Nigeria et le Ghana gagnent des places dans le classement Bloomberg ; Banque mondiale revu à la hausse du PIB : 4,3% en 2026 ; Les PMI de septembre sont en croissance ; Appels d’offres 2026 pour 40 blocs pétroliers et gaziers ; STN obtient une licence d’opérateur télécoms ; Centres de radiodiagnostic et de cancérologie. Le crédit au secteur privé progresse de 35,5% sur un an ; Les activités du GoldBod génèrent 1,9 Md USD ; Redressement fiscal de 393 M USD à l’encontre du pétrolier Tullow Oil.

LE CHIFFRE À RETENIR

117,8

L'indice de performance des affaires (centré sur 100) en hausse pour le troisième mois consécutif au Nigeria

Nigeria & Ghana

Le Nigeria et le Ghana gagnent respectivement 4 et 2 places dans le classement 2026 Investment Risk-O-Meter de Bloomberg

Publié dans le « 2026 Investor Guide to Africa » de Bloomberg, le Risk-O-Meter classe le Nigeria à la 8e place et le Ghana à la 4e place, soit une progression respective de 4 et 2 places par rapport à 2025. Ce baromètre du risque évalue 19 marchés africains selon 5 critères : l’économie, la solidité budgétaire, les institutions et la gouvernance, les infrastructures et la vulnérabilité aux chocs extérieurs. Il donne ainsi un classement des pays les plus attractifs pour les investisseurs.

L’évaluation du Nigeria s’est améliorée pour 3 des 5 piliers : sa puissance économique, sa rigueur budgétaire ainsi que sa résilience aux chocs extérieurs. En revanche, sa notation a baissé concernant la qualité des institutions et de la gouvernance ainsi que celle des infrastructures. L’amélioration de ses fondamentaux macroéconomiques et de sa résistance aux chocs a permis au pays de grimper de la 12e place dans le classement 2025 à la 8e place cette année.

Le Ghana enregistre une amélioration dans les 5 piliers du baromètre de Bloomberg. La notation de son économie, de la qualité des institutions et de la gouvernance ainsi que de celle des infrastructures s’est solidifiée. L’on observe les plus grandes progressions concernant la qualité de sa politique budgétaire et la résilience aux chocs extérieurs. Le Ghana a ainsi gagné la 4ème place du classement, après avoir été 6e en 2025.

Le Ghana se place derrière l’Île Maurice (1er), l’Afrique du Sud (2e) et l’Egypte (3e), suivis par le Botswana (5e), la Côte d’ivoire (6e) et la Maroc (7e), qui devancent le Nigeria.

 

Nigeria 

La Banque mondiale a revu à la hausse ses prévisions de croissance du PIB : 4,3% pour 2026, 4,4% à moyen terme

Dans son dernier rapport semestriel sur le développement au Nigeria, le Nigerian Development Update (NDU), la Banque mondiale a publié ses projections de croissance du PIB, revues à la hausse. Alors que la prévision de croissance pour l’année 2026 avait été abaissée de 4,4% (en janvier 2026) à 4,1% dans le NDU d’avril 2026 en raison du conflit au Moyen-Orient, la Banque mondiale estime désormais que la croissance économique du Nigeria atteindra 4,3% en 2026 et 4,4% en moyenne jusqu’à 2028.

Justifiant cette révision à la hausse, la Banque mondiale note l’amélioration générale de la situation macroéconomique du pays, le conflit n’ayant eu qu’un impact limité. La croissance économique a été résiliente, enregistrant +4,2% au S1-2026, portée principalement par le secteur des services et de l’agriculture. Le rapport encourage cependant le Nigeria à investir davantage dans les infrastructures, le capital humain, l’environnement des affaires ainsi que la sécurité afin de parvenir à une croissance durable, plus forte et plus inclusive.

La hausse des prix mondiaux du pétrole a permis au Nigeria d’améliorer sa balance courante, l’excédent s’élevant à 12 Md USD (7% PIB) au S1-2026, après 8,6 Md USD (6,7%) au S1-2025. La position externe du pays s’est ainsi renforcée mais le rapport met en lumière sa vulnérabilité aux flux de capitaux à court terme. L’accumulation des réserves de change du Nigeria repose sur des investissements de portefeuille à court terme, qui constituent l’essentiel des flux de capitaux entrants. Afin d’assurer la stabilité de la position extérieure du pays, la Banque mondiale appelle aux réformes visant à attirer des investissements étrangers de plus long terme.

La hausse des revenus liés au pétrole a aussi permis au pays d’améliorer ses recettes fiscales. Le déficit budgétaire s’est ainsi contracté au S1-2026, à 4% du PIB, après 5% du PIB sur la même période l’année passée. La Banque mondiale note cependant que la hausse des dépenses envisagée pour la fin de l’année devrait porter le déficit budgétaire à 3,5% du PIB pour 2026 (contre une prévision de 2,9% en avril 2026), en hausse après 3,1% du PIB pour 2025.

