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Quatre années valent près de quarante !

Comment le Royaume-Uni a-t-il abouti, après seulement quatre années de négociation, à un accord de libre-échange avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG) ? La question mérite d'être posée. D'autant que, dans le même temps, l'Union européenne poursuit depuis 1990 des négociations qui n'ont toujours pas abouti. À première vue, le paradoxe est commercial. En réalité, il est stratégique. La valeur d'un accord ne se mesure plus uniquement au volume d'échanges qu'il couvre, mais à la position qu'il permet d'occuper dans une économie mondiale profondément recomposée. Pendant plusieurs décennies, les accords de libre-échange avaient principalement pour objet de supprimer les droits de douane, faciliter les investissements et accroître les échanges. Cette logique demeure, mais elle ne suffit plus à expliquer les choix des États. Les crises énergétiques, la pandémie, les tensions géopolitiques ou les rivalités technologiques ont rappelé que l'ouverture pouvait aussi créer de nouvelles vulnérabilités. Les négociations commerciales visent désormais autant à sécuriser des positions qu'à ouvrir des marchés.

Le CCG est au cœur de cette évolution. Avec près de 2 300 Md$ de PIB cumulé et environ 4 700 Md$ d'actifs souverains, il est devenu l'un des principaux détenteurs de capitaux au monde. Les stratégies telles que Saudi Vision 2030 et We the UAE 2031 illustrent une transformation profonde : la rente pétrolière finance désormais les infrastructures numériques, l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les énergies bas carbone ou encore les grands projets logistiques. Le Golfe n'est plus seulement un fournisseur d'énergie. Le Golfe n'est plus seulement un fournisseur d'énergie, il est devenu un lieu où se décide une partie des investissements mondiaux. Pour les grandes économies, l'enjeu n'est donc plus uniquement d'y exporter davantage, mais d'y être durablement présent au moment où se redessinent les grands flux de capitaux, de technologies et de compétences.

C'est précisément cette évolution que le Royaume-Uni a cherché à intégrer dans sa stratégie post-Brexit. Après les accords conclus avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, l'Inde ou encore son adhésion au CPTPP, le partenariat avec le CCG poursuit une logique cohérente : renforcer la présence britannique dans les régions où se concentreront les investissements de demain. Les secteurs concernés, finance, droit, assurance, ingénierie et conseil, correspondent aux domaines dans lesquels Londres conserve un avantage comparatif reconnu. L'accord ne porte donc pas seulement sur les marchandises mais prépare l'accès à des marchés de services à forte valeur ajoutée et consolide la place du Royaume-Uni dans l'une des régions les plus dynamiques de l'économie mondiale.

L'Union européenne poursuit une démarche d'une autre nature. Depuis près de quarante ans, elle négocie avec le CCG un accord qui dépasse largement les seules questions tarifaires. Protection des consommateurs, convergence réglementaire, sécurité juridique, développement durable ou mécanismes de règlement des différends constituent des éléments essentiels de son approche. Cette méthode produit des accords plus complets et plus prévisibles, mais elle suppose également davantage de temps. Le contraste entre Londres et Bruxelles ne traduit donc pas une différence d'efficacité ; il reflète deux conceptions de la politique commerciale. Là où le Royaume-Uni privilégie la rapidité d'exécution et l'exploitation de complémentarités économiques existantes, l'Union européenne cherche à construire un cadre commun plus intégré et plus durable.

Cette différence de méthode met en lumière une évolution souvent sous-estimée : dans une économie mondiale en recomposition rapide, le temps est devenu une variable économique à part entière. Les décisions d'investissement, les implantations industrielles ou les chaînes de valeur évoluent désormais selon des cycles beaucoup plus courts. Un accord conclu plusieurs années après ses concurrents peut conserver toute sa qualité juridique sans produire les mêmes effets économiques. Pour la France, cette réflexion est loin d'être théorique. Les échanges avec le Golfe ont atteint 24,9 Md€ en 2025, dont 10,8 Md€ avec les seuls Émirats arabes unis, en progression de 27 % sur un an. Depuis 2005, les fonds souverains de la région ont investi plus de 30 Md€ en France. Les entreprises françaises disposent d'atouts solides dans les infrastructures, l'énergie, les transports, la santé, l'aéronautique ou les industries culturelles, mais elles évoluent dans un environnement où la concurrence internationale s'intensifie, notamment dans les services financiers, juridiques et de conseil.

