Brèves de l'ASEAN semaine 41 (2026)
Région
L’ASEAN renforce sa coopération énergétique avec la création d’une école régionale des régulateurs en Malaisie
Réunis à Manille le 7 octobre pour la 44e réunion des ministres de l’énergie de l’ASEAN (AMEM), les États membres ont placé l’intégration des réseaux électriques au centre de leur coopération, avec l’ASEAN Power Grid (APG) comme priorité économique de la présidence philippine. Sept priorités annuelles ont été définies, couvrant notamment le stockage par batteries, le CCUS et le nucléaire civil. Cette orientation rejoint les priorités annoncées le 1er octobre par la ministre singapourienne du Développement durable et de l’Environnement, Grace Fu, qui a indiqué que Singapour entendait faire de l’accélération de l’APG, du financement climatique et de la résilience régionale des axes majeurs de sa présidence de l’ASEAN en 2027. La réunion a également été marquée par le lancement de l’ASEAN School of Regulation (ASR), hébergée en Malaisie. Soutenue par l’AFD et des partenaires onusiens, cette initiative vise à former les régulateurs aux marchés électriques et aux échanges transfrontaliers, afin d’harmoniser les cadres réglementaires et de faciliter les investissements nécessaires à l’APG.
L’AMRO relève sa prévision de croissance de l’ASEAN à 4,9 % en 2026, portée par la demande liée à l’IA
Dans son rapport ASEAN+3 Regional Economic Outlook, publié le 5 octobre 2026, l’ASEAN+3 Macroeconomic Research Office (AMRO) a relevé sa prévision de croissance pour l’ASEAN à 4,9 % en 2026, contre 4,8 % anticipés en juillet, et maintenu celle de 2027 à 4,8 %. Cette révision reflète la résilience des exportations de semi-conducteurs et de produits électroniques, soutenues par la demande mondiale liée à l’intelligence artificielle (IA), ainsi que la solidité de l’investissement et de la consommation intérieure. Les perspectives demeurent toutefois contrastées selon les économies : l’AMRO prévoit une croissance de 8,0 % au Vietnam, de 5,3 % en Indonésie, de 5,1 % en Malaisie et de 4,8 % à Singapour en 2026, contre seulement 3,3 % aux Philippines. L’institution a notamment relevé sa prévision pour la Malaisie de 4,9 % à 5,1 %, portée par les investissements technologiques, tandis que celle des Philippines a été abaissée de 4,1 % à 3,3 %. L’AMRO souligne néanmoins des pressions toujours élevées sur les prix, relevant également ses prévisions d’inflation pour la région à 3,7 % pour 2026 (+0,1 point de pourcentage) et à 3,4 % pour 2027 (+0,3 pp.). Parmi les principaux risques à court terme pesant sur l’activité, l’institution retient (i) le ralentissement de la demande liée à l’IA, (ii) un prolongement des perturbations énergétiques et logistiques, et (iii) les conséquences climatiques d’El Niño sur les prix alimentaires.
Indonésie
Prabowo Subianto procède au plus large remaniement gouvernemental depuis son entrée en fonction
Le 1er octobre, le président Prabowo Subianto a procédé au remaniement le plus large depuis son entrée en fonction. Il concerne trois ministres coordinateurs, deux ministres, un vice-ministre coordinateur et quatre vice-ministres, ainsi que plusieurs dirigeants d'agences publiques et accorde une place importante à des personnalités issues de l’entourage du président Prabowo. Pratikno, ministre coordinateur du Développement Humain et de la Culture, est remplacé par Sugiono, jusqu'alors ministre des Affaires Etrangères et secrétaire général du Gerindra, le parti de Prabowo. Bahlil Lahadalia, ministre de l'Energie et des Ressources Minérales et président du Golkar, devient également ministre coordinateur de la Transition Energétique et de l'Avalisation, un poste nouvellement créé. Ce poste absorbe le secteur de l'énergie, jusqu'ici coordonné par Airlangga Hartarto. Dradjad Hari Wibowo, conseiller économique de Prabowo lors de la campagne présidentielle, est nommé vice-ministre coordinateur de l'Economie auprès d'Airlangga Hartarto. Le ministère des Finances accueille par ailleurs deux vice-ministres : Luky Alfirman, écarté en avril par l'ancien ministre Purbaya, et Nurcholis Ibnu Aman, universitaire passé par Bank Indonesia. Selon les analystes, le remaniement vise surtout à préserver l'équilibre entre les différents camps du gouvernement, sans infléchir l'orientation des politiques publiques.
