Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Le double jeu du pétrole

Les automobilistes émiriens subissent en octobre une nouvelle hausse du prix des carburants. De l’ordre de +16 % en glissement mensuel (g.m.), celle-ci constitue la troisième hausse consécutive et ramène les prix à la pompe à des niveaux proches des records atteints en 2022. Cette augmentation reflète directement la tension observée sur les marchés pétroliers en septembre, avec un prix du Brent en hausse de 14 % sur le mois, sous l’effet des perturbations persistantes des exportations des pays du Golfe et d’une issue toujours plus incertaine du conflit régional. La hausse du prix à la pompe apparaît ainsi comme l’un des canaux les plus immédiats de transmission du choc énergétique international à l’économie émirienne.

Cette évolution peut sembler paradoxale dans un pays qui figure parmi les principaux producteurs mondiaux de pétrole. Elle s’explique pourtant par la réforme de la tarification des carburants engagée en 2015, date à partir de laquelle les prix de l’essence et du diesel aux EAU sont révisés mensuellement en fonction des conditions sur les marchés internationaux, plutôt que maintenus artificiellement bas par des subventions. Produire du pétrole localement ne signifie en effet pas que son coût économique pour le pays est nul : chaque baril consommé sur le marché intérieur est un baril qui pourrait, en théorie, être vendu à l’étranger au prix du marché. Son véritable coût pour l’économie est donc son coût d’opportunité, auquel s’ajoutent les coûts de raffinage, de transport et de distribution.

À court terme, la hausse des carburants pèse directement sur le pouvoir d’achat des ménages, mais également indirectement sur les prix des biens et services via les coûts de transport et de production. Cette transmission est déjà visible à Dubaï, avec une hausse de de 31,3 % en août en g.a. des carburants et lubrifiants qui a porté l’inflation des transports à 12,7 %, contribuant à elle seule à hauteur de 1,5 point à une inflation totale de 5,5 % selon Emirates NBD. En contrepartie, l’alignement des prix à la pompe sur les conditions de marché réduit les distorsions liées aux subventions énergétiques. Selon une étude du FMI, celles-ci représentaient encore en 2023 environ 5,2 % du PIB dans le CCEAG, soit près de 105 Md USD, dont 27 Md USD pour l’essence et le diesel. Plus largement, elles sont près de huit fois plus élevées dans la région MENA que dans le reste du monde. Ces subventions ont ainsi tendance à favoriser la surconsommation, à bénéficier de manière disproportionnée aux ménages les plus aisés et à détourner des ressources budgétaires d’autres usages. Les EAU figurent ainsi parmi les pays de la région ayant le plus avancé dans le rapprochement des prix domestiques de l’énergie avec les prix internationaux.

La diversification de l’économie émirienne modifie par ailleurs la manière dont la hausse du cours du pétrole affecte le pays. Le FMI estime ainsi que les soldes budgétaire et extérieur devraient rester excédentaires en 2026, notamment grâce au niveau élevé des prix du pétrole. Parallèlement, la hausse des coûts énergétiques peut peser sur la dynamique de l’activité non pétrolière, en particulier dans les secteurs fortement dépendants de la mobilité et des échanges. Le FMI relève d’ailleurs que le ralentissement attendu de l’activité non pétrolière en 2026 est particulièrement visible dans le tourisme, les transports et le commerce. La hausse du prix du pétrole crée donc un effet à deux vitesses : elle conduit à la hausse les revenus tirés des hydrocarbures tout en renchérissant les coûts d’une économie non pétrolière devenue centrale dans le modèle de croissance émirien. À mesure que la diversification progresse, l’enjeu pour les EAU sera aussi de limiter la transmission de la volatilité des prix au reste de l’économie.