 L'accord signé le 20 mai 2026 ne bouleversera probablement pas, à lui seul, les équilibres du commerce mondial mais constitue un révélateur des transformations de la mondialisation. La compétition internationale ne porte plus seulement sur l'accès aux marchés. Elle porte désormais sur la capacité à se positionner rapidement au sein des grands flux de capitaux, de technologies, de talents et d'innovation. Pour l'Union européenne, l'enjeu n'est donc pas de renoncer à son modèle normatif, qui demeure un atout de confiance et de stabilité, mais de démontrer qu'il peut s'articuler avec une capacité de décision adaptée au rythme des recompositions économiques contemporaines. Dans cette nouvelle géographie de la puissance économique, la qualité d'un accord restera essentielle et le moment où il est conclu le sera désormais tout autant.

Laetitia TABET, Adjointe au Chef du service économique de la Péninsule Arabique – Conseillère financière régionale

 

Brèves économiques 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

La Banque centrale des Émirats arabes unis (CBUAE) prévoit une croissance du PIB de 1,7 % en 2026, en net recul par rapport à ses prévisions précédentes de 5,6 %. Pour 2027, la croissance devrait atteindre 9,8 %, en s'appuyant sur une normalisation et une augmentation de la production d'hydrocarbures, ainsi que sur une croissance soutenue des secteurs non liés aux hydrocarbures. Cette estimation contraste avec l’estimation de l’agence S&P du 22 juin, qui prévoit désormais une récession de - 2,7 % aux Émirats sur l’année 2026.

ADNOC Distribution va acquérir les stations-service du groupe Shell en Afrique du Sud dans les prochains jours, pour une transaction évaluée à 1 Md USD. La filiale d'Adnoc mettre ainsi la main sur plus de 600 points de vente, soit 10 % de parts de marché dans le pays. Le processus de vente a débuté en 2024 et s'est poursuivi malgré l'impact du conflit impliquant l'Iran sur les activités d'Adnoc.

Energie, Infrastructure & Industrie

Dubaï regarde du côté de la Chine pour intégrer l’IA dans ses systèmes de gestion des transports. Dans le cadre d’une visite officielle en Chine, l’Autorité des routes et des transports de Dubaï (RTA) a signé des accords stratégiques avec des entreprises de la tech chinoise, dans le cadre de l'extension de l'utilisation de l’IA sur le réseau de transport, notamment sur la blue line du métro de Dubaï. L'accord conclu avec Casco Signal prévoit la construction d’un centre de R&D et d’un laboratoire d'innovation à Dubaï, afin de soutenir les phases de test, de formation et de développement de systèmes de signalisation, de communication et d'exploitation basés sur l'IA. Le partenariat avec Huawei se concentrera sur le développement d'applications pour les villes intelligentes, de plateformes unifiées de données de transport, de systèmes de gestion du trafic et des incidents pilotés par l'IA et de centres d'opérations intelligents.

Les Émirats exportent de plus belle ! Les exportations pétrolières des Émirats arabes unis ont atteint un niveau record en juin, pour atteindre 3,7 millions de barils par jour selon Reuters — un volume supérieur aux 3,3 millions enregistrés plus tôt dans l'année. Cette augmentation fait suite à la sortie de l’OPEP annoncée au mois de mai qui libère les Émirats de la politique de quotas, qui fixait à 3,5 Mb/j les exportations émiriennes, mais également à la réouverture du détroit d’Ormuz annoncée mi-juin.

Qatar

Selon Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, l’Emirat devrait retrouver un niveau de production de GNL normal dans les prochaines semaines, une fois les contraintes logistiques liées au détroit d'Ormuz totalement levées.

Le Qatar s’est associé aux les États-Unis, au Nigeria et à l'Algérie pour demander à l'Union Européenne (UE) de revoir sa future réglementation sur les émissions de méthane applicables aux importations de pétrole et de gaz. Les quatre pays exportateurs jugent les exigences actuelles difficilement applicables et demandent un report ainsi que des modifications ciblées.

