La Team France en Australie structure ses priorités économiques pour 2027
Réunis le 15 octobre à l’ambassade de France à Canberra autour de l’ambassadeur David Martinon, les acteurs de la Team France ont défini les orientations d’une feuille de route économique collective pour 2027. L’objectif :renforcer le positionnement des entreprises françaises sur les marchés australiens, développer les investissements bilatéraux et améliorer la coordination opérationnelle de l’accompagnement des entreprises.
Une implantation solide, des échanges et des investissements à développer
La présence économique française en Australie repose sur une implantation diversifiée : plus de 800 filiales, quelque 75 000 emplois et une représentation de 90 % des groupes du CAC 40. Cette présence industrielle et commerciale ne se traduit toutefois que partiellement dans les performances à l’exportation : la part de marché française s’établit à 1,5 %, contre 2 % pour l’Italie et 3,5 % pour l’Allemagne.
Les investissements bilatéraux présentent également une forte asymétrie, avec un stock d’investissements directs français en Australie de 16 milliards d’euros, contre 2,5 milliards d’euros d’investissements australiens en France. Ces écarts soulignent deux enjeux : mieux convertir l’implantation française en débouchés commerciaux et renforcer l’attractivité de la France auprès des investisseurs australiens.
Les échanges ont fait ressortir trois leviers d’action : anticiper les cycles de préparation et de passation des grands projets australiens ; rendre plus lisible l’articulation des dispositifs d’appui aux entreprises ; et poursuivre les relations avec les fonds de pension australiens (superannuation funds) afin de mobiliser davantage de capitaux institutionnels vers des projets en France.
Quatre axes pour concentrer l’action collective
La feuille de route proposée en conseil s’articule autour de quatre priorités :
- Infrastructures et mobilités bas-carbone : positionner l’offre française en amont des grands projets, en mobilisant les compétences en ingénierie, systèmes de transport, exploitation et décarbonation des réseaux.
- Innovation, intelligence artificielle et technologies : structurer des coopérations entre entreprises, recherche et écosystèmes d’innovation, et proposer un partenariat bilatéral avec l’Australie.
- Minerais critiques et transition énergétique : développer les partenariats industriels et les coopérations sur les chaînes de valeur, en s’appuyant sur la lettre d’intention signée avec l’Australie-Occidentale et la mission DIAMMS.
- Investissements bilatéraux : renforcer la prospection des investisseurs australiens, notamment des superfunds, et inscrire cette mobilisation dans la dynamique de Choose France.
Des initiatives complémentaires pourront être structurées sur un horizon de douze à dix-huit mois dans le sport, en perspective de Brisbane 2032, le luxe et l’art de vivre, l’aéronautique et le spatial, ainsi que les industries créatives.
L’accord de libre-échange comme levier d’accès au marché
Un déjeuner-débat consacré à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie a permis de prolonger ces travaux en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne, Lawrence Meredith, de, Joanna Pocztowska, cheffe de la section économique et commerciale de la délégation de l’Union européenne en Australie, et de Cathy Raper, négociatrice en chef australienne de l’accord de libre-échange UE-Australie au ministère des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT).
Les échanges ont porté sur les perspectives économiques ouvertes par la conclusion des négociations en mars dernier et sur les conditions de leur appropriation par les entreprises. La visite du ministre du Commerce extérieur Nicolas Forissier, en avril, avait déjà marqué la volonté française de traduire cette avancée en opportunités commerciales concrètes.
L’enjeu consiste désormais à préparer les entreprises à mobiliser les dispositions de l’accord, selon son calendrier de mise en œuvre, et à identifier les secteurs dans lesquels elles pourront améliorer leurs conditions d’accès au marché.
Une gouvernance centrée sur l’exécution et le suivi coordonné des projets
Pour assurer la mise en œuvre de ces orientations, les participants ont retenu plusieurs outils communs : un annuaire des CCEF et une fiche de contacts Team France pour faciliter l’orientation des entreprises ; un agenda partagé pour coordonner les missions et événements ; et un suivi des initiatives précisant, pour chacune, un responsable et une échéance.
La création d’un Conseil d’affaires Australie-France sera également explorée, en prenant notamment appui sur les modèles de l’AFBA et de l’EABC. Un point d’étape est prévu dans trois à six mois pour examiner l’avancement des actions engagées.
Cette méthode doit permettre de passer d’une coordination institutionnelle à une programmation économique commune, fondée sur des projets identifiés et des résultats mesurables en matière d’accès au marché, de partenariats industriels et d’investissement.