Lettre Agro Japon-Corée du Sud — Septembre 2026
[Japon] Politique – M. Kazuo YANA nommé ministre de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche à la suite du remaniement / Commerce – Progression des exportations agricoles et agro-alimentaires françaises vers le Japon au 1er semestre (+3,3 %) [...] [Corée du Sud] Commerce – Les exportations agricoles et agro-alimentaires françaises vers la Corée du Sud au 1er semestre 2026 progressent de +2,9 % [...]
Lettre AGRO Japon – Corée du Sud
N° 97 - Septembre 2026
L'image du mois :
M. Kazuo YANA nouveau ministre de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche du Japon (copyright MAFF)
Sommaire
Japon
- Politique – M. Kazuo YANA nommé ministre de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche à la suite du remaniement
- Commerce – Progression des exportations agricoles et agro-alimentaires françaises vers le Japon au 1er semestre (+3,3 %)
- Commerce – Au premier semestre, les exportations agricoles japonaises ont augmenté de 10,9 %, atteignant 898 Mds JPY (4,9 Mds EUR)
- Riz - Le gouvernement prévoit de racheter 210 000 tonnes de riz pour reconstituer ses stocks d’urgence
- Fiscalité - Le 1er octobre 2026, dernière étape de la réforme de la fiscalité de la bière
- Séisme – Les dégâts du séisme de Kumamoto s’élèvent à 91,9 Mds JPY (500 M EUR) pour le secteur primaire
- Viande porcine - La viande porcine espagnole se raréfie sur le marché japonais après la fermeture liée à la peste porcine africaine
- Innovation –Un nouvel engrais à enrobage à base de riz
Corée du Sud
- Commerce – Les exportations agricoles et agro-alimentaires françaises vers la Corée du Sud au 1er semestre 2026 progressent de +2,9 %
- Commerce – Les exportations de « K-Food+ » atteignent un sommet de 8,25 Mds USD sur les 7 premiers mois de l’année
- Foncier agricole – Le gouvernement durcit les règles pour remettre les terres non exploitées sur le marché
- SPS – La Corée du Sud se prépare à l’hiver en renforçant ses mesures de lutte contre les maladies animales
- Organisation - Le ministère de l'Agriculture prévoit deux fusions d’agences publiques
- Elevage – Un nouveau pôle industriel pour la production de larves d’insecte
- Viande bovine – Recul de la production et importations attendues à 600 000 t en 2026
- Viande porcine – Recul de la production et hausse de 10% des importations attendus en 2026
Publications
- Pesticides – Résultats de l’enquête 2025 sur l’utilisation des pesticides et leurs résidus dans les produits agricoles japonais
- PFAS – Résultats 2025 des enquêtes sur les PFAS dans les produits agricoles, d’élevage et de la pêche au Japon
Le chiffre à retenir : +3,3 %
Il s’agit de la progression des exportations agricoles et agro-alimentaires françaises vers le Japon au 1er semestre 2026 par rapport à la même période en 2025 (voir infra)
Japon
Politique – M. Kazuo YANA nommé ministre de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche à la suite du remaniement
La Première ministre Sanae TAKAICHI a procédé, le 17 septembre, au deuxième remaniement de son gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2025. Dix des dix-neuf membres du gouvernement ont été remplacés. Parmi ces changements figure le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF) : M. Norikazu SUZUKI est ainsi remplacé par M. Kazuo YANA, jusqu’ici député du Parti libéral-démocrate (PLD) à la Chambre des représentants depuis 2012. Ancien responsable de la section Agriculture et Forêts au sein du PLD, le nouveau ministre s’est exprimé dès sa prise de fonction sur le sujet politiquement sensible du riz. Il a indiqué vouloir reconstituer rapidement les stocks publics pour les ramener à 1 Mt. Ceux-ci se situent actuellement autour de 300 000 t, après la mise sur le marché de près de 590 000 t de riz issues des réserves publiques depuis 2025 dans un objectif de maîtrise de la hausse des prix (cf. infra). La reconstitution des stocks vise à rassurer la profession agricole, qui craint une baisse trop rapide des prix du riz avec l’arrivée de la nouvelle récolte, alors que les stocks privés sont, de leur côté, au plus haut. Le ministre a aussi mis l’accent sur la transformation structurelle de l’agriculture à travers trois objectifs : (i) l’amélioration de la productivité et de la rentabilité, (ii) la consolidation des exploitations et (iii) l’accroissement des exportations avec un objectif de 5 000 Mds JPY (27 Mds EUR) à atteindre d’ici à 2030. MAFF
