3 %) et les Émirats arabes unis (-3,9 %) limiteraient les pertes grâce à leurs oléoducs respectivement vers la mer Rouge et vers Fujaïrah. Le Koweït (-16,7 %), le Qatar (-15,6 %) et Bahreïn (-11,3 %), qui dépendent presque entièrement du détroit, subiraient des contractions à deux chiffres. Le Qatar, dont la production a chuté jusqu'à 86 %, illustre la thèse selon laquelle des réserves considérables ne remplacent pas une route d'exportation. Ces routes alternatives atténuent toutefois le choc sans remplacer Ormuz, mais restent elles-mêmes exposées : le port de Fujaïrah a été visé à plusieurs reprises, et Yanbu, débouché de l'oléoduc saoudien Est-Ouest, se trouve depuis juillet dans la zone du blocus maritime décrété par les Houthis contre l'Arabie saoudite.

En alourdissant leurs dépenses, la crise fragilise les équilibres financiers des États du Golfe. L’excédent courant du CCG tomberait de 5 % du PIB en 2025 à 1,3 % en 2026, tandis que le déficit budgétaire atteindrait 2,3 % du PIB. Le soutien à l’activité, la réparation des infrastructures et le renforcement de la sécurité pèseront sur les finances publiques, avec des marges de manœuvre très inégales selon les pays, notamment à Bahreïn, déjà lourdement endetté. Le FMI préconise des aides ciblées et temporaires aux entreprises les plus touchées, plutôt que des subventions généralisées. L’enjeu est de contenir le coût immédiat du choc sans détourner durablement les ressources des investissements de diversification, dont la crise souligne précisément la nécessité.

Le rebond de 9,1 % attendu par le FMI en 2027 sera un redémarrage, pas une guérison, et reste suspendu à une hypothèse diplomatique que l'actualité ne conforte pas. Le FMI table sur une réouverture progressive d'Ormuz à partir de mars 2027. Or, sur le terrain, le détroit reste quasiment fermé. Les passages du détroit restent l’exception et les attaques iraniennes contre des navires marchands ont atteint en octobre leur plus haut niveau depuis le début de la guerre. Les discussions tenues à Téhéran le 26 octobre avec l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan n'ont abouti qu'à un engagement à poursuivre le dialogue. L'Iran conditionne toujours la réouverture du détroit à la levée du blocus américain de ses ports et au dégel de ses avoirs. Même dans le scénario du FMI, le retour à une croissance positive ne suffirait pas à effacer les pertes de production. Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, a prévenu que la production du Golfe resterait en 2030 inférieure à sa trajectoire d'avant-guerre, en raison des dégâts des infrastructures et des dépenses de résilience à engager. La crise menace ainsi moins la croissance de 2026 que le potentiel de croissance de la décennie.

Les fonds souverains du Golfe n'ont toutefois pas ralenti leurs investissements. Selon Global SWF, les investisseurs souverains de la région ont déployé 102 Md USD sur les neuf premiers mois de 2026, contre 56,3 Md USD un an plus tôt. Mubadala arrive en tête avec 26,2 Md USD, et les trois fonds d'Abou Dhabi représentent près de la moitié du total. Plus de 80 % de ces montants ont été investis à l'étranger et les États-Unis en ont capté 45 %. Ce contraste avec la récession domestique découle du mandat même de ces fonds, qui placent à long terme la rente d’aujourd’hui, hors des économies nationales. Cette stratégie confirme que la capacité de projection financière du Golfe, et tout particulièrement des Émirats arabes unis, reste intacte au cœur de la crise.

La résilience ne supprimera pas la contrainte géographique, mais elle devient un nouveau chantier d’investissement pour la région et un marché pour nos entreprises. Comme l’a souligné Jihad Azour, plusieurs États ont déjà accéléré leurs investissements pour réduire leur dépendance à un point de passage unique. Leur financement supposera de partager les risques entre États, opérateurs et investisseurs privés. L’offre française peut répondre à ces besoins dans l’énergie et le stockage, le ferroviaire, l’ingénierie portuaire, la logistique multimodale, la cybersécurité et la remise en état des capacités endommagées. Nos entreprises devront toutefois, peut-être, composer avec des reports de projets, des délais de paiement allongés dans les pays les plus exposés et une concurrence accrue. Jihad Azour anticipe un renforcement des liens entre le Golfe et l’Asie, principal débouché de ses hydrocarbures, jusque dans les infrastructures et les technologies. L’enjeu sera donc de savoir si la France saura prendre sa place dans cette recomposition, face à des partenaires asiatiques déjà solidement ancrés dans la région.

