Bilan de la tournée régionale du Président de la République (19-21 octobre 2026)
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
Bilan de la tournée régionale du Président de la République (19-21 octobre 2026)
Du 19 au 21 octobre, le président de la République française, Emmanuel Macron, a effectué un déplacement dans cinq pays du Golfe : le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar et l’Arabie saoudite. Le chef de l'État était accompagné de plusieurs ministres : Catherine Vautrin, ministre des Armées, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants. Il était également accompagné d’une délégation de chefs d’entreprise du CAC 40 (TotalEnergies, Engie, Suez, Technip, Schneider Electric notamment) et de chefs d’entreprises français du secteur de l’Intelligence Artificielle (IA) et de la défense.
Ce déplacement régional s’inscrit dans le cadre d’un partenariat profond et diversifié entre la France et les pays du Golfe, alors que la région connaît l’une des phases les plus turbulentes de son histoire depuis le déclenchement du conflit en février 2026. Ce déplacement poursuivait un triple objectif : i) contribuer au retour de la stabilité et de la libre navigation dans le détroit d'Ormuz, ii) sécuriser et diversifier les approvisionnements énergétiques de la France, et iii) renforcer les partenariats stratégiques et économiques avec les pays du Golfe. Portée par des liens historiques et par une relation de défense, illustrée par la participation de la France à la défense du territoire de ces pays face aux attaques iraniennes, cette visite a permis de renforcer la coopération sur des questions d’actualité économique dans un contexte troublé, mais également de poursuivre l’approfondissement de notre partenariat sur des questions d’avenir, notamment l’Intelligence Artificielle, le spatial et la décarbonation de nos industries.
Cette tournée s'inscrit dans un contexte régional dégradé, marqué par de fortes tensions sur l'approvisionnement et les prix des hydrocarbures, notamment du diesel, en Europe. La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz et la dégradation sécuritaire dans la région ont entraîné une hausse sensible du prix du baril, que le FMI estime à 95 USD en moyenne sur 2026 (le Brent s’échange actuellement autour de 110 USD). Au renchérissement de la matière première s'ajoute un choc logistique : les coûts de transport pour faire transiter un navire du Golfe Persique ont été multipliés par dix depuis le début du conflit en raison, entre autres, de la hausse des primes d’assurance pour couvrir le risque d'un passage par Ormuz. Le nombre de navires disposés à opérer s'en trouve réduit et la chaîne d'approvisionnement fragilisée. Lors de sa tournée régionale, le président de la République a proposé aux pays du Golfe de structurer un mécanisme de garantie sous la forme d’un fonds de réassurance visant à abaisser les coûts d'assurance et donc les coûts de transport.
Des garanties sur les approvisionnements énergétiques ont été obtenues auprès des partenaires du Golfe, notamment sur le diesel et le gaz. Pour le diesel, Bahreïn et les Émirats arabes unis se sont engagés à fournir chacun 100 000 tonnes par mois pendant trois mois, qui s'ajoutent aux 95 000 tonnes déjà sécurisées auprès de l'Arabie saoudite pour octobre et novembre (volumes reconductibles pour « autant de mois que nécessaire »). Ces volumes représentent l’équivalent de 25 000 barils/jour supplémentaires. Pour le gaz, le Qatar s'est engagé à fournir l'équivalent de 2 TWh par mois de gaz naturel liquéfié (GNL) durant l'hiver, soit environ 7 % de la consommation mensuelle française de GNL. À l’exception du diesel saoudien, qui est exporté via la mer Rouge, ces accords demeurent toutefois conditionnés au franchissement du détroit d'Ormuz par les navires en provenance du Golfe Persique, alors que les attaques iraniennes contre les navires s'intensifient, avec 23 incidents signalés sur les deux premières semaines d'octobre selon Bloomberg. Ces stocks additionnels s’ajouteront aux stocks stratégiques libérés par le G7 dans le cadre d’une initiative coordonnée lancée par la France, dont l'effet sur les prix à la pompe est attendu à partir de début novembre.
