Les dépenses de consommation des ménages en biens, qui représentent près de 43 % de leur consommation totale[1], se sont repliées en août (−0,5 %, après +0,4 % en juillet), après avoir fortement augmenté depuis avril. Malgré ce repli, l’acquis de croissance à fin août atteint +0,7 %, après +0,3 % au 2e trimestre (cf. Graphique 1). En outre, le repli en août masque des évolutions contrastées entre les dépenses alimentaires et énergétiques, qui diminuent, et les achats de biens fabriqués, qui continuent de progresser. Cette résistance est d'autant plus notable que les biens fabriqués comprennent une part importante de dépenses facilement arbitrables par les ménages, selon l’Insee (2019)[2], et qu’elle intervient dans un contexte de renforcement des hausses de prix perçues par les ménages.

Le repli d’août provient principalement des dépenses alimentaires et énergétiques, qui représentent 58 % de la consommation en biens. La consommation alimentaire (38 % des biens) a diminué en août, mais conserve un acquis positif au 3e trimestre (+0,4 %, cf. Tableau). Les dépenses énergétiques (21 % des biens) ont reculé plus nettement, mais conservent également un acquis positif au 3e trimestre (+1,2 %). D’une part, les achats de produits raffinés ont diminué fortement en août et affichent un acquis négatif au 3e trimestre (−1,6 %), dans un contexte de hausse des prix des carburants. D’autre part, les dépenses en énergie du logement (électricité, gaz, eau…), malgré un léger recul en août, présentent un acquis nettement positif au 3e trimestre (+3,0 %, après −0,4 %), soutenues notamment par les besoins de rafraichissement liés aux fortes chaleurs estivales. Les dépenses alimentaires et énergétiques peuvent fluctuer sensiblement sous l’effet de facteurs spécifiques, notamment les prix des carburants et les conditions météorologiques, sans nécessairement signaler un affaiblissement général de la demande.

À l’inverse, les achats de biens fabriqués (42 % de la consommation de biens) poursuivent leur progression en août (+0,3 %, après +0,4 %) et affichent un acquis de croissance de +0,7 % au 3e trimestre. Cette bonne tenue est un signal plutôt favorable sur la demande sous-jacente. Selon la même étude de l’Insee (2019), les achats automobiles, d’habillement et d’équipement du logement font partie des dépenses dites « compressibles », particulièrement sensibles aux variations de revenu et qui expliquent historiquement une part importante des fluctuations de la consommation des ménages. La bonne orientation des biens fabriqués repose principalement sur les achats d’automobiles, avec un acquis fortement positif au 3e trimestre (+1,9 %, après +2,3 %). Les dépenses d’habillement-textile et d’autres biens fabriqués continuent également de progresser en août, mais leurs acquis trimestriels sont plus modestes (−0,0 %, après +1,4 %). Les dépenses d’équipement du logement font toutefois exception, puisqu’elles reculent de nouveau en août, notamment sous l’effet du repli des achats d’appareils ménagers après leur forte progression à la fin du printemps et au début de l’été, portée en particulier par les achats de ventilateurs et de climatiseurs liés aux vagues de chaleur. Les achats de produits électroniques avaient également été soutenus en juin par les ventes de téléviseurs à l’occasion de la Coupe du monde de football. Au total, les dépenses d’équipement du logement affichent un acquis négatif au 3e trimestre (−0,8 %, après +1,6 %).

Graphique 1 : Contributions à la croissance de la consommation des ménages en biens

Contribution à la croissance de la consommation des ménages en biens

Les premiers indicateurs disponibles pour septembre confortent la bonne orientation des achats automobiles, malgré la remontée des anticipations d’inflation. Les immatriculations de voitures particulières neuves auprès des ménages ont fortement augmenté (+8,5 %, après +1,1 %)[3], laissant présager une bonne fin de trimestre pour les achats d’automobiles. La confiance des ménages demeure relativement faible (à 86 en septembre, pour le troisième mois consécutif, contre 93 en moyenne sur la période 2005-2025), dans un contexte de renforcement des perceptions de hausse des prix passés et à venir, qui se situent à des niveaux nettement supérieurs à leurs moyennes de longue période.

Contributions à la croissance de la consommation des ménages en biens


[1] En valeur en 2025.

[2] Beatriz M., Laboureau T. et Billot S. (2019), « Quel lien entre pouvoir d’achat et consommation des ménages en France aujourd’hui ? », Note de conjoncture de l’Insee, juin 2019.

[3] Correction CVS-CJO de la DG Trésor sur la base des données brutes du service des données et études statistiques (SDES) du ministère chargé de la transition écologique.