 

Service économique régional de la péninsule arabique

 

Brèves économiques 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

Le Canada se rajoute à la liste des Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA). Les Émirats arabes unis et le Canada ont signé un accord de partenariat économique global, au terme de négociations bouclées en un temps record (47 jours), après la visite à Ottawa du prince héritier d’Abou Dhabi, le cheikh Khaled bin Mohamed Al Nahyan. Les droits de douane sur plus de 99 % des exportations canadiennes actuelles vers les EAU seront réduits ou supprimés. L’entrée en vigueur est attendue en 2027, alors que les échanges bilatéraux ont grimpé de 21 % l’an dernier, à 4,2 milliards de dollars.

Energie, Infrastructure & Industrie

Jakarta sécurise ses approvisionnements en pétrole depuis Abu Dhabi. Les Émirats arabes unis se sont engagés à fournir à l’Indonésie jusqu’à 30 millions de barils de pétrole. C’est ce qu’a annoncé mardi Djoko Siswanto, patron de SKK Migas, le régulateur indonésien de l’amont pétrogazier, lors d’un événement sur l’énergie. L’accord fait suite à un entretien à Jakarta avec l’ambassadeur émirati, Abdulla Salem Al Dhaheri. Jakarta pourra puiser dans ces volumes quand elle le souhaite, mais aucun calendrier de livraison n’a été précisé.

ADNOC prépare la hausse de ses capacités de production. ADNOC prévoit de lancer en 2027 une nouvelle vague d’appels d’offres d’ingénierie et de construction. En amont, ils porteront sur des gisements de gaz acide en mer, un gazoduc d’exportation, la récupération assistée du pétrole et un projet de long terme (nouveaux puits, île de traitement, plateformes offshore). En aval, ils viseront la valorisation des résidus de raffinage et de nouveaux postes d’exportation de liquides de gaz naturel et de soufre. Le programme inclut aussi des infrastructures électriques, à terre et en mer.

ADNOC veut renforcer ses approvisionnements en local. Lors de la deuxième édition du forum « Make it with Adnoc », ADNOC a annoncé vouloir investir 60 Md AED (16,3 Md USD) dans la production locale d'ici 2030, dans le cadre de sa stratégie visant à renforcer les chaînes d'approvisionnement aux Émirats arabes unis et à réduire la dépendance aux produits importés. Ces opportunités concernent plus de 200 produits essentiels ainsi qu'une vaste gamme de pièces de rechange critiques.

DP World regarde vers le Canada. DP World a conclu un accord pour participer au développement du port canadien de Churchill, sur la baie d’Hudson, que le Premier ministre Mark Carney souhaite agrandir afin de faciliter les exportations vers l’Europe. L’accord porte sur les activités portuaires et sur un éventuel corridor de transport reliant Churchill au réseau logistique mondial du groupe et aux installations intérieures de CentrePort Canada. Le projet, estimé à 57 Md USD, pourrait ouvrir la voie à l’acheminement de GNL, de céréales et de minéraux critiques vers le Moyen-Orient et l’Europe.

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

Les bénéfices de Tadawul chutent de 35 % sur les neuf premiers mois de l’année. Tadawul, la Bourse saoudienne, a enregistré un bénéfice net de 52,2 M USD sur les neuf premiers mois de 2026, en recul de 34,6 % en glissement annuel (g.a.). Au seul troisième trimestre, le bénéfice net s'établit à 12,8 M USD, soit une contraction de 41,8 % en g.a. Cette dégradation s'explique principalement par le ralentissement de l'activité boursière, la valeur quotidienne moyenne des échanges ayant reculé de 11,1 % en g.a. sur les neuf premiers mois de l'année. Les revenus des activités de marchés financiers et des services post-marché se contractent respectivement de 13,4 % et 5,7 % en g.a., tandis que ceux des services technologiques et de données progressent de 5,8 % en g.a.

