L'insoutenable légèreté de la pierre
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
L'insoutenable légèreté de la pierre
Après plusieurs années de hausse quasi continue, le marché immobilier émirien, et en particulier celui de Dubaï, a connu au S1 2026 son premier véritable coup d’arrêt depuis la pandémie de 2020. Dans le sillage du conflit déclenché le 28 février, les douze premiers jours qui ont suivi ont vu les transactions immobilières aux EAU diminuer de 37 % en g.a. et de 49 % par rapport au mois précédent selon Goldman Sachs. La correction s’est ensuite diffusée aux prix, notamment à Dubaï avec une baisse de -5,9 % en mars, puis -1,9 % en avril, -1,2 % en mai et -1 % en juin selon l’indice résidentiel ValuStrat. À la fin du S1 2026, les prix résidentiels étaient en baisse de 10 % par rapport à leur niveau précédant le conflit, tout en restant quasiment stables en g.a. (+0,1 %).
La guerre a ex abrupto affecté plusieurs des moteurs qui avaient jusqu’alors soutenu la demande immobilière dubaïote, avec en premier lieu les fortes perturbations aériennes qui ont ralenti l’arrivée de touristes, de nouveaux résidents et de potentiels investisseurs. Sur l’ensemble du premier semestre, l’aéroport international de Dubaï n’a accueilli que 31,5 millions de passagers, soit une baisse de 31,3 % en g.a., directement attribuée par Dubai Airports aux perturbations liées au conflit. A ce choc sur les flux s’ajoute un effet plus diffus sur la confiance. La guerre a temporairement remis en cause cette image de plateforme régionale stable incarnée par les EAU, incitant certains acheteurs étrangers à différer leurs décisions d’investissement et nourrissant l’incertitude sur la poursuite des arrivées d’expatriés et de capitaux. Cet enjeu est d’autant plus important que la hausse des prix observée ces dernières années s’était appuyée sur une importante croissance démographique (+7,5 % en 2025 à Dubaï).
Graphique 1 – Evolution trimestrielle des transactions à Dubaï
Le conflit pourrait toutefois moins constituer la cause d’un choc structurel que l’accélérateur d’un rééquilibrage déjà attendu. Avant même la guerre, l’augmentation rapide des prix et surtout l’accélération des nouvelles constructions faisaient peser un risque croissant d’excès d’offre à moyen terme. Knight Frank recensait ainsi plus de 350 000 logements lancés ou en construction devant théoriquement être livrés à Dubaï d’ici fin 2030, après plusieurs années durant lesquelles la croissance de la population avait largement dépassé celle du parc résidentiel. Tant que la croissance démographique restait très élevée, cette nouvelle offre pouvait être absorbée. Toutefois, le ralentissement potentiel des arrivées de nouveaux résidents modifie cette équation. Dès mars, Citi avait ainsi abaissé à 1 % son hypothèse de croissance de la population de Dubaï en 2026 et estimait dans un scénario défavorable que les prix immobiliers pourraient diminuer en moyenne de 7 % par an entre 2026 et 2028.
Le ralentissement du marché est par ailleurs en partie amorti par un assouplissement des conditions d’acquisition, particulièrement sur les logements achetés sur plan. Les principaux promoteurs émiriens n’ont pas procédé à une baisse généralisée des prix mais ont accordé depuis le début du conflit des reports d’échéances aux acquéreurs. Ces facilités ont permis de soutenir certaines transactions pour empêcher que cela ne se reflète rapidement sur les prix. Ces mesures s’ajoutent à des dispositifs antérieurs à la crise destinés à soutenir la demande, comme le programme First-Time Home Buyer, qui offre depuis juillet 2025 aux primo-acquéreurs résidents des prix préférentiels et des conditions de financement avantageuses. Plus de 3 200 résidents avaient ainsi été acquis dans ce cadre à fin juin 2026, pour un montant supérieur à 5 Md AED.
