Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 19 octobre 2026
Une taxe sur le carburant n’est pas à l’ordre du jour ; Deutsche Bank ajoute le Nigeria à son suivi ; JP Morgan dépose 37 M USD auprès de la Banque centrale ; Conception du monorail de l'aéroport de Lagos ; Programme de 10 Md USD pour la transformation économique ; 323 M EUR européen pour les infrastructures d’eau ; Les recettes de redevances minières doublent au premier semestre ; Le bénéfice avant impôt de CalBank progresse de 34% ; L'inflation à la production remonte à 4,8% en septembre.
Nigeria
Le ministre des Finances réaffirme qu’une taxe sur le carburant n’est pas à l’ordre du jour
Le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, a réaffirmé le 20 octobre 2026 que l'introduction d’une taxe sur le carburant n’était pas à l’ordre du jour. M. Oyodele a démenti de nombreuses annonces dans le média lui prêtant l’intention d’instaurer une taxe sur le carburant.
La hausse des prix du pétrole est au cœur du débat public nigérian, dans un contexte pré-électoral dans lequel la critique sur la suppression des subventions pétrolières par le Président Tinubu se fait vive
Deutsche Bank ajoute le Nigeria à son suivi des devises des marchés frontières
Deutsche Bank, première banque allemande, a ajouté le Nigeria à sa liste de suivi des devises des marchés frontières. La banque anticipe une appréciation du naira qu’elle considère comme sous-évalué. La liste de suivi des devises dites « frontières » de la banque inclut également le cédi ghanéen et le kwanza angolais.
La Deutsche Bank note cependant que des risques pèsent toujours sur les perspectives du naira. Elle estime que l’élection présidentielle de janvier 2027 laissent anticiper une augmentation des dépenses publiques. Une hausse de l’endettement public pourrait exercer une pression sur la devise nigériane.
Cette annonce intervient alors que JP Morgan annonçait en septembre l’inclusion du Nigeria dans son nouvel indice obligataire des marchés émergents, le GBI-EM Edge, et après que la Bourse de Londres ait annoncé la reclassification du Nigeria en marché frontière.
En moyenne, le taux de change était de 1 USD = 1327 NGN en septembre 2026, après 1 USD = 1498 NGN en septembre 2026, soit une appréciation de 13% en un an.
Deutsche Bank ajoute le Nigeria à son suivi des devises des marchés frontières
Deutsche Bank, première banque allemande, a ajouté le Nigeria à sa liste de suivi des devises des marchés frontières. La banque anticipe une appréciation du naira qu’elle considère comme sous-évalué. La liste de suivi des devises dites « frontières » de la banque inclut également le cédi ghanéen et le kwanza angolais.
La Deutsche Bank note cependant que des risques pèsent toujours sur les perspectives du naira. Elle estime que l’élection présidentielle de janvier 2027 laissent anticiper une augmentation des dépenses publiques. Une hausse de l’endettement public pourrait exercer une pression sur la devise nigériane.
Cette annonce intervient alors que JP Morgan annonçait en septembre l’inclusion du Nigeria dans son nouvel indice obligataire des marchés émergents, le GBI-EM Edge, et après que la Bourse de Londres ait annoncé la reclassification du Nigeria en marché frontière.
En moyenne, le taux de change était de 1 USD = 1327 NGN en septembre 2026, après 1 USD = 1498 NGN en septembre 2026, soit une appréciation de 13% en un an.
Ghana
New Economy : un programme de 10 Md USD pour accélérer la transformation économique
Le gouvernement du Ghana prépare un programme de transformation économique, baptisé New Economy, prévoyant 10 Md USD d'investissements dans les secteurs productifs à partir de 2027. Annoncé par le Président Mahama, ce programme vise à prolonger les efforts de stabilisation macroéconomique en diversifiant l'appareil productif, le développement de la transformation locale et la création d'emplois. Il ciblerait notamment l'agriculture, l'énergie, les minerais critiques, le textile, le tourisme et l'industrie pharmaceutique.
Ses orientations s’inscrivent en partie dans le prolongement des initiatives existantes, notamment Feed Ghana, consacrée au développement agricole, et 24-Hour Economy, qui prévoit déjà des mécanismes de financement des entreprises et des infrastructures industrielles. New Economy pourrait ainsi constituer un cadre transversal de mobilisation des investissements. Les infrastructures du futur parc industriel d'Afienya, près de Tema et appelées à accueillir plus de 120 entreprises, seraient parmi les premières bénéficiaires. Le dispositif complet doit être présenté dans le budget 2027, attendu en novembre.