Aux Émirats arabes unis, la visite du président de la République a permis de renforcer les partenariats économiques et stratégiques. Plusieurs contrats et protocoles d’accord ont été signés dans les secteurs de l’énergie et de l’Intelligence artificielle (IA), au cœur du partenariat économique franco-émirien. Dans le secteur de l’énergie, Schneider Electric a signé un protocole d’accord avec ADNOC, relatif à la transformation technologique d’ADNOC Gas. De son côté, Technip Energies a signé deux contrats avec ADNOC Refining, l'un pour un projet d’augmentation de la capacité de raffinage, et l'autre pour développer un projet de carburant d'aviation durable (SAF). Dans le secteur de l’IA, la start-up française AMI Labs a signé trois protocoles d’accord avec des entités émiriennes du domaine de l’IA : G42 (conglomérat émirien dédié à l’IA), MBZUAI (université spécialisée sur l’IA) et Analog (entreprise spécialisée dans l’IA et la robotique). Enfin, dans le secteur de la défense, la France et les EAU ont conclu un partenariat stratégique de défense et signé un accord intergouvernemental sur l’aéronautique de combat.
Au Koweït, plusieurs lettres d’intention ont été signées, dans le domaine de la défense, de l’aviation civile et de la santé. S’ajoute un partenariat stratégique entre Airbus et le fonds souverain (KIA) afin d’accompagner le développement de Kuwait Airways (dont KIA détient 100 %).
Ewen CITÉRIN, attaché sectoriel
Brèves économiques
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
L’économie de Dubaï se contracte de 2,3 % au 1er semestre 2026. Le PIB réel de l’émirat de Dubaï a atteint environ 473 Md AED au 1er semestre 2026, contre près de 484 MD AED à la même période en 2025, soit un léger recul de 2,3 % (contre + 4 % en 2025). Le repli a principalement touché les secteurs qui font de Dubaï un pôle économique majeur. Le commerce de gros et de détail, qui représente la plus grande part de l’économie (20,5 %), a reculé de 6 % en termes réels, pour s’établir à 96,9 Md AED. Le secteur du transport et du stockage a chuté de 7,4 % pour atteindre 50,6 Md AED, tandis que l’immobilier a reculé de 2,5 %.
Les EAU accueilleront les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI en 2029. Les Émirats arabes unis ont signé un accord pour accueillir, à Abou Dabi, les assemblées annuelles 2029 du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale. Cet accord a été conclu à l’issue des assemblées annuelles 2026 de ces institutions, qui se sont tenues à Bangkok, en Thaïlande. Il s’agira de la deuxième fois que les Émirats accueillent ces réunions, après Dubaï en 2003.
Energie, Infrastructure & Industrie
ADNOC veut renforcer les stocks d’or noir à Fujaïrah. ADNOC prévoit de relancer la deuxième phase d'Al-Mandous, son projet de stockage souterrain de pétrole brut à Fujairah, et s'apprête à lancer l'appel d'offres principal pour les travaux d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC). Le projet consiste à creuser des cavités dans la roche pour y stocker différents types de brut, afin d’ajouter 25 millions de barils de capacité supplémentaire, qui s'ajouteraient aux 42 millions actuels. Les études d'ingénierie et de conception pour ce projet ont été réalisées conjointement par ADNOC Onshore et Geostock, cabinet de conseil français spécialisé dans les installations souterraines.
EWEC appuie sur l’accélérateur dans le solaire. L'entreprise publique Emirates Water & Electricity Company (EWEC) s'apprête à lancer, d'ici la fin de l'année, une procédure d'appel à manifestation d'intérêt pour deux projets solaires photovoltaïques (PV) à Abou Dabi. Ces deux projets, PV6 et PV7, devraient chacun disposer d'une capacité de production de 1,5 GW et d’une capacité de stockage par batterie. Le gouvernement a déjà alloué des terrains pour ces projets, et d'autres sites sont à l'étude pour de futures installations, désignées sous les noms de PV8, PV9 et PV10.
