Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 14 septembre 2026
L’inflation reste stable à 15,4% en août ; Les indices conjoncturels sur le climat des affaires sont en croissance ; JP Morgan inclut le Nigeria dans son nouvel indice obligataire ; Lancement de l’IPO de la raffinerie Dangote ; Partenariat entre le NADF et la fintech allemande YAPU Solutions ; Digital Parks Africa annonce la construction de son premier centre de données au Nigeria ; L’inflation à la production s’établit à 4,4% en août.
LE CHIFFRE À RETENIR
4e
La France est le 4e pays destinataire des exportations nigérianes au S1-2026
Nigeria
L’inflation reste stable à 15,4% en août
Le taux d’inflation reste stable au mois d’août, à 15,4% en glissement annuel (g.a.). La hausse des prix se poursuit au même rythme qu’en juillet (15,4%) et l’inflation alimentaire en reste le moteur principal s’élevant à 19,6%, en légère baisse par rapport au mois dernier (20,3%).
La hausse des prix de l’énergie, en particulier du carburant PMS (Premium Motor Spirit) en raison de la hausse du prix global du baril de pétrole contribue particulièrement à la persistance de l’inflation totale.
Le coût de l’énergie est l’un des principaux facteurs déterminant la perception de l’inflation, selon l’enquête publiée par la Banque centrale du Nigeria (CBN) au mois d’août. Les entreprises et les ménages indiquent que les prix du carburant et de l’électricité nourrissent majoritairement leur perception élevée de l’inflation, suivis par l’insécurité, les taux d’intérêts ainsi que le coût des transports.
Excluant le prix des composantes volatiles (les denrées alimentaires et l’énergie), l’inflation sous-jacente a à nouveau baissé, passant de 15,0% en juillet à 13,3% en août, après 15,9% en juin.
Évolution de l’inflation en glissement annuel au Nigeria depuis janvier 2025
Source : National Bureau of Statistics
Clef de lecture : L’inflation du Nigeria s’élève à 15,4% en août 2026 (courbe bleu foncé), l’inflation alimentaire à 19,6% (courbe bleue) et l’inflation sous-jacente à 13,3% (courbe bleu clair). Le taux directeur de la CBN (pointillé noir) est de 26,5%. Le corridor monétaire est de -450/+50pts (aire bleu clair).
Les indices conjoncturels sur le climat des affaires sont en croissance
La banque Stanbic IBTC a rapporté pour le mois d’août un indice des directeurs d’achat (PMI) à 54,3, après 52,5 en juillet. Cela indique une expansion de l’activité économique, une tendance observée pour le septième mois consécutif. Un score supérieur à 50 indique une activité économique en expansion par rapport à la période précédente.
Selon Stanbic, cette croissance de l’activité du secteur privé nigérian particulièrement marquée en août est due à une forte hausse de nouvelles commandes ayant mené à l’intensification de l’activité des entreprises, en particulier des secteurs agricoles et manufacturiers.
Le même indice publié par la CBN s’établit à 52,7 au mois d’août, après 51,1 en juillet. L’indice PMI de la CBN signale donc une expansion ces deux derniers mois, tandis que les indices étaient inférieurs à 50 en mai (49,6) et en avril (49,4). Un score inférieur à 50 indique une contraction de l’activité économique par rapport au mois précédent. Alors que l’indice de Stanbic IBTC couvre essentiellement le secteur privé formel, la couverture de celui de la CBN est plus large.
La CBN a également publié son indice de confiance des entreprises (Business Confidence Index) qui témoigne aussi d’une amélioration du climat des affaires. L’indice s’élevait à 14,8 au mois d’août, après 5,7 en juillet. L’échelle de cet indice est centrée sur 0, une valeur positive indiquant un sentiment optimiste quant à l’activité économique du pays.