Si l’on constate une baisse de la demande résidentielle et des transactions à Dubaï, concomitante avec l’arrivée de nouveaux logements sur le marché, d’autres segments immobiliers, à l’instar des bureaux et des immeubles logistiques, résistent mieux à ce contexte. Le marché des bureaux reste notamment soutenu par une offre limitée et une demande importante, avec une hausse des loyers de 13 % en g.a. au T2 2026, avec un taux d’occupation qui s’est maintenu autour de 94 %. La tendance est similaire à Abou Dabi où l’on recense une hausse des loyers de 16 % sur la même période et un taux d’occupation de 96 %. Porté par les récentes politiques de développement industriel, l’immobilier industriel et logistique observe une demande soutenue malgré la crise. In fine, ces deux segments observent une dynamique différente du marché résidentiel. La rareté de l’offre contribue ainsi à absorber les effets de ce ralentissement conjoncturel.
La guerre agit ainsi comme un premier test de résistance du nouveau cycle immobilier émirien. A Dubaï, la guerre pourrait précipiter la transition vers un marché favorable aux acheteurs, dans lequel la capacité d’absorption de l’offre dépendra étroitement du redressement de la croissance démographique et des flux internationaux. Pour autant, les signes observés au S1 2026 ne permettent pas de conclure à l’éclatement d’une « bulle ». Le FMI estime que l’activité immobilière s’est certes modérée après plusieurs années de forte croissance, mais souligne que les prix demeurent globalement proches ou supérieurs à leurs niveaux de 2025 et que l’exposition du secteur bancaire à l’immobilier reste contenue.
Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière
Pétrole et gaz
Brent 11/09/2025 à 10h00 GST : 105,64 USD/Bbl
Cette semaine, le pétrole a connu sa plus forte hausse depuis juillet, le Brent repassant durablement au-dessus des 100 USD/b pour évoluer autour de 108 USD/b ce jour, en hausse de c. 13 % sur la semaine. La hausse s’est nettement accélérée jeudi (+6,3 %), sous l’effet d’une nouvelle escalade des tensions dans la région, notamment la multiplication des attaques contre des navires à proximité du détroit d’Ormuz et des frappes contre des infrastructures énergétiques saoudiennes. A ces risques géopolitiques s’ajoutent aussi un marché physique sensiblement plus tendu, avec notamment un recul de la production de plusieurs membres de l’OPEP+.
La principale inquiétude du marché réside désormais dans l’apparition d’un risque simultané sur les deux principaux points de passage du pétrole du Golfe. Le trafic dans le détroit d’Ormuz reste très inférieur à ses niveaux d’avant-guerre. Seuls sept navires l’ont traversé mercredi, contre une moyenne de quatorze sur les dix jours précédents. Jusqu’ici, les producteurs du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie saoudite, avaient partiellement compensé cette contrainte en redirigeant leurs flux vers la mer Rouge via Yanbu. L’avancée des Houthis, qui ont pris cette semaine le port de Mokha et atteint les îles Hanish à proximité de Bab el-Mandeb, fragilise désormais cette voie de contournement.
Dans ce contexte, la capacité de l’OPEP+ à détendre le marché apparaît de plus en plus limitée. Les hausses de quotas décidées depuis plusieurs mois ne se traduisent que partiellement en barils supplémentaires. L’OPEP a produit 19,7 Mbpj en août, soit 640 000 b/j de moins qu’en juillet, alors même que plusieurs membres du groupe étaient censés augmenter leur production. La Russie illustre également cette contrainte : sa production a reculé de 160 000 b/j en août à 8,7 Mbpj, soit près de 1,2 Mbpj sous son quota, dans un contexte de multiplication des frappes ukrainiennes contre les raffineries et infrastructures d’exportation. L’OPEP+ a ainsi décidé dimanche de maintenir inchangée sa politique de production pour octobre. La marge de sécurité du marché s’est en parallèle érodée, les stocks de la réserve stratégique américaine étant tombés à 285,4 millions de barils, leur plus bas niveau depuis 1982. L’EIA estime que les stocks mondiaux ont diminué d’environ 400 millions de barils depuis le début de l’année.