Commerce – Progression des exportations agricoles et agro-alimentaires françaises vers le Japon au 1er semestre (+3,3 %)
Au 1er semestre 2026, les exportations françaises vers le Japon ont augmenté de +3,3 % par rapport à la même période en 2025, pour atteindre 652 M EUR selon les douanes françaises. Cette bonne performance repose en partie sur la forte hausse des exportations de viande (+34 %), à 48 M EUR sur les six premiers mois de 2026. La viande porcine française a en particulier bénéficié d’un effet de report lié à l’embargo espagnol consécutif aux foyers de Peste Porcine Africaine, avec une hausse de +30 % pour atteindre sur le seul segment 41 M EUR. Les postes suivants enregistrent également une dynamique favorable au 1er semestre avec des ventes en hausse de +30 % pour les chocolats, +16 % pour les légumes cuisinés (+16 %), +7 % pour les préparations alimentaires et +4 % pour les farines (+4 %). A l’inverse, les ventes de vin stagnent et celles de spiritueux reculent de -2 %. Cette contre-performance s’inscrit dans un contexte dégradé sur le marché japonais, marqué par une baisse de -9% de l’ensemble des importations de vins et spiritueux, notamment en raison des contraintes pesant sur le pouvoir d’achat de nombreux ménages japonais. Les exportations de produits laitiers français vers le Japon ont reculé de -8 % dans un environnement concurrentiel accru, notamment de la part des Etats-Unis dont les exportations de beurre ont crû de +235 % (7,4 M EUR), au détriment des exportations françaises en baisse de -23 %, à 8,6 M EUR. Le recul des ventes de fromages est plus mesuré avec une baisse de -5 %, pour s'établir à 32 M EUR. Le premier poste de ventes agroalimentaires françaises demeure les vins avec un montant de 292 M EUR sur le 1er semestre 2026. Trade Data Monitor
Commerce – Au 1er semestre, les exportations agricoles japonaises ont augmenté de +10,9 %, atteignant 898 Mds JPY (4,9 Mds EUR)
Au 1er semestre 2026, dans un contexte de yen faible, les exportations de produits agricoles, forestiers, halieutiques et alimentaires japonais ont augmenté de +10,9 %, atteignant 897,7 Mds JPY (4,9 Mds EUR). Huit des dix principaux marchés, représentant près de 80 % des exportations, ont enregistré des seuils records. L’impact des politiques tarifaires de l’administration Trump sur les ventes agroalimentaires japonaises vers les États-Unis est resté limité, largement du fait de la faiblesse persistante de la devise japonaise. Celles-ci ont atteint 163 Mds JPY (900 M EUR) (+15%), portée notamment par les ventes de poissons, en particulier de sériole, et de thé vert. La Chine, 4e marché du Japon, n'a en revanche enregistré qu'une faible hausse, le marché pâtissant toujours de la suspension de ses importations de produits de la mer japonais. Au global, 23 produits exportés par le Japon ont enregistré des niveaux records. Les exportations de thé vert ont ainsi progressé de 22 Mds JPY (120 M EUR) pour atteindre 48,3 Mds JPY (260 M EUR). Le matcha bénéficie notamment de la tendance en faveur du bien-être en Europe et en Amérique. Les exportations de sériole (buri) ont, quant à elles, augmenté de 17,8 Mds JPY (96 M EUR), à 43,5 Mds JPY (236 M EUR), principalement sous l’effet de la progression des ventes vers l’Amérique du Nord et la Corée du Sud. Si les exportations de coquilles Saint-Jacques et de riz ont crû en valeur, leurs volumes ont en revanche diminué. Malgré ses bons résultats, l'atteinte de l'objectif gouvernemental de 5 000 Mds JPY (27 Mds EUR) d'exportations agricoles d'ici 2030 demeure incertaine compte-tenu en particulier de la vulnérabilité de l’Archipel au changement climatique. L’ancien ministre de l’Agriculture, Norikazu Suzuki, avait ainsi déclaré que le pays devait afficher une hausse moyenne annuelle des exportations de +24,1 % pour atteindre l’objectif. Une projection qui supposerait ainsi une accélération des ventes. Nikkei