Le ministre des Finances renonce à intégrer au budget de l'État les dividendes perçus par Danantara
Le ministre des Finances Suahasil Nazara a indiqué, dans un entretien à Bloomberg Television publié le 2 octobre, que les dividendes des entreprises publiques perçus par le fonds souverain Danantara ne sont intégrés ni au budget 2026 ni au budget 2027. Il revient ainsi sur le projet de son prédécesseur Purbaya Yudhi Sadewa, qui prévoyait le reversement au budget de 120 000 Md IDR (6,7 Md USD) de dividendes au titre de réserve budgétaire. Rosan Roeslani, Directeur général de Danantara, avait démenti ce projet, et le différend restait en suspens jusqu'au remplacement de Purbaya Yudhi Sadewa le 14 septembre. Les dividendes attendus cette année atteignent 200 000 Md IDR (11,2 Md USD) selon le président Prabowo Subianto. Danantara conservera ces dividendes pour investir dans des projets et attirer des capitaux privés, tandis que le budget se concentrera sur les services publics, les infrastructures et la protection sociale. Créé en février 2025, Danantara détient les participations de l'État dans les entreprises publiques, soit plus de 1 000 sociétés en comptant les filiales, et constitue un instrument clé de l'objectif de croissance de 8 % en 2029.
L'excédent commercial de l'Indonésie se redresse à 3,6 Md USD en août, porté par le repli des importations
L'excédent commercial de l'Indonésie s'est nettement redressé en août, à 3,6 Md USD contre 0,1 Md USD en juillet, selon l’Agence nationale de la statistique indonésienne (BPS). Il atteint ainsi son plus haut niveau depuis septembre 2025, après deux mois de déficit en mai (-1,6 Md USD) et en juin (-0,5 Md USD). Cette amélioration tient principalement du repli des importations, en baisse de 11,6 % sur un mois (23,1 Md USD), notamment les importations hors hydrocarbures (-12.5 % sur un mois), tandis que les exportations ont progressé de 1,5 % (26,6 Md USD). En glissement annuel, les importations restent toutefois en forte hausse (+19,1 %), plus rapide que celle des exportations (+6,7 %), lesquelles bénéficient de la progression des ventes de nickel (+51,7 %). Sur les huit premiers mois de l'année, l'excédent cumulé s'établit ainsi à 7,3 Md USD, contre 29,3 Md USD un an plus tôt, en raison notamment du creusement du déficit des hydrocarbures (21,3 Md USD contre 12,2 Md USD).
Malaisie
La Malaisie se hisse à la 34e place du Global Innovation Index 2026
En 2026, la Malaisie se classe au 34e rang mondial (sur 139) du Global Innovation Index de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, un rang stable par rapport à 2025 (33e). Elle se positionne au 8e rang des économies d’Asie du Sud-Est, d’Asie de l’Est et d’Océanie et conserve sa 2e place parmi les 35 économies à revenu intermédiaire supérieur, derrière la Chine. Le profil malaisien se caractérise par une forte intégration aux chaînes de valeur technologiques mondiales : le pays se classe 1er mondial pour la part de ses exportations (46,7 %) et importations (33,9 %) high-tech dans le commerce total. Toutefois, l’écosystème malaisien présente une asymétrie majeure : il produit moins de résultats d’innovation qu’attendu compte tenu de son niveau d’investissement. Alors qu’elle se distingue pour le financement des start-ups (3e), la sophistication des marchés (19e mondiale) et les institutions (27e), la Malaisie se positionne à la 51e place pour le capital humain et la recherche, ainsi que les infrastructures.
