Actualités économiques et sectorielles d'Asie du Sud du 19 octobre au 25 octobre
Inde
Actualité macroéconomique
Le fonds public RDI vise à stimuler les investissements privés dans la recherche et développement
Le programme de recherche, développement et innovation (Research, Development and Innovation, RDI), doté de 10,6 Md USD sur six ans et financé par le gouvernement indien, vise à catalyser environ 100 Mds USD d’investissements privés sur dix ans et favoriser la création de nouveaux emplois, a déclaré Abhay Karandikar membre de NITI Ayog. Selon lui, ce programme devrait également permettre de faire émerger au moins dix entreprises indiennes capables de rivaliser à l’échelle mondiale en matière d’intelligence artificielle, de biotechnologies, d’économie numérique, de sécurité énergétique, d’informatique quantique, de technologies spatiales et de matériaux avancés.
En ligne avec les objectifs du fonds, le Président du NITI Ayog a mentionné que l’Inde devait désormais ambitionner de devenir un créateur de technologies plutôt qu’un pays se contentant de les consommer, citant les exemples de la Chine, de la Corée du Sud, de Taïwan et du Japon, et ce, tout en reconnaissant les efforts déployés pour promouvoir l’innovation et l’entrepreneuriat à ce stade. En effet, il convient de noter la progression de l’Inde au sein du classement dans l’Indice mondial de l’innovation (Global Innovation Index, GII), passant de la 81ème place en 2015 à la 38ème place en 2026, sur 139 économies évaluées.
Pour rappel, les dépenses intérieures brutes de R&D représentent environ 0,8 % du PIB indien, un niveau inférieur à celui de nombreuses économies avancées. Selon un communiqué du gouvernement, le secteur privé contribue à environ 35/36 % des dépenses totales de R&D, contre environ 60 % pour le secteur public. En effet, les projets de technologies avancées nécessitent des capitaux importants, des délais longs et présentent un risque technologique souvent élevé. Ainsi, le dispositif prévoit des financements sous forme de prêts de longue durée sans intérêt et de prises de participation au capital couvrant jusqu’à 50 % du coût des projets, à condition que le secteur privé apporte une contribution équivalente.
L'ambition est ainsi de soutenir des projets au-delà de la recherche fondamentale, jusqu'au développement et à la commercialisation de technologies stratégiques. Aujourd’hui, le dispositif est entré dans sa phase opérationnelle avec une gestion assurée par la Fondation nationale Anusandhan pour la recherche (ANRF), sous la tutelle du ministère indien des Sciences et Technologies. Une enveloppe de 200 Mds INR, soit l’équivalent de 2,1 Mds USD, a notamment été allouée à l’exercice budgétaire 2025-26 afin de soutenir l’innovation dans les technologies de pointe / deep tech.
The Economic Times – The Economic Times
La Banque centrale injecte 1 000 Mds INR face au resserrement de la liquidité en amont de la saison des fêtes
Pendant plusieurs semaines, la Banque centrale indienne, la Reserve Bank of India (RBI), s’est attachée à absorber l’excédent de liquidités du système bancaire, à la suite des importantes entrées de devises liées aux dispositifs destinés à attirer les dépôts de la diaspora indienne. Néanmoins, à l’approche de la saison des fêtes de Diwali, la RBI a relancé ses opérations d’injection de liquidités pour la première fois depuis trois mois, et ce, après que les taux interbancaires au jour le jour aient dépassé le taux directeur de 17 points de base, à 5,67% contre 5,5%.
Ainsi, la RBI a annoncé une opération de prise en pension à taux variable (VRR) d’un montant de 1 000 Mds INR et une nouvelle opération de prise en pension à taux variable de 500 Mds INR ce mercredi. Selon les opérateurs de marché, cette injection de liquidités aidera également les banques à gérer leurs besoins de financement, notamment face aux sorties de trésorerie liées aux paiements mensuels d’impôts et au durcissement des exigences quotidiennes de réserves obligatoires, entré en vigueur le 16 octobre.
Actualité sectorielle
L’Inde s’apprête à imposer 1 % de SAF sur les vols internationaux dès janvier 2027 mais sa politique nationale accuse du retard
L’Inde devrait rendre obligatoire un taux de 1 % de carburant d’aviation durable (SAF) dans le carburant des vols internationaux dès 2027, puis 2 % en 2028 et 5 % en 2030. L’annonce officielle est attendue prochainement. Cette obligation découle de la troisième phase du CORSIA (Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation), le dispositif de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) qui débute en janvier 2027 et impose de limiter les émissions internationales à 85 % du niveau de 2019, par le SAF ou des crédits carbone.