Les bénéfices des banques cotées progressent de 6,8 % en g.a. sur neuf mois. Les dix banques cotées à la Bourse saoudienne ont enregistré un bénéfice net cumulé de 19,6 Md USD sur les neuf premiers mois de 2026. Al Rajhi Bank arrive en tête avec 5,6 Md USD (+13,3 % en g.a.), devant Saudi National Bank (5,2 Md USD, +4,6 %) et Riyad Bank (2,2 Md USD, +4,6 %). Au seul troisième trimestre, les bénéfices du secteur atteignent 6,6 Md USD (+4,8 %), témoignant d'un ralentissement de leur progression. Cette performance demeure portée par la croissance du crédit aux entreprises et aux ménages, notamment dans le cadre des projets de Vision 2030, ainsi que par la diversification des revenus bancaires.

L’excédent commercial rebondit en août, malgré un recul sur un an. L’excédent commercial saoudien a progressé de 17,8 % sur un mois en août, à 4,2 Md USD, mais demeure inférieur de 21 % en glissement annuel (g.a.). Les exportations ont augmenté de 3,3 % sur un mois, à 23,3 Md USD, tandis que les importations progressaient de 0,6 %, à 19 Md USD. Les exportations nationales non pétrolières, hors réexportations, enregistrent toutefois une hausse de 8,5 % en g.a., à 4,9 Md USD, contrastant avec le recul de 34 % des réexportations.

Energie, Infrastructure & Industrie

L’Arabie saoudite prévoit de stocker du pétrole brut à Singapour à partir du S2 2027.  Saudi Aramco a signé, le 26 octobre, un protocole d’accord avec l’Energy Market Authority et JTC Corporation, deux organismes singapouriens, en vue de stocker du pétrole brut saoudien dans les cavités souterraines de Jurong Rock Caverns à partir du second semestre 2027. D’une capacité totale d’environ 9 millions de barils d’hydrocarbures liquides, ces installations permettraient de rapprocher les stocks des marchés asiatiques et de renforcer la sécurité d’approvisionnement de Singapour et la résilience de la chaîne logistique saoudienne. Singapour deviendrait le troisième pays asiatique à accueillir des stocks de brut saoudien, après le Japon et la Corée du Sud.

Bahri commande trois superpétroliers pour 451 M USD. L’armateur saoudien Bahri a signé, le 22 octobre, un contrat de 451 M USD avec International Maritime Industries (IMI), chantier naval saoudien dont il détient 19,9 % du capital, pour la construction de trois transporteurs de pétrole brut de très grande capacité (VLCC), de 320 000 tonnes de port en lourd chacun. Les livraisons sont prévues entre 2029 et 2030. Cette commande vise à renouveler et renforcer la flotte de Bahri, dans un contexte de forte demande de transport maritime de brut, tout en soutenant le développement de la construction navale en Arabie saoudite.

Expo 2030 Riyadh précise le calendrier de quatre appels d’offres. Expo 2030 Riyadh Company a précisé le calendrier de quatre appels d’offres pour la construction d’équipements du site de l’exposition. Le premier, lancé fin juillet, concerne les cinq zones du Souq, qui couvriront environ 300 000 m² et accueilleront des pavillons, des commerces, des restaurants et des espaces destinés aux visiteurs. La date limite de remise des offres a été repoussée au 11 novembre 2026. Les trois autres contrats portent sur laconceptionet la construction du pavillon Culture of Wisdom (12 293 m² minimum), du pavillon Adaptation and Innovation (12 710 m² minimum) et du centre de congrès (22 255 m² minimum). Pour ces trois projets, les offres sont attendues au plus tard le 6 janvier 2027. Les deux pavillons thématiques sont conçus pour accueillir jusqu’à 20 000 visiteurs par jour en période de pointe et visent une certification environnementale LEED Gold.

Qatar

Le QatarEnergy (QE) poursuit sa stratégie d’achats de volumes de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des Etats-Unis pour compenser la baisse des volumes exportés depuis le Qatar. Le groupe a signé deux contrats d’approvisionnement à long terme avec l’américain Cheniere Energy portant sur l’achat de 4 millions de tonnes par an (Mtpa) de GNL à compter de 2031 et jusqu’en 2054. Il négocierait par ailleurs avec l’américain Venture Global l’acquisition d’au moins 3 Mtpa, sans que la durée du contrat ni sa date de démarrage aient été précisées. Enfin, QE négocierait aussi avec le groupe australien Woodside Energy l’achat de jusqu’à 3 Mtpa issues de son projet Louisiana LNG, en construction en Louisiane, dans le cadre d’un contrat potentiel de 15 à 20 ans, dont la date de démarrage n’a pas été communiquée.

