Flash Conjoncture Pays avancés – Budget d'automne 2026 du Royaume-Uni
Le premier Budget présenté par le Chancelier de l’Échiquier John Healey prévoit une trajectoire de déficit plus creusée que celle anticipée en mars, de +14,3 Md£ (soit environ 0,5 % du PIB, cf. Graphique 1) par an en moyenne entre les années budgétaires 2026-27 et 2029-30 selon les prévisions de l’Office for Budget Responsibility (OBR).
La hausse du déficit s’explique principalement par la révision de la charge de la dette, de +13,9 Md£ par an en moyenne sur l’horizon 2029-30. Cette hausse résulte de deux facteurs : (i) une prévision d’inflation nettement rehaussée en 2026 (+3,1 %, contre +2,3 % dans les prévisions précédentes) et surtout en 2027 (+3,4 %, contre +2,0 %) et (ii) la prise en compte de taux d'intérêt plus élevés du gilt (qui dépassent en octobre leur niveau de mars d’environ +0,5 pt sur les maturités à 10 ans), ce qui accroît progressivement le coût de refinancement de la dette. Les nouvelles mesures annoncées dans ce budget augmenteraient le déficit de +3,1 Md£ par an à horizon 2029-2030 (hausses moyennes annuelles de +3,9 Md£ pour les dépenses et de +0,8 Md£ pour les recettes). La hausse des nouvelles dépenses se concentrerait sur les trois premières années budgétaires (+4,7 Md£ en moyenne entre 2026-27 et 2028-29 puis +1,3 Md£ en 2029-30 et 2030-31). Au contraire, les mesures présentées dans ce Budget n’augmenteraient les recettes qu’en fin de période (de manière progressive à partir de 2028-29). Dans le détail, le gouvernement a annoncé des mesures de soutien aux ménages dans le contexte de la hausse des prix de l’énergie et du coût de la vie et des allègements fiscaux ciblés pour limiter la hausse des coûts des PME et soutenir les commerces de proximité. S’agissant des recettes, un relèvement temporaire de l’impôt sur les sociétés pour les banques et une taxe sur les investissements souverains étrangers à partir de 2029 ont été présentées dans ce Budget. Les autres écarts de prévisions conduisent à une réduction moyenne du déficit de -2,8 Md£ par an (les dépenses ont été revues à la hausse de +14,4 Md£ et les autres recettes de +17,1 Md£).
Note de lecture : les montants exprimés en négatif contribuent à augmenter le déficit d’une année sur l’autre à travers des dépenses plus élevées ou des recettes moins importantes.
Ce Budget prévoit une trajectoire de réduction du déficit budgétaire plus progressive que celle présentée par le précédent gouvernement travailliste, ainsi qu’une réduction de la marge budgétaire. L’OBR a fortement revu à la hausse sa prévision de déficit budgétaire pour 2026-27 (à 4,2 % du PIB contre 3,6 % précédemment). L’objectif de ramener le déficit sous le seuil de 3 % du PIB a été reporté d’un an, à 2028-29 et un déficit de 2,1 % du PIB est à présent prévu pour 2029-30. La marge budgétaire du gouvernement[1] est à présent estimée à 14,5 Md£ pour l’exercice budgétaire 2029-2030, alors qu’elle avait été relevée à 22 Md£ lors du Budget de novembre 2025.
À moyen terme, la réduction du déficit budgétaire proviendrait principalement d’une hausse des recettes, les dépenses devant diminuer plus tardivement (cf. Graphiques 2a et 2b). Après une forte hausse en 2025-26 résultant notamment de la hausse des cotisations patronales en avril 2025, les recettes budgétaires devraient rester dynamiques sur l’horizon d’ici 2029-30. Elles seraient principalement soutenues par (i) l’impôt sur le revenu, en raison du gel des seuils d’imposition jusqu’en 2031 et de mesures ponctuelles comme la réforme du régime fiscal des résidents britanniques non domiciliés (non-doms) pour l’année 2026-27, et (ii) l’impôt sur les plus-values, qui bénéficierait d’une appréciation des marchés actions à moyen terme. Ce scénario repose aussi sur une modération des dépenses budgétaires dès l’année 2027-28 (qui passent de +1,1 pt de PIB en 2026-27 à +0,1 pt de PIB en 2027-28) avant de diminuer à partir de 2028-29. Il s’appuierait plus particulièrement sur d’importantes baisses de dépenses courantes et un net ralentissement des dépenses sociales dès 2027-28, alors que ces deux postes avaient enregistré de fortes augmentations en 2025-26. Ces projections ne couvrent cependant pas certaines annonces du gouvernement, notamment la hausse des dépenses de défense, qui ne devraient être intégrées qu’à des échéances ultérieures dans les prévisions de l’OBR.
Note de lecture : Les recettes publiques devraient passer de 40,1 % du PIB en 2025-26 à 41,4 % du PIB en 2026-27, ce qui correspond à la hausse des recettes publiques de +1,3 % du PIB pour l’année 2026-27.
[1] Cette marge correspond à correspond à l’écart entre la cible imposée par la règle budgétaire (déficit de moyen terme) et la prévision à un instant donné réalisée par l’OBR.