La Chine contribue parallèlement à accentuer les tensions sur le marché physique en cherchant dans l’urgence des substituts aux approvisionnements iraniens. Les raffineurs indépendants chinois ont récemment acheté plus de 20 millions de barils en provenance d’Afrique de l’Ouest, du Canada et d’Amérique latine, alors que le blocus américain réduit fortement l’accès au brut iranien. Cette concurrence pour les cargaisons disponibles se traduit par une forte hausse des primes, certains bruts angolais et congolais se négocient désormais jusqu’à 22 USD/b au-dessus du Brent, de même pour l’ESPO russe pour livraison en Chine qui est proposé à des primes exceptionnellement élevées. Les importations chinoises par voie maritime pourraient ainsi remonter à 8,5–9 Mbpj, contre environ 7 Mbpj en juillet.
Les tensions sont encore plus marquées sur les produits raffinés que sur le brut, avec également un marché du gaz qui subit à son tour le prolongement des perturbations du détroit. Aux États-Unis, le prix moyen du diesel a dépassé 6 USD/gallon pour la première fois, en hausse de près de 60 % depuis le déclenchement du conflit avec l’Iran, sous l’effet combiné de la contraction des approvisionnements moyen-orientaux et des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes. Les stocks américains de distillats se situent désormais 13 % sous leur moyenne quinquennale. Sur le gaz, la réduction des exportations de GNL du Golfe renforce la concurrence entre l’Europe et l’Asie à l’approche de l’hiver. Les prix européens ont dépassé 75 EUR/MWh, plus du double de leur niveau d’il y a un an, alors que les stocks européens ne sont remplis qu’à 66 %, leur niveau le plus faible à cette période depuis quinze ans. Le détroit d’Ormuz, qui acheminait avant-guerre près d’un cinquième du commerce mondial de GNL, demeure ainsi un risque majeur pour les marchés gaziers.
Cette visibilité réduite pousse enfin les traders sur les marchés pétroliers à raccourcir fortement leur horizon de positionnement et entretient la volatilité. Morgan Stanley relève que les positions se concentrent désormais essentiellement sur les trois à six prochains mois, les opérateurs hésitant à prendre des paris de long terme face aux évolutions difficiles à anticiper des conflits iranien et ukrainien. La liquidité se dégrade ainsi sur les échéances plus éloignées, la courbe étant dominée par le risque de nouvelles interruptions physiques. Cette incertitude alimente également un choc macroéconomique plus large : le retour du Brent au-dessus de 100 USD/b ravive les tensions inflationnistes, faisant remonter les anticipations de hausses de taux. Les marchés valorisent désormais à plus de 70 % la probabilité d’un relèvement de la Fed dès la semaine prochaine ; la BCE ayant déjà relevé ses taux cette semaine. Le choc pétrolier redevient donc progressivement un choc de politique monétaire et de croissance mondiale.
Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière
Brèves économiques
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
Les EAU se sont engagés à investir 40 Md EUR (46 Md USD) en Allemagne, dans des secteurs allant de l’intelligence artificielle à l’énergie et à la défense, dont 10 Md EUR en Bavière. Le ministre émirien du Commerce extérieur, Thani Al Zeyoudi, a indiqué que cet engagement initial n’était que « le début » et que le montant final pourrait être supérieur. Ces investissements s’ajoutent aux 34 Md EUR déjà investis par les EAU en Allemagne. Les discussions avec l’Allemagne portent également sur un renforcement de la coopération dans la défense, ainsi que sur la numérisation, l’IA, la logistique et le développement industriel.
