Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Cap sur les émergents

Après plusieurs années dominées par la surperformance des actifs américains, l’allocation géographique des capitaux émiriens commence à se rééquilibrer au profit de certaines économies émergentes. Avec 63,4 Md USD d’IDE sortants en 2025 et un stock désormais estimé à 402,7 Md USD, (et 318,9 Md USD d’IDE entrants), les EAU consolident leur position d’investisseur net en IDE et de 9e investisseur mondial en termes de flux d’IDE sortants en 2025. Les fonds souverains constituent les principaux vecteurs de cette dynamique, en mobilisant une part croissante de leurs capacités d’investissement vers les marchés émergents et les secteurs stratégiques qui y accompagnent la croissance. Cette internationalisation prolonge à l’extérieur le modèle de hub qui structure l’économie émirienne et contribue à sa diversification, en donnant aux acteurs nationaux accès à des marchés à forte croissance ainsi qu’à des actifs intégrés aux chaînes de valeur internationales.

Le différentiel de croissance avec les économies avancées renforce l’intérêt de cette géographie, mais explique seulement une partie de l’orientation des capitaux émiriens. Le FMI prévoit dans son WEO de juillet une croissance de 3,8 % dans les économies émergentes et en développement en 2026, contre 1,7 % dans les économies avancées, avec une hausse particulièrement soutenue en Asie. Les pays asiatiques en développement ont attiré 644 Md USD d’IDE en 2025 (selon l’UNCTAD), soit plus de 70 % des flux à destination des économies en développement. Pour les investisseurs émiriens, ces marchés permettent surtout de prendre position en amont de leur développement, à un stade où les besoins de financement restent élevés et où l’accumulation de capital productif ouvre des opportunités d’investissement de long terme.

Cette logique intervient dans un environnement mondial où les capitaux se concentrent eux-mêmes sur un nombre plus limité de marchés et de secteurs. Les vingt premières économies récipiendaires ont capté plus de 80 % des IDE mondiaux en 2025 et les secteurs stratégiques liés notamment aux infrastructures numériques, aux semi-conducteurs, aux minerais critiques et à la transition énergétique ont représenté 44 % de la valeur des projets greenfield, contre 16 % en 2020. La géographie des investissements émiriens est en partie arrimée à cette évolution, avec une concentration croissante sur des économies disposant d’un marché domestique profond ou d’actifs directement intégrables aux chaînes de valeur internationales.

L’Inde constitue l’exemple le plus abouti de cette logique, à la fois financière et infrastructurelle. Les IDE cumulés des EAU dans le pays atteignaient c. 25,3 Md USD à fin 2025, faisant des EAU le 7e investisseur étranger en Inde. ADIA y dispose depuis 2024 d’une implantation à GIFT City et a engagé 1 Md USD dans le National Investment and Infrastructure Fund. L’exposition émirienne s’étend parallèlement aux infrastructures qui accompagnent directement l’expansion du commerce indien. DP World construit ainsi dans le Gujarat un nouveau terminal de 510 M USD, doté d’une capacité annuelle de 2,19 millions d’EVP, connecté aux réseaux routiers et ferroviaires de l’arrière pays indien. Le groupe a consacré 3,1 Md USD à ses investissements internationaux en 2025, avec parmi ses principaux projets l’Inde, l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Cette complémentarité entre capital souverain et déploiement des champions nationaux constitue l’une des caractéristiques de la stratégie émirienne dans les économies émergentes. L’entrée dans un marché constitue souvent un point de départ pour élargir ensuite la présence émirienne à d’autres segments de la chaîne de valeur. Un investissement portuaire peut ainsi déboucher sur des activités de logistique, de stockage ou de développement de zones industrielles ; les investissements énergétiques ou miniers peuvent soutenir les besoins futurs des groupes industriels installés aux EAU. Cette approche s’appuie enfin sur des partenariats institutionnels, à l’image de l’accord conclu entre ADQ et l’IFC sur les marchés émergents ou du partenariat avec le fonds souverain vietnamien SCIC, qui facilitent l’identification des projets, réduisent une partie des risques liés à l’entrée sur ces marchés et inscrivent les investissements dans des relations économiques bilatérales plus durables.