Pour autant, QE a prolongé jusqu’à fin décembre 2026 la suspension de ses livraisons de GNL à l’électricien italien Edison. Trois cargaisons supplémentaires destinées à l’Italie seront ainsi affectées. Des clients au Bangladesh et au Pakistan ont également été informés d’une prolongation de la force majeure jusqu’à la fin de l’année. Toutefois, des signaux positifs sont observés en Inde, où les importations de GNL en provenance du Qatar ont bondi de près de 370 % en octobre 2026 par rapport au mois précédent.

L’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, accompagné du ministre d’État aux Affaires énergétiques et directeur général de QatarEnergy, Saad Sherida Al Kaabi, s’est rendu à Moscou les 26 et 27 octobre pour participer au 8ème sommet des chefs d’État et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). En marge du sommet, il a rencontré le Président russe Vladimir Poutine afin d’évoquer la sécurité des chaînes d’approvisionnement énergétiques et les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz. Il s’est également entretenu avec le PDG de Rosneft, Igor Setchine, sur les perspectives de coopération dans le secteur énergétique. Il a également insisté sur la nécessité d’investissements de long terme dans la chaîne gazière et d’une coopération renforcée entre producteurs et consommateurs pour garantir la sécurité des approvisionnements mondiaux.

La Banque centrale du Qatar (QCB) a émis, pour le compte du ministère des Finances, 3 Mds de QAR (~ 740 M USD) de sukuk souverains de type ijara, en deux tranches de 1,5 Md chacune arrivant à échéance en janvier 2029 (taux de 5,40 %) et en août 2031 (5,65 %). Le montant total des souscriptions a atteint 7,1 Mds de QAR (~ 1,75 Md USD), traduisant une demande soutenue pour la dette souveraine qatarienne.

Oman

L’Autorité des zones économiques spéciales et des zones franches signe avec des investisseurs privés 28 contrats d’implantation, pour plus de 304 M OMR (790 M USD) d’investissements annoncés. L’Autorité publique des zones économiques spéciales et des zones franches (OPAZ) a annoncé avoir signé le 28 octobre vingt-huit contrats avec des entreprises privées, qui s’engagent à créer ou à étendre des usines et des entrepôts. Le montant annoncé dépasse 304 M OMR (790 M USD). Il s’agit d’investissements prévus, pas encore réalisés. Le principal projet est une usine sidérurgique d’Atlas Iron à Sohar, pour plus de 112 M OMR (291 M USD). Suivent un complexe d’assemblage automobile dans la zone franche de Sohar (38 M OMR, 99 M USD) et une usine d’aliments pour crevettes d’Al Jazer à Duqm (40 M OMR, 104 M USD).

Asyad Group vend 5 % d’Asyad Shipping pour 50,8 M OMR (132 M USD), à un prix supérieur de près de 60 % à celui de l’introduction en bourse. Asyad Group, groupe public de logistique détenu par le fonds souverain Oman Investment Authority, a vendu 5 % des actions qu’il détenait dans sa filiale maritime Asyad Shipping, cotée à la Bourse de Mascate depuis mars 2025. Cette vente, coordonnée par Oman Investment Bank et Sohar International Bank, était réservée à des investisseurs professionnels omanais et étrangers, qui ont passé leurs ordres du 20 au 22 octobre. Elle a rapporté environ 50,8 M OMR (132 M USD), à 195 baisas par action, soit près de 60 % de plus que lors de l’entrée en bourse (123 baisas). Asyad Group proposera ensuite 1,25 % supplémentaire aux particuliers, au même prix.

Les prix à l’importation d’Oman augmentent de 11,7 % sur un an au deuxième trimestre 2026, sous l’effet de la hausse du coût des carburants. Selon le Centre national de statistique et d’information (NCSI), l’indice des prix à l’importation a progressé de 11,7 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025, et de 2 % par rapport au premier trimestre. Les combustibles minéraux expliquent l’essentiel de la hausse, avec +45,5 % sur un an. Suivent les huiles et graisses (+16 %) et les produits chimiques (+11,6 %).