Riz - Le gouvernement prévoit le rachat de 210 000 tonnes de riz pour reconstituer ses stocks d’urgence
Le ministère de l’Agriculture entend racheter 210 000 t de riz issu de la récolte 2025, afin de reconstituer les stocks nationaux d’urgence, fortement mobilisés depuis 2024 lors de la crise du riz. Le gouvernement avait libéré 590 000 t, ramenant les réserves à environ 320 000 tonnes, contre un niveau jugé approprié de 1 M t. Selon le ministre de l’Agriculture les approvisionnements devraient rester suffisants malgré ces achats, compte tenu des perspectives favorables pour la récolte 2026. Le gouvernement prévoit de procéder aux rachats par contrats de gré à gré, notamment auprès de JA Zen-Noh, la fédération nationale des coopératives agricoles, et pourrait accroître les volumes en fonction de l’évolution de l’offre et de la demande. La quantité initialement prévue dans le budget 2026 était de 150 000 tonnes. Selon le ministère, le relèvement de l’objectif à 210 000 tonnes, soit 60 000 tonnes supplémentaires, ne nécessiterait pas de financement additionnel du fait de la baisse récente des prix du riz. Japan Times
Fiscalité - Le 1er octobre 2026, dernière étape de la réforme de la fiscalité de la bière
Au Japon, la fiscalité des boissons de type bière était historiquement, jusqu’ici, fonction de la teneur en malt. Cette différenciation a incité les brasseurs à adapter leurs recettes afin de bénéficier d’une fiscalité plus favorable, contribuant ainsi au développement du happōshu, bière à teneur réduite en malt et des « troisièmes bières », dont la composition s’éloigne davantage de la bière traditionnelle. Le gouvernement a engagé en 2020 une réforme visant à réduire progressivement les écarts de taxation entre ces différentes catégories, avec de nouvelles étapes en 2023 et 2026. Au 1er octobre, dernière étape de la réforme, la taxe applicable aux principales boissons de type bière sera harmonisée à 54,25 yens par canette de 350 ml (30 cts EUR environ). La fiscalité de la bière classique sera ainsi réduite (-14,4 %), tandis que celle du happōshu et des produits de troisième catégorie augmentera (+15,4 %). Cette réforme vise à réduire les distorsions liées aux différences de taxation. La question est désormais de savoir si cette segmentation, initialement créée par la fiscalité, perdurera alors qu’elle est aujourd’hui bien ancrée dans les habitudes des consommateurs. Ministry of Finance
Séisme – Les dégâts du séisme de Kumamoto s’élèvent à 91,9 Mds JPY (500 M EUR) pour le secteur primaire
Selon les estimations du Ministère de l’Agriculture, le séisme du 28 juillet a causé près de 91,9 Mds JPY (500 M EUR) de dégâts au seul secteur primaire. L'agriculture en concentre la majeure partie avec 86,4 Mds JPY (470 M EUR), comprenant 60,8 Mds JPY (330 M EUR) pour les terres et infrastructures hydrauliques, et 25,6 Mds JPY (140 M EUR) pour les équipements et machines. De leur côté, la pêche et la sylviculture enregistrent respectivement 4,1 Mds JPY (22 M EUR) et 930 M JPY (5 M EUR) de dommages. Face à l'ampleur du sinistre, l'État et la préfecture conduisent des réparations d'urgence sur les réseaux d'irrigation, tout en mettant en place des équipes dédiées par filière pour soutenir la reprise des activités agricoles. Les représentants de JA Group Kumamoto, le principal groupe coopératif dans la région, ont rencontré le gouverneur pour formuler des demandes d'aide d'urgence auprès de l'État. Les coopératives réclament des subventions exceptionnelles pour assurer la reconstruction des bâtiments et des granges non couverts par les dispositifs assurantiels, ainsi que des indemnisations pour les pertes d'exploitation et le rachat de matériel afin de permettre aux exploitants sinistrés de poursuivre leur activité. Asahi Shimbun