Le cas émirien contraste avec celui de plusieurs autres économies du CCEAG, qui continuent d’amortir davantage la transmission des fluctuations du marché aux consommateurs. En Arabie saoudite, au Koweït ou au Qatar, les prix des carburants sont davantage administrés, l’État absorbant une partie du choc par des mécanismes de soutien ou de plafonnement, ce qui permet de préserver davantage le pouvoir d’achat lorsque les cours du pétrole augmentent. La contrepartie reste le transfert d’une partie du choc des ménages vers l’État, à travers un manque à gagner sur les recettes pétrolières et une hausse du coût des mécanismes de soutien. Les différences observées au sein du CCEAG traduisent ainsi des choix politiques distincts et expliquent pourquoi un même choc pétrolier peut avoir des effets très différents sur l’inflation et la consommation d’un pays producteur à l’autre.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

 

Brèves économiques 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

First Abu Dhabi Bank (FAB) envisage de syndiquer une partie de son swap de rendement total de 5 Md USD avec le Nigeria, tout en restant la contrepartie principale de l’État nigérian. Le Nigeria a déjà tiré 1,5 Md USD sur l’opération, garantie à hauteur de 133 % par des titres en naira, afin de financer ses dépenses publiques et refinancer une dette plus coûteuse.

Selon le dernier rapport de la banque centrale émirienne, le PIB pour 2026 est projeté à +1,6 % pour 2026 (dont +2,4 % pour le PIB pétrolier) et +10,4 % pour 2027 (dont +26,8 % pour le PIB pétrolier). L’inflation est estimée à +5,3 % au T2 2026 et projetée à 2,4 % pour l’année 2026. Les échanges non pétroliers sont en hausse de 20,5 % au T1 2026.

L’imad Capital, filiale du fonds souverain d’Abu Dhabi L’imad Holding (environ 300 Md USD d’actifs), prépare sa transformation en plateforme d’investissement globale de type private equity, combinant investissements directs, co-investissements et participations dans des fonds. Après avoir constitué un historique de performance, elle pourrait lever des capitaux auprès d’investisseurs tiers dès 2027, illustrant la volonté d’Abu Dhabi d’attirer davantage de capitaux institutionnels au sein de ses propres plateformes d’investissement.

Shorooq et Presight, deux acteurs basés à Abu Dhabi, ont participé à la levée de fonds de série A de 100 M USD de la start-up américaine Maven Robotics, spécialisée dans les robots intelligents pour la logistique et l’industrie. L’investissement est réalisé via le Presight-Shorooq Fund I, lancé en 2025 avec un objectif de 100 M USD d’investissements dans des entreprises d’IA, et financera notamment le développement des prochaines générations de robots de Maven.

Energie, Infrastructure & Industrie

Les fonds et gestionnaires d’actifs se ruent vers Abu Dhabi. Plusieurs fonds ou gestionnaires d’actifs ont annoncé cette semaine l’ouyverture d’un bureau au sein du centre financier de l’Abu Dhabi Global Market. C’est notamment le cas du français Eurazeo, qui dispose de 40 Md EUR d’actifs sous gestion, mais également de Pantheon, société spécialisée dans le private equity dont le siège social est situé à Londres et qui gère environ 84 Md USD d’actifs. Enfin, le fonds souverain singapourien Temasek, qui gère un portefeuille de 406 Md USD, a annoncé qu’il allait ouvrir des bureaux à Abou Dhabi et à Riyad au cours du premier semestre 2027.

Abu Dhabi et Dubaï enfin reliés par le train ! La station ferroviaire de Dubaï a ouvert ses portes aux passagers le 30 septembre, marquant l’entrée en service du transport de passagers entre Abou Dhabi, Dubaï et Fujaïrah. Ce lundi, le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, avait effectué le trajet entre Abou Dhabi à Dubaï à bord d'un train d'Etihad Rail. Pour rappel, la ligne ferroviaire est exploitée par la société française Keolis, dans le cadre d’une joint-venture avec Etihad Rail.

Emirates dévoile un programme pour encourager les voyageurs à visiter Dubaï. Emirates a lancé une initiative visant à offrir à ses passagers des pass gratuits pour les attractions de Dubaï d'une valeur de 146 USD (535 AED) lorsqu'ils réservent des vols aller-retour éligibles à destination de Dubaï, pour toute réservation effectuée du 21 septembre au 11 octobre. Chaque voyageur éligible bénéficie d’un accès au parc aquatique Atlantis Aquaventure, à l’aquarium Lost World ainsi qu’à un billet valable 24 heures pour le bus touristique « Dubai City Sightseeing » à arrêts libres. Les passagers éligibles doivent se rendre à Dubaï entre le 24 septembre et le 13 décembre pour bénéficier de l’offre.