Mubadala va prendre une participation minoritaire significative dans Luckin Coffee, aux côtés de son actionnaire de contrôle Centurium Capital, dans une opération valorisée autour de 1 Md USD. Luckin Coffee exploite plus de 36 000 points de vente dans le monde et approche les 500 millions de clients cumulés, avec une présence notamment en Chine, à Singapour, en Malaisie et aux États-Unis. Présent en Chine depuis 2015, Mubadala y cible notamment les secteurs de la consommation, de l’industrie avancée et de la santé, dans le cadre d’un portefeuille mondial de 385 Md USD.
IHC et Adani Group ont signé un accord préliminaire avec le gouvernement de l’Odisha pour investir 25 Md USD dans 14 projets, couvrant notamment les métaux, minerais critiques et terres rares, chimie/pétrochimie, équipements renouvelables, santé, infrastructures, tourisme et formation. Les projets pourraient générer plus de 8,6 millions d’emplois selon les entreprises. Cet accord s’ajoute à un projet de 11,5 Md USD annoncé en juillet pour développer un complexe intégré d’aluminium dans l’Odisha, via une JV 50/50 entre IHC et Adani Enterprises. Celui-ci comprendrait une raffinerie d’alumine de 4 Mt/an, une fonderie d’aluminium de 2 Mt/an, une centrale captive de 4 000 MW et un parc industriel aval de 1 Mt/an.
Energie, Infrastructure & Industrie
Lors du Sommet international sur l'espace organisé en France les 9 et 10 septembre, Marlan Space, société spatiale émirienne détenu par IHC et Loft Orbital ont annoncé leur collaboration avec la société française Mistral AI pour construire "Altair-Next Gen", une constellation de 50 satellites dotés d'une intelligence artificielle embarquée. Le projet, représentant un investissement d’1 Md USD en France, vise à construire et opérer une constellation de 50 satellites d'observation dans une première phase, équipés de capteurs radar et optiques, et embarquant une IA développée par Mistral AI qui leur permettra d'analyser les données et de prendre des décisions directement en orbite. La première dizaine de satellites est déjà en phase d'assemblage final. Un satellite précurseur doit être lancé dès octobre par une fusée SpaceX, tandis que les prochains lancements de la constellation seront effectués par MaiaSpace, filiale d'ArianeGroup.
La société Abu Dhabi Transport Company (ADTC) a lancé un appel à préqualification (RFQ) à l'intention des cabinets de conseil pour un contrat portant sur les services d'ingénierie et de gestion pour la première phase du projet de ligne 4 du tramway d’Abu Dhabi, avec une date limite au 9 novembre. La première phase du projet s'étendra sur 19 kilomètres et comprendra 23 stations, reliant l'aéroport international de Zayed (AUH) aux zones avoisinantes, notamment Yas Island, Al-Raha Beach et Khalifa City. La phase 2 devrait ajouter 15 stations sur 13 km supplémentaires (soit 38 stations et 33 km au total), avec une extension prévue vers Khalifa City. La phase 1 du projet devrait être mise en service d’ici 2030.
Le Sultanat d’Oman a officiellement ratifié l’accord avec les Émirats arabes unis portant sur le développement de la liaison ferroviaire entre les deux pays, le 3 septembre 2026. Développé par Hafeet Rail, une coentreprise entre Etihad Rail (EAU), Oman Rail et le fonds souverain émirien Mubadala, cette ligne ferroviaire d’une longueur de 238 km, reliera Abou Dabi à Sohar et représente un investissement de 2,5 Md USD. Elle permettra le transport de passagers, et réduira les temps de transit des marchandises entre Sohar et Abu Dhabi, passant de cinq à huit heures par la route à environ 1h40 par le rail, soit une réduction de 70 % du temps de trajet.
Arabie saoudite
La confiance des entreprises saoudiennes poursuit son redressement en août — L'indice de confiance des entreprises (Business Confidence Index) publié par la GASTAT a atteint 56,7 points en août 2026, contre 56,5 en juillet, son plus haut niveau depuis le déclenchement du conflit régional. Après être tombé à 52,1 en mars, l'indice s'est redressé de façon continue, porté en août par les secteurs de l'industrie (55,8) et des services (56,1), les entreprises anticipant une amélioration de leur performance, de l'emploi et de l'investissement. Ce redressement, cohérent avec la résilience du PIB non pétrolier au deuxième trimestre, témoigne de la confiance du secteur privé non pétrolier malgré les perturbations liées au conflit.