L’État de Penang lance la Silicon Island, une île artificielle pour l’industrie des semi-conducteurs
Au sud de l’île de Penang, la Malaisie construit une île artificielle de 930,7 hectares destinée à accueillir la prochaine phase de son industrie des semi-conducteurs, alors que l’État fédéré de Penang (près de 5 % des exportations mondiales de puces) fait face à une pénurie de foncier. Le projet pourrait contribuer à hauteur de 270 Md USD au PIB à l’horizon 2050, attirer 18,3 Md USD d’investissements et créer 220 000 emplois. Porté à 70 % par l’entreprise parapublique de construction Gamuda et 30 % par l’État de Penang, il représente un investissement de 3,7 Md USD pour la première phase de poldérisation. La Silicon Island doit également accueillir la future ligne de métro léger Mutiara, dont l’achèvement est prévu en 2031, ainsi que 20 000 logements. Le projet vise notamment à renforcer la position de Penang dans les activités à plus forte valeur ajoutée, telles que la conception électronique, l’advanced packaging, dans un contexte de forte croissance de la demande liée à l’IA. L’Association malaisienne des semi-conducteurs (MSIA) prévoit 219,9 Md USD d’exportations de produits électriques et électroniques en 2026 (+27 % en g.a.), dont près de trois quarts pour les semi-conducteurs.
L’activité manufacturière se contracte en septembre face à la hausse des prix en amont
En septembre, l’activité manufacturière s’est légèrement contractée, avec un indice PMI à 49,9, contre 50,2 en août, mettant ainsi fin à trois mois consécutifs d’expansion. Cette inflexion reflète une demande atone, une baisse des nouvelles commandes et des défis logistiques persistants (congestion portuaire, pénurie de conteneurs) qui allongent les délais de livraison. Cette fragilité de l’activité s’inscrit dans un contexte de fortes pressions sur les coûts en amont : selon les données officielles, l’indice des prix à la production (PPI) a augmenté de 10,7 % en g.a. en août (contre 9,7 % en juillet), tiré par le secteur minier (+41,2 %) et manufacturier (+8,8 %). L’inflation reste toutefois l’une des plus faibles de la région (1,9 % en août) mais la Banque mondiale, qui a rehaussé ses prévisions de croissance du PIB à 5,1 %, alerte sur un risque de transmission.
Singapour
Singapour lance un appel d’offres pour étudier un nouveau pôle d’infrastructures énergétiques à Pulau Tekong
L’Energy Market Authority (EMA) de Singapour a lancé le 5 octobre 2026 un appel d’offres pour étudier la faisabilité d’un nouveau pôle d’infrastructures énergétiques sur l’île de Pulau Tekong, afin de renforcer la sécurité énergétique du pays et d’accompagner sa transition bas carbone. Le projet porterait sur un site d’environ 200 hectares de terres gagnées sur la mer et pourrait accueillir des centrales électriques au gaz naturel compatibles avec l’hydrogène, un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) ainsi que d’autres technologies énergétiques bas carbone. L’appel d’offres, ouvert jusqu’au 4 décembre 2026, prévoit la sélection d’un cabinet de conseil d’ici mi-2027, chargé de réaliser une étude de faisabilité et de proposer un schéma directeur sur une période estimée à deux ans. Cette initiative s’inscrit dans le programme gouvernemental de réaménagement de Pulau Tekong, dont environ 500 hectares pourraient être affectés à des usages civils. Elle répond à la hausse anticipée de la demande d’électricité, notamment liée au développement des centres de données et des activités industrielles, dans un pays où le gaz naturel importé assure environ 93 % de la production électrique.