La fonderie d’aluminium d'Abu Dhabi retrouve la moitié de ses capacités. Près de la moitié des cuves d’électrolyse de l’usine d’aluminium d’Emirates Global Aluminium (EGA) à Al Taweelah sont désormais opérationnelles, sept mois après que des frappes iraniennes ont paralysé la production en mars. EGA a remis en service 613 de ses quelque 1 300 cuves, soit près du double des 315 qui étaient en activité fin août. Un retour à pleine capacité de production n’est pas attendu avant le premier trimestre 2027. La raffinerie d’alumine du site, qui transforme la bauxite en alumine nécessaire au fonctionnement de l’usine, tourne quant à elle à environ la moitié de sa capacité.
Le promoteur Arada se lance à la conquête de Riyadh. Le promoteur immobilier Arada, basé à Sharjah, va entrer sur le marché saoudien avec un projet résidentiel de 3,8 Md USD à Riyad. Le projet inaugural du promoteur s’étendra sur 2,5 millions de mètres carrés dans le quartier d’Al Rimal à Riyadh et comprendra 3 500 villas et maisons, ainsi que des infrastructures commerciales, éducatives et de loisirs. Le début des travaux est prévu pour la mi-2027, avec un achèvement visé d’ici cinq ans. Le groupe prévoit de construire 100 000 logements dans le Royaume au cours des trois à cinq prochaines années, avec d’autres projets en préparation à Djeddah et à La Mecque.
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
Le report du FII à 2027 matérialise l'impact du risque sécuritaire régional sur l'attractivité de l’Arabie saoudite. Prévue du 26 au 29 octobre à Riyad, la dixième édition du Future Investment Initiative (FII) a finalement été reportée à 2027. Le report de ce rendez-vous majeur de l’agenda financier saoudien, parfois surnommé le « Davos du désert », constitue l’une des manifestations les plus visibles de l’impact économique du risque géopolitique et sécuritaire sur l’attractivité du Royaume. La FII a indiqué vouloir garantir que l’événement conserve « l’ampleur, la qualité exceptionnelle et l’impact » attendus par sa communauté internationale.
Sur les neuf premiers mois de l’année, le Royaume est le premier émetteur émergent de dette ESG en dollars hors Chine. Selon Fitch, l’Arabie saoudite représente 20,9 % des émissions de dette ESG en dollars des économies émergentes hors Chine sur les neuf premiers mois de 2026, devant les Émirats arabes unis (17,8 %), le Brésil (15,9 %) et l’Inde (12,5 %), pour un total d’environ 15 Md USD. Par rapport aux neuf premiers mois de 2025, les émissions ESG saoudiennes ont néanmoins chuté de 66 % en glissement annuel (g.a.), dans un contexte de moindre activité sur les marchés de dette pendant le conflit régional, alors que celles des Émirats arabes unis progressaient de 12 % sur la même période. À l’échelle du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’encours de dette ESG dépasse 72,9 Md USD à fin septembre, en hausse de 18 % en g.a.
Le conflit régional se lit désormais dans les flux boursiers saoudiens. Les investisseurs étrangers ont vendu pour 1,5 Md USD net d’actions saoudiennes au T3 2026, après des achats nets d’un montant comparable (1,6 Md USD) au T2. À l’inverse, les investisseurs saoudiens ont enregistré environ 1,5 Md USD d’achats nets, portés par les institutionnels (+1,6 Md USD), tandis que les particuliers sont restés vendeurs nets (-70 M USD). À noter que les investisseurs étrangers restent, sur les neuf premiers mois de l’année, acheteurs nets de 1,8 Md USD.