L’enjeu pour les EAU dépasse ainsi la seule diversification financière de leurs portefeuilles. Les investissements dans les économies émergentes contribuent à prolonger à l’international la transformation du modèle émirien, en donnant aux acteurs nationaux accès aux marchés où se concentre une part croissante de la demande mondiale et aux actifs qui accompagnent cette croissance. Cette sélectivité permet aux EAU de conjuguer rendement et position économique de long terme dans des économies appelées à conserver un poids croissant dans la croissance mondiale.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

 

Brèves économiques 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

La Banque centrale des EAU a interdit à toutes les succursales de la Bank Melli Iran opérant dans le pays d'effectuer des transactions financières à destination et en provenance de l'Iran, y compris des opérations de financement du commerce et des transferts de fonds. Ces mesures ont été imposées conformément à l'article 168-1-C du décret-loi fédéral n° 6 de 2025 relatif à la Banque centrale, à la réglementation des institutions et activités financières ainsi qu'au secteur des assurances.

XRG envisage de prendre une participation dans LNG Canada, projet de 14 Mt/an valorisé autour de 40 Md CAD (28,5 Md USD), notamment via un rachat potentiel d’une partie des 15 % détenus par PetroChina. Le consortium étudie par ailleurs un doublement de capacité, dans le cadre de l’ambition de XRG de devenir l’un des cinq premiers fournisseurs mondiaux de gaz et de pétrochimie.

La Banque centrale des EAU a donné son accord préliminaire au rachat par la National Bank of Egypt des cinq agences émiriennes de Banque Misr, dans le cadre d’une réorganisation de leur présence locale. Cette décision intervient après la proposition du Trésor américain du 28 août dernier de fermer trois comptes de correspondance en USD de Banque Misr UAE, accusée par Washington de servir de relais à des flux financiers iraniens.

Energie, Infrastructure & Industrie

Microsoft confirme ses projets d’investissement dans le Golfe malgré la crise. Microsoft prévoit d'investir plus de 10 Md USD aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Qatar et au Koweït d'ici à 2030, notamment dans des infrastructures de cloud et d'intelligence artificielle, a déclaré mercredi un haut dirigeant de l'entreprise. Le président de Microsoft, Brad Smith, a déclaré : « Nous maintenons tous les investissements prévus avant le début de ce conflit et nous les renforçons même. Il s’agit d’un programme de dépenses ambitieux ». 

Masdar freine sur les projets d’hydrogène. Masdar s'est retiré d'un projet d'hydrogène vert de 600 M EUR prévu en Autriche, revenant ainsi sur un accord qui lui aurait conféré une participation de 49 % aux côtés du groupe énergétique autrichien OMV. Masdar devait investir plusieurs centaines de millions d'euros dans ce projet, annoncé en novembre dernier. OMV a attribué ce retrait à des « changements stratégiques à Abu Dhabi ». Cette annonce fait suite à l’annulation par Masdar du projet d’usine d’hydrogène de 100 MW destinée à Emsteel le mois dernier.

Lindt attendra avant d’ouvrir sa maison du chocolat à Dubaï. Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli a mis en attente son projet d'implantation à Dubaï de sa « House of Chocolate », un concept mêlant musée et boutique, en invoquant la « situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient ». L'ouverture était prévue pour le second semestre 2028, bien que les travaux n'aient pas encore débuté. Le président du groupe, Ernst Tanner, avait précédemment indiqué qu'il avait fallu deux ans pour parvenir à un accord avec les autorités.