QatarEnergy (QE) a lancé un appel d'offres pour la vente de cargaisons de pétrole brut à charger entre juillet et août, une première depuis le début du conflit dans la région. Cette initiative s'inscrit dans un contexte d'augmentation de l'offre pétrolière des producteurs du Moyen-Orient. Par ailleurs, QatarEnergy recherche un pétrolier de très grande capacité (VLCC) pour transporter jusqu'à deux millions de barils vers l’Asie, signe d'une reprise progressive de ses exportations. Enfin, l’entreprise énergétique qatarienne a signé avec le gouvernement chypriote et ExxonMobil une déclaration de découverte commerciale pour les champs offshore de Glaucus et Pegasus situés dans le bloc 10 au large de Chypre.

L’Autorité qatarienne de transport et de distribution d’électricité (Kahramaa) a signé plusieurs contrats pour des projets avec des entreprises locales et internationales, dont Larsen & Toubro (entreprise indienne dans la construction) et LS Cable (spécialiste coréen des câbles électriques), pour développer le réseau électrique dans la région ouest du Qatar. Ces projets, d’une valeur totale supérieure à 600 M USD, visent notamment le raccordement de la centrale solaire de Dukhan, dont la construction devrait débuter fin 2028, au réseau national.

Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, a assisté à la signature d’un accord de partenariat stratégique entre le Qatar, la France et la Turquie pour le développement du satellite Es’hail-3/Turksat-Biruni, en présence de plusieurs autres ministres et hauts responsables qatariens. L’accord a été conclu entre Es’hailSat, Turksat et Thales Alenia Space, la filiale de Thales et Leonardo dans le domaine spatial. Selon Es’hailSat, ce troisième satellite, dont le coût est estimé à environ 295 M EUR, devrait être lancé à l’horizon 2030 après une phase de conception et de fabrication de trois à quatre ans. Contrairement aux satellites précédents centrés sur la télévision, Es’hail-3 sera dédié aux services de communication avancés (aviation, maritime, énergie et connectivité mobile), avec une couverture élargie sur l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

 

Koweït

KPC prend les commandes et se met à l’heure du marché. Le Koweït a promulgué un décret-loi modifiant la loi encadrant Kuwait Petroleum Corporation (KPC), dans le cadre d’une réforme visant à moderniser sa gouvernance et à renforcer sa compétitivité. Le texte transfère plusieurs prérogatives du Supreme Petroleum Council vers KPC et renforce le rôle de son conseil d’administration, afin d’accélérer la prise de décision et d’améliorer l’efficacité opérationnelle. La réforme consacre également un fonctionnement plus commercial de la KPC, qui pourra opérer selon des principes de marché et développer des projets d’énergies renouvelables directement ou via ses filiales. Elle officialise par ailleurs la fonction de directeur général et introduit des ajustements du cadre de contrôle et de contractualisation, dans l’objectif d’accroître la flexibilité et de soutenir la performance du groupe pétrolier national.

Les investisseurs jouent la carte de la sécurité. Les actifs des organismes de placement collectif au Koweït ont atteint 3,46 Mds de dinars koweïtiens (KD) fin avril 2026, en hausse de 7,4 % depuis décembre 2025. La croissance est portée par les fonds monétaires, obligataires et multi-actifs, avec une progression particulièrement marquée de ces derniers (+40 %). Les fonds islamiques enregistrent une hausse de 8,2 %, supérieure à celle des fonds conventionnels. Les fonds monétaires restent le principal segment, avec 1,88 Mds KD. Cette dynamique reflète une préférence des investisseurs pour la liquidité, les rendements stables et les actifs à moindre risque dans un contexte d’incertitude géopolitique et de volatilité des marchés.

