Au deuxième trimestre 2026, selon les données de l’Office des statistiques slovaque, l’économie slovaque a progressé de 0,8 % après 0,9 % au premier trimestre. Au premier semestre 2026, la croissance n’a ainsi atteint que 0,8 %. Pour mémoire, les prévisions du ministère des Finances tablent sur une croissance de 0,8 % en 2026 et celle de la Banque centrale de 0,5 %.

A] La production automobile baisse

La croissance de la valeur ajoutée s’est établie à 0,9 % au deuxième trimestre. Huit de dix secteurs économiques ont connu une hausse de leur valeur ajoutée. Le secteur du commerce, du transport, de l’hébergement et de la restauration est devenu le premier secteur économique au T2 2026, dépassant l’industrie. Sa valeur ajoutée a atteint 5 234,2 M€ (en prix constants), en hausse de 2,3 % en g.a. ; tandis que l’industrie, avec une valeur ajoutée de 4 718,9 M€ n’a progressé que de 0,3 %. Plus en détails, l’industrie a été tirée par la fabrication de machine (+7,7 %), d’appareils électriques (+5,9 %), de produits en bois (+5 %), mais sept autres secteurs industriels de treize ont vu la baisse de leur valeur ajoutée, en particulier la fabrication de produits informatiques (-8,7 %), d’aliments (-2,1 %), mais aussi de véhicules (-0,6 % au T2).

Quant aux autres secteurs économiques, croissent : les activités immobilières (1,3 %), professionnelles, scientifiques et techniques (0,6 %) ou encore dans la construction (1,3 %). Par contre, l’agriculture (-2,3 %) et les arts et loisirs (-0,2 %) connaissent une récession.

Au premier semestre 2026, la valeur ajoutée a ainsi progressé de 0,5 % pour atteindre 45 708,8 M€. Grâce à sa performance au deuxième trimestre, le secteur du commerce, du transport, de l’hébergement et de la restauration est devenu le premier secteur économique avec une valeur ajoutée de 10 026,2 M€ et une croissance de 1,9 %. L’industrie, avec 9 974,1 M€ ne s’est pas complétement redressée, après son recul au T1. Elle s’est contractée de 0,2 %, tout comme sa principale composante – la production automobile (-0,2 %). L’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ont crû de 0,6 %. Par contre, l’agriculture (-1,3 %), les arts et loisirs (-1,1 %) et les activités financières et d’assurance (-3,9 %) se trouvent dans des zones négatives, au premier semestre 2026.

 

B] Bonne consommation de l’administration au deuxième trimestre mais les investissements reculent

Côté demande, la demande domestique a renoué avec la croissance au T2 (+1,4%), après sa contraction de 0,2 % au T1. La consommation finale a progressé de 0,8 %, tirée par la consommation de l’administration publique (+1,7 % au T2 après le recul de 0,4 % au T1) et, dans une moindre mesure, par la consommation des ménages (+0,6 %) ; tandis que les investissements continuent de diminuer (-0,3 % au T2 et -6,4 % au T1).

S’agissant de la demande extérieure, les exportations ont connu une hausse de 3 % (après une légère baisse de 0,1 % au T1) et les importations ont crû de 3,7 % (après -1,3 % au T1).

Au premier semestre 2026, la demande domestique a crû de 0,6 % et se reflète dans la consommation finale (0,7 %) ; les investissements étant en récession (-2,9 %). La consommation finale a été tirée tant par la consommation des ménages (+0,8 %) que celle de l’administration publique (+0,7 %).

La demande extérieure demeure l’un des principaux moteurs de la croissance grâce à la dynamique des exportations (+1,5 %), devançant celle des importations (1,2 %).

 

C] La croissance des salaires ne suffit plus à compenser l’inflation

Au deuxième trimestre 2026, les salaires nominaux se sont établis en moyenne à 1 707 €, en hausse de 3,2 %, soit la hausse trimestrielle la plus faible de ces six dernières années. Elle n’a pas été suffisante pour compenser l’inflation, entrainant une contraction des salaires réels de 0,5 %, pour la première fois depuis les dix derniers trimestres.

Au T2, la hausse des salaires nominaux a oscillé entre 1,8 % (services administratifs) et 9,8 % (activités immobilières). Parmi les trois secteurs en baisse, on trouve l’administration publique (-4,8 %), l’éducation (- 0,2 %) et la fourniture de l’eau (-0,1 %). Les salaires les plus élevés concernent les activités financières et d’assurance (2 960 €), la fourniture d’électricité, de gaz et de vapeur (2 949 €) et les TIC (2 806 €). Le seul secteur à ne pas franchir le seuil de 1 000 € est celui des services d’hébergement et de restauration (974 €).

Quant à la répartition régionale, la région de Bratislava (2 012 €, +2,7 %) est la seule région à avoir dépassé tant la moyenne nationale que le seuil de 2 000 €, au deuxième trimestre 2026. Elle est suivie par Kosice avec un salaire moyen de 1 643 €. Les salaires les plus bas sont payés à Presov (1 359 €).

Au premier semestre 2026, le salaire moyen s’est établi à 1 659 €, en augmentation de 4,6 % (après 6,9 % au premier semestre 2025). A part l’administration publique (-1,2 %), tous les secteurs ont connu une hausse nominale des salaires. Les salaires réels ont maintenu une croissance moyenne de 0,9 %, même si les salaires réels ont baissé dans l’administration publique (-4,7 %), les services administratifs (-1,6 %), la fourniture d’eau (-1,5 %), les TIC (-1 %), la fourniture d’électricité, de gaz et de vapeur (-0,6 %).

 

D] Le marché du travail fait face à la montée du chômage, notamment issu de l’industrie et de la construction

Au T2 2026, le nombre de chômeurs s’est établi à 152 600, en hausse de 5,8 % en g.a. Nous observons une progression du nombre de chômeurs de longue durée (12 mois et plus) qui s’établit à 98 700 (+11,4 %) soit 64,6 % du total. Le plus grand nombre de chômeurs a auparavant travaillé dans l’industrie (29 500, +26,5 %), le commerce (13 900, -2,6 %) et la construction (11 900, +44,9 %), tandis que 42 800 n’ont jamais travaillé auparavant (42 800, -5,3 %).

Quant au taux de chômage, il a atteint 5,6 % au T2 2026 (+0,3 point en g.a.). Au premier semestre, il s’établit à 5,7 %, soit +0,4 point en g.a. Au premier semestre, le taux le plus élevé se situe dans les régions de Banska Bystrica (9,8 %) et de Kosice (9,4 %), tandis qu’il était le plus bas concerne les régions de Trnava (2,8 %), Zilina (2,8 %) et Bratislava (2,9 %).

Le nombre d’actifs salariés diminue de 0 ,5%, pour s’établir à 2 593 500 au T2. Les services emploient 1 653 900 personnes (+0,6 %) – dont le commerce (301 200, -11,5 %), l’éducation (235 700, +15,2 %) et l’administration publique (+0,2 %). L’industrie emploie 622 900 personnes (-4,5 %) et la construction 246 600 (+0,6 %).

S’agissant du taux d’emploi, il atteint 78,1 % au deuxième trimestre 2026 (+0,1 point) et 78 % au premier semestre 2026 (stagnation). Au premier semestre, il culmine à 84% dans la région de Bratislava et atteint seulement 72% dans la région de Kosice.

 

pib