Technip Energies signe deux accords-cadres de cinq ans avec Saudi Aramco — Le groupe français Technip Energies a signé deux accords-cadres de cinq ans avec Saudi Aramco portant sur des prestations de project management consultancy (PMC) et d’engineering, procurement and construction (EPC). Ces accords permettront à Technip Energies d’intervenir sur de futurs projets d’Aramco, notamment dans l’énergie, la pétrochimie et les projets bas carbone, ainsi que sur la modernisation d’installations existantes. Technip Energies fait partie des entreprises préqualifiées par Aramco pour ces deux catégories de prestations, aux côtés notamment de Fluor, KBR, Worley et Técnicas Reunidas.
Le rythme des attributions de contrats dans le secteur électrique ralentit — Le volume des nouveaux contrats d’électricité attribués en Arabie saoudite ralentit nettement en 2026, après une année 2025 marquée par un niveau record de 27,5 Md USD de contrats attribués. Ce ralentissement intervient alors que le Royaume poursuit néanmoins ses investissements dans le développement de ses capacités de production électrique, notamment pour accompagner la hausse de la demande liée à l’industrialisation et aux grands projets de Vision 2030.
Le contrat du Riyadh Rail Link approche de son attribution — Saudi Arabia Railways (SAR) se rapproche de l’attribution du contrat de conception-construction du Riyadh Rail Link, un projet de 35 km de ligne ferroviaire à double voie traversant Riyad du nord au sud. La ligne doit relier le réseau ferroviaire Nord-Sud au réseau ferroviaire de l’Est, améliorant ainsi la connexion entre ces deux axes majeurs du réseau saoudien. Les offres commerciales ont été remises fin juin et les échanges de clarification avec les soumissionnaires se sont poursuivis en juillet.
Egis préqualifié pour le PPP de l’aéroport de Qassim — Le français Egis fait partie des six groupes préqualifiés par Matarat et le National Centre for Privatisation & PPP (NCP) pour le développement de l’aéroport international Prince Naif bin Abdulaziz de Qassim. Egis est associé au consortium mené par YDA İnşaat, avec Safari Group et Lamar Holding. Le projet, structuré en PPP, prévoit la rénovation et le développement du terminal passagers ainsi que des infrastructures côté piste, notamment les pistes, voies de circulation et aires de stationnement. Le contrat sera attribué sur une base de conception, financement, construction, exploitation, maintenance et transfert.
Accor et Al-Qimmah Hospitality prévoient le développement de plus de 4 000 chambres en Arabie saoudite — Le groupe français Accor a élargi son partenariat avec Al-Qimmah Hospitality, filiale de BinDawood Investment Company, pour développer cinq hôtels représentant plus de 4 000 chambres à Djeddah, La Mecque et Médine. Le projet comprend notamment un Novotel de 850 chambres à La Mecque, dont l’ouverture est prévue en 2030, ainsi que des établissements sous les enseignes Mercure, ibis Styles, Mövenpick et Swissôtel. L’accord élargi, annoncé à Paris lors de la table ronde franco-saoudienne sur l’investissement, fait suite à un accord-cadre signé en 2025. Accor exploite actuellement 48 hôtels de plus de 21 600 chambres en Arabie saoudite et dispose d’un portefeuille supplémentaire de 47 établissements en développement.
Qatar
Le Qatar affiche son plus large déficit budgétaire trimestriel depuis 2016 au T2 2026, à hauteur de 21,2 Mds QAR (~5,8 Mds USD), soit le double du T1 2026, en raison de la chute des recettes tirées des exportations d’hydrocarbures. En effet, les recettes ont baissé de 30 % par rapport au T1 2026. La dette publique devrait passer de 51 % du PIB fin 2025 à 64 % fin 2026.