L’économie numérique atteint 19,3 % du PIB en 2025, portée par la numérisation des entreprises
Selon le Singapore Digital Economy Report 2026 publié le 5 octobre par l’Infocomm Media Development Authority (IMDA), l’économie numérique singapourienne a progressé de 5,6 % en 2025, atteignant 144,1 Md SGD (environ 112,4 Md USD au taux de change d'octobre 2026), contre 136,5 Md SGD (environ 106,5 Md USD au même taux) en 2024, soit une croissance supérieure à celle du PIB nominal (+3,1 %). Sa contribution au PIB s’établit désormais à 19,3 %, contre 18,8 % en 2024. Cette progression repose principalement sur la numérisation des secteurs non technologiques, qui représentent plus des deux tiers de la valeur ajoutée numérique, soit environ 75,7 Md USD (+3,6 %), notamment dans les services financiers, le commerce de gros et l’industrie manufacturière. Le secteur des technologies de l’information et de la communication a quant à lui progressé de 6,1 %, à 36,7 Md USD. Parallèlement, l’emploi technologique a augmenté de 3,8 % pour atteindre 222 200 personnes, dont 59 % travaillent dans des secteurs non technologiques. Cette dynamique s’accompagne d’une accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises, passée de 14,7 % en 2024 à 23,5 % en 2025, contribuant à renforcer la demande de compétences numériques, notamment en IA, en analyse de données et en cybersécurité.
L’activité manufacturière atteint son plus haut niveau depuis octobre 2018, portée par la demande liée à l’IA
L’activité manufacturière singapourienne a poursuivi son expansion en septembre 2026, atteignant son niveau le plus élevé depuis près de huit ans, soutenue par la demande mondiale en équipements liés à l’intelligence artificielle (IA). Selon les données publiées le 2 octobre par le Singapore Institute of Purchasing and Materials Management (SIPMM), l’indice des directeurs d’achat (PMI) manufacturier a progressé de 0,2 point à 51,7, contre 51,5 en août, enregistrant son 14e mois consécutif d’expansion. Cette dynamique repose principalement sur le secteur électronique, dont le PMI a atteint 52,9 points (+0,3 point), son plus haut niveau depuis janvier 2018 et son 16e mois consécutif de croissance. La demande soutenue en semi-conducteurs et composants destinés aux infrastructures d’IA a favorisé la hausse des nouvelles commandes, de la production et de l’emploi. Toutefois, les industriels restent confrontés à des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, liées notamment au conflit au Moyen-Orient, qui prolongent les délais de livraison et renchérissent les coûts des intrants. Les stocks de produits finis ont ainsi reculé pour le 11ᵉ mois consécutif, tandis que les carnets de commandes continuaient de se remplir.
Vietnam
Le Vietnam a enregistré une croissance particulièrement soutenue sur les neuf premiers mois de 2026
Selon l’Office national des statistiques (NSO), le PIB du Vietnam a progressé de 9 % en g.a. sur janvier-septembre, soit le rythme le plus élevé enregistré sur les neuf premiers mois depuis 2011. La croissance s’est accélérée au troisième trimestre, avec une hausse du PIB de 9,95 % en g.a., après +8,2 % au T1 et +8,8 % au T2. Sur les neuf premiers mois, le secteur de l’industrie et de la construction demeure le principal moteur de l’activité, avec une croissance de 11,2 %, devant les services (+8,7 %) et l’agriculture, la sylviculture et la pêche (+4 %). L’indice de la production industrielle a progressé de 12,3 % en g.a., tandis que les ventes au détail de biens et services ont augmenté de 13,4 %, témoignant du dynamisme de la demande intérieure. Les investissements directs étrangers (IDE) restent également soutenus : les capitaux enregistrés ont atteint 50,4 Md USD (+76,4 % en g.a.), tandis que les IDE décaissés se sont élevés à 21,1 Md USD (+12,1 %). L’inflation constitue toutefois un point de vigilance, avec une hausse moyenne de l’IPC de 4,5 % sur les neuf premiers mois, très proche de l’objectif gouvernemental de 4,5 %. En septembre, l’inflation s’est établie à 5,1 % en g.a., sous l’effet notamment de la hausse des prix du logement, de l’énergie et de certains services.