Viande porcine - La viande porcine espagnole se raréfie sur le marché japonais après la fermeture liée à la peste porcine africaine
Selon les professionnels espagnols du secteur, les exportations de viandes et abats de porc de l’Espagne vers le Japon ont chuté de 74% en volume (passant de 95 000 t à 25 000 t), et de 77% en valeur au 1er semestre 2026 (passant de 400 M EUR à 90 M EUR). Les industriels espagnols s’inquiètent également de l’intensification des restrictions : les exportations sont passées d’environ 7 000 t en janvier à seulement 600 t en juin. Le Japon a suspendu les importations de viandes et abats de porcs espagnols, tout en autorisant la poursuite des exportations pour les produits conditionnés avant le 29 octobre 2025. Cette mesure a permis de maintenir certains flux commerciaux durant les premiers mois de 2026, atténuant l’impact réel de la fermeture sur les chiffres cumulés du 1er semestre. Ceci explique aussi la baisse moins marquée des produits transformés, dont les ventes ont reculé de 17,4 % en volume et de 14,3 % en valeur. Leur durée de conservation plus longue et la concentration des expéditions en début d’année ont retardé l’impact statistique de la fermeture. Sans retour rapide à la normale, les conséquences pour le secteur porcin espagnol pourraient être plus marquées encore sur le 2nd semestre. Animal Health
Innovation – Un nouvel engrais à enrobage à base de riz
L’entreprise japonaise Inaho Kako développe un engrais azoté doté d’un nouvel enrobage, à base de résine biodégradable et de riz, afin de remplacer les revêtements plastiques traditionnels et limiter les rejets de microplastiques. L’amidon du riz, dégradé progressivement par les micro-organismes du sol, crée des micro-orifices permettant de contrôler la libération de l’engrais. La proportion de riz et l’épaisseur du revêtement peuvent ainsi être ajustées pour adapter la durée de diffusion aux besoins de la culture. La technologie pourrait permettre de porter cette durée de 100 à 140 jours afin d’accompagner les systèmes de double récolte de riz sans apport supplémentaire d’engrais. Elle vise ainsi à combiner réduction de la pollution plastique, réduction des apports de fertilisants et adaptation aux nouveaux cycles de culture, avec une commercialisation envisagée à partir de 2028. Nikkei
Corée du Sud
Commerce – Les exportations agricoles et agro-alimentaires françaises vers la Corée du Sud au 1er semestre 2026 progressent de +2,9 %
Au 1er semestre 2026, les exportations françaises vers la Corée du Sud ont crû de +3,3 % selon les données des douanes françaises pour atteindre 299 M EUR, dans un contexte marqué par la faiblesse du won et un pouvoir d’achat des ménages contraint. Cette évolution est en partie liée à l’augmentation des préparations alimentaires diverses de +26 %, à 37 M EUR, ainsi qu’à la hausse des exportations de glaces (+42 %), pour 21 M EUR. A l’inverse les exportations des gâteaux et viennoiseries ont baissé de -19 % et les exportation.de viande de -4 ,6 % Enfin, les premier et deuxième postes d’exportation françaises (boissons et produits laitiers) ont respectivement crû de +1 % et +2 %, dans un contexte baissier pour les importations globales de boissons de la Corée du Sud (-5 %), mais haussier pour les produits laitiers (+3 %). Trade Data Monitor
Commerce – Les exportations de « K-Food+ » atteignent un sommet de 8,25 Mds USD sur les 7 premiers mois de l’année