Les EAU cherchent à s’intégrer au projet de développement de l’aéroport de Damas. Dnata cherche à obtenir un contrat exclusif pour la gestion et l’exploitation des services à l’aéroport international de Damas, d’après Al Bayan, citant son PDG, Nabil Sultan. Le prestataire de services aéronautiques basé aux Émirats arabes unis a envoyé une délégation à Damas afin de discuter d’investissements potentiels et d’un modèle d’exploitation avec les autorités syriennes. L’aéroport fait déjà l’objet d’un vaste projet de réaménagement (4 Md USD) dans le cadre d’un contrat de concession avec la société qatarienne UCC Holding.

Les EAU renforcent leur connectivité ferroviaire. Etihad Rail Freight et AD Ports Group ont lancé un service ferroviaire direct reliant les terminaux de Fujairah à la Industrial City of Abou Dhabi (ICAD). Le terminal de fret de l’ICAD est physiquement relié au réseau ferroviaire national depuis 2022. Toutefois, ce nouveau système permettra aux entreprises de réserver le transport de leurs marchandises directement vers l’ICAD, qui servira à la fois de destination finale et de point de dédouanement.

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

L’OCDE anticipe une contraction de 1,8 % g.a. du PIB pour 2026. L’OCDE a révisé à la baisse ses perspectives de croissance pour l’Arabie Saoudite en 2026 de 3,2 % à -1,8 %, avant un rebond attendu à 4,1 % en 2027. La reprise prévue en 2027 demeure d’abord conditionnée à une normalisation des marchés énergétiques. L’inflation resterait contenue à 1,8 % en 2026 et 2,1 % en 2027.

L’Arabie saoudite confirme la fin de sa participation au projet de monnaie numérique mBridge dirigée par la Chine.  La Banque centrale saoudienne (SAMA) a annoncé avoir quitté le projet mBridge, une plateforme de paiements transfrontaliers en monnaies numériques de banque centrale, après l’achèvement de sa phase expérimentale en mai 2025. La Chine, cofondatrice de mBridge, poursuit son développement avec Hong Kong, la Thaïlande et les Émirats arabes unis, dans l’objectif de faciliter les règlements internationaux en monnaies numériques et de réduire la dépendance aux circuits de paiement traditionnels dominés par le dollar.

Le PIF lance une plateforme de financements des chaines d’approvisionnement. Le Public Investment Fund a annoncé le lancement de Tawrid, une plateforme numérique de financement des chaînes d’approvisionnement. Celle-ci a pour vocation de mettre en relation acheteurs, fournisseurs et établissements financiers afin de permettre notamment le paiement anticipé de factures approuvées. Destinée en particulier aux PME, elle vise à améliorer la trésorerie des entreprises, à faciliter leur accès au financement et à renforcer les chaînes d’approvisionnement locales. La plateforme a déjà conclu des accords avec plusieurs banques, dont Saudi National Bank et Saudi Fransi. Tawrid s’inscrit ainsi dans la stratégie du PIF visant à accroître la participation du secteur privé à ses projets et à diversifier les services financiers saoudiens.

La SAMA relève ses taux directeurs de 25 points de base. La Banque centrale saoudienne (SAMA) a relevé ses taux directeurs portant son taux repo à 4,5% et son taux reverse repo à 4%, dans le sillage du resserrement monétaire américain. Cette décision, destinée à préserver la stabilité monétaire et l’ancrage du riyal au dollar, devrait accroître le coût du financement bancaire et peser sur les conditions de crédit dans le Royaume.

Energie, Infrastructure & Industrie 

Alstom remporte un contrat de 22 M EUR auprès de SAR pour la maintenance de sa flotte de fret — Saudi Arabia Railways (SAR) a attribué à Alstom un contrat de 22 M EUR sur cinq ans pour assurer des services de support destinés à maintenir la fiabilité et les performances opérationnelles de sa flotte de fret circulant sur le corridor ferroviaire Nord-Sud. Cette ligne relie les sites miniers du nord du Royaume aux installations de traitement et aux points d’exportation. Elle transporte actuellement environ 13,5 millions de tonnes de marchandises par an et constitue un axe important pour les activités minières, industrielles et logistiques du Royaume.