Alstom et Vingroup concluent un accord portant sur jusqu’à 200 rames de métro pour Hanoï
Alstom et Vingroup, par l'intermédiaire de sa filiale immobilière Vinhomes, ont signé à Hanoï un accord relatif à la fourniture de rames destinées au réseau de métro en construction à Hanoï. L'accord porte sur la conception, la fabrication et la livraison de jusqu’à 83 rames de métro à cinq voitures, produites sur le site de Valenciennes. Cet accord inclut également une licence technologique permettant à Vingroup d'assembler au Vietnam 117 rames supplémentaires à partir de composants fournis par Alstom, soit un parc potentiel de 200 rames. L'accord intervient après le lancement, le 22 juin, de la construction de cinq nouvelles lignes de métro totalisant 303,5 km, dont le consortium Vinhomes–Vinspeed assure la maîtrise d'œuvre.
Seul un projet des dix-huit projets GNL est jugé en mesure de respecter son calendrier.
Lors d'une réunion présidée le 1er octobre par le Vice-Premier ministre permanent Pham Gia Tuc, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Le Manh Hung, a dressé un bilan préoccupant du programme de centrales au GNL. Sur les dix-huit projets suivis par le gouvernement, seul Hiep Phuoc LNG, à Hô Chi Minh-Ville, est considéré comme capable de tenir son calendrier. Seize projets ont désigné leurs investisseurs. Parmi eux, deux sont en construction et quatorze en sont encore à finaliser les procédures de préparation de l'investissement. Deux projets, Nghi Son LNG (Thanh Hoa) et Long Son LNG (Hô Chi Minh-Ville), n'ont toujours pas d'investisseur. Le ministère cite plusieurs goulets d'étranglement : préparation des investissements, accès au foncier et libération des emprises, financement et contrats d'achat d'électricité. Il souligne que, dans les projets gas-to-power, le retard d'un seul maillon de la chaîne pèse sur l'ensemble. En réponse, le Vice-Premier ministre a demandé un calendrier détaillé pour chaque projet, avec un suivi étape par étape et non plus seulement de la date de mise en service commerciale. Pour rappel, le PDP8 révisé prévoit 22 centrales fonctionnant au GNL entre 2025 et 2035, dont 15 d'ici 2030 pour 22 524 MW, soit environ 9,7 % de la capacité électrique vietnamienne.
Thaïlande
La métropole de Bangkok annonce investir 3 Md USD contre les inondations dans les sept prochaines années
La Bangkok Metropolitan Administration (BMA) a annoncé un programme de gestion des inondations sur cinq à sept ans, estimé à 3,0 Md USD (au moins 100 Md THB). Il fait suite aux inondations du 25-29 septembre, qui ont laissé certains quartiers de l'est de la capitale sous l'eau pendant près d’une semaine. À court terme, la BMA prévoit d'accélérer le curage de plus de 5 000 km de canaux de drainage. À plus long terme, la métropole veut augmenter les capacités des canaux, en les élargissant et en réduisant leurs courbes. Elle prévoit aussi de construire six nouveaux grands tunnels de drainage, qui s'ajouteront aux sept existants. Le réseau de zones de rétention d'eau passerait à 45 sites d'ici 2027, pour plus de 14 millions de m³ de capacité.
La Banque mondiale revoit à la hausse ses prévisions de croissance à +2,0 % pour 2026
La Banque mondiale a relevé sa prévision de croissance pour la Thaïlande à +2,0 % pour 2026 (contre +1,7 % en juin) dans son East Asia & Pacific Economic Update d'octobre 2026. Pour 2027, elle prévoit une croissance de +2,3 % (contre +2,1 % auparavant). Cette révision est motivée par l'exposition de l'économie thaïlandaise au cycle de l'IA, via l’investissement et les exportations électroniques, et aux mesures d’atténuation du choc énergétique mises en œuvre au S2. En Asie-Pacifique, la Banque mondiale a ainsi isolé la Chine, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam comme « bénéficiant significativement de leur rôle dans les chaînes de valeur de l’IA ».