De janvier à juillet 2026, les exportations de « K-Food+ » qui regroupent les produits agroalimentaires, le machinisme agricole, les engrais et les produits vétérinaires sud-coréens ont atteint un niveau record de 11 200 Mds KRW (8,25 Mds USD soit 7,16 Mds EUR), en hausse de +4,8 % par rapport à 2025. Dans le secteur des produits transformés, les exportations de nouilles instantanées ont dépassé 1 Md USD dans la continuité de l'exercice précédent où elles avaient atteint un record de 1,5 Md USD (+21,8 %). La demande a également progressé pour le gimbap surgelé (rouleaux de riz garnis) et les tteokbokki (gâteaux de riz en sauce pimentée). Les ventes de produits frais sont tirées par les poires (+55,2 %), les raisins (+35,0 %) et les fraises (+15,7 %). Les États-Unis restent le premier marché, avec 1,18 Md USD (+9,8 %), devant la Chine (940 M USD, +6,7 %). Les exportations vers le Moyen-Orient ont progressé de +33,2 % tandis que les ventes ont poursuivi leur croissance en Europe et en Amérique centrale et du Sud. Pour atteindre son objectif annuel de 16 Mds USD, le ministère de l'Agriculture entend intensifier ses actions de promotion au 2nd semestre, en particulier à l’occasion de Thanksgiving et du Black Friday. Le ministère souhaite en parallèle développer les réseaux de distribution aux États-Unis et organiser en novembre des festivals consacrés au kimchi (chou fermenté et épicé) aux États-Unis, Royaume-Uni, Japon et Vietnam. Chosun BIZ, SBS News
Foncier agricole – Le gouvernement durcit les règles pour remettre les terres non exploitées sur le marché
Le gouvernement sud-coréen durcit l’application de la législation sur le foncier agricole afin de lutter contre la spéculation et favoriser la remise sur le marché des terres non exploitées. Depuis fin août, les collectivités locales doivent ordonner la cession des terres faisant l’objet de locations illégales ou d’une mise en jachère injustifiée. En cas de non-respect de l’ordre de cession, une pénalité pouvant atteindre 25 % de la valeur du terrain par an pourra être appliquée. Cette mesure intervient alors que 27 % des parcelles contrôlées depuis mai sont suspectées de ne pas respecter la réglementation. Le gouvernement envisage également de supprimer d’ici 2028 un avantage fiscal lié à la détention de longue durée des terrains non professionnels, ce qui pourrait accélérer les ventes. L’objectif est de limiter la spéculation et d’accroître l’offre de terres agricoles, dans un contexte de baisse des transactions et de vieillissement de la population agricole. Toutefois, le faible nombre d’acheteurs potentiels, lié notamment au déclin démographique rural et aux restrictions encadrant l’acquisition de terres agricoles, pourrait accentuer la pression à la baisse sur les prix, notamment hors de la région de Séoul. Chozun Biz
SPS – La Corée du Sud se prépare à l’hiver en renforçant ses mesures de lutte contre les maladies animales
Le 16 septembre, le MAFRA a annoncé un renforcement des mesures de lutte contre les maladies animales pour la période hivernale, avec un focus sur l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), la fièvre aphteuse et la peste porcine africaine (PPA). S’agissant de l’IAHP, la Corée du Sud prévoit de débuter la surveillance des oiseaux migrateurs dès septembre, et de renforcer la biosécurité dans les élevages. En particulier, pour les grands élevages de poules pondeuses, les personnes et véhicules devront être enregistrés sept jours avant leur venue. Toutes les municipalités ayant subi un foyer d’IAHP au cours des dix dernières années devront adopter un plan dédié. En matière de fièvre aphteuse, une vaccination préventive des animaux reproducteurs sera menée dans les municipalités considérées comme modérément exposées. Pour lutter contre la PPA, des drones thermiques et des chiens de détection seront mobilisés dans les zones où le virus est fréquemment détecté chez les sangliers. Des contrôles seront aussi réalisés dans les abattoirs et les centres de stockage de sang afin d’éviter l’utilisation de sang contaminé par la PPA dans l’alimentation animale. Chosun Biz
Organisation - Le ministère de l'Agriculture prévoit deux fusions d’agences publiques