Voitures électriques : Ceer lance ses deux premiers véhicules électriques en Arabie saoudite — Le prince héritier a lancé les deux premiers modèles de Ceer, une berline et un SUV baptisés Exobot. Créée en 2022 par le PIF, la marque automobile saoudienne prévoit de lancer sept modèles au cours des cinq prochaines années, qui seront produits dans le complexe industriel de Ceer, présenté comme le plus grand site de production automobile du Moyen-Orient. À l’horizon 2034, Ceer prévoit de contribuer à hauteur de plus de 8 Md USD au PIB saoudien.

Le saoudien Alyamama remporte le contrat d’infrastructures d’un campus de data centers IA de 6 GW à Riyad — La société de construction saoudienne Alyamama a remporté un contrat pour développer les infrastructures d’un campus de data centers dédiés à l’intelligence artificielle, d’une capacité prévue de 6 GW à Riyad. Le projet comprend notamment les infrastructures électriques, hydrauliques et d’assainissement, ainsi que les infrastructures routières et les réseaux de câbles et de fibre optique nécessaires au fonctionnement du campus. Le campus sera développé sur un site de 24 km² à l’est de Riyad, en deux phases et sur six parcelles de 1 GW chacune.

Qatar

Le Qatar Economic Forum 2026, délocalisé à New York et organisé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a réuni les principaux acteurs de l’écosystème qatarien de l’investissement autour de l’attractivité du pays et de la diversification économique. La Qatar Free Zones Authority (QFZ) y a notamment organisé avec Invest Qatar, l’agence de promotion des investissements, et le Qatar Financial Center un espace dédié aux investisseurs.Elle y a signé plusieurs accords stratégiques pour localiser des capacités industrielles et de services spécialisés dans les zones franches, notamment dans l'énergie, l'industrie et les infrastructures. Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie du Qatar visant à attirer les IDE, développer des activités à plus forte valeur ajoutée et renforcer son positionnement comme hub régional.

Le Pakistan a obtenu auprès de l’Iran un passage sécurisé par le détroit d’Ormuz pour une nouvelle cargaison de GNL en provenance du Qatar. Le navire, chargé fin juin à l’usine de production de Ras Laffan, a franchi le détroit durant le week-end et devait arriver au terminal pakistanais le 22 septembre. Il s’agit de la deuxième livraison de GNL qatarien au Pakistan ce mois-ci.

La Qatar Investment Authority (QIA) et la branche « Asset Management » de la banque américaine J.P. Morgan ont signé, à New York, un protocole d'accord établissant un partenariat stratégique de 20 Mds USD. Celui-ci se décline en deux volets : un portefeuille de 15 Mds USD en actions cotées, destiné aux objectifs d'investissement de long terme de la QIA, et une enveloppe de 5 Mds USD dans les marchés privés, ciblant les entreprises de taille intermédiaire aux États-Unis.

Le Qatar a émis 3 Mds USD d'obligations internationales, une première cette année, en deux tranches à 5 et 10 ans. Les souscriptions ont atteint 7,7 Mds USD, avec des spreads allant de 55 à 65 points de base au-dessus des obligations américaines. Cette émission doit compenser l'effondrement des recettes gazières causé par le blocage du détroit d'Ormuz. La Banque centrale du Qatar (QCB) a également émis 400 M QAR (~ 110 M USD) d'obligations sur le marché domestique en deux tranches : une première tranche de 250 M QAR à échéance septembre 2028 (rendement de 4,90 %) et 150 M QAR à échéance août 2031 (rendement de 5,30 %). La demande a atteint 4 Mds QAR, soit dix fois le montant émis.

L'agence de promotion des investissements du Qatar (Invest Qatar) a signé un partenariat stratégique avec Apex Group, prestataire mondial de services financiers. L'objectif est de développer au Qatar les services d'administration de fonds ou « asset servicing » (comptabilité, valorisation, conformité), et d'en faire un hub régional de la gestion d'actifs.