Manchester City dans le viseur de la Premier League. Une commission indépendante a conclu que Manchester City avait enfreint 114 des 115 chefs d’accusation relatifs aux règles financières retenus contre lui par la Premier League, d’après le Financial Times. Alors qu'une audience distincte devra prochainement déterminer la sentence définitive, le club s'expose à des sanctions allant de lourdes amendes à des retraits massifs de points, voire à une exclusion du championnat. Pour rappel, le club de Manchester City est détenu par le vice-président des Emirats Sheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan. Le président du club et PDG de Mubadala, Khaldoon Al Mubarak, a déclaré que la procédure était toujours en cours, « avec des éléments importants restant à finaliser ».

Le Burj Al Arab rouvrira en octobre 2027. L’hôtel emblématique de Dubaï, le Burj Al Arab, a annoncé sa réouverture prévue pour octobre 2027 une fois le programme de restauration achevé. Pour mémoire, l’hôtel avait fermé ses portes en avril 2026 après avoir été touché par des attaques iraniennes. Depuis, l’hôtel a lancé un programme de restauration de 18 mois couvrant notamment les intérieurs, les suites, les restaurants et les espaces de loisirs.

Flydubai suspend ses vols vers Israël jusqu’à nouvel ordre. La compagnie dubaïote Flydubai a suspendu ses vols à destination et en provenance d'Israël, suite à l'incident de sécurité survenu le 30 septembre sur le vol FZ1073 reliant Dubaï à Tel-Aviv. La compagnie Emirates a également suspendu ses opérations en partage de code avec Flydubai au départ et à destination de Tel-Aviv, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre. Le procureur général des Émirats arabes unis a ouvert une enquête officielle sur l’incident et flydubai a précisé que la suspension des liaisons resterait en vigueur tant que l’enquête se poursuivrait.

Qatar

La Banque centrale du Qatar (QCB) a émis le 29 septembre, pour le compte du ministère des Finances, des sukuk Ijara souverains pour un montant de 4,1 Mds QAR (~1,1 Md USD), en deux tranches : une de 2,05 Mds QAR à échéance janvier 2029 (taux de 5,30 %), l'autre à échéance août 2031 (5,55 %). Les souscriptions ont atteint environ 9,2 Mds QAR, soit 2,2 fois le montant offert.

QatarEnergy a prolongé d'un mois la force majeure sur ses livraisons de GNL vers l'Asie et l'Europe. Le Pakistan et le Bangladesh ont été informés de la prolongation de l’annulations des livraisons jusqu'en novembre et l'énergéticien italien Edison d'une suspension jusqu'à début décembre. Le trafic de méthaniers qatariens par le détroit d'Ormuz a toutefois atteint son plus haut niveau avec au moins 6 méthaniers ayant franchi le détroit entre le 1er et le 25 septembre.

Doha a accueilli la 11e Assemblée annuelle de la Banque Asiatique d'Investissement pour les Infrastructures (AIIB), ouverte le 28 septembre sous la présidence du ministre qatarien des Finances, Ali bin Ahmed Al-Kuwari, président du Conseil des gouverneurs pour l’année 2026. La présidente de l'AIIB, Zou Jiayi, y a fixé l'objectif de doubler le financement annuel d'ici 2030 pour le porter à 20 Mds USD. En marge, le Qatar et le Koweït ont signé un protocole d'accord de coopération financière (échange d'expertise et d'informations).

QFEX 2026 (« Qatar Financial Markets, AI & Digital Assets Expo ») s'est tenu à Doha les 29 et 30 septembre, à l'initiative d'AFAQ Media Group. Les débats portent sur l'essor de l'intelligence artificielle dans les services financiers et sur les questions de régulation, de sécurité et de responsabilité que posent des systèmes de plus en plus autonomes, avec un appel à une coopération accrue entre entreprises, gouvernements et régulateurs.

L’ambassadeur de France au Qatar, M. Arnaud Pescheux, a ouvert le sommet « Artefact AI Connect Doha 2026 », organisé le 28 septembre par Artefact, leader mondial français du conseil en données et intelligence artificielle, en collaboration avec l’entreprise qatarienne de services technologiques, Malomatia. Dans son discours, l’ambassadeur a notamment pu rappeler que la souveraineté numérique est une priorité partagée par la France et le Qatar.