L’État omanais lève 150 M OMR (390 M USD) par sa 12e émission de sukuk souverains locaux, souscrite 1,8 fois.
La société des sukuk souverains d’Oman, agissant pour le ministère des Finances, a publié le 27 octobre les résultats de la 12e émission de sukuk souverains locaux, d’un montant de 150 M OMR (390 M USD). Lancée à 100 M OMR, l’émission était assortie d’une option d’augmentation de 50 M OMR. Les demandes ont atteint environ 273,17 M OMR (710 M USD), soit 1,8 fois le montant émis. Le taux de profit moyen accepté ressort à 4,82 %, dans une fourchette de 4,75 % à 4,85 %. D’une maturité de sept ans, les titres sont émis le 29 octobre, versent un rendement trimestriel et arrivent à échéance le 29 octobre 2033. Ils sont négociables à la Bourse de Mascate. La précédente émission, en juin, portait sur cinq ans au taux de 4,2 %.

Koweït

KOC opte pour un modèle qui fait baisser la facture. Kuwait Oil Company (KOC) envisage de relancer l’appel d’offres pour le développement d’un centre de collecte et de séparation de pétrole (SGC-1) et d’une usine d’injection d’eau (WIP-1), après l’annulation de la procédure initiale en janvier. La compagnie étudie un modèle Build-Own-Operate (BOO), dans lequel le contractant finance, construit, possède et exploite les installations, en remplacement du contrat classique d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC). Le projet avait reçu une offre minimale de 2,47 Mds USD de l’espagnol Técnicas Reunidas, supérieure au budget prévu. Il fait partie de quatre contrats pétroliers amont, totalisant 7,73 Mds USD, dont les appels d’offres avaient été annulés en janvier pour insuffisance budgétaire. KOC prépare une révision de ce dernier, qui pourrait permettre de lancer un nouvel appel d’offres au premier trimestre 2027.

Chaque goutte compte dans l’un des pays les plus secs du monde. Le Koweït a lancé la construction de la station d’épuration de North Kabd, un projet d’environ 1 Md KD (3,3 Mds USD) confié à China State Construction Engineering Corporation (CSCEC). L’installation disposera d’une capacité de traitement de 500 000 m³ par jour, extensible à 1 M m³. Le contrat couvre également l’exploitation et la maintenance pendant dix ans. Les eaux traitées seront réutilisées pour l’irrigation et les espaces verts, afin de préserver les ressources en eau douce du pays. La station prévoit de recourir à l’énergie solaire et au biogaz pour couvrir 50 % de ses besoins énergétiques. Cette infrastructure doit ainsi renforcer les capacités de réutilisation de l’eau dans un pays confronté à de fortes contraintes hydriques.

Paiements éclairs, Wamd porte bien son nom. Les habitants du Koweït ont dépensé plus de 42 Mds KD (135 Mds USD) au cours des neuf premiers mois de 2026, soit une hausse de 4,75 % sur un an, selon les données de la Banque centrale du Koweït (CBK). Plus de 93 % ont été dépensés dans le pays. Cette évolution varie selon les moyens de paiements : les dépenses par carte bancaire aux terminaux de paiement ont légèrement reculé (- 0,46 %), tandis que les paiements en ligne ont baissé de 2 % et les retraits aux distributeurs de 6,3 %. À l’inverse, les transactions via Wamd (opéré par KNET), le service national de paiement instantané, ont bondi de 44,3 %, à 8,751 Mds KD, pour 135,4 M d’opérations, contre 80,2 M un an plus tôt. Cela confirme l’essor des paiements instantanés dans les usages financiers du pays.

Le Koweït diversifie ses recettes en faisant payer les mauvaises habitudes. Le Conseil des ministres a approuvé, le 27 octobre, un projet de décret-loi relatif à l’accord unifié du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sur la taxe d’accise. Le dispositif prévoit une taxation de 100 % sur les boissons énergisantes et les produits du tabac, de 50 % sur les boissons gazeuses, ainsi qu’un taux variable (selon la teneur en sucre) pour les boissons sucrées. Cette taxe vise à limiter la consommation de produits considérés comme nocifs pour la santé et à accroître les recettes publiques hors hydrocarbures. Selon des estimations antérieures du ministère des Finances rapportées par Al-Qabas, elle pourrait générer environ 200 M KD de recettes annuelles. La date d’entrée en vigueur et les modalités définitives d’application n’ont toutefois pas encore été annoncées.

Echanges entre le Koweït et l’Arabie saoudite : un excédent à sens unique. En septembre 2026, le commerce bilatéral de marchandises, hors exportations pétrolières, a atteint 874,67 M USD, selon les données préliminaires de l’Autorité générale saoudienne des statistiques. L’excédent commercial saoudien vis-à-vis du Koweït a bondi de 366,7 % sur un an, à 679,47 M USD (environ 208 M KD). Cette progression s’inscrit dans une hausse plus large des échanges non pétroliers entre l’Arabie saoudite et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui ont augmenté de 116,4 % sur un an, à 11,16 Mds USD. Le Koweït est le deuxième partenaire commercial du royaume au sein du CCG, derrière les Émirats arabes unis.