 

Oman

Le Sultan Haitham bin Tarik signe en Angola un ensemble d’accords et de protocoles d’une valeur totale annoncée de plus de 1,5 Md USD. Après une étape au Botswana (16-17 septembre), marquée par la signature de neuf accords et protocoles, le Sultan s’est rendu en Angola (17-18 septembre). Les deux pays y ont signé cinq accords, huit protocoles d’accord et un programme exécutif, pour une valeur annoncée de plus de 1,5 Md USD, sans ventilation publiée. Les textes portent notamment sur les hydrocarbures, une centrale renouvelable de 500 MW avec un système de stockage par batteries, les services pétroliers, des travaux de réhabilitation sur le réseau d’eau de Luanda par Maabar Investment Company. Ils couvrent également la non-double imposition, le transport aérien et un accord de principe sur la logistique et les industries de défense.

La production pétrolière omanaise progresse de 11,9% sur les huit premiers mois de 2026 et porte la croissance du PIB à 5,1% au deuxième trimestre. Selon le Central national des statistiques et de l’information, le Sultanat d’Oman a produit entre janvier et août 2026 plus de 270 M de barils, contre 241,4 M un an plus tôt, soit une hausse de 11,9%. Les exportations n'augmentent en revanche que de 1,9 %, à 209 M de barils, tandis que le prix moyen de vente du brut omanais progresse de 15,5 %, à 83,3 USD. Le PIB réel a crû de 5,1 % sur un an au deuxième trimestre, contre 3,0 % au premier, la valeur ajoutée pétrolière bondissant de 14,7 %. Le PIB non pétrolier ne progresse lui que de 0,7%.

Les vols entre l’Iran et Mascate sont suspendus depuis le 22 septembre, à la veille de l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines contre les compagnies aériennes iraniennes. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé le 21 septembre que tout pays fournissant du carburant, des services d'escale ou de la billetterie aux compagnies iraniennes s'exposerait à une exclusion du système dollar. Selon l'Organisation iranienne de l'aviation civile, l'aéroport de Mascate n'accepte plus de vols iraniens depuis le 22 septembre. Mahan Air avait déjà suspendu sa liaison Téhéran-Mascate le 17 septembre. L'Autorité omanaise de l'aviation civile ne s'est pas exprimée publiquement à ce stade.

PDO et OQEP attribuent deux contrats de services à Weatherford et à SLB pour soutenir la hausse de la production. Le 21 septembre, Petroleum Development Oman (PDO), premier producteur du pays, a confié à Weatherford le forage de 274 puits sur trois ans dans les champs de Marmul et de Greater Saqr, pour extraire du pétrole ou injecter de l'eau afin de maintenir la pression des gisements. PDO en attend une baisse de ses coûts d'environ 20 %. Le 23 septembre, OQ Exploration and Production (OQEP), filiale du groupe public OQ, a chargé SLB d'agrandir l'installation de traitement de son champ de Bisat et de l'exploiter pendant quatre ans. Ces contrats visent à maintenir la production alors que les réserves de brut ont reculé de 2 % en 2025.

Koweït

ukuk souverains : nouvel outil pour financer l’État koweïtien. Le Koweït a adopté la loi n°90 de 2026, qui encadre l’émission et la négociation de sukuk souverains, des instruments financiers conformes à la charia. L’État pourra désormais recourir à ces titres en complément de la dette classique, en dinars ou en devises et via des offres publiques ou privées. Les sukuk devront être adossés à des actifs publics, conformément aux pratiques internationales. La réforme vise à diversifier les sources de financement de l’État, tout en développant le marché local des capitaux et en élargissant sa base d’investisseurs. Elle intervient après la révision des règles sur la dette publique et le Fonds des générations futures (FGF). Le gouvernement prévoit de privilégier dans un premier temps les émissions de sukuk afin de développer le marché local.