Oman

S&P maintient Oman en catégorie investissement et relève à 3,5 % sa prévision de croissance pour 2026.
S&P Global Ratings a confirmé le 25 septembre la note souveraine d'Oman à BBB-, avec une perspective stable, et a plus que doublé sa prévision de croissance réelle pour 2026, à 3,5 % contre 1,6 % auparavant. L'agence justifie cette révision au regard de la hausse de la production d'hydrocarbures et des prix, ainsi que par la capacité du Sultanat à exporter depuis des ports ouvrant sur la mer d'Arabie. Le volume de fret de Salalah et de Sohar a d'ailleurs progressé respectivement de 15 % et 52 % au premier semestre. S&P table sur un excédent budgétaire de 4,8 % du PIB en 2026 et sur une dette ramenée à 30,2 % du PIB en fin d'année. La perspective stable suppose toutefois l'absence d'escalade prolongée des attaques iraniennes contre les infrastructures omanaises.

Mascate confie à OQEP, à 100 %, trois blocs d'exploration terrestres initialement proposés aux compagnies internationales.
Le gouvernement omanais a officialisé le 26 septembre la signature de trois accords de concession attribuant à OQ Exploration and Production (OQEP), filiale du groupe public OQ, l'intégralité et l'exploitation des blocs 36, 43A et 66. Situés dans l'ouest et le nord-ouest du pays, ces blocs couvrent plus de 30 000 km², dont 18 557 km² pour le seul bloc 36. Ils feront l'objet d'une première phase d'exploration de trois ans, prolongeable de trois ans, pour un budget minimal d'environ 56 M USD. En cas de découverte commerciale, la production pourra durer 25 ans. Mis en concurrence en 2025 auprès des compagnies internationales, ils reviennent finalement à la compagnie nationale.

Nama PWP lance la réalisation de trois nouvelles centrales électrique au  gaz, d’une capacité totale de 2800 à 3000 MW.

Nama Power and Water Procurement (Nama PWP), acheteur unique des capacités d'électricité et d'eau du Sultanat, a retenu le bureau d'ingénierie serbe Energoprojekt ENTEL pour l'accompagner dans l'appel d'offres de ces trois centrales, jusqu'au choix des constructeurs. Les sites et le calendrier n'ont pas encore été précisés. Ce programme s'ajoute aux centrales de Misfah (environ 1 700 MW) et de Duqm (environ 870 MW), dont les contrats d'achat d'électricité sur vingt ans, signés en janvier 2026, représentent un investissement d'environ 1 Md OMR. Nama PWP présente ses centrales au gaz comme un complément aux renouvelables, appelées à fournir 30 à 40 % de l'électricité en 2030, pour répondre aux pics de demande.

La Société financière internationale accorde 100 M USD de financement islamique vert au pôle commercial de Sustainable City-Yiti.

La Sustainable Development & Investment Company (SDIC), coentreprise entre OMRAN et le promoteur SEE Holding, a signé le 30 septembre avec la Société financière internationale (SFI, Banque Mondiale), une facilité de financement islamique vert de 38,5 M OMR (100 M USD). Le financement est exclusivement destiné à « The Plaza », pôle commercial de Sustainable City-Yiti regroupant commerces, restauration, loisirs et équipements collectifs, dont le coût total est estimé à 370 M USD par la SFI. Situé à environ 40 km à l’est de Mascate, le projet s’étend sur 100 hectares et comprend également une marina, des hôtels, des logements et des bureaux. La SFI souligne le potentiel de ce financement pour attirer des capitaux privés internationaux vers Oman via des instruments de finance islamique verte.