Les jeunes diplômés représentent 44 % des chômeurs en Thaïlande
Selon Kasikorn Research, la Thaïlande compte environ 200 000 de jeunes diplômés (entre 20-24 ans) au chômage, soit 44 % des chômeurs du pays. Selon Kasikorn, 1,1 million d'emplois qualifiés restent non pourvus. Plus de 69 % de ces postes vacants se trouvent dans l'aviation et la logistique, l'électronique intelligente et la robotique industrielle, ainsi que l'industrie numérique. 60 % des diplômés thaïlandais poursuivraient des études en sciences humaines et sociales, tandis que la part des diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) a diminué. Pour contexte, le taux de chômage demeure très bas et relativement stable (1,0 % au T2 2026).
Philippines
L’inflation atteint 7,2 % en septembre, son plus haut niveau depuis trois ans
L’inflation aux Philippines a nettement accéléré en septembre 2026, atteignant 7,2 %, contre 6,1 % en août et 1,7 % un an auparavant, soit son niveau le plus élevé depuis mars 2023. Cette hausse, qui met fin à quatre mois consécutifs de ralentissement, porte l’inflation moyenne à 5,4 % sur les neuf premiers mois de l’année. L’accélération provient principalement des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (6,7 %, contre 4,6 % en août), du logement, de l’eau et de l’énergie (8,4 %, contre 7,9 %) et des transports (14,6 %, contre 13,5 %). L’inflation pourrait encore accélérer au quatrième trimestre et atteindre un nouveau pic en novembre, sous l’effet des hausses des tarifs de transport entrées en vigueur fin septembre, de l’augmentation des salaires et des perturbations agricoles liées au phénomène El Niño. La hausse des prix du pétrole et la dépréciation du peso accentuent les pressions inflationnistes.
Les réserves de change tombent à leur plus bas niveau depuis trois ans
Les réserves internationales brutes des Philippines ont reculé à 100,0 Md USD fin septembre 2026, leur plus bas niveau depuis septembre 2023, contre 104,8 Md USD en août et 109,1 Md USD un an auparavant, soit une baisse de 8,3 % en glissement annuel. Il s’agit du septième mois consécutif de contraction. Cette diminution s’explique notamment par les opérations de change de la BSP dans un contexte de dépréciation du peso, ainsi que par les retraits en devises du gouvernement pour financer notamment le service de la dette extérieure. Des ajustements de valorisation liés aux actifs de réserve libellés en devises et aux avoirs en or ont également contribué à ce recul. Les réserves en or ont ainsi diminué de 6,7 % sur un mois, à 17,8 Md USD. Malgré cette baisse, les réserves demeurent équivalentes à 6,3 mois d’importations de biens, de paiements de services et de revenus primaires et représentent environ 3,2 fois la dette extérieure à court terme du pays.
La BAD propose un prêt de 300,0 M USD pour financer la ligne MRT-4 à Manille
La BAD envisage d’accorder un prêt de 300 M USD aux Philippines pour financer la construction de la ligne MRT-4, destinée à améliorer la connexion entre l’est de Metro Manila et la province de Rizal. Le financement proposé couvrirait une partie du coût du projet, estimé à environ 1,1 Md USD. La ligne ferroviaire, longue d’environ 12,7 km, reliera Quezon City à Taytay, dans la province de Rizal, et devrait transporter jusqu’à 400 000 passagers par jour avec pour objectif de réduire la congestion routière entre Manille et sa périphérie. Sa mise en œuvre comprend également l’acquisition de matériel roulant, la construction d’un dépôt et l’installation des systèmes ferroviaires. La BAD prévoit une approbation du financement en décembre 2026, tandis que la mise en service de la MRT-4 est actuellement prévue à l’horizon 2031.