Le ministère de l’Agriculture prévoit de regrouper plusieurs de ses agences publiques afin de rationaliser leurs missions et réduire les doublons administratifs. Dans le secteur de l’élevage, trois agences, le Korea Institute for Animal Products Quality Evaluation, le Livestock Health Control Association et le Livestock Environmental Management Institute, seront fusionnées au sein de la Korea Livestock Promotion Corporation. Le regroupement vise à faciliter les démarches des éleveurs en réunissant les fonctions liées à la qualité, à l’hygiène et aux quarantaines, ainsi qu’à la gestion des effluents d’élevage. Par ailleurs, la Korea Rural Community Hope Foundation, qui gère des programmes de bourses pour les étudiants en agriculture et d’aide sociale aux agriculteurs et aux pêcheurs, sera intégrée à la Korea Agency of Education, Promotion and Information Service in Food, Agriculture, Forestry and Fishery (EPIS). Cette fusion doit notamment permettre de mieux articuler les bourses avec les dispositifs d’accompagnement des jeunes agriculteurs. Chozun Biz
Elevage – Un nouveau pôle industriel pour la production de larves d’insecte
La ville de Chuncheon, dans la province de Gangwon, a ouvert un pôle industriel consacré à l’élevage et à la transformation de larves de ténébrion. Le projet représente un investissement public de 20 Mds KRW (14 M €), financé à parts égales par l’État et les collectivités locales. Il repose sur un modèle associant une unité industrielle centrale à un réseau d’éleveurs extérieurs. Le hub dispose de 33 smart farms en location, destinées à produire des reproducteurs de qualité et à fournir les larves à l’unité centrale. Les éleveurs bénéficient de conditions d’élevage standardisées, de formations et de protocoles de production définis par le hub. L’unité industrielle centrale assure ensuite la collecte, le nettoyage, le séchage et la transformation des larves en farine destinée à l’alimentation animale et aux compléments alimentaires. Ce dispositif permet ainsi de décentraliser l’élevage tout en centralisant la production industrielle et la standardisation des matières premières. Grâce à l’IA et aux robots, le site vise une capacité pouvant atteindre 1 000 t de vers de farine par an. Le projet prévoit de valoriser des coproduits et invendus agricoles locaux, notamment des choux, pour alimenter les larves. MAFRA
Viande bovine – Recul de la production et importations attendues à 600 000 t en 2026
Selon les estimations de l’administration américaine, la production bovine sud-coréenne devrait s’élever à 470 000 t équivalent carcasse en 2026, en baisse de -3,5 % par rapport à 2025. Ce recul s’explique par la baisse du cheptel, passé de 3,86 à 3,71 millions de têtes (-3,8 %) entre le début de 2025 et celui de 2026, ainsi que par la diminution du nombre d’animaux abattus, estimé à 1,02 million en 2026 contre 1,06 million en 2025 (-3,7 %). La situation est aggravée par le niveau élevé des coûts d’alimentation, la contraction des marges des éleveurs et la survenue de foyers de fièvre aphteuse, qui contribuent à ralentir les abattages. La consommation de viande bovine devrait également reculer, mais plus modérément, passant de 1,076 Mt en 2025 à 1,070 Mt en 2026 (-0,6 %), dans un contexte inflationniste qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. À l’inverse, les importations devraient progresser de 1,9 %, passant de 589 000 t en 2025 à 600 000 t en 2026, pour compenser en partie le recul de la production nationale. Elles devraient atteindre 620 000 t en 2027. Les conditions d’accès au marché restent particulièrement favorables aux États-Unis, qui bénéficient depuis janvier 2026 d’un droit de douane nul dans le cadre de l’accord KORUS. À l’inverse, les exportations australiennes sont pénalisées par le déclenchement anticipé, fin juillet 2026, de la clause de sauvegarde prévue par l’accord de libre-échange Corée-Australie : au-delà du contingent, le droit de douane s’élève à 24 % jusqu’à la fin de l’année. Pour les pays de l’Union européenne, bien que l’accord de libre-échange UE-Corée du Sud prévoie la suppression progressive des droits de douane, l’accès au marché reste très limité en raison des restrictions liées à l’ESB. Seuls les Pays-Bas, le Danemark et l’Irlande disposent actuellement d’un accès au marché sud-coréen. La France, qui avait obtenu la réouverture de son marché en juin 2024, a vu cet accès suspendu à nouveau en juin 2025 à la suite de l’apparition de foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) sur son territoire. USDA