KPC absorbe le choc des vagues scélérates du Golfe persique. Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a approuvé trois contrats d’urgence d’un montant total de 5,38 M KD pour sa filiale Kuwait Oil Tanker Company (KOTC). Ils couvrent la réparation de deux pétroliers, Al-Yarmouk et Al-Fintas, ainsi que les opérations de remorquage, de sauvetage et de sécurisation du Kazma 3, endommagé lors d’un incident dans le détroit d’Ormuz le 1er octobre. Les réparations de l’Al-Yarmouk ont été attribuées à l’Arab Shipbuilding and Repair Yard (ASRY) pour 1,083 M KD. Le contrat de réparation d’Al-Fintas, également confié à ASRY, s’élève à 2,146 M KD pour une durée de 70 jours. Enfin, Ambrey Services FZCO assurera les opérations liées au Kazma 3 pour 2,15 M KD sur six mois. Ces marchés, conclus en urgence au titre des procédures applicables aux situations de catastrophe, représentent une dépense supplémentaire pour la flotte pétrolière nationale.

Bahreïn

L’examen parlementaire du projet d’impôt sur les bénéfices des entreprises se poursuit. La commission des Finances et des Affaires économiques de la Chambre des députés a examiné, le 28 octobre, le projet de loi et décidé de consulter plusieurs parties prenantes avant de poursuivre ses travaux. Sous réserve de son adoption, le dispositif entrerait en vigueur le 1er janvier 2027 et concernerait les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 1 M BHD ou dont le bénéfice imposable excède 200 000 BHD. Le taux serait nul jusqu’à 200 000 BHD de bénéfice imposable, puis fixé à 10 % sur la fraction supérieure. Cette réforme constituerait une évolution majeure pour Bahreïn, jusqu’ici largement dépourvu d’impôt général sur les bénéfices en dehors du secteur des hydrocarbures, même si plusieurs modalités restent renvoyées aux futurs textes d’application.

La Chambre des députés approuve un quota minimal de 80 % de salariés bahreïniens dans les entreprises chargées de gérer ou d’exploiter des infrastructures ou services publics privatisés. Adopté le 27 octobre par dix-sept voix contre sept, le texte modifierait le décret-loi n° 41 de 2002 et s’appliquerait à l’ensemble des effectifs des entreprises chargées de gérer ou d’exploiter des infrastructures ou services publics privatisés, notamment dans les transports, les télécommunications, l’énergie, les ports et les aéroports. Le gouvernement pourrait accorder des dérogations en cas d’insuffisance de main-d’œuvre nationale qualifiée, sur recommandation du ministre des Finances et de l’Économie nationale. Le projet doit désormais être examiné par le Conseil de la Choura. Le gouvernement et plusieurs ministères ont averti qu’un quota uniforme pourrait augmenter les coûts d’exploitation et réduire l’attractivité de certains projets pour les investisseurs.

Le chantier naval ASRY livre à Bapco Refining deux navires de soutage construits à Bahreïn. L’Arab Shipbuilding and Repair Yard Company a achevé la conception, la construction, l’équipement et les essais de deux navires autopropulsés destinés à l’approvisionnement en carburant. Baptisés Bapco Refining-1 et Bapco Refining-2, ils mesurent chacun 27 mètres et disposent d’un port en lourd de 300 tonnes. Lancé en 2024, le projet illustre le développement des capacités locales de construction navale au-delà de l’activité historique de réparation d’ASRY.

Yémen

Le PNUD estime à 35 M USD les besoins immédiats pour soutenir la reprise locale. Ce montant représente les financements nécessaires pour étendre son programme de reprise rapide au Yémen, alors que 280 000 personnes supplémentaires ont été déplacées depuis début août. L’organisation a engagé une première enveloppe de 1 M USD pour financer des emplois temporaires et réhabiliter des infrastructures à Aden et Lahj, mais anticipe environ 500 000 personnes potentiellement déplacées sur un an. Le programme vise à soutenir les moyens de subsistance et les services locaux afin de limiter l’accroissement des besoins humanitaires.