Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 21 septembre 2026
La Banque centrale baisse son taux à 23% ; Excédent de balance courante de 7,5 Md USD ; Importations de carburant en baisse ; TotalEnergies développement du champ gazier d'Ima ; NSIA fonds de 300 M USD pour les énergie renouvelables ; Le Nigeria et les États-Unis ont signé un MoU secteur minier ; La Commission renforce le contrôle des cartes SIM. La Banque du Ghana maintient taux à 14,0% ; Renforcement de politique de conformité TVA ; Retour progressif sur les marchés internationaux.
LE CHIFFRE À RETENIR
1,75 M
Le nombre de barils de pétrole brut produits par jour par le Nigeria au mois d'août, selon l'OPEP
Nigeria
La Banque centrale du Nigeria baisse son taux directeur à 23%, après 26,5%
Le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque centrale du Nigeria (CBN) s’est réuni les 21 et 22 septembre 2026 et a décidé d’abaisser son taux directeur de 26,5% à 23%. Le ratio des réserves obligatoires (CRR) des banques commerciales a été maintenu à 45% et celui des banques d’affaires à 16%. Le corridor monétaire a lui été révisé, se resserrant davantage autour du taux directeur, à +50/-300 pdb, après +50/-450 pdb.
Cette baisse du taux directeur de 350 pdb est la plus importante depuis le début du cycle de resserrement de la politique monétaire engagé en 2023, qui a porté le taux directeur jusqu’à 27,5% en novembre 2024. Deux abaissements de -50 pdb ont eu lieu en septembre 2025 (27%) puis en février 2026 (26,5%). Cette baisse intervient après une reprise de l’inflation au T1-2026 qui a atteint 15,9% en mai avant de diminuer de nouveau et s’établir à 15,4% pendant deux mois consécutifs en juillet et en août.
Le MPC considère que cette baisse ne compromettra pas la tendance désinflationniste (15,4% en août 2026 après 33% en 2024) grâce aux fondamentaux macroéconomiques du pays. Elle mentionne, en sus de la baisse de l’inflation, l’amélioration des réserves de change (54,7 Md USD en septembre 2026) ainsi que la hausse des excédents de la balance de paiements et du compte courant au T2-2026.
Pour la CBN, il ne s’agit pas d’un assouplissement monétaire classique mais plutôt d’un réajustement visant à aligner le taux directeur sur les taux en vigueur sur le marché monétaire nigérian. Le taux interbancaire avoisine les 22% depuis février 2026, soit la borne inférieure du corridor. La CBN envisage cette décision comme un recalibrage opérationnel visant à consolider la primauté du taux directeur et à renforcer la transmission de sa politique monétaire.
Les perspectives sont positives selon la CBN tant sur la croissance que l’inflation qui devrait continuer de baisser à court et moyen termes. La prochaine réunion du CPM aura lieu les 23 et 24 novembre 2026 et permettra d’évaluer l’effet du réajustement du corridor.
Évolution du taux directeur de la Banque centrale du Nigeria depuis septembre 2023
Source : Central Bank of Nigeria
Clef de lecture : Le taux directeur de la CBN (courbe noire) est de 23%, le corridor monétaire (aire bleu clair) est de -300/+50pts.
Le Nigeria enregistre un excédent de balance courante de 7,5 Md USD au deuxième trimestre
Dans son dernier rapport sur la balance des paiements, la CBN rapporte que la balance courante enregistre un excédent de 7,5 Md USD au T2-2026. Cela porte à 12 Md USD l’excédent de la balance courante sur les deux premiers trimestres de 2026, après 8,6 Md USD en 2025 sur la même période, soit +40%.
Comparant ces résultats avec le deuxième trimestre 2025, la balance des biens était particulièrement excédentaire (10 Md USD après 4,8 Md USD), tirée par des exportations qui ont augmenté de 35% et des importations légèrement à la baisse (-1%). La balance des revenus secondaires, qui comprennent les transferts de la diaspora s’est établie à 6,3 Md USD, en hausse de 10% comparé à 5,7 Md USD.