Energie, Infrastructure & Industrie
Expo 2030 Riyadh Company (ERC) lance l’appel d’offres pour le pavillon Adaptation et Innovation. ERC a lancé, le 1er octobre, l’appel d’offres pour la conception et la construction du pavillon Adaptation et Innovation, situé dans le quartier technologique de l’exposition. Le bâtiment sera implanté sur un terrain d’au moins 12 710 m² et comprendra des espaces d’exposition, des installations immersives et interactives, un amphithéâtre, une salle de résonance, des commerces et des espaces de restauration. Il devra pouvoir accueillir au moins 20 000 visiteurs par jour en période de pointe, pour une fréquentation moyenne attendue d’environ 15 000 personnes par jour. La date limite de remise des offres est fixée au 6 janvier 2027.
Mawani lance un appel à manifestation d’intérêt pour une zone logistique de 2,4 millions de m² à Djeddah. L’Autorité portuaire saoudienne (Mawani) a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour développer et exploiter la zone logistique intégrée d’Al-Khumra, à proximité du port islamique de Djeddah. Le projet prévoit 1,26 million de m² d’espaces d’entreposage, ainsi que des aires à conteneurs d’une capacité de traitement de 500 000 unités par an. La zone sera reliée à sept grands ports de la côte occidentale, dont ceux de Djeddah et du roi Abdallah, par un corridor logistique dédié permettant de rejoindre le port islamique de Djeddah en une vingtaine de minutes. La date limite de dépôt des manifestations d’intérêt est fixée au 20 novembre 2026.
Un consortium sino-saoudien remporte un contrat de 306 M USD pour les façades du stade de Qiddiya. Le groupe chinois Fangda et le saoudien IKK Group ont constitué une coentreprise chargée de concevoir, fournir et installer les façades extérieures du stade Prince Mohammed ben Salmane, à Qiddiya, ainsi que celles de son musée et de bâtiments annexes. Le contrat, d’un montant de 306 M USD, a été attribué à la coentreprise Uptown Stadium Construction, détenue à 51 % par Fangda, et à 49 % par IKK Group.
Qatar
Le Président de la République, M. Emmanuel Macron, s’est rendu au Qatar dans le cadre d’une visite d’État les 20 et 21 octobre. Accompagné par plusieurs ministres du gouvernement, dont le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, M. Nicolas Forissier, cette visite s’inscrivait dans le cadre d’une tournée régionale visant à sécuriser des approvisionnements énergétiques supplémentaires en provenance des pays du Golfe. Elle a également permis de renforcer le partenariat économique entre la France et le Qatar. À l’issue de la visite, le Président a annoncé avoir sécurisé auprès du Qatar l’équivalent de 2 TWh de GNL par mois pendant l’hiver, soit environ 7 % de la consommation mensuelle moyenne de gaz de la France.
Le Qatar, l’Indonésie, le Pakistan et la Turquie ont signé, mercredi 21 octobre à Doha, un accord pour renforcer leur coopération en matière d’industrie de défense. Baptisé « Badr », ce protocole d’accord vise notamment à favoriser les synergies dans le domaine de la production industrielle et de la recherche, en s’appuyant sur les avantages comparatifs de chaque pays : l’expertise technologique et la maturité de la BITD turque, les capacités industrielles du Pakistan et de l’Indonésie et les capacités d’investissement et la demande du Qatar.
Un premier méthanier en provenance du Qatar serait en direction de l’Europe. Le méthanier, aperçu lundi 19 octobre en train de naviguer vers le nord de la mer Rouge, indiquait la Pologne comme sa destination finale. (Bloomberg)
En marge de la visite présidentielle s’est tenu le salon Milipol Qatar, un salon qui rassemble les entreprises des secteurs de la sûreté et de la sécurité intérieure. Un pavillon France initié par Business France a rassemblé 24 entreprises, faisant de la France le pays le plus représenté de l’évènement. L’ambassadeur de France, M. Arnaud Pescheux a assisté à l’inauguration du salon et est allé à la rencontre des entreprises françaises.