Contrecoup de la hausse des prix de l’énergie, la désinflation entamée en 2024 s’est interrompue. Alors que le taux d’inflation est passé de 27,7% en janvier 2025 à 15,2% en décembre, il s’établit autour de 15,5% depuis février 2026. Pour la Banque mondiale, l’inflation devrait retomber à 12% d’ici 2028.

En plus de l’actualisation de l’analyse de la conjoncture macroéconomique, le NDU d’octobre 2026 inclut un dossier sur les enjeux liés à la gestion des recettes à l’échelle des Etats, principaux bénéficiaires de l’augmentation des recettes depuis 2023 et en charge de nombreux services publics.

 

Les indices des directeurs d’achat (PMI) de septembre sont en croissance

La banque Stanbic IBTC a rapporté un indice des directeurs d’achat (PMI) à 56,4 pour le mois de septembre, après 54,3 en août. Cela indique une expansion de l’activité économique, une tendance observée pour le huitième mois consécutif. Cette expansion est la plus importante depuis plus de 4 ans, l’indice PMI de Stanbic n’ayant pas atteint cette valeur depuis février 2022. Un score supérieur à 50 indique une activité économique en expansion par rapport à la période précédente.

Pour Stanbic IBTC, cette croissance de l’activité du secteur privé nigérian en septembre est due, comme en août, à une hausse des nouvelles commandes et à une augmentation concomitante de l’emploi, bien que modeste. La banque indique que cette croissance concerne que tous les secteurs.

Le même indice publié par la Banque centrale du Nigeria (CBN), est aussi en hausse en septembre, à 53,0 après 52,7 en août. L’indice PMI signale une expansion, pour le quatrième mois consécutif. Cette expansion de l’activité économique s’observe pour les 3 grands secteurs : le secteur des services (53,2), agricole (53,1) et manufacturier (52,0). L’indice PMI de la CBN avait enregistré des valeurs inférieures à 50 en avril et en mai 2026, un score inférieur à 50 indiquant une contraction de l’activité économique par rapport au mois précédent. Alors que l’indice de Stanbic IBTC couvre essentiellement le secteur privé formel, la couverture de celui de la CBN est plus large.

Evolution des indices PMI publiés par Stanbic et la CBN depuis janvier 2024

Evolution PMI

Source : Stanbic IBTC, Central bank of Nigeria 

Clef de lecture : L’indice PMI publié par la banque Stanbic s’est établi à 56,4 en septembre 2026 (courbe bleu foncé), celui de la CBN à 53,0 (courbe orange), tous deux se situent au-dessus de la ligne de démarcation entre expansion et contraction de l’activité (pointillé noir).

 

Le Gouvernement lance le cycle d'appels d’offres 2026 pour 40 blocs pétroliers et gaziers

La directrice générale de la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), Oritsemeyiwa Eyesan, a annoncé le lancement de la campagne d'appels d’offres pour 40 blocs pétroliers et gaziers le 6 octobre. Les 40 blocs proposés couvrent des zones terrestres, des eaux peu profondes et des eaux profondes, offrant ainsi des opportunités aux investisseurs disposant des capacités techniques et financières requises.

Ce nouveau cycle d’appel d’offres fait suite à celui de 2025, au cours duquel 31 entreprises ont remporté 37 blocs pétroliers et gaziers.

 

STN obtient une licence d’opérateur télécoms au Nigeria

Swift Telephone Network (STN) a obtenu une licence unifiée de services de télécommunications (UASL) délivrée par la Commission nigériane des communications (NCC), lui permettant d’exercer en tant qu’opérateur télécoms indépendant au Nigeria. Initialement spécialisé dans la téléphonie fixe, STN pourra désormais étendre ses activités aux services mobiles, notamment par le déploiement de cartes SIM et la fourniture de services de voix et de données sur les réseaux 4G et 5G à l’échelle nationale.

 

Achèvement de la construction de 10 centres de radiodiagnostic et de 3 centres de cancérologie avec le soutien financier de la SFI

Le ministre de la Santé, Muhammad Ali Pate, a annoncé l’achèvement de la construction de dix centres de diagnostic et de trois centres de cancérologie dans le pays. Cette extension des infrastructures de santé s’inscrit dans le cadre d’un programme fédéral lancé en février 2024, comprenant 16 projets majeurs de santé.

Dans cette perspective, la Société financière internationale (SFI) du groupe Banque mondiale avait annoncé en février 2026 un financement de 24,5 M USD en faveur de MedServe, filiale de la NSIA, pour soutenir le déploiement de centres de diagnostic, de traitement du cancer et de cardiologie, dans le cadre d’un projet d’un coût total estimé à 154 M USD.