Koweït

Jazeera Airways reste fidèle à CFM. La compagnie koweïtienne Jazeera Airways a choisi les moteurs LEAP-1A de CFM International pour neuf Airbus A320neo supplémentaires et élargi son accord de services moteurs. Celui-ci couvre désormais l’ensemble de sa flotte actuelle et future de 29 appareils de la famille A320neo, ainsi que l’achat de moteurs de rechange. Jazeera dispose actuellement de 11 A320neo motorisés par LEAP-1A et doit recevoir 26 nouveaux appareils à partir de 2026, dont 18 A320neo et 8 A321neo. L’accord doit accompagner l’expansion de la flotte et améliorer l’efficacité opérationnelle. Jazeera, qui exploite actuellement 22 appareils, dessert plus de 5 millions de passagers par an et plus de 60 destinations.

Salaires protégés mais salaires surveillés. La Banque centrale du Koweït (CBK) a lancé le Kuwait Wage Protection and Payment System (KWPS). C'est une plateforme nationale qui traite et suit les virements de salaires des employés du secteur privé via les banques locales. L'objectif est de rendre les paiements plus rapides, plus transparents et plus fiables, et de garantir que les salaires sont versés à temps. Elle permet aussi aux autorités de vérifier les paiements et de repérer tôt les employeurs qui ne respectent pas les règles. La CBK gère l'aspect technique et opérationnel. L'Autorité publique de la main-d'œuvre (PAM) contrôle le respect des règles par les employeurs. Le système suit les normes internationales, dont l'ISO 20022, et doit aussi favoriser l'inclusion financière et les paiements électroniques. C'est le troisième dispositif lancé dans le cadre de la deuxième phase du Kuwait National Payment System (KNPS2), après la chambre de compensation automatisée KACH en janvier et le système de gestion des litiges KDMS en février.

Al-Kharafi remporte une manche dans son bras de fer avec la Libye.  Le groupe koweïtien a obtenu gain de cause devant la Cour de justice de Paris, qui a rejeté le dernier appel de la Libye. Il peut donc continuer à saisir des actifs de la National Oil Corporation (NOC), la compagnie pétrolière d'État libyenne, en France. Cela inclut ses participations dans des coentreprises avec TotalEnergies. Le groupe réclame une indemnité qui atteint 960,2 M USD avec intérêts. Le litige remonte à un projet annulé : la Libye avait mis fin à la licence de construction en 2010, après qu'Al-Kharafi eut refusé un autre site. La stratégie a changé en 2022, quand un tribunal français a jugé que la NOC était une extension de l'État libyen, donc saisissable. En juillet 2025, Al-Kharafi a été autorisé à viser les parts de la NOC dans ses coentreprises avec TotalEnergies. La Libye garde toutefois d'autres recours possibles.

Les koweïtiens dépensent malgré les turbulences. Les dépenses réalisées à l’étranger par les Koweïtiens et les résidents ont atteint 959,1 M KD (≈3,14 Mds USD) sur les trois mois d’été, de juin à août 2026. Plus de 42,7 M d’opérations de paiement et de retrait ont été enregistrées, soit une moyenne de 10,4 M KD par jour. Les paiements par carte aux points de vente à l’étranger représentent 490,3 M KD, via 25,8 M de transactions. Les achats en ligne et les retraits en espèces complètent les dépenses. Cette forte consommation extérieure intervient malgré les tensions géopolitiques régionales et les perturbations du trafic aérien durant l’été.

NdLR : Le niveau élevé des dépenses à l’étranger, malgré les incertitudes régionales, suggère que le contexte ne conduit pas les ménages koweïtiens à perdre la confiance, à réduire fortement leur consommation ou à privilégier davantage l’épargne.

La Bourse du Koweït a absorbé le choc régional. La capitalisation de la Bourse du Koweït a 52,58 Mds KD, contre 52,16 Mds KD fin juin (progression de 423 M KD). Les principaux indices ont également progressé : + 3,99 % pour l’indice Main 50, + 0,94 % pour le Premier Market, + 0,84 % pour l’indice général et + 0,37 % pour le Main Market. Les échanges ont représenté 5,82 Mds KD de liquidités, pour 22,11 Mds d’actions et près de 1,5 million de transactions. Huit secteurs ont progressé, avec une forte hausse de la santé (+41,33 %), tandis que l’assurance a reculé de 10,61 %. Sur les neuf premiers mois de 2026, le bilan reste toutefois plus contrasté : la capitalisation demeure 1,14 % sous son niveau de fin 2025, tandis que l’indice général recule de 1,44 %.