Oman
La visite d’État du Sultan Haitham au Royaume-Uni renforce le partenariat économique entre les deux pays, avec un projet de centre de données d’IA de plus de 1,3 Md USD à Salalah. A l’occasion de la première visite d’Etat d’un sultan d’Oman au Royaume-Uni depuis 1982, Mascate et Londres ont annoncé, le 21 octobre, un renforcement de leur partenariat économique. Un protocole d’accord entre l’Oman Investment Authority (OIA) et l’Office for Investment britannique étend aux énergies renouvelables, aux minerais critiques, au spatial, à la santé et aux services financiers le cadre de coopération stratégique (partenariat d’investissement souverain), par lequel Oman a investi 2,3 Mds USD au Royaume-Uni. Un second protocole d’accord, conclu entre le ministère des Transports, des Communications et des Technologies de l’information et le développeur britannique Yamna, porte sur un centre de données d’intelligence artificielle à Salalah. Sa première phase représente un investissement de plus de 1,3 Md USD. D’autre part, UK Export Finance a annoncé porter à 9,4 Mds USD sa capacité de financement des exportations britanniques vers Oman.
Oman ne prolongera pas au-delà de 2028 les concessions accordées à Salalah Port Services pour l’exploitation des terminaux du port de Salalah. Le ministère des Transports, des Communications et des Technologies de l’information a notifié à Salalah Port Services (SPS) que les concessions des terminaux à conteneurs et de marchandises générales ne seraient pas prolongées au-delà du 1er novembre 2028. Le ministère qualifie sa décision de « définitive et inconditionnelle ». SPS, détenue à 30 % par APM Terminals, filiale portuaire de Maersk, et à 20 % par Asyad Group, continuera d’exploiter les terminaux jusqu’à l’échéance. Le ministère désignera ultérieurement le nouvel opérateur, sans préciser si une procédure d’appel d’offres sera organisée. APM Terminals affirme rester partie prenante de la future structure, un accord étant en cours de finalisation. Hub régional de transbordement, Salalah a traité 4,3 millions d’EVP en 2025 (+31 %), après une extension de 300 M USD ayant porté sa capacité à 6,5 millions d’EVP.
Veolia remporte un contrat de cinq ans pour l’exploitation de l’usine de dessalement d’Al Asilah, sa quatrième à Oman. Veolia a remporté, via sa coentreprise Bahwan Veolia Water, un contrat de cinq ans pour l’exploitation et la maintenance de l’usine de dessalement d’Al Asilah, dans le gouvernorat de Sharqiyah Sud. Attribué par Al Asilah Operation and Maintenance LLC, le contrat couvre l’usine, d’une capacité de 80 000 m³ par jour, ainsi que sa ferme solaire photovoltaïque. La société propriétaire, Al Asilah Desalination Company, est détenue principalement par le japonais JGC Holdings et l’omanais Bahwan Group. Voisine de l’usine de Sur, déjà exploitée par Veolia, l’installation d’Al Asilah mutualisera avec elle ses ressources techniques. Les deux sites desservent environ 600 000 habitants. Il s’agit de la quatrième usine de dessalement exploitée par le groupe français à Oman, après Sur II, Barka IV et Salalah III.
L’alimentation contribue à près de la moitié de l’inflation omanaise, sous l’effet de la flambée du fret, selon un économiste de l’université Sultan Qaboos. Selon le Centre national de statistique et d’information (NCSI), l’inflation a atteint 3,2 % sur un an en septembre. Les prix de l’alimentation ont progressé de 8 %, tirés par les légumes (+20,1 %) et les fruits (+16,3 %). Bien qu’elle ne représente que 20,6 % du panier de consommation, l’alimentation contribuerait à environ la moitié de la hausse des prix, selon Osman Gulseven, titulaire de la chaire OMC de l’université Sultan Qaboos. L’économiste attribue cette évolution notamment au renchérissement du fret, de l’assurance et de la chaîne du froid. Un importateur omanais de produits frais indique ainsi que le coût d’un conteneur en provenance d’Inde est passé de 1 800 à 8 400 USD. Certaines cargaisons en provenance d’Afrique mettraient par ailleurs plus de 40 jours, contre 28 auparavant.