Baladna, le plus grand producteur de produits laitiers du Qatar, a mené une augmentation de son capital de l’ordre de 25 %, en cotant et négociant de nouvelles actions à la Qatar Stock Exchange (QSE), la place boursière du Qatar.
Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatarien, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, s’est rendu en Chine le 7 septembre et a rencontré son homologue M. Li Qiang, Premier ministre du Conseil d’État de la République populaire de Chine. Ces derniers ont convenu d'approfondir le partenariat stratégique entre la Chine et le Qatar (énergie, IA, investissements, industries de pointe).
Le gouverneur de la Banque centrale du Qatar (QCB), Cheikh Bandar bin Mohammed Al-Thani, a reçu le 8 septembre l'ambassadeur de France au Qatar, M. Arnaud Pescheux, pour évoquer le renforcement de la coopération bilatérale dans les secteurs financier et bancaire, ainsi que la situation financière du Qatar. En outre, la QCB a annoncé avoir rejoint le système de paiement du Golfe AFAQ, exploité par la Gulf Payments Company, complétant ainsi la participation de toutes les banques centrales du Conseil de Coopération du Golfe (CGG) à ce système. Trois banques commerciales qatariennes (Doha Bank, Qatar International Islamic Bank et Dukhan Bank) l'ont également rejointe, portant à 74 le nombre total de banques participantes à l'échelle du Golfe.
Trois méthaniers, dont deux touchés par des projectiles, en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis (EAU) ont transféré leur GNL de navire-à-navire au large d’Oman et des EAU au cours des dernières semaines, une méthode inhabituelle pour le GNL, rendue toutefois nécessaire par la situation régionale.
Oman
L’excédent commercial d’Oman s’est fortement accru au premier semestre 2026, porté par la progression soutenue des exportations tandis que les importations n’ont augmenté que marginalement (source NCSI). À fin juin, l’excédent commercial a atteint environ 4,7 Md OMR (10,34 Md EUR), contre 3,1 Md OMR (6,82 Md EUR) sur la même période de 2025, soit une hausse d’environ 51 %.
La valeur totale des exportations de marchandises a progressé de 15,3 %, à environ 13,2 Md OMR (29,04 Md EUR), contre 11,5 Md OMR (25,3 Md EUR) un an auparavant. Cette hausse a été principalement tirée par les exportations de pétrole et de gaz, dont la valeur a augmenté de 16,5 %, à 8,6 Md OMR (18,92 Md EUR), contre environ 7,4 Md OMR (16,28 Md EUR) au premier semestre 2025. Les exportations non pétrolières ont également enregistré une croissance soutenue de 11,4 %, atteignant environ 3,6 Md OMR (7,92 Md EUR), contre 3,3 Md OMR (7,26 Md EUR) un an plus tôt.
Les importations de marchandises n’ont progressé que de 2,1 %, pour atteindre environ 8,6 Md OMR (18,92 Md EUR), contre 8,4 Md OMR (18,48 Md EUR) au premier semestre 2025. Les EAU ont également occupé la première place, avec 2,423 Md OMR (5,33 Md EUR), devant la Chine avec 1,194 Md OMR (2,63 Md EUR) et la Turquie.
Les réexportations ont affiché une progression de 20 %, à 978 M OMR (2,15 Md EUR), contre 815 M OMR (1,79 Md EUR) sur la même période de 2025. L’Iran a constitué la première destination, avec 254 M OMR (559 M EUR) de marchandises, suivi des EAU avec 221 M OMR (486 M EUR) et de l’Arabie saoudite avec 188 M OMR (414 M EUR).
