Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 6 juillet 2026
Croissance du PIB à 4,1% pour 2026 ; L’indice des directeurs d’achat (PMI) à 53,4 ; Bureaux de la BERD au Nigeria ; ExxonMobil investit 1 Md USD dans Usan ; Nigeria intègre l’AIE ; Fonds de 170,6 M USD pour iDICE ; Enquête FCCPC sur les pratiques numériques ; Remboursement de 700 M USD d’Euro-obligations ; 2,6 Md GHS aux sociétés d'achat cacao ; Services de paiement exposés à la fraude ; PMI du Ghana en recul ; 300 M EUR pour l’aluminium.
LE CHIFFRE À RETENIR
4,6%
C’est le taux de croissance de l’économie du Ghana en avril 2026, après 5,4% en mars
Nigeria
Le FMI maintient sa prévision de croissance du PIB à 4,1% pour 2026
Le Fonds Monétaire International (FMI) maintient sa prévision de croissance du PIB du Nigeria à 4,1% en 2026. Réduite de 4,4% en janvier 2026 à 4,1% en avril, en raison des conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient, la prévision de croissance du FMI pour 2026 reste stable. Le FMI note une amélioration de la stabilité macroéconomique du pays et des effets positifs sur les termes de l’échange. Il souligne néanmoins les risques liés à l’inflation, notamment concernant la hausse des prix de produits de première nécessité.
Cette croissance serait proche des niveaux enregistrés en 2025 (4,0%) et en 2024 (4,1%). Elle surpasse les prévisions de croissance de l’économie mondiale (3,0%) et des pays émergents (3,8%) mais se situe en deçà de la croissance prévue pour l’Afrique subsaharienne (4,3%).
L’indice des directeurs d’achat (PMI) en légère baisse en juin à 53,4
L’indice mensuel Stanbic des directeurs d’achats marque une très légère baisse en juin à 53,4 contre 54,1 en mai. Selon Stanbic, le secteur privé nigérian a enregistré une hausse de sa production à la fin du deuxième trimestre 2026, grâce à une demande accrue et au développement de nouveaux produits qui ont soutenu l'augmentation du volume des ventes des entreprises. Cette demande croissante a entraîné une augmentation de la charge de travail, obligeant ainsi le secteur privé à embaucher du personnel dans trois des quatre secteurs suivis par l'enquête, outre l'agriculture. La confiance des entreprises a également atteint son plus haut niveau en 12 mois, les entreprises citant la capacité à obtenir de nouveaux stocks, leurs projets d'expansion et leurs efforts publicitaires comme facteurs clés leur permettant d'anticiper une augmentation de leur production au cours de l'année à venir. Les prix des intrants ont continué d'augmenter, mais pas autant qu'au début de la guerre israélo-iranienne. Cette hausse a eu un impact répercuté sur les prix des produits finis, dans un contexte d'augmentation du coût des matières premières et du transport.
L’indice de performance des affaires (BPI) indique une activité croissante du secteur privé
Le dernier rapport du Groupe de conseil économique nigérian (NESG) présente un indice BPI de performance des affaires (Business performance index) qui est resté stable. Selon NESG, l’activité du secteur privé reste croissante notamment grâce à l’industrie et au commerce. Il note aussi que l’environnement commercial a été en expansion ces six derniers mois, bien que la hausse des prix des intrants comme les difficultés d’approvisionnement en électricité demeurent des contraintes.
Inauguration des bureaux de la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) au Nigeria
Dans le cadre de son engagement en Afrique subsaharienne, la BERD vient d’inaugurer son premier bureau dans la région, à Lagos au Nigeria. L’ouverture s’est faite en présence du ministre des finances du Nigeria, Taiwo Oyedele, du vice-président de la BERD, Matteo Patrone, et de l’ambassadeur de l’Union européenne au Nigeria, Gautier Mignot. Le Nigéria est devenu actionnaire et pays d'opérations de la BERD en 2025, avec plus de 150 M EUR investis à ce jour et une ligne de crédit de 100 M USD (85 M EUR) pour le financement du commerce. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de l'engagement stratégique de la Banque en Afrique subsaharienne, axé sur le soutien à la croissance et à l'investissement du secteur privé.
La BERD prévoit également d’ouvrir des bureaux au Kenya, au Bénin, au Sénégal et en Côte d’Ivoire.