Koweït
Après « un émir à Paris », « un président au Koweït ». Première étape de sa tournée régionale, le président de la République française s’est rendu au Koweït le 19 octobre, pour la première visite présidentielle française dans le pays depuis 2009. Les deux pays ont signé huit accords, déclarations d’intention et protocoles d’accord, notamment dans les domaines de l’investissement, de l’aéronautique, des technologies et de la santé. Sur le plan économique, l’Autorité koweïtienne de promotion des investissements directs (KDIPA) et Business France ont conclu une déclaration d’intention visant à identifier de nouvelles opportunités d’investissement et à renforcer leur coopération. Airbus a convenu d’un cadre de coopération stratégique avec la Kuwait Investment Authority (KIA) dans le secteur aéronautique, ainsi qu’avec la Fondation koweïtienne pour l’avancement des sciences (KFAS) dans le domaine spatial. L’institut Gustave Roussy a conclu un accord avec la KIA et le ministère koweïtien de la Santé portant sur les soins et la recherche contre le cancer. Enfin, un protocole d’accord a été signé entre le ministère koweïtien des Communications et l’entreprise française Pertimm, spécialisée dans l’intelligence artificielle.
Le Koweït cherchait 3,25 Mds USD, les investisseurs lui en proposent 9,1. Le 19 octobre 2026, le Koweït a levé 3,25 Mds USD sur les marchés internationaux à travers une émission obligataire en deux tranches : 2,25 Mds USD à trois ans et 1 Md USD à dix ans. Les demandes de souscription ont atteint 9,1 Mds USD, soit 2,8 fois le montant émis, témoignant de l’intérêt des investisseurs malgré le contexte de tensions régionales. Les investisseurs européens ont représenté 36 % des allocations, devant les Amériques (23 %) et la région MENA (19 %). Les émissions de dette publique, sur les marchés domestique et international, atteignent environ 5,6 Mds KD depuis le début de l’exercice 2026/2027, contre 5,85 Mds KD pour toute l’année 2025. La dette publique est estimée à près de 26 % du PIB pour l’exercice actuel.
Le compte est bon à la National Bank of Kuwait (NBK). La NBK a enregistré un bénéfice net de 481,7 M KD sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 3,1 % sur un an. Les revenus opérationnels nets ont progressé de 3,8 %, à 1 Md KD, portés par les activités bancaires et la diversification des sources de revenus, notamment à l’international, dans la finance islamique et la gestion de patrimoine. Le total des actifs a augmenté de 4,5 %, à 46,9 Mds KD, tandis que les crédits ont progressé de 8,2 %, à 28,2 Mds KD, et les dépôts de 13,5 %, à 27,9 Mds KD. La banque poursuit également sa transformation numérique, avec le lancement du premier prêt entièrement dématérialisé du pays.
KNPC et NCPI veulent produire l’anhydride maléique localement. La Kuwait National Petroleum Company (KNPC) et National Chemical and Petroleum Industries (NCPI) ont signé un protocole d’accord visant à relocaliser la production d’anhydride maléique (MAN) au Koweït. Ce composé chimique est notamment utilisé dans la fabrication de polymères, de résines et de matériaux destinés à la construction et aux infrastructures de transport. Le projet doit valoriser les ressources en hydrocarbures du pays, développer les activités industrielles en aval et réduire la dépendance aux importations, tout en ouvrant des débouchés à l’exportation. L’accord prévoit le recours à des technologies avancées, notamment pour le procédé d’oxydation du butane, ainsi que le développement des compétences et des emplois techniques koweïtiens. Aucun montant d’investissement, volume de production ni calendrier de réalisation n’a toutefois été précisé.