Al Suwadi Power a annoncé le 6 septembre avoir obtenu de l’Autorité des services financiers (FSA) un accord de principe pour sa fusion avec Al Batinah Power, sous réserve du respect des exigences légales et réglementaires. Les deux producteurs indépendants d’électricité, cotés à la Bourse de Mascate, doivent encore obtenir l’accord des autres autorités compétentes, de leurs prêteurs et de leurs actionnaires. Al Suwadi Power exploite la centrale de Barka III et Al Batinah Power celle de Sohar II, chacune d’une capacité de 750 MW. L’opération, dont l’examen préliminaire avait été annoncé en mai, intervient alors que les deux sociétés ont signé en avril de nouveaux contrats d’achat d’électricité d’une durée de quinze ans avec Nama Power and Water Procurement, couvrant la période 2028-2043. Les synergies attendues de la fusion avaient déjà été intégrées dans ces contrats. Les deux entreprises étudient également des options de refinancement de leur dette existante. Cette opération pourrait ainsi amorcer une consolidation du segment des producteurs indépendants d’électricité cotés à Oman, dans un contexte de renouvellement de leur cycle contractuel.
Le décret royal n° 78/2026, signé le 3 septembre et publié au Journal officiel le 6 septembre, approuve la cession par Mitsui E&P Middle East à Kistos Energy Middle East de ses 20 % de droits et obligations dans les blocs pétroliers 3 et 4. À l’issue de l’opération, CC Energy SAL conservera une participation de 50 % et le statut d’opérateur, Tethys Oil AB 30 % et Kistos Energy Middle East 20 %. Situés dans l’est du Sultanat, les blocs 3 et 4 couvrent près de 29 000 km² et regroupent sept champs en production. La transaction, d’un montant de 148 millions de dollars, porte également sur une participation de 5 % dans le bloc 9. Elle constitue la première implantation de Kistos au Moyen-Orient et doit permettre au groupe de doubler sa production et ses réserves, avec 25,6 millions de barils équivalent pétrole (bep) de réserves 2P et une production nette estimée à 9 000–10 000 bep/jour.
Le prix officiel du brut omanais pour livraison en novembre a atteint 121,68 USD/baril le 9 septembre, en hausse de 5,15 USD après un bond de 11,99 USD la veille. Cette progression de la veille constitue la plus forte hausse journalière du brut omanais depuis plusieurs années et porte son cours à son plus haut niveau depuis avril 2026. Cette forte progression intervient dans un contexte marqué par l’éloignement des perspectives de règlement de la guerre en cours et par les craintes d’une perturbation durable de l’offre pétrolière régionale.
Le président rwandais Paul Kagame a effectué, du 7 au 8 septembre, une première visite officielle à Oman, marquée par la signature de deux accords et de six protocoles d’accord. Les accords portent notamment sur la non-double imposition, tandis que les protocoles couvrent l’agriculture, la logistique, les ports secs, les chaînes d’approvisionnement, la promotion des investissements, le travail et l’établissement d’un cadre de partenariat stratégique. Les deux pays prévoient également l’ouverture d’ambassades résidentes, la création d’un comité mixte et d’un conseil d’affaires conjoint, ainsi que la mise en place d’un programme de coopération technique. Ces avancées prolongent le renforcement des relations bilatérales, notamment depuis l’entrée en vigueur de l’accord sur les services aériens en janvier 2026 et le lancement, en juillet, d’une liaison directe Mascate-Kigali par SalamAir.
Koweït
Le Koweït, premier de la classe régionale. Le Koweït se classe 50e sur 161 pays dans l’édition 2026 du Legatum Prosperity Index, en tête des pays arabes et du Golfe. L’indice mesure la prospérité au-delà du PIB, en équilibrant développement, liberté et société, à partir de plus de 130 indicateurs et plus de 600 000 données. L’émirat se distingue par sa qualité de vie (22e mondial) et sa liberté économique (21e), portées par un développement correct (42e) et une bonne santé (37e). En revanche, l’éducation (105e) et la société (70e) restent des points faibles, tout comme la paix civile (62e) et la liberté globale (59e), qui nuancent le tableau.