Ces balances en excédent ont permis de plus que compenser les balances des services et des revenus primaires, structurellement déficitaires. Le déficit de balance des services était de -4,6 Md USD, soit +27% par rapport au T2-2025 (-3,6 Md USD) et celui des revenus primaires s’établissait à -4,2 Md USD, soit une hausse de 144% (- 1,7 Md USD au T2-2025).
Selon la CBN, les principaux facteurs ayant contribué à une augmentation de l’excédent de la balance courante sont : une hausse des exportations pétrolières, notamment de pétrole raffiné et de gaz, des exportations non-pétrolières et une baisse des importations de pétrole brut.
Les importations de carburant en baisse en août, représentant 29% de l’approvisionnement total
Selon les données de l’autorité de régulation pétrolière intermédiaire et en aval du Nigeria (NMDPRA), les importations de carburant en août représentaient 14,6 M litres par jour, une baisse de 26% par rapport à juillet (19,7 M litres par jour). Cette baisse du volume de l’approvisionnement par l’importation, s’accompagne aussi d’une hausse de l’approvisionnement par les raffineries locales qui est passé de 25,8 M litres par jour en juillet à 35,9 M litres par jour en août, soit +39%.
Le volume total d’approvisionnement en carburant au mois d’août s’élevait à 50,5 M litres par jour, après 45,5 M litres par jour en juillet. Les importations représentaient alors 29% de l’approvisionnement total en août.
La part de l’approvisionnement issue du raffinage domestique a ainsi atteint 71% en août, après 57% en juillet et 64% en juin, toujours en deçà des niveaux atteints notamment en février 2026 (91%) ou en avril 2026 (92%). Le niveau d’approvisionnement local en carburant était nul avant le début des activités de la raffinerie Dangote en septembre 2024 et croît depuis (14% en moyenne en 2024, 41% en 2025 et 75% à ce jour en 2026).
Évolution de l’approvisionnement mensuel en carburant, importations vs production locale
Source : NMDRPA
Clef de lecture : En août 2026, l’approvisionnement total en carburant était de 50,5 M litres par jour (courbe noire), les importations étaient de 14,6 M litres par jour (en bleu clair) et l’approvisionnement en production locale de 35,9 M litres par jour (en bleu foncé).
TotalEnergies lance le développement du champ gazier d'Ima
TotalEnergies (40%, opérateur) et son partenaire nigérian AMNI (60%) ont pris la décision finale d'investissement pour le développement du champ gazier d'Ima, situé sur les licences offshore OML 112 et 117 au large du Nigéria. Situé en eaux peu profondes à proximité de l'île de Bonny, le champ gazier d'Ima sera développé à partir d'une plateforme unique, connectée à Nigeria LNG par un gazoduc de 22 km. Le démarrage de la production est attendu en 2028, avec un plateau de 350 M de pieds cube par jour. Une fois en production, le champ d'Ima fournira environ un tiers du gaz nécessaire au projet d'expansion « Train 7 » de Nigeria LNG, en cours de réalisation, qui portera la capacité de l'usine de liquéfaction de 22 à 30 Mt par an.
D’après la Présidence nigériane, le projet d’investissement s’élève à 800 M USD.
Lancement par la NSIA d’un nouveau fonds de 300 M USD pour soutenir le déploiement des énergie renouvelables off-grid
En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA) a annoncé le lancement d’un fonds dédié aux énergies renouvelables décentralisées (DRE Fund) d'un montant de 300 M USD. Ce fonds permettra d'accroître les investissements dans les énergies renouvelables décentralisées et d'élargir l'accès à l'électricité, en particulier dans les communautés isolées et mal desservies. Cette initiative vise également à attirer des capitaux vers des solutions hors réseau destinées aux ménages, aux entreprises et aux industries.