Le Koweït veut faire du crédit la clé du logement. Le Cabinet a approuvé un projet de loi instaurant un nouveau cadre de financement hypothécaire pour les bénéficiaires du système public d’aide au logement. Les citoyens éligibles pourront souscrire des prêts subventionnés ou non subventionnés, ou combiner les deux, sous la supervision de la Banque centrale, avec des durées de remboursement pouvant atteindre 25 ans. Le dispositif permettra de financer l’achat de logements auprès de promoteurs agréés ou leur construction sur des terrains attribués par l’État. Le soutien public sera maintenu via les financements subventionnés et les garanties de la Kuwait Credit Bank en cas de difficultés de remboursement. La réforme vise à faciliter l’accès au logement et à accroître le rôle du secteur privé dans le développement de l’offre. Son efficacité dépendra toutefois de la disponibilité des terrains et des logements, qui reste le principal frein au marché.

1 Md KD de marchés publics attribués. Le Koweït a attribué 154 marchés et appels d’offres pour environ 1,07 Md KD au premier semestre 2026, contre 1,19 Md KD estimés, soit 120,3 M KD d’économies. Le secteur pétrolier représente 475,1 M KD, dont 461,48 M KD pour la Kuwait Oil Company (KOC) à travers trois appels d’offres. Les administrations publiques comptent pour 596,28 M KD, principalement le ministère de l’Électricité, de l’Eau et des Énergies renouvelables (MEWRE), avec 430,4 M KD répartis sur 35 marchés. Les travaux électriques et mécaniques arrivent en tête avec 39 projets, soit 25 % des attributions, devant les projets technologiques et TIC (17 %).

Les banques koweïtiennes reprennent leur souffle au T2. Au deuxième trimestre, les banques koweïtiennes cotées ont enregistré une croissance médiane de 18 % de leur bénéfice net en glissement annuel, contre seulement 1 % au T1. Cette amélioration tient notamment au ralentissement des coûts et à la baisse des provisions des plus petites banques. En revanche, la croissance des revenus opérationnels a ralenti, notamment sous l’effet d’un essoufflement des revenus non financiers. Les marges d’intérêt sont restées faibles, la progression des revenus reposant davantage sur l’expansion des bilans que sur l’amélioration des taux. Les revenus non financiers ont reculé chez les petits acteurs, mais progressé chez les trois grandes banques (NBK, KFH, Boubyan). La qualité des actifs est restée solide, avec des créances douteuses et des coûts du risque en baisse. La croissance des crédits s’est redressée au T2 malgré les tensions géopolitiques, tandis que les dépôts ont ralenti après un T1 exceptionnellement soutenu par les flux publics.

Bahreïn

Sept entreprises ont soumis leur offre pour la prochaine phase de modernisation de l’autoroute Sheikh Jaber Al-Ahmed Al-Sabah. Le projet porte sur l’élargissement de 2 km d’autoroute, avec une chaussée à quatre voies dans chaque sens et des voies de service. Les travaux comprennent également les réseaux de drainage des eaux pluviales, une station de pompage, des infrastructures pour les futurs réseaux, ainsi que la modernisation de l’éclairage et de la signalisation. L’objectif est d’accroître la capacité routière, de réduire la congestion et d’améliorer la sécurité sur cet axe reliant Manama aux zones industrielles. Le projet, dont le coût est estimé à environ 404 M USD, bénéficie notamment d’un prêt de 32,4 M USD du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe.

L’Electricity & Water Authority (EWA) a relancé l’appel d’offres pour les infrastructures marines associées à la future usine de dessalement par osmose inverse de Hawar Island, après une première procédure n’ayant attiré que deux offres fin 2025. Le contrat porte sur la construction d’une prise d’eau de mer d’une capacité de 1 515 m³/h et d’un système de rejet équipé de diffuseurs, avec une date limite fixée au 21 octobre. Plusieurs entreprises bahreïnies et internationales sont attendues, dont Al-Hassanain, Noble Development et HR Wallingford. Le projet s’inscrit dans un programme plus large comprenant l’usine de dessalement, attribuée à la société malaisienne Sparco Engineering, ainsi que deux réservoirs de stockage et des équipements de pompage. L’usine devra produire 1 million de gallons impériaux d’eau potable par jour afin de répondre aux besoins des îles Hawar.