Inde

Le gouvernement prévoit de substituer 189 Mds USD d'importations par la production domestique

Le gouvernement central a préparé, avec les États, une stratégie conjointe visant à substituer 189 Mds USD d'importations grâce à la production domestique ciblée de 1 272 produits, dans des secteurs tels que la chimie, l'électronique, la machinerie et l'acier spécialisé. Chacun de ces produits représente des importations annuelles supérieures à 50 M USD et n'est actuellement pas fabriqué en Inde, ou en quantités insuffisantes. Selon l'évaluation du gouvernement, seuls 26 % de la facture d'importation de l'Inde (776 Mds USD en FY26, un record) sont substituables par la production locale — le reste étant composé de produits non substituables, comme le pétrole brut et l'or (46 %), ou de produits où l'Inde reste compétitive à l'importation pour des raisons de coût ou de qualité (28 %).

Cet agenda de substitution aux importations gagne en urgence dans le contexte géopolitique actuel : la roupie s'est dépréciée pour un quatrième jour consécutif face au dollar (96,33) en raison des tensions en Asie de l'Ouest, et les réserves de change indiennes ont chuté de plus de 7 % depuis leur record de 728,49 Mds USD, avant le début du conflit américano-iranien le 28 février. Le Centre a demandé aux États de créer des clusters manufacturiers sectoriels, de mettre en place des guichets uniques pour accélérer les autorisations, et propose un soutien fiscal (exonérations de droits de timbre, incitations à l'investissement). Des experts avertissent toutefois que le succès dépendra de la construction de capacités manufacturières profondes plutôt que du simple déplacement de l'assemblage final vers l'Inde, faute de quoi la dépendance à la Chine restera difficile à réduire.

Le compte courant de l'Inde repasse en déficit de 2 Mds USD en mai, sous l'effet d'un creusement du déficit commercial

L'Inde a enregistré un déficit de compte courant de 2 Mds USD en mai 2026, les importations ayant dépassé les exportations de marchandises, selon les données préliminaires de la balance des paiements publiées par la Reserve Bank of India. À titre de comparaison, le compte courant affichait un surplus de 0,7 Md USD en mai 2025. Le déficit commercial de marchandises s'est creusé à 27,9 Mds USD, contre 22,6 Mds USD un an plus tôt, les exportations progressant à 46,1 Mds USD (contre 38,7 Mds) et les importations bondissant à 74 Mds USD (contre 61,3 Mds).

Sur l'ensemble de la période avril-mai de l'exercice FY27, l'Inde affiche néanmoins un surplus de compte courant de 2,8 Mds USD, inversant le déficit de 4,1 Mds USD enregistré sur la même période l'an dernier, porté principalement par des transferts nets plus élevés. La balance des paiements globale, elle, est restée déficitaire à hauteur de 4,4 Mds USD en mai (contre un surplus de 4,4 Mds USD un an plus tôt), même si ce déficit s'est réduit par rapport aux 6,6 Mds USD d'avril. Sur le plan des capitaux, l'Inde a enregistré des sorties nettes de capitaux bancaires de 1,1 Md USD, tandis que les entrées nettes de dépôts NRI (Non-Resident Indians) sont restées positives à 0,6 Md USD.

 

Bangladesh

La Banque asiatique de développement abaisse son estimation de la croissance à 3,7 % pour 2025-26

La Banque asiatique de développement (BAsD) a revu à la baisse sa prévision de croissance du Bangladesh pour 2025-26, désormais estimée à 3,7 %, contre 4,0 % anticipés en avril et 4,14 % selon l'estimation provisoire du Bureau des statistiques (BBS). Pour 2026-27, la BAsD table sur un rebond limité à 4,5 %, très inférieur à l'objectif gouvernemental de 6,5 %. L'institution explique cette révision par la faiblesse persistante des exportations et de l'investissement privé, les pénuries d'énergie, ainsi que les fragilités du secteur bancaire, qui continuent de freiner l'activité économique.

La BAsD souligne toutefois que l'économie conserve certains facteurs de résilience, notamment le niveau record des transferts de fonds des travailleurs expatriés, le dynamisme du secteur des services et les mesures ciblées de soutien au crédit en faveur des secteurs prioritaires. En revanche, l'inflation élevée continue d'éroder le pouvoir d'achat des ménages et de peser sur la consommation. L'institution prévoit une inflation moyenne de 9,0 % en 2025-26 et de 8,8 % en 2026-27.

Les IDE progressent de 44 % en 2025, mais connaissent un début 2026 plus difficile

Les investissements directs à l’étranger (IDE) ont progressé de 44 % en 2025, atteignant 1,78 Md USD d’après les dernières données de l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (UNCTAD). Le stock d’IDE s’établit ainsi à 19,6 Mds USD, un niveau particulièrement faible par rapport à la taille de l’économie et aux performances d’autres pays asiatiques : 36,4 Mds USD pour le Pakistan, 134,6 Mds USD aux Philippines.

Au premier trimestre de 2026, les indicateurs sont à la baisse. Le flux tombe à 447 M USD sur trois mois (-44%), et ne repose presqu’exclusivement sur les profits réinvestis tandis que les nouveaux investissements (equity) chutent de 70% à 78 M USD seulement, dans le contexte électoral. En 2025, le flux net d’equity s’était établi à 555 M USD.