ExxonMobil s’est engagé à investir 1 Md USD dans le projet Usan
ExxonMobil et ses partenaires se sont engagés à investir 1 Md USD pour relancer le forage sur le gisement d’Usan. Ce projet de développement en eaux profondes, mené en accéléré, devrait permettre d’augmenter la production pétrolière du Nigeria de 40 000 barils par jour d’ici 18 mois. Le directeur général, Jagir Baxi, a annoncé cet engagement lors de la conférence « NOG Energy Week » à Abuja, aux côtés de Chevron, TotalEnergies et Nexen, la filiale de CNOOC qui détient en copropriété le bloc offshore OML 138. Cet investissement a été salué par les autorités nigérianes de régulation du secteur car il constitue un jalon important du positionnement d’ExxonMobil au Nigeria alors que sa dernière campagne de forage dans le pays remonte à 2016.
Le Nigeria intègre l’Agence internationale de l’énergie en tant que pays associé
Le Conseil d’administration de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a approuvé l’adhésion du Nigeria en tant que pays associé le jeudi 2 juillet. Selon l’agence, cette décision porte la part de la demande énergétique mondiale représentée par l’organisation à plus de 80 %, contre 40 % en 2015.
Lancement d'un fonds de fonds de 170,6 M USD dans le cadre du programme iDICE en faveur de l'écosystème technologique et créatif nigérian
La Bank of Industry (BoI) a annoncé la nomination de Kuramo Capital en qualité de gestionnaire du fonds de fonds DICE (Digital and Creative Enterprises), doté de 170,6 M USD. Ce fonds de fonds a vocation à investir dans des fonds de capital-investissement et de capital-risque ciblant les entreprises nigérianes des secteurs du numérique et des industries créatives, afin d'améliorer leur accès au financement et de renforcer l'écosystème de l'innovation. Il constitue l'un des principaux instruments financiers du programme du gouvernement fédéral iDICE, mis en œuvre dans les 36 États, qui vise à former 2 M de jeunes âgés de 15 à 35 ans, dont 40 % de femmes, afin de renforcer leurs compétences et leur employabilité. D'un montant total de 695,8 M USD, le programme est financé avec l'appui de plusieurs bailleurs internationaux, notamment l'Agence française de développement (AFD), qui contribue à hauteur de 100 M EUR, ainsi que la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID).
Ouverture d'une enquête de la FCCPC sur les pratiques des grandes plateformes numériques
Le président Bola Tinubu a chargé la Commission fédérale de la concurrence et de la protection des consommateurs (FCCPC) d'ouvrir une enquête sur les pratiques des principales plateformes numériques mondiales et des fournisseurs de services d'intelligence artificielle générative opérant au Nigeria. L'enquête, menée à la suite d'une plainte déposée par les organisations représentatives des médias nigérians, portera notamment sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles, l'exploitation commerciale non autorisée de contenus de presse, les relations commerciales entre les plateformes et les éditeurs, ainsi que l'utilisation de contenus journalistiques pour l'entraînement des modèles d'intelligence artificielle. Cette initiative s'inscrit dans un mouvement international de renforcement de la régulation des grandes plateformes numériques et pourrait constituer une étape importante dans l'affirmation du cadre nigérian de concurrence et de gouvernance du numérique.
Ghana
Le gouvernement rembourse 700 M USD d’euro-obligations
Le 2 juillet 2026, le ministère des Finances du Ghana a procédé au remboursement anticipé d'une euro-obligation (Eurobond) d’un montant de 700 M USD, répartie entre 525,2 M USD de principal et 174,8 M USD d’intérêts. Cette transaction porte à 2,1 Md USD le montant total versé aux créanciers d’Eurobonds depuis janvier 2025. Selon les autorités financières ghanéennes, ce règlement a été honoré à travers les mécanismes de refinancement budgétaire planifiés par l'État, évitant ainsi d'exercer une pression sur les réserves de change nationales.
Cette opération, qui s’inscrit dans le prolongement de l’accord conclu en octobre 2024 sur la restructuration globale de 13 Md USD d’Eurobonds, a permis d'effacer 37% de la valeur nominale des titres (soit un allègement de 5 Md USD), de générer 4,3 Md USD d’économies sur le service de la dette et de diminuer le taux d'intérêt moyen sur la dette obligataire de plus de 8% à moins de 5%.