La NSIA, Africa50 et « Énergie durable pour tous » (SEforALL) pilotent cette initiative avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale.
Le Nigeria et les États-Unis ont signé un MoU pour renforcer leur coopération dans le secteur minier
En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre du Développement des minéraux solides, Dele Alake, et le secrétaire d'État adjoint américain, Christopher Landau, ont signé un protocole d'accord (MoU) sur le secteur minier. Ce MoU ouvre la voie à une collaboration entre les deux pays dans les domaines des données géologiques et de l'exploration, de l'exploitation et de la transformation des minerais, des infrastructures et des capacités techniques.
La Commission des communications renforce le contrôle des homologations pour les appareils compatibles avec les cartes SIM au Nigeria
La Commission nigériane des communications (NCC) renforce le contrôle du respect des exigences d’homologation pour les appareils de communication compatibles avec une carte SIM. Le dispositif repose sur un Système de gestion des appareils (DMS), dont le déploiement est encadré par les « Règles d’homologation des équipements », publiées en 2024, et un registre central des identifiants « Identité internationale de l’équipement mobile » (IMEI), permettant d’identifier les appareils conformes, non conformes ou importés illégalement. À terme, tout appareil compatible avec une carte SIM devra être enregistré avant sa commercialisation au Nigeria, les appareils non enregistrés ne pouvant pas fonctionner sur les réseaux nigérians. La première phase, annoncée en septembre 2026, prévoit notamment l’enregistrement des stocks existants et une collaboration avec les douanes, les fabricants et les importateurs.
Ghana
La banque du Ghana maintient son taux directeur à 14% face à des risques jugés équilibrés
À l’issue de la 132e réunion de son Comité de politique monétaire (MPC), la Banque du Ghana (BoG) a maintenu à l’unanimité son taux directeur à 14,0%, pour la troisième réunion consécutive depuis la baisse de 150 pdb décidée en mars. Le Comité juge les risques pesant sur l’inflation et la croissance globalement équilibrés. D’un côté, l’activité reste soutenue et les pressions inflationnistes sous-jacentes continuent de se modérer ; de l’autre, la remontée récente de l’inflation et la dégradation de l’environnement international appellent à la prudence.
Le contexte extérieur s’est en effet tendu avec la prolongation du conflit au Moyen-Orient, qui perturbe les échanges et maintient les cours énergétiques à des niveaux élevés : le prix du baril de Brent est passé d’environ 85 USD lors du précédent MPC en juillet à environ 107 USD en septembre. L’appréciation du dollar et le durcissement des conditions financières mondiales accentuent par ailleurs les pressions sur les économies émergentes. Pour le Ghana, ces évolutions ont des effets contrastés : les cours élevés de l’or soutiennent les recettes d’exportation, tandis que le renchérissement de l’énergie alourdit la facture d’importation.
Au premier semestre 2026, les recettes aurifères ont augmenté de 49%, même si la hausse est presque entièrement imputable à l’effet-prix. Les importations pétrolières ont pour leur part progressé de 47,5% en glissement annuel sur les huit premiers mois de l’année, atteignant 4,8 Md USD. Malgré cette hausse de la facture énergétique, l’excédent commercial s’est renforcé à 8,9 Md USD sur la période, après 6,7 Md USD un an plus tôt, porté notamment par les exportations d’or.
Cet excédent commercial élevé ne s’est toutefois pas traduit par une accumulation continue des réserves internationales brutes, qui ont baissé de 12,9 Md USD fin juin à 11,1 Md USD fin août, soit un recul de 14,5% en deux mois et de 21,8% depuis fin mars ; leur couverture des importations passant de 5,0 à 4,2 mois. La BoG anticipe un déficit du compte courant au troisième trimestre, qu’elle attribue au ralentissement des exportations d’or et à l’augmentation des paiements de services.