À deux mois de l’échéance, l’Inde n’a toujours pas arrêté sa politique nationale sur le SAF ni son dispositif pour les crédits carbone. Les compagnies aériennes indiennes devront compenser environ 5 millions de tonnes de CO2 par an, pour un coût de 50 à 75 millions de dollars, dont une grande partie supportée par Air India. Côté production, la raffinerie de Panipat d’Indian Oil annonce 30 000 tonnes de SAF pour 2027, un carburant deux à cinq fois plus cher que le kérosène…
Des chercheurs indiens inventent une nouvelle technique d’extraction du lithium présent dans l’eau.
Comme de nombreux autres minerais, le lithium est naturellement présent dans l’océan, du fait de l’érosion des roches terrestres et de l’activité hydrothermale des fonds océaniques. Le procédé du Bhabha Atomic Research Center (BARC) est innovant car il permet de récupérer une plus grande partie du lithium qu’avant (jusqu’à 90 % d’après les derniers tests), tout en réduisant le coût et l’empreinte environnementale du procédé chimique, grâce à une utilisation réduite des solvants.
En juillet 2026, un laboratoire étatsunien, le Pacific Northwest National Laboratory (PNNL), a estimé que le filtrage de 0,1 % de l’eau des océans suffirait à couvrir les besoins de l’humanité en lithium et en magnésium pour les 50000 prochaines années.
La transformation de cette invention technologique en processus industriel accroîtrait la souveraineté du pays, qui importe aujourd’hui l’intégralité de son lithium depuis l’étranger. Cependant, celle-ci ne semble pas envisageable à court et moyen terme, sa rentabilité économique étant encore insuffisante. En effet, la très faible concentration du lithium dans l’eau des océans (17 mg par litre) implique de devoir filtrer des volumes d’eau conséquents. D’autres minerais, plus simples à extraire, pourraient montrer la voie, comme le magnésium (environ 1 g par litre), extrait de l’océan en quantités industrielles par les États-Unis au XXe siècle.
Pakistan
Actualité macroéconomique
6 % de la population mondiale exposée au risque de crise alimentaire est pakistanaise.
D’après un rapport d’Action contre la Faim, le Pakistan fait partie des 10 pays les plus exposés (en nombre absolus d’habitants) au risque de crise alimentaire, avec 10,6 M de personnes menacées sur un total de 177 M. Sur le continent, le Bangladesh, l’Afghanistan et Myanmar font également partie du groupe de pays les plus exposés.
Actualité sectorielle
Le Pakistan sera représenté au SIAL 2026.
Une quarantaine d’entreprises pakistanaises seront représentées au SIAL qui a ouvert ses portes samedi 17 octobre dernier. Plus de la moitié d’entre eux sont des exportateurs de riz mais le sel de l’Himalaya, les plats cuisinés ou les boissons sont représentés.
Le nippo-coréen Lotte peut prendre le contrôle des activités PVC d’Engro
La filiale chimique du chaebol Lotte s’est vue autorisée à prendre une participation majoritaire dans les activités Polymères du groupe pakistanais Engro (56, 19% pour 19,7 Mds PRK, soit environ 63,5 M EUR).
Bangladesh
Actualité macroéconomique
Le FMI appelle à maintenir une politique monétaire restrictive et à élargir les réformes
Lors d’un point de presse tenu le 15 octobre à Bangkok, en marge des Assemblées annuelles FMI-Banque mondiale, la directrice adjointe du département Asie-Pacifique du FMI a estimé que le Bangladesh devait conserver des conditions monétaires restrictives, tout en engageant des réformes plus larges. Le FMI prévoit une inflation de 10,9 % en 2026-27, soit son plus haut niveau en près de vingt ans (contre 8,7 % en moyenne annuelle en juin 2026). La Bangladesh Bank a maintenu son taux directeur à 9,5 % le 30 septembre, après l’avoir abaissé de 0,5 point le 2 août. Le Fonds juge le secteur financier « très faible » et point la faiblesse des recettes des recettes fiscales (environ 7 % du PIB). Dhaka s’est retiré en mai du programme précédent avant son terme, et a demandé un nouveau programme. Le ministre des Finances, Amir Khosru Mahmud Chowdhury, indique que les discussions se poursuivent, sans en préciser le montant ni les conditions.
Actualité sectorielle
Inditex alerte Dhaka sur la hausse des coûts d’approvisionnement et le risque de report de commandes
Inditex a averti le gouvernement bangladais que des changements récents de politique commerciale renchérissent et ralentissent ses approvisionnements, au point de pouvoir faire basculer des commandes vers le Vietnam, l’Inde, le Pakistan ou le Cambodge. Le message a été porté le 18 octobre au ministre du Commerce, Abdul Muktadir. Le groupe achète environ 2,5 Md USD par an au Bangladesh, ce qui le place parmi les cinq premiers acheteurs étrangers de l’UE.