L’indice de performance des affaires (Business Performance Index) fait aussi état d’une activité croissante du secteur privé, s’élevant à 112,7 en août après 107,3 en juillet. Publié conjointement par Stanbic IBTC et le Groupe de conseil économique nigérian (NESG), l’indice BPI varie de 0 à 200 et est centré sur 100. Ainsi, la performance du secteur privée est jugée positivement par les entreprises, en particulier au mois d’août avec un indice en nette progression. Cette expansion en août concerne tous les secteurs mais le NESG note que le secteur manufacturier a enregistré la performance la plus solide.
Évolution des indices PMI publiés par Stanbic et la CBN depuis janvier 2024
Source : Stanbic IBTC, Central Bank of Nigeria
Clef de lecture : L’indice PMI publié par la banque Stanbic s’est établi à 54,3 en août 2026 (courbe bleu foncé), celui de la CBN à 52,7 (courbe orange) de part et d’autre de la ligne de démarcation entre expansion et contraction de l’activité (pointillé noir).
J.P. Morgan inclut le Nigeria dans son nouvel indice obligataire, le GBI-EM Edge
La banque d’affaires américaine J.P. Morgan a annoncé l’inclusion d’obligations du gouvernement nigérian dans son nouvel indice, le Government Bond Index-Emerging Markets Edge (GBI-EM Edge). J.P. Morgan gère les indices obligataires des marchés émergents les plus suivis du monde. Le GBI-EM Edge suit la dette publique en devise locale des marchés émergents frontières.
La pondération du Nigeria dans l’indice est de 7,4% tandis que la pondération maximale par pays est de 8%. Selon le ministre des Finances Oyedele, cela représente 17,5 Md USD de dette publique éligible notamment pour les fonds d’investissement qui ajusteront leur portefeuille pour refléter la pondération du Nigeria dans le GBI-EM Edge.
Cette inclusion intervient alors que la bourse de Londres a annoncé la reclassification du Nigeria en marché frontière à compter du 21 septembre. Elle marque le retour du Nigeria dans un indice de référence de J.P. Morgan, après dix ans. Alors que les obligations souveraines du Nigeria avaient rejoint l’indice GBI-EM en 2011, des problèmes liés au marché de changes avait mené à la sortie du pays de l’indice en 2015.
Pour Oyedele, ce sont les réformes récentes de l’administration Tinubu qui ont permis le retour du Nigeria dans cet indice majeur. Le ministre note que le marché des obligations du Nigeria a satisfait deux critères clés d’éligibilité ; la liquidité, ou la facilité pour les investisseurs d’acheter et de revendre les obligations, et le volume d’émission, soit le montant total d’obligations en circulation.
Lancement de l’IPO de la raffinerie Dangote
Aliko Dangote, président-directeur général de Dangote Industries Limited, a donné le coup d’envoi officiel de l’introduction en bourse de sa raffinerie Dangote le 14 septembre 2026. L’introduction en bourse porte sur 4,1 Md d’actions ordinaires proposées au prix de 525 NGN par action, avec une souscription minimale de 10 actions. La période de souscription devrait se clôturer le 13 octobre 2026.
Dangote a exhorté les particuliers à investir dans la raffinerie, décrivant cette offre comme une opportunité pour les nigérians et les africains de devenir copropriétaires de cet actif stratégique. Le véhicule d’investissement de droit mauricien Pan-African Refinery SPV s’est engagé, dans le cadre d’un accord avec l’émetteur à souscrire jusqu’à 400 M USD soit 25% de l’offre totale.
L’introduction en bourse financera en partie les projets d’expansion de la raffinerie. La société prévoit d’investir 14,3 Md USD pour doubler sa capacité de traitement, la faisant passer d’environ 700 000 bpj à 1,4 M bpj d’ici 2029. Dangote a également déclaré que l’introduction en bourse de la raffinerie marquait le début d’un plan plus large visant à introduire en bourse d’autres sociétés du groupe.