 

Ghana

 

Le crédit au secteur privé progresse de 35,5% sur un an, malgré un ralentissement en août

Le crédit au secteur privé a progressé de 35,5 % en août 2026 en glissement annuel (g.a.), après 13,3 % un an plus tôt, selon la Banque du Ghana (BoG). L'encours atteint 123,3 Md GHS (9,4 Md EUR), soit une hausse de 32,3 Md GHS (2,5 Md EUR). En termes réels, la croissance du crédit s'établit à 29%, nettement supérieure à celle d’août 2025 (1,7%), bien en baisse par rapport à juillet 2026 (38%).

Cette reprise s'inscrit dans un contexte d'assouplissement des conditions de financement et de redressement de la demande de crédit. Le taux débiteur moyen des banques a reculé de 24% à 16% en un an, accompagnant la baisse du taux directeur de la BoG de 25% à 14%. Elle intervient parallèlement à une accélération de l'activité économique, l'indice composite de l'activité économique (CIEA) progressant de 14,9% en termes réels en juillet en g.a.

L'expansion du crédit s'accompagne d'une amélioration des indicateurs de qualité des actifs bancaires, le ratio de prêts non performants reculant de 21% à 16% en un an et à 3,8% hors prêts classés en perte (6,8 % en août 2025). Le ratio de solvabilité atteint 19%, après 18% un an auparavant.

La reprise du crédit s'inscrit toutefois dans un contexte de moindre rentabilité bancaire, la baisse des taux pesant sur les revenus d'intérêts. La rentabilité des fonds propres recule ainsi de 32% à 22%, tandis que la marge nette d'intérêt passe de 11% à 9,6%. Le ratio de prêts non performants reste supérieur à l'objectif réglementaire de 10% fixé pour fin 2026. Pour accompagner la croissance des financements tout en maîtrisant ces risques, la BoG prévoit une nouvelle directive encadrant l'octroi, le suivi et le recouvrement des prêts, en complément des mesures adoptées en 2025.

 

Les activités du GoldBod génèrent 1,9 Md USD de devises en septembre

Le Ghana Gold Board (GoldBod), organisme public chargé de la commercialisation de l’or, a généré 1,9 Md USD de devises en septembre 2026 grâce à ses opérations d’achat et de vente d’or issu de l’exploitation artisanale et à petite échelle, dépassant de 34% son objectif de 1,4 Md USD. En hausse de 42% par rapport à août (1,3 Md USD), ce résultat s’inscrit dans un contexte de reprise des exportations d’or après leur ralentissement an août, ainsi que de montée en puissance du nouveau dispositif de financement des achats d’or artisanal, mis en place début août avec les banques commerciales.

Sur les devises mobilisées, 701 M USD ont été vendus aux banques commerciales pour alimenter le marché des changes, tandis que 1,2 Md USD ont été mis à disposition de la Banque du Ghana (BoG) pour renforcer les réserves internationales, dans le cadre de la politique d’accumulation accélérée des réserves (GANRAP).

Cette performance s’accompagne d’une réorganisation de l’intermédiation sur le marché des changes, dont GoldBod reprend désormais l’entière responsabilité à la place de la BoG. Pour octobre, l’organisme vise 1,5 Md USD de devises, dont 1 Md USD destiné aux banques commerciales et jusqu’à 500 M USD destinés à la BoG.

 

Un arbitrage international confirme un redressement fiscal de 393 M USD à l’encontre du pétrolier Tullow Oil

Un tribunal arbitral constitué sous l’égide de la Chambre de commerce internationale (CCI) a donné raison au Ghana dans un différend fiscal avec Tullow Oil, groupe britannique et premier producteur pétrolier du pays, confirmant un redressement de 393,1 M USD (338 M EUR). Le litige portait sur l’imposition d’indemnités d’assurance perçues entre 2016 et 2019 pour interruption d’activité. Le montant comprend 196,5 M USD d’impôt sur les sociétés, assortis de pénalités de 100%. Le tribunal a estimé que le redressement était conforme aux accords pétroliers conclus avec le Ghana et que les pénalités ne relevaient pas de leurs protections contractuelles.

Cette décision conforte la position de l’administration fiscale ghanéenne (GRA), mais les modalités de règlement restent à négocier. Le gouvernement entend recouvrer les sommes dues sans compromettre les investissements de Tullow dans les champs Jubilee et TEN, essentiels à la production pétrolière et à l’approvisionnement national en gaz. Les discussions portent également sur un différend distinct relatif à la déductibilité des intérêts d’emprunt. Tullow, qui conteste l’issue de l’arbitrage, examine les suites à donner à la décision en concertation avec les autorités.