760 Mds Tk d’avoirs gelés dans onze enquêtes pour blanchiment

Les autorités bangladaises ont annoncé avoir gelé, sur décision de justice, 760 Mds Tk d’avoirs (≈ 5,4 Mds EUR) liés à l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, à sa famille et à dix grands groupes privés, dans le cadre de onze enquêtes pour blanchiment et détournement d’actifs. Selon le directeur de la Bangladesh Financial Intelligence Unit (BFIU), 570 Mds Tk d’actifs sont localisés au Bangladesh et 190 Mds Tk à l’étranger. Les groupes concernés comprennent notamment S Alam, Beximco, Summit et Bashundhara. Les autorités espèrent obtenir les premiers résultats concrets en matière de rapatriement d’avoirs avant la fin de l’année. Ces investigations sont menées conjointement par le BFIU, la Commission anticorruption (ACC), la police judiciaire (CID) et l’administration fiscale (NBR).

 

Sri Lanka

Les réserves de change reculent de 423 MUSD en juin

Les réserves officielles brutes se sont établies à 6,45 Mds USD fin juin 2026, contre 6,87 Mds USD fin mai, soit un recul de 423 MUSD. Ce montant inclut le swap de devises avec la People's Bank of China. Cette baisse reflète les pressions exercées sur les réserves par la hausse de la facture des importations, notamment énergétiques, ainsi que par le ralentissement des recettes touristiques et de l'accumulation de réserves observé depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Les réserves représentent désormais l'équivalent d'environ 3 mois d'importations de biens et services, contre 3,2 mois un mois plus tôt.

L'excédent budgétaire se confirme sur les cinq premiers mois de 2026 

Le solde budgétaire global a dégagé un excédent de 197,3 Mds LKR entre janvier et mai 2026, contre un déficit de 236,6 Mds LKR un an plus tôt. L'excédent primaire a parallèlement progressé à 1 131,2 Mds LKR, contre 742,9 Mds LKR sur la même période de 2025. Cette amélioration repose sur une hausse des recettes publiques (+30,6 % sur un an), à 2 536,9 Mds LKR, nettement supérieure à celle des dépenses (+7,4 %), qui atteignent 2 339,6 Mds LKR. Les performances budgétaires demeurent ainsi principalement soutenues par le dynamisme des recettes fiscales, malgré les dépenses supplémentaires liées à la reconstruction après le cyclone Ditwah et aux mesures temporaires de soutien mises en œuvre à la suite du conflit au Moyen-Orient.

Le Sri Lanka interdit l'importation de produits issus du travail forcé face au risque de hausse des droits de douane américains à 12,5%

Le gouvernement sri-lankais a interdit, à compter du 10 juillet, l'importation de biens produits, en tout ou partie, au moyen du travail forcé. Les importateurs devront désormais certifier que leurs marchandises respectent cette exigence. Les autorités pourront également cibler certains produits ou pays identifiés par l'OIT comme présentant un risque de recours au travail forcé. Cette mesure vise à mettre la réglementation sri-lankaise en conformité avec les standards internationaux et intervient alors que les États-Unis envisagent d'appliquer un droit de douane additionnel de 12,5 % aux importations en provenance du Sri Lanka, au motif que le pays ne disposerait pas de garanties suffisantes contre l'importation de biens issus du travail forcé.

 

Maldives

La population active maldivienne demeure fortement dépendante de la main-d'œuvre étrangère

Selon les dernières données publiées par le Bureau des statistiques, les travailleurs expatriés représentent près d'un tiers de la population résidente (196 024 personnes sur 590 079 habitants) et 47 % de la population masculine. Les hommes expatriés sont désormais plus nombreux sur le marché du travail que les hommes maldiviens. Cette dépendance est particulièrement marquée dans les secteurs du tourisme, de la construction et de l'industrie, ainsi que dans les îles non administratives, où les expatriés représentent 80 % de la population. Les données mettent également en évidence une concentration de la population active à Malé, où vit 43 % de la population, et un déficit de jeunes adultes (20-29 ans) dans les îles, illustrant les déséquilibres persistants du marché du travail et la forte dépendance de l'économie maldivienne à la main-d'œuvre étrangère.

Les recettes fiscales progressent en juin et demeurent en hausse sur le premier semestre

La Maldives Inland Revenue Authority (MIRA) a collecté 2,92 Mds MVR (189 MUSD) en juin 2026, contre 2,05 Mds MVR (133 MUSD) en mai, soit une hausse mensuelle de 42,5 %. En glissement annuel, les recettes progressent de 10,1 %, principalement sous l'effet de la hausse des recettes de GST/TGST, de l'impôt sur les sociétés, de la taxe aéroportuaire et de la Green Tax, soutenue par l'activité touristique. Sur les six premiers mois de l'année, les recettes atteignent 19,3 Mds MVR (1,25 Md USD), en hausse de 14,7 % par rapport à la même période de 2025, confirmant le maintien d'une dynamique favorable des recettes fiscales malgré le recul observé en mai.