La situation s’est néanmoins partiellement redressée en septembre. Les réserves ont toutefois rebondi à 12,1 Md USD au 22 septembre, soit 4,5 mois d’importations, alors que GoldBod venait de reprendre d’importantes exportations, contribuant à reconstituer les réserves. Ce rebond intervient parallèlement à une réorganisation du dispositif de GoldBod : depuis août, l’agrégation n’est plus financée par l’intermédiation de la BoG et, depuis septembre, l’or des agrégateurs autofinancés doit être raffiné localement avant exportation. À l’approche du quatrième trimestre, la reconstitution des réserves reste une priorité, la demande de devises augmentant traditionnellement pour financer les importations précédant les fêtes de fin d’année.
Sur le plan intérieur, l’inflation totale est passée de 4,6% en juillet à 5,0% en août en glissement annuel, restant sous la borne basse de la cible de moyen terme de la banque centrale (8 ±2%). Cette remontée provient principalement de l’inflation hors alimentation, passée de 6,1% à 6,8%, notamment sous l’effet des ajustements des tarifs publics et des cours élevés du pétrole. Les tensions sous-jacentes continuent toutefois de se modérer : la mesure d’inflation sous-jacente de la BoG, excluant l’énergie et les tarifs publics, s’est repliée de 4,3% à 4,2%.
Enfin, l’activité demeure parallèlement soutenue : le PIB réel a progressé de 6,0% en glissement annuel au deuxième trimestre et l’indice composite d’activité économique de la BoG de 14,9% en juillet. Le crédit au secteur privé a augmenté de 35,5% en août, tandis que le taux débiteur moyen des banques est revenu à 15,9%, après 24,2% un an auparavant.
L’Office des recettes du Ghana renforce sa politique de conformité à la TVA
Le 23 septembre, l’Office des recettes du Ghana (Ghana Revenue Authority ; GRA) a lancé une campagne nationale visant à renforcer la conformité à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), alors qu’elle ne recense actuellement qu'environ 60 000 contribuables actifs à la TVA. Cette initiative s’appuie sur une réforme majeure du régime de TVA, entrée en vigueur le 1er janvier 2026 dans le cadre de la Value Added Tax Act, 2025 (Act 1151). Cette réforme a simplifié le calcul de la TVA, relevé à 750 000 GHS le seuil d’assujettissement pour les entreprises vendant des biens, aboli le régime de taux forfaitaire (VFRS) et réduit le taux standard à 20,0%.
La campagne privilégie la sensibilisation et l’accompagnement des entreprises pour encourager la conformité volontaire, avec des audits ciblés pour vérifier l’émission systématique de factures TVA. À partir d’octobre 2026, une campagne de vérification nationale sera menée auprès des entreprises enregistrées, avec des mesures coercitives pour les possibles récalcitrants. Parallèlement, la GRA a accéléré le déploiement de dispositifs électroniques fiscaux (EFD) pour un suivi en temps réel des transactions. Cette initiative s’inscrit dans un programme national d’éducation fiscale (2025–2028), dont la phase 2026–2027 vise à élargir les actions de sensibilisation.
Vers un retour progressif du Ghana sur les marchés internationaux
Le 23 septembre 2026, le Président Mahama a sonné la cloche de clôture du Nasdaq à New York, un geste destiné à renforcer la visibilité du Ghana auprès des investisseurs internationaux dans un contexte d’amélioration de ses fondamentaux macroéconomiques et de sa soutenabilité de la dette. Cette amélioration s’est notamment traduite, en juillet 2026, par le reclassement par le FMI du risque de surendettement du Ghana de « élevé » à « modéré ».
Le retour sur les marchés internationaux de capitaux devrait néanmoins rester progressif, le scénario du Fonds reposant sur un rétablissement graduel de l’accès au marché tandis que les besoins de financement demeurent importants. La cérémonie du Nasdaq s’inscrit ainsi dans cette dynamique de normalisation financière et contribue à préparer le retour du Ghana sur les marchés internationaux.