Flash Conjoncture Pays avancés - La croissance économique au Royaume-Uni a surpris à la hausse au 1er semestre
Le dynamisme de l'activité au Royaume-Uni au 1er semestre a surpris alors que la majorité des prévisionnistes anticipait un ralentissement de l'activité en 2026 après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. La consommation privée et l'investissement des entreprises ont notamment porté la croissance économique.
La croissance britannique a atteint +0,6 % au 1er trimestre 2026 puis +0,4 % au 2e trimestre (cf. Graphiques 1). Ainsi, l’acquis de croissance pour 2026 s’élève à 1,1 % à l’issue du 2e trimestre, après une croissance de +1,3 % en 2025. Le dynamisme de l’activité au 1er semestre a surpris, alors que la majorité des prévisionnistes anticipait un net ralentissement de l’activité en 2026 après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, compte tenu de la dépendance au gaz de l’économie britannique. La demande intérieure a porté la croissance, en particulier la consommation au 1er trimestre et l’investissement au 2e trimestre. En revanche, le commerce extérieur net de la variation des stocks a pénalisé la croissance au 1er semestre.
La consommation privée a progressé de +0,6 % au 1er trimestre puis de +0,3 % au 2e trimestre. La hausse de la consommation au 1er trimestre s’est accompagnée d’une baisse du taux d’épargne qui est passé de 9,6 % au 4e trimestre 2025 à 8,9 % au 1er trimestre 2026. Au 2e trimestre, la consommation est restée résiliente malgré la hausse des prix énergétiques mondiaux. Celle-ci ne s’est pas répercutée sur l’inflation au Royaume-Uni au 2e trimestre, qui a même diminué (+2,7 % au 2e trimestre en glissement annuel, après +3,1 % au 1er trimestre). Cette absence de hausse de l’inflation au 2e trimestre s’explique par la baisse des prix régulés de l’électricité au 2e trimestre, qui avait été décidée avant le déclenchement du conflit, et par les mesures de soutien au coût de la vie adoptées par le Gouvernement. Par ailleurs, des facteurs conjoncturels ont pu soutenir la consommation des ménages sur le trimestre : d’après l’Office for National Statistics, l’épisode de chaleur en juin a eu un effet positif pour les ventes au détail concernant certains produits (ventilateurs, vêtements) et les boissons alcoolisées et non alcoolisées[1], tandis que Barclays note une forte augmentation de la fréquentation des pubs en juin, attribuée à la tenue de la coupe du monde de football[2].
L’investissement des entreprises a enregistré une croissance de +0,9 % au 1er trimestre et de +1,7 % au 2e trimestre. L’accélération de l’investissement au 2e trimestre a été portée par les technologies de l’information et de la communication et les autres équipements (plus particulièrement le matériel informatique), qui ont contribué à hauteur de +1,9 pt à la croissance totale de l’investissement.
Les derniers indicateurs conjoncturels restent favorables malgré des risques baissiers liés à la persistance du conflit au Moyen-Orient et à une reprise de l’inflation attendue à partir de juillet. L’indicateur de confiance des ménages et le PMI composite sont orientés à la hausse pour les mois de juillet et d’août (cf. Graphique 2) et le PIB a progressé de +0,4 % en juillet (contre des anticipations de marché à +0,0 %).