À l’occasion de la publication des comptes annuels de l’Espagne le 18 septembre 2026, l’Institut national de statistiques espagnol (INE) a effectué des révisions de la série de PIB entre 2023 et 2025 par rapport à la première publication des comptes annuels en mars (cf. graphique 1). Ces révisions sont dues à la mise à jour de données sur le commerce extérieur, l’exécution budgétaire des administrations publiques et les comptes économiques de l’agriculture, et à l’intégration de nouvelles sources d’information, comme les statistiques structurelles sur les entreprises, l’enquête annuelle sur le coût de la main-d’œuvre ou l’enquête sur le budget des familles.

Graphique 1 : Révisions du PIB espagnol par composante − au T2 2026 en écart par rapport au T4 2019 −

Suite à ces ajustements, la croissance annuelle s’élève à +2,4 % en 2023 (revue de −0,1 pt), +3,7 % en 2024 (revue de +0,2 pt) et +2,6 % en 2025 (revue de −0,2 pt). La croissance sur le 1er semestre 2026 est inchangée, avec un acquis à +2,2 %. L’écart au 4e trimestre 2019 est légèrement revu à la baisse de −0,2 pt (à +11,9 pts, contre +12,1 pts précédemment).

Parmi les principales composantes de la demande, l’investissement a été revu à la hausse (+0,2 pt), ainsi que dans une moindre mesure la consommation publique (+0,1 pt), tandis que le commerce extérieur a été revu à la baisse (−0,3 pt), en cumulé depuis le T4 2019 (cf. graphique 1 et 2). La consommation privée est quasi inchangée. La révision à la hausse de l’investissement est portée par la révision de l’investissement en équipement (qui se situe, au T2 2026, +9,5 pts au-dessus de son niveau du T4 2019, contre +6,6 pts avant révision), et de l’investissement en propriété intellectuelle (+54,6 pts au-dessus de son niveau de fin 2019, contre +47,9 pts avant révision), en cohérence avec la montée en puissance du capital immatériel et le développement d’activités et de services à plus forte valeur ajoutée liés notamment à la transition numérique. L’investissement en construction a également été revu à la hausse, sous l’effet de la révision de l’investissement en construction non résidentielle (+18,1 pts au-dessus de son niveau de fin 2019, contre +16,4 pts avant révision), qui a bénéficié des plans d’investissement mis en œuvre ces dernières années dans le cadre du PNRR, notamment pour la réhabilitation de bâtiments administratifs, l’extension de voies ferrées ou la modernisation du réseau d’irrigation. L’investissement en construction résidentielle a en revanche été fortement revu à la baisse, puisque qu’il s’établit, au T2 2026, +6,8 pts au-dessus de son niveau du T4 2019, contre +10,5 pts avant révision. Cette révision s’explique principalement par la hausse de l’indice des prix des actifs immobiliers, qui conduit à attribuer une plus grande part de la progression de l’investissement à la hausse des prix et, en contrepartie, à réduire sa progression en volume.

Graphique 2 : Effets des révisions sur l'évolution de la contribution des composantes du PIB entre le T4 2019 et le T2 2026

Cette révision à la hausse de l’investissement n’a pas totalement compensé la révision à la baisse du commerce extérieur, sous l’effet d’une révision à la hausse des importations supérieure à celle des exportations.

Dans l’ensemble, les données révisées font apparaître une croissance exclusivement portée par la demande intérieure, avec une contribution plus équilibrée entre consommation et investissement. La demande publique, soutenue notamment par le PNRR, a contribué à cette dynamique et à la réorientation progressive de l’économie espagnole vers des activités et services à plus forte valeur ajoutée.