Cette IPO vise à lever jusqu’à 1,6 Md USD ce qui valoriserait la raffinerie à près de 49 Md USD. En cas de sursouscription, l’émetteur pourrait absorber jusqu’à 30% supplémentaire, sous condition d’approbation par le régulateur des marchés (SEC).
Elle marque aussi un tournant pour le marché boursier du Nigeria dont la capitalisation s’élevait à 116 Md USD début août 2026. Cette introduction représenterait ainsi 1,4% de la capitalisation nigériane, en une seule opération. Cette opération constitue un test de la capacité du marché domestique à absorber une transaction de cette ampleur et à mobiliser l’épargne des investisseurs institutionnels et particuliers. A l’échelle de l’Afrique, cette IPO pourrait être la plus grande introduction en bourse de l’histoire des marchés africains.
Partenariat entre le NADF et la fintech allemande YAPU Solutions pour renforcer l’adaptation du secteur agricole au changement climatique
Le Fonds national de développement agricole (NADF) a conclu un protocole d’accord avec YAPU Solutions GmbH, une fintech climatique allemande, afin de renforcer la gestion des risques climatiques et le financement des petits exploitants au Nigeria. Le partenariat prévoit notamment le développement d’outils d’analyse des risques climatiques et d’infrastructures de données pour le NADF, ainsi que la mise en place de mécanismes de financement destinés aux petits exploitants, afin de renforcer leur capacité d’adaptation au changement climatique.
Digital Parks Africa annonce la construction de son premier centre de données au Nigeria
Le groupe sud-africain Digital Parks Africa a annoncé la construction de son premier centre de données au Nigeria, le Nigeria Data Centre 1 (NDC1), à Lagos. Ce centre de données, conçu comme neutre vis-à-vis des opérateurs (carrier-neutral), doit fournir des capacités d’hébergement, de connectivité et d’accès au cloud aux entreprises, établissements financiers et fournisseurs de services numériques. Le projet s’inscrit dans un contexte de demande croissante en capacités d’hébergement local, notamment dans le secteur financier, dans le cadre du renforcement par la CBN des exigences applicables à la localisation et à la gestion des données financières.
Ghana
L’inflation à la production s’établit à 4,4% en août
Selon le centre de statistiques ghanéen (GSS), l’inflation des prix à la production au Ghana s’est établie à 4,4% en glissement annuel en août 2026, après 4,0% en juillet et 3,5% en juin, marquant une remontée progressive après le net ralentissement observé au premier semestre. En glissement mensuel, les prix perçus par les producteurs ont augmenté de 2,5% en août, après une hausse de 2,0% en juillet et une baisse de 3,7% en juin. Cette hausse récente s’inscrit toutefois dans un contexte de nette désinflation par rapport à 2024 : à 4,4% en août 2026, l’inflation à la production reste inférieure de près de 29 points à son niveau d’août 2024 (33,2%), après être tombée à 3,0% en août 2025.
La remontée est principalement portée par les secteurs extractif et énergétique. L’inflation dans les mines et carrières a atteint 4,9%, après 3,5% en juillet, ce secteur représentant 43,7% de l’indice et contribuant à hauteur de 2,1 points aux 4,4% d’inflation totale. Dans le pétrole brut et le gaz naturel, l’inflation affiche une hausse des prix de 12,9% sur un an. L’électricité et le gaz enregistrent également une inflation élevée, à 12,3%, tandis que les tensions restent plus limitées dans l’industrie manufacturière (3,6%), la construction (4,5%) et surtout les services (1,8%).
Cette configuration contraste avec 2024, lorsque les tensions à la production étaient beaucoup plus généralisées. Elle intervient par ailleurs alors que l’inflation à la consommation s’établit à 5,0% en août 2026, soit seulement 0,6 point au-dessus de l’inflation à la production, contre un écart de plus de 12 points en sens inverse deux ans auparavant. Cela illustre la forte normalisation de l’environnement inflationniste depuis 2024