Viande porcine – Recul de la production et hausse de 10% des importations attendus en 2026
La production porcine sud-coréenne devrait atteindre 1,68 M t équivalent carcasse en 2026, en baisse de -1 % par rapport à 2025, malgré les perturbations liées à la peste porcine africaine (PPA) en début d’année. Le secteur devrait retrouver une dynamique plus favorable en 2027, avec une production projetée à 1,7 M t. La consommation de viande porcine devrait poursuivre sa progression en 2026, bénéficiant notamment d’un avantage de compétitivité-prix par rapport à la viande bovine. Face à cette demande soutenue, en particulier pour certaines découpes très consommées telles que la poitrine et l’échine, les importations sud-coréennes devraient atteindre 775 000 t en 2026, soit une hausse de +10 % par rapport à 2025. Cette progression confirme le recours croissant aux importations pour compléter une production nationale relativement stable. Les conditions tarifaires restent favorables aux principaux fournisseurs : les États-Unis et l’Union européenne bénéficient d’un droit de douane nul sur la majorité des découpes de porc, respectivement dans le cadre des accords KORUS et UE-Corée du Sud. L’Espagne bénéficie en particulier de cette dynamique. Après la suspension de ses exportations vers le Japon à la suite de foyers de PPA en Catalogne, une partie de ses volumes a été réorientée vers la Corée du Sud, dont le gouvernement avait validé avec les autorités espagnoles le principe de régionalisation en cas de foyer de PPA. Les importations sud-coréennes de porc espagnol ont ainsi progressé de +60 % au 1er semestre 2026, facilitées par l’accord de zonage UE-Corée du Sud relatif à la PPA. USDA
Publications
Pesticides – Résultats de l’enquête 2025 sur l’utilisation des pesticides et leurs résidus dans les produits agricoles japonais
Le ministère japonais de l’Agriculture (MAFF) a publié les résultats de son enquête 2025 sur l’utilisation et les résidus de pesticides dans les produits agricoles domestiques. Les 117 exploitations contrôlées respectaient les règles d’utilisation des pesticides. L’enquête a par ailleurs porté sur 117 échantillons de riz, soja, épinards et brocoli, correspondant à 594 analyses de substances. Des résidus à des niveaux quantifiables ont été détectés dans 66 analyses, mais aucun dépassement des limites maximales de résidus (LMR) n’a été constaté. Le MAFF considère le respect des LMR comme un indicateur permettant notamment de vérifier le respect des règles d’utilisation des pesticides. MAFF
PFAS – Résultats 2025 des enquêtes sur les PFAS dans les produits agricoles, d’élevage et de la pêche au Japon
Le ministère japonais de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF) a publié le 11 septembre dernier un rapport sur la présence de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans les produits agricoles, d’élevage et de la pêche japonais. Portant sur 37 catégories de produits, l’étude estime l’exposition quotidienne moyenne à 0,13 ng/kg de poids corporel pour le PFOS (acide perfluorooctanesulfonique) et 0,09 ng/kg pour le PFOA (acide perfluorooctanoïque), soit respectivement 0,65 % et 0,45 % de la dose journalière tolérable (DJT) de 20 ng/kg/jour fixée par la Commission japonaise de sécurité alimentaire. Le MAFF conclut également à un transfert limité des PFOS et PFOA des sols agricoles vers les parties comestibles des légumes, y compris dans des parcelles présentant des concentrations relativement élevées. MAFF
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Rédaction : Le Pôle Agriculture & Alimentation du Service économique régional de Tokyo, avec la contribution du Service économique de Séoul.
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Jina AHN, Attachée économique, au SE de Séoul | jina.ahn@dgtresor.gouv.fr
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