Flash conjoncture France – Échanges touristiques : un solde toujours largement excédentaire au 2e trimestre malgré les tensions géopolitiques
Le solde des échanges touristiques est resté largement excédentaire au 2e trimestre 2026, malgré les perturbations du trafic aérien liées au conflit au Proche et Moyen-Orient. Il s’est toutefois replié pour la première fois depuis le 4e trimestre 2024, qui avait été affecté par le contrecoup des Jeux Olympiques de Paris.
Selon les comptes nationaux trimestriels, le solde touristique s’est ainsi établi à +4,9 Md€ (en volume), soit une baisse de −3,5 % par rapport au 1er trimestre. Cette diminution s’explique par un recul plus marqué des exportations de tourisme en volume (cf. graphique 1), correspondant aux dépenses des résidents étrangers en France (−1,3 %, après +1,9 % au 1er trimestre), que des importations, correspondant aux dépenses des résidents français à l’étranger (−0,5 %, après +0,2 %). L’acquis de la contribution du tourisme à la croissance reste toutefois positif à l’issue du 2e trimestre, à +0,1 pt (cf. graphique 2).
Graphique 1 : échanges touristiques (en volume)
Le conflit au Proche et Moyen-Orient a perturbé les flux touristiques, notamment les liaisons aériennes avec l'Asie. Selon la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), le trafic aérien dans les aéroports français a reculé de −1,9 % sur un an au 2e trimestre, principalement en raison du conflit et, dans une moindre mesure, de la réfection de la piste principale de Bâle-Mulhouse. Depuis 1990, une baisse de trafic d’une telle ampleur n’a été observée qu’à six reprises : lors de la guerre du Golfe en 1990, des attentats du 11 septembre 2001, de la guerre en Irak en 2003, de la crise financière de 2008, de l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull en 2010 et de la pandémie de Covid-19 en 2020. Ces perturbations ont pu peser sur les dépenses des touristes étrangers en France, même si des reports vers la France de touristes étrangers ayant été empêchés de voyager ailleurs ont pu en atténuer les effets. De même, certains voyageurs français ont pu privilégier d'autres destinations à l'étranger plutôt que d'annuler leur séjour, limitant ainsi le recul des importations touristiques. Ces effets de report restent toutefois difficiles à quantifier.
Graphique 2 : contribution du commerce extérieur à la croissance, décomposée par produits
Au 3e trimestre, les premiers indicateurs suggèrent une activité touristique en progression. En juillet, le solde des services de voyages dans la balance des paiements est resté quasiment stable à 2,1 Md€ après 2,2 Md€. Selon Atout France, les recettes du tourisme international sont en hausse de +3,7 % sur un an en juillet, portées notamment par les clientèles britannique, allemande et néerlandaise. Les enquêtes de conjoncture donnent également un signal d'amélioration de l'activité dans l'hébergement-restauration au 3e trimestre. Le climat des affaires de l’Insee dans l'hébergement-restauration, qui réagit à la fois aux dépenses de tourisme international et domestique, a augmenté de +2 pts en août, pour s’établir à 102 et dépasser sa moyenne de long terme (100). La canicule a néanmoins pu avoir des effets différenciés selon les territoires et les activités : Atout France relève notamment une moindre performance des locations touristiques dans le Sud, tandis que la montagne a bénéficié d'une hausse de son taux d'occupation en juillet.