Bahreïn
La visite du Président de la République Emmanuel Macron à Bahreïn débouche sur un engagement énergétique et un premier cadre de coopération dans le nucléaire civil. Bahreïn s’est engagé à fournir à la France, par l’intermédiaire de TotalEnergies, 100 000 tonnes de gazole supplémentaires par mois afin de contribuer à la sécurisation de ses approvisionnements. La durée de cet engagement et ses modalités contractuelles n’ont cependant pas été précisées. Les ministres français et bahreïnien des Affaires étrangères ont par ailleurs signé un mémorandum sur les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, principalement consacré à la formation et au développement des compétences nécessaires à un éventuel programme nucléaire civil bahreïnien.
Le programme national d’assurance santé obligatoire des résidents entrera en vigueur le 31 octobre 2026. Les résidents concernés bénéficieront d’une couverture comprenant les soins primaires et secondaires, les urgences et les accidents, complétée par des offres facultatives. La couverture sera liée aux procédures de délivrance et de renouvellement des permis de travail et de résidence. Le dispositif ne s’appliquera pas, à ce stade, aux employés de maison, aux résidents travaillant pour des organismes publics ni aux personnes à leur charge. Les hôpitaux publics adopteront simultanément une nouvelle grille tarifaire encadrant la facturation et les demandes de remboursement.
Le nouveau cadre juridique ferroviaire ouvre le secteur aux investisseurs privés et aux opérateurs du CCEAG. Le décret-loi n° 42 de 2026, actuellement examiné par le Conseil de la Choura, encadre la construction, la gestion, l’exploitation et la maintenance des infrastructures ferroviaires. Il permet notamment d’autoriser des opérateurs déjà agréés dans d’autres États du CCEAG et impose à l’administration de statuer sur les demandes de licence complètes dans un délai de 60 jours. Le texte doit préparer l’intégration de Bahreïn au réseau ferroviaire du Golfe, dont l’achèvement régional reste visé pour fin 2030, ainsi que les futures liaisons avec l’Arabie saoudite et le Qatar.
Le groupe émirien M42 prévoit d’implanter à Bahrain Bay sa deuxième structure de soins dans le Royaume. M42 et le Fonds de réserve des générations futures ont signé un accord attribuant au projet « Mubadala Health Bahrain » un bâtiment situé à Bahrain Bay. Développé avec le partenaire bahreïnien HealthVision, l’établissement doit proposer vingt spécialités, dont six disciplines chirurgicales avec hospitalisation dès son ouverture, et employer environ 200 personnes.
Yémen
Les autorités monétaires d’Aden poursuivent la reconstruction de leur dispositif prudentiel par la coopération technique régionale. Les organismes de garantie des dépôts du Yémen et de Jordanie ont signé le 18 octobre un protocole d’accord destiné à renforcer la protection des déposants et la stabilité du secteur bancaire yéménite. L'accord prévoit notamment des échanges d'expertise, de législation et de pratiques institutionnelles ainsi que des programmes de formation. Cette initiative intervient dans un contexte de fragmentation du système financier yéménite et vise à renforcer la confiance envers les établissements bancaires formels.
Aden durcit la pression financière sur les institutions monétaires et bancaires de Sanaa. La Banque centrale du Yémen à Aden a ordonné aux banques et sociétés de change de geler les comptes et actifs de 135 nouvelles personnes, entités et navires inscrits sur les listes nationales de terrorisme et de sanctions pour leurs liens présumés avec les Houthis. Les établissements financiers doivent également interrompre toute relation commerciale avec les acteurs concernés et transmettre aux autorités les informations relatives à leurs comptes et transferts. La mesure vise notamment des responsables et acteurs des secteurs financier, bancaire, pétrolier, des télécommunications et du transport maritime opérant dans les zones contrôlées par les Houthis.