Les inquiétudes du groupe portent en particulier sur le retrait, en septembre, du régime qui permettait aux confectionneurs d’importer certains fils de coton sans droits de douane, à condition de les réexporter sous forme de vêtements. Selon la BKMEA (Bangladesh Knitwear Manufacturers and Exporters Association), le prix local du fil est passé de 3,15 à 3,70 USD/kg. S’y ajoutent deux mesures antérieures d’avril 2025 : le blocage du fil indien aux frontières terrestres, décidé à la demande des filateurs locaux, et la fin de la possibilité d’exporter via les ports et aéroports indiens vers des pays tiers. Ces alertes s’inscrivent dans un mouvement plus large : plusieurs grandes enseignes européennes réorienteraient progressivement une partie de leurs commandes, surtout vers l’Inde, un enjeu majeur pour le pays, dont les exportations de produits textiles et d’habillement représentent plus de 80 % des exportations totales.
Sri Lanka
Actualité macroéconomique
Les demandes de projets d’investissement auprès du BOI reculent de 31% en 2025
Le Board of Investment (BOI) a reçu 81 demandes de projets d’investissement en 2025, contre 117 en 2024, selon des données obtenues par la presse locale dans le cadre d’une demande d’accès à l’information. Cette baisse de 31% interrompt trois années consécutives de hausse. Elle porte sur le nombre de projets soumis, et non sur les montants investis ou les flux d’IDE. Sur les 950 demandes enregistrées entre 2016 et 2025, 380 projets seulement étaient approuvés et actifs, 530 avaient été rejetés ou étaient devenus inactifs — notamment après retrait, annulation, suspension ou fermeture — et 40 restaient en attente d’approbation début mai 2026. Ces données révèlent également un décalage entre approbation et réalisation : plus de 140 projets approuvés n’avaient pas encore dépassé ce stade.
Première banque de compensation en yuans
La succursale de Bank of China à Colombo vient d’inaugurer son activité de banque de compensation en renminbi (RMB), après sa désignation par la banque centrale chinoise. Ce dispositif doit faciliter les règlements commerciaux et les transferts interbancaires en yuans, en réduisant le recours au dollar comme monnaie intermédiaire ainsi que les coûts de conversion. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie chinoise d’internationalisation du yuan.
Newswire
Actualité sectorielle
Abandon du projet de plateforme logistique de China Merchants Port Holdings
China Merchants Port Holdings, la Sri Lanka Ports Authority (SLPA) et Access Engineering (entreprise sri-lankaise de génie civil et de construction cotée en bourse) ont convenu d’abandonner le projet South Asia Commercial and Logistics Hub, représentant un investissement prévu de 392 MUSD dans le port de Colombo. Le groupe chinois détenait 70% de la société, à comparer à 15% pour chacun des partenaires sri-lankais. La décision a été motivée de façon très générale par une « évolution des conditions de réalisation du projet, des ajustements de calendrier et les considérations commerciales propres aux partenaires ».
6ix
Une panne générale et de nouveaux délestages soulignent la fragilité du réseau électrique
Le Sri Lanka a subi, samedi 17 octobre, une panne électrique généralisée, consécutive à une instabilité du système national. L’arrêt de sécurité de la centrale à charbon de Norochcholai, a prolongé les difficultés d’approvisionnement après le rétablissement progressif du courant. Des délestages tournants ont été introduits le 19 octobre, dans le cadre d’un programme autorisant une heure de coupure quotidienne par zone jusqu’au 21 octobre. Après la panne générale de février 2025, cet épisode remet en lumière la fragilité du réseau de transport et de ses dispositifs de protection et de pilotage.
Newswire
Nepal
Actualité sectorielle
Le Népal met ses sites bancaires hors ligne face aux failles de PHP
La Nepal Rastra Bank a appelé vendredi les banques, opérateurs de paiement et sociétés de transfert d’argent à renforcer leur sécurité après la découverte de vulnérabilités graves dans PHP, langage très répandu pour faire fonctionner les sites web. Plusieurs banques, le Fonds de prévoyance des employés, le Fonds de sécurité sociale et d’autres agences publiques ont mis leurs sites hors ligne par précaution. Selon la banque centrale, les failles ont été identifiées par des chercheurs qui utilisaient des modèles d’IA pour analyser le code, et elles pourraient permettre un accès non autorisé aux serveurs. La NSA américaine avait recommandé le 21 octobre de corriger ou de déconnecter les services vulnérables. Aucune perte de données ou de fonds n’a été signalée, et les paiements QR et la banque mobile fonctionnent normalement. Seuls les sites et certains services de banque en ligne sont perturbés, et plusieurs établissements les ont déjà rétablis. Le porte-parole de la banque centrale a insisté sur le fait que la déconnexion est une mesure préventive et ne prouve aucun piratage. Il a ajouté que le risque dépasse le Népal et ne se limite pas aux anciennes versions de PHP.