Cambodge
Trente ans de coopération nippone au port de Sihanoukville
Début octobre, le PDG du Port Autonome de Sihanoukville (PAS), Lou Kim Chhun, a reçu une délégation de la JICA conduite par Yuho Hayakawa, Senior Vice-President de l'agence, à l'occasion des trente ans (1996-2026) de l'aide publique au développement (APD) japonaise au port. La visite intervient deux mois après la signature, le 11 août, d'un prêt concessionnel de 17,8 Md JPY (environ 114,0 M USD) pour la phase II d’élargissement du nouveau terminal à conteneurs. La phase I, achevée à plus de 60 % en mars, doit entrer en service en 2027, et l'ensemble du projet vise à porter la capacité du port de 1 M d'EVP aujourd'hui à 2,6 M en 2030. Le trafic justifie l'effort, le PAS a manutentionné 373 748 EVP au T1 2026 (+ 38,2 % g.a.), dans un contexte où des entreprises japonaises implantées en Thaïlande ont réacheminé leurs flux par voie maritime après la fermeture de la frontière entre les deux pays. Le Japon reste ainsi le premier partenaire du seul port en eau profonde du Royaume. Reste à savoir quelle part de cette hausse est conjoncturelle, alors que les capacités supplémentaires n'arriveront qu'à partir de 2027. Pour mémoire, le port de Sihanoukville a été construit entre 1955 et 1959, avec le soutien de la France et de l’Allemagne.
L’orange de Pursat cherche à se faire un nom
Le 9 septembre, le ministère du Commerce a enregistré l’« orange de Pursat » comme marque collective. Historiquement, cette orange a été introduite au Cambodge pendant l’époque du protectorat via des plantations françaises dans le district de Kravanh (Cardamomes) de la province de Pursat, dont elle porte désormais le nom. Cette reconnaissance vise à distinguer les oranges produites dans la région ouest du pays (Pursat, mais principalement Battambang), à protéger les producteurs et commerçants contre l’utilisation abusive de l’appellation et à faciliter leur accès à des marchés à plus forte valeur ajoutée. Cultivée sur 3 047 ha, dont 1 938 ha en production, la production représente environ 30 000 t par an (12 à 16 t/ha). À la saveur aigre-douce et à la peau verte à jaune, elle constitue l’une des principales productions fruitières de la région. Cette démarche s’inscrit dans la politique de valorisation des produits agricoles cambodgiens : le pays compte désormais 12 indications géographiques et 13 marques collectives, dont celle du durian de Bek Anlong enregistrée en juin. Le gouvernement prépare par ailleurs une stratégie nationale 2026-2030 sur les indications géographiques, alors que plusieurs produits cambodgiens seront présentés au SIAL de Paris (17-21 octobre).
La Banque mondiale et l'AMRO d'accord pour 2026 ; pas pour 2027
À un jour d'intervalle, les deux institutions ont abaissé leurs prévisions de croissance pour le Cambodge en 2026 : l'AMRO à 3,9 % le 5 octobre (- 0,3 point par rapport à juillet), la Banque mondiale à 3,5 % le 6 octobre (- 0,4 point par rapport à avril). Toutes deux se situent sous la prévision du gouvernement (4,2 %) et loin des 5,3 % de 2025. Leurs diagnostics divergent toutefois. La Banque mondiale insiste sur l'affaiblissement de la demande intérieure : chute des arrivées touristiques (-44 % g.a. sur janvier-août), retour des travailleurs migrants, hausse des prix des carburants, correction immobilière et crédit en panne. L'AMRO met en avant le risque El Niño sur l'agriculture, qui pèse lourd dans le PIB et l'emploi. D’ailleurs, l'alimentation représente plus de 40 % du panier de consommation. L'écart est surtout net pour 2027 : l'AMRO maintient un rebond à 4,9 %, quand la Banque mondiale l'a ramené de 4,9 % à 4,0 %. Les deux institutions convergent en revanche sur les fragilités financières, l'AMRO soulignant dans son rapport sur la stabilité financière que la faiblesse de l'immobilier gonfle les créances douteuses. Au-delà du ralentissement de 2026, c'est donc l'ampleur du rebond qui sépare les deux institutions.