Kuwait Airways : y a-t-il un pilote dans l’avion ? La Kuwait Investment Authority (KIA) a formé un nouveau conseil d’administration pour Kuwait Airways, avec Nasser Al-Roudhan comme président et Abdulmohsen Al-Mukhaizeem comme vice-président. Cette restructuration s’inscrit dans le cadre du décret 77/2026, qui transforme la compagnie en société par actions entièrement détenue par l’État. Le conseil compte trois membres étrangers issus du secteur aéronautique : Enrique Dupuy, Giles Agutter et Ryan van der Eijk. Objectif affiché par la KIA : renforcer la gouvernance, l’efficacité opérationnelle et la compétitivité de la compagnie nationale à l’aube d’une nouvelle phase de développement.
La panne d'Al-Zour assèche le marché du fioul. La raffinerie koweïtienne Al-Zour, grand exportateur de fioul lourd, n'a expédié qu'une seule cargaison de 26 000 b/j depuis mars, contre environ 191 000 b/j en janvier/février. L'Asie, très dépendante des flux du Golfe, est la plus exposée à cette pénurie de fioul destiné aux navires et aux centrales électriques, avec Singapour (premier hub mondial de soutage) important plus de la moitié de sa demande quotidienne d'environ 1 M de barils.
Le Koweït simplifie ses appels d'offres. Le Conseil des ministres a approuvé un projet de décret-loi amendant la loi n°49/2016 sur les appels d'offres publics. L’objectif est de simplifier les procédures et donner plus de flexibilité aux autorités concernées, prenant en compte les réalités du terrain. La réforme vise à rendre les marchés publics plus rapides, plus efficaces, plus transparents et plus équitables. Le texte a été transmis à l'Émir Cheikh Mishal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah.
Bahreïn
Les attributions de marchés recensées au premier semestre 2026 atteignent 528,8 M BHD (1,41 Md USD). Selon un décompte réalisé par le quotidien Al-Ayam à partir des décisions du Tender Board, les attributions enregistrées entre janvier et juin auprès de 69 entités comprennent les nouveaux marchés, renouvellements, prolongations, avenants et adjudications. Bapco Refining arrive en tête avec 172,4 M BHD, soit 32,6 % du total, devant le ministère du Logement et de l’Urbanisme (71,8 M BHD) et Gulf Air (42,5 M BHD). Ces trois entités concentrent 54,2 % des montants recensés. Le principal marché, d’une valeur de 90,6 M BHD, porte sur les services d’arrêt et de maintenance périodique des installations de Bapco Refining et a été réparti entre huit entreprises.
Les banques bahreïniennes conservent les marges nettes d’intérêt les plus élevées du CCG au deuxième trimestre 2026. Selon Kamco Invest, leur marge nette d’intérêt moyenne est restée stable à 3,03 %, contre 2,78 % pour l’ensemble du secteur bancaire du CCG, faisant de Bahreïn le seul marché de la région à demeurer au-dessus de 3 %. L’encours des crédits a atteint 13,54 Mds BHD fin juin, en hausse de 8,5 % en glissement annuel et de 2,3 % par rapport au trimestre précédent. Cette progression repose principalement sur les concours au gouvernement : leur augmentation représente 716,7 M BHD, soit environ les deux tiers de la hausse annuelle totale de 1,07 Md BHD. Les crédits aux entreprises n’ont progressé que de 2,2 %, malgré la croissance des financements immobiliers (+9 %).
La huitième édition du Bahrain International Airshow est reportée de novembre 2026 à novembre 2028. Le comité supérieur d’organisation a annoncé que l’événement, initialement prévu du 18 au 20 novembre 2026 sur la base aérienne de Sakhir, se tiendra finalement du 15 au 17 novembre 2028. Les organisateurs présentent ce nouveau calendrier comme destiné à favoriser une participation internationale plus large des visiteurs, exposants, délégations et partenaires industriels. Organisé depuis 2010, le salon constitue l’une des principales plateformes bahreïniennes de rencontres commerciales dans les secteurs aéronautique, spatial et de défense. Ce décalage entraîne de fait la suppression de l’édition prévue en 2026.