323 M EUR de financement européen pour les infrastructures d’eau et d’assainissement du Nord du Ghana
À l'issue d'un entretien avec le vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI) le ministre des Finances Forson, a annoncé un financement de 323 M EUR destiné à améliorer l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement dans le nord du pays. Ce montage associe 98 M EUR de subventions, dont 68 M EUR de la Commission européenne et 30 M EUR d'Invest International, organisme néerlandais de financement du développement, à un prêt concessionnel de 225 M EUR de la BEI. Les subventions représenteraient ainsi 30% de l'enveloppe totale, limitant le recours à l'endettement pour financer ces infrastructures.
Le projet prévoit la modernisation des réseaux d'eau potable de Tamale et Damongo ainsi que la construction de trois installations de traitement des boues de vidange à Wa, Bolgatanga et Yendi. Selon la BEI, près de 1,5 M de personnes pourraient bénéficier d'un meilleur accès à l'eau potable. Outre ses retombées sanitaires, le renforcement de ces infrastructures pourrait contribuer à réduire les contraintes d'approvisionnement pesant sur les activités économiques locales, notamment agro-industrielles.
Les recettes issues des redevances minières doublent au premier semestre 2026
Les redevances minières collectées au Ghana ont plus que doublé au premier semestre 2026, atteignant 5,4 Md GHS, après 2,6 Md GHS sur la même période en 2025, selon le Fonds d'investissement des revenus miniers (MIIF). Cette progression, portée quasi exclusivement par les grandes exploitations aurifères (plus de 98% des recettes), résulte principalement de la hausse des cours internationaux de l'or et de l'entrée en vigueur, le 10 mars 2026, d'un nouveau barème de redevances progressif. Celui-ci remplace, pour les exploitations concernées, le taux forfaitaire de 5% par des taux compris entre 5% et 12%, selon le cours de l'or. L'augmentation des recettes s'appuie également sur une production aurifère soutenue et un renforcement du recouvrement, notamment à travers des inspections minières, la régularisation d'arriérés et une meilleure coordination entre les administrations compétentes.
Cette évolution intervient alors que la réforme de 2025 a ramené de 78% à 2% la part des redevances attribuée au MIIF, réorientant une plus grande proportion des recettes vers le budget de l'État. La progression des revenus miniers pourrait ainsi contribuer à la mobilisation des ressources budgétaires, tout en accentuant leur sensibilité aux fluctuations des cours internationaux de l'or.
Le bénéfice avant impôt de CalBank progresse de 34% sur les neuf premiers mois de 2026
CalBank, banque commerciale ghanéenne de taille intermédiaire cotée à la Bourse du Ghana, a enregistré une progression de 34% de son résultat avant impôt sur les neuf premiers mois de 2026, à 477 M GHS. Selon ses résultats non audités, cette performance repose sur une hausse de 74% du produit net bancaire, portée notamment par la progression des revenus nets d'intérêts (+70%) et des commissions nettes (+46%), témoignant d'un renforcement de ses activités d'intermédiation et de services bancaires. Les dépôts de la clientèle ont parallèlement augmenté de 27%, à 11 Md GHS, et l'encours net des crédits de 60%, à 2 Md GHS, traduisant une reprise de l’activité de financement.
Ce redressement s’accompagne également d’un renforcement de sa solvabilité, favorisé par l'augmentation de capital réalisée fin 2025. Le ratio de solvabilité est ainsi passé de -1,6% à 18,4% en un an, dépassant le minimum réglementaire de 13%, tandis que le taux de créances douteuses (NPL) a reculé de 26,5% à 8,5%, reflétant une amélioration de la qualité apparente de son portefeuille de prêts. Cette amélioration des fonds propres consolide la capacité de la banque à développer son activité de crédit, dont la croissance rapide appelle toutefois une maîtrise durable du risque de défaut. Le cours en bourse de CalBank a en revanche reculé d’environ 9% d’octobre 2025 à octobre 2026.
L'inflation à la production remonte légèrement à 4,8% en septembre 2026
L'inflation des prix à la production au Ghana s'est établie à 4,8% en glissement annuel en septembre 2026, après 4,4% en août. Cette hausse masque toutefois une progression mensuelle des prix moins importante, de 1,3 % après 2,5 % en août.
Les évolutions sectorielles sont contrastées : l'inflation a augmenté dans les industries extractives (de 4,9% à 5,5%) et manufacturières (de 3,6% à 4,6%), tandis qu'elle a baissé dans les services (de 1,8% à 1,4%).
Les industries extractives, qui représentent près de la moitié de l'indice, demeurent le principal moteur de l'inflation à la production. Les évolutions au sein du secteur sont toutefois hétérogènes : les prix de l'extraction de pétrole et de gaz augmentent de 18%, tandis que ceux des minerais métalliques reculent de 2%. Les hausses concernent également certaines branches manufacturières, notamment les produits métalliques (+14%) et agroalimentaires (+7%). À l'inverse, l'inflation baisse pour l'électricité et le gaz, où elle reste à un niveau élevé (9,8%), et dans les services.
Ces évolutions suggèrent des pressions inflationnistes encore contenues, mais inégalement réparties.