Laos
Le projet de pont de Luang Prabang franchit une nouvelle étape grâce au prêt concessionnel dont l’accord définitif reste à signer
Le Laos et la Thaïlande ont franchi une nouvelle étape dans le développement du pont de Xiengman–Luang Prabang, destiné à renforcer la connectivité routière et les échanges économiques entre les deux pays. Lors de la 23ᵉ réunion de coopération bilatérale tenue le 2 octobre à Luang Prabang, les deux gouvernements ont confirmé l’achèvement de l’étude d’impact environnemental et social ainsi que la validation des plans techniques du projet. En septembre, la Thaïlande avait approuvé une assistance financière de 55,4 M USD, mobilisée par l’intermédiaire de la Neighbouring Countries Economic Development Cooperation Agency (NEDA), sous forme de prêt concessionnel dont l’accord définitif reste à signer. Le futur pont, long de 820 mètres et large de 21,6 mètres, traversera le Mékong pour relier le district de Chomphet à la ville de Luang Prabang, avec 14 kilomètres de routes de raccordement. Les travaux devraient débuter en 2027 pour une mise en service prévue en 2031. L’infrastructure devrait réduire de 30 à 45 minutes le trajet entre Luang Prabang et la province thaïlandaise de Nan, actuellement estimé à neuf heures, et faciliter les flux commerciaux et touristiques transfrontaliers.
Le nouveau Premier ministre fixe ses priorités économiques pour le dernier trimestre 2026
Nommé le 5 octobre 2026 à la tête du gouvernement laotien, Saleumxay Kommasith a présenté devant l’Assemblée nationale ses priorités économiques pour le dernier trimestre 2026, axées sur la relance de l’activité, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. Ancien vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, il succède à Sonexay Siphandone, élu président de l’Assemblée nationale à la suite du décès de son prédécesseur en août. Le gouvernement entend accélérer la production agricole pour compenser les pertes liées aux inondations, réparer les infrastructures routières et poursuivre les grands projets de transport, notamment les autoroutes Vientiane-Boten et Pakxan-frontière vietnamienne. Dans le secteur minier, les autorités souhaitent renforcer le contrôle des exportations et développer la transformation locale de l’or, du cuivre et de la potasse. Le tourisme constitue également une priorité, avec un objectif de 4,5 millions de visiteurs internationaux en 2026. Sur le plan budgétaire et monétaire, Saleumxay Kommasith prévoit d’améliorer le recouvrement fiscal, notamment par la facturation électronique, de maîtriser les dépenses publiques et de stabiliser le kip, tout en diversifiant les approvisionnements énergétiques.
Constitution d’une réserve stratégique de 60 millions de litres de carburant pour sécuriser l’approvisionnement
Le gouvernement laotien a annoncé le 7 octobre son intention de maintenir des réserves nationales de carburant d’au moins 60 millions de litres et de diversifier ses sources d’approvisionnement afin de réduire sa vulnérabilité aux perturbations énergétiques internationales. Présentées devant l’Assemblée nationale par le nouveau Premier ministre Saleumxay Kommasith, ces mesures répondent à la forte dépendance du Laos aux importations de produits pétroliers raffinés, dont environ 97 % proviennent de Thaïlande. Cette vulnérabilité s’est accentuée avec les tensions au Moyen-Orient, qui ont entraîné une hausse des prix des carburants pouvant atteindre 100 % en quelques semaines et la fermeture temporaire de plus de 1 000 stations-service en mars 2026. Pour sécuriser ses approvisionnements, le gouvernement entend développer les importations depuis le Vietnam, la Chine et Singapour, renforcer les capacités de stockage dans les différentes régions du pays et étudier la construction d’un oléoduc reliant le Vietnam au Laos. Les autorités prévoient également de maintenir les allègements fiscaux sur les carburants, de renforcer les contrôles des distributeurs et d’examiner leur participation à des mécanismes régionaux de stockage stratégique au sein de l’ASEAN.
Birmanie
Rationnement national de la distribution d’électricité
La distribution d’électricité est assurée par rotation depuis le 5 octobre 2026 selon le ministère de l’Energie et de l’Electricité (MOEE). L’objectif du MOEE est d’équilibrer la consommation compte tenu d’une hausse de la demande, avec le début de la saison sèche et la hausse des températures. A Rangoun, les quartiers résidentiels sont divisés en deux groupes, avec des rotations de la distribution d’électricité par tranche de quatre heures d’électricité en journée (5h et 21h). La nuit et la soirée (21h à 5h) l’alimentation est normale pour tous, tandis que les usines, hôpitaux, administrations et entreprises essentielles bénéficient d’un approvisionnement continu.