Le Cocobod paie 2,6 Md GHS (200 M EUR) aux sociétés d'achat agréées de cacao
Le Conseil ghanéen du cacao (Cocobod) débloque 2,6 Md GHS (200 M EUR) au profit des sociétés d'achat agréées (LBC) afin de régler les achats de cacao effectués auprès des agriculteurs. Sur les 2,6 Md GHS (200 M EUR) débloqués, 1,4 Md GHS (108 M EUR) ont été affectés au paiement des producteurs de cacao qui n'avaient pas encore été payés pour le cacao fourni à crédit lors des campagnes agricoles précédentes. Les 1,2 Md GHS (92 M EUR) restant serviront à rembourser les LBC pour la saison en cours. Chaque année, le Cocobod, détenteur du monopole public sur l’exportation, lève des fonds pour préfinancer l'achat des fèves aux planteurs par les LBC, les revenus de la récolte servant à rembourser ce prêt contracté. Depuis le début de la campagne cacaoyère 2025/26, le Cocobod a versé au total 34,5 Md GHS (2,65 Md EUR) aux LBC. Toutefois, ce nouveau paiement ne suffit pas à épurer le solde d’arriérés de paiement total de 6 Md GHS (461 M EUR), que le Cocobod avait affirmé être en capacité de régler avant la fin du mois de juin 2026.
Les prestataires de services de paiement émergent comme les établissements financiers les plus exposés à la fraude
Tandis que les banques et les établissements de dépôt spécialisés (SDI) enregistrent une baisse des fraudes en 2025, les prestataires de services de paiement (PSP) émergent comme les établissements financiers les plus à risque. En effet, entre 2024 et 2025, le secteur bancaire a vu ses indicateurs de fraude reculer, le nombre de cas passant de 716 à 472 et la valeur à risque diminuant de 75 M GHS (5,8 M EUR) à 57 M GHS (4,4 M EUR). À l'inverse, pour les PSP, les fraudes ont augmenté de 54% (de 15 673 à 24 124) et l’exposition financière a presque doublé, grimpant de 19 M GHS (1,5 M EUR) à 37 M GHS (2,8 M EUR). La symétrie relative des dynamiques de ces deux secteurs a conduit à une augmentation très modeste de la valeur à risque total de 99 M GHS (7,6 M EUR) à 101 GHS (7,8 M EUR) entre 2024 et 2025.
Ces chiffres témoignent des enjeux de sécurité grandissants qu’entraîne la pénétration accrue des services financiers digitaux dans l’économie ghanéenne, dans un contexte de littératie numérique encore limitée parmi les utilisateurs. Ils sont toutefois à relativiser au regard de l’ampleur du marché ghanéen du Mobile Money : le Ghana affiche l’un des taux de pénétration des services financiers mobiles les plus élevés au monde et a été leader mondial en matière de réglementation de la Mobile Money en 2025.
L’indice PMI du Ghana enregistre son recul le plus marqué depuis janvier 2023
L’indice PMI (Indice des directeurs d’achat) de S&P du Ghana a chuté de 50,0 en mai à 47,7 en juin, signalant une première détérioration de la conjoncture en quatre mois. Ce déclin de la production est le plus prononcé depuis janvier 2023 et s’explique par une baisse des commandes, pour la première fois en cinq mois et à un rythme inégalé depuis plus de trois ans, en dépit d’une augmentation de l’emploi depuis février 2025. S&P suggère, d’après les données PMI du 2ème trimestre 2026, qu'il pourrait y avoir eu un léger ralentissement de la croissance du PIB, bien que les données officielles devraient, selon eux, montrer une expansion soutenue.
Le Ghana sécurise 300 M EUR d’investissement dans une usine de transformation d’aluminium
La Société ghanéenne de développement intégré de l'aluminium (GIADEC) et l’italien Danieli Group ont signé un protocole d’accord de 300 M EUR pour la construction d'une usine de laminage de feuilles d’aluminium et la création d’un centre dédié à la formation et à l’innovation dans le domaine de la transformation avancée de l'aluminium. Cet investissement conforte la transition du Ghana du statut d’exportateur de bauxite brute (le minerai primaire pour l'aluminium) au statut de producteur d’aluminium, dont le cours mondial a augmenté de 47,3% en un an.
La bauxite est actuellement produite par une seule mine à grande échelle (3 nouvelles exploitations étant en développement), désormais exploitée par une entreprise entièrement ghanéenne, la Société de bauxite du Ghana (GBC). Seule une faible quantité est aujourd’hui extraite de la mine et l’État ghanéen souhaite, à travers des travaux d’expansion, atteindre une production annuelle de 5 M de tonnes, tout en visant à développer une industrie intégrée de l'aluminium au Ghana avec la GIADEC. Créée en 2018, la GIADEC détient les actions du gouvernement dans la Société Volta Aluminium (VALCO) et la GBC, en plus de se voir accorder une part minimale de 30% dans tout nouveau projet.