KNPC retente le coup à Al-Mutlaa. La Kuwait National Petroleum Company (KNPC) s’apprête à relancer l’appel d’offres pour le dépôt de carburant d’Al-Mutlaa. Le projet, estimé à environ 800 M USD dans ses premières phases, avait déjà été proposé lors d’un précédent cycle finalement abandonné, malgré une offre la plus basse d’une entreprise libanaise d’environ 357 M KD (≈1,16 Mds USD). Une nouvelle phase de préqualification a été lancée le 24 juin, avec une date limite fixée au 2 juillet. Le projet s’articule autour de quatre axes : la construction du dépôt de Mutlaa avec 11 réservoirs, systèmes automatisés de distribution et installations de chargement/déchargement ; les infrastructures de soutien comprenant une ligne électrique de 20 km, quatre transformateurs et une conduite d’eau de 20 km ; la mise en place de deux pipelines parallèles d’environ 130 km reliant les raffineries de Mina Abdullah et Mina Al-Ahmadi au site ; et enfin la modernisation des installations existantes dans les zones de stockage des raffineries. L’objectif est de renforcer la capacité de stockage et la sécurité d’approvisionnement du marché local, tout en améliorant l’efficacité du réseau de distribution pétrolier.

Zain capte la Syrie. Le groupe koweïtien Zain a remporté une licence de 25 ans pour exploiter un réseau mobile en Syrie, à l’issue d’un appel d’offres remporté pour 747 M USD. Le groupe détiendra 75 % de la nouvelle entité, aux côtés d’un partenaire public syrien (25 %), avec un lancement commercial prévu au premier trimestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires. Zain prévoit d'investir plus de 800 M USD sur dix ans afin de moderniser le réseau, déployer la 5G et développer des solutions numériques. L’équipe de Zain travaillera en étroite collaboration avec le MCOT syrien et l’équipe de MTN. Elle assurera la continuité du service pour les 6,3 millions d'abonnés existants durant une période de transition de six mois. Zain est actuellement présent sur huit marchés au Moyen-Orient et en Afrique, et dessert 51,2 millions de clients.

  

Oman

Visite historique du Sultan d'Oman à Paris : la France consolide son partenariat économique et stratégique avec Mascate. À l’occasion de la première visite officielle en France de Sa Majesté le Sultan Haitham bin Tarik Al Said en France le 29 juin 2026, la première depuis son accession au trône, Paris et Mascate ont réaffirmé leur volonté de renforcer un partenariat bilatéral global, adossé notamment à la dynamique du dialogue stratégique lancé en avril 2026 et au rapprochement des agendas « France 2030 » et « Oman Vision 2040 ». En marge du forum d’affaires franco-omanais présidé par les deux chefs d’Etat et réunissant plus de 60 entreprises, plusieurs accords économiques majeurs ont été annoncés dans les secteurs des infrastructures et de la transition énergétique. EDF a conclu un accord cadre pour le développement d’une station de transfert d’énergie par pompage (STEP) de 2 GW à Wadi Dayqah, étape structurante du développement des capacités de stockage et de flexibilité électrique du Sultanat. Suez conduira, avec des partenaires omanais, l’optimisation des réseaux d’eau et d’assainissement du Grand Mascate et de plusieurs gouvernorats, tandis que CMA CGM, en partenariat avec Asyad Group, développera un terminal logistique polyvalent à Sohar. Les deux pays ont également acté des avancées dans les domaines de l’aviation civile, des transports urbains (dont le projet de métro de Mascate), de l’espace et de l’innovation, avec des coopérations industrielles et technologiques incluant Thalès, Station F, L’Oréal et Sagemcom. Au-delà de ces annonces économiques, la visite a confirmé le resserrement du partenariat stratégique franco-omanais, notamment en matière de sécurité maritime. Les deux chefs d'État ont réaffirmé leur attachement à la liberté de navigation et à la réouverture du détroit, et ont convenu de renforcer leur coopération en matière de surveillance et de sûreté maritime, avec la possibilité d'opérations de déminage conjointes. Ils ont salué le protocole d'accord entre Washington et Téhéran, la France se félicitant du rôle de médiation d'Oman sur le dossier nucléaire.

Le déficit budgétaire se contracte de 82 % au T1 2026 grâce à l’envolé des recettes d’hydrocarbures ; le FMI anticipe deux ans d'excédent. Le PIB réel omanais a progressé de 2,58 % au T1 2026, porté par les hydrocarbures (+4,59 %) et un secteur non pétrolier résilient (+2,36 %) ; en valeur nominale, il s'établit à 26,7 Mds USD (10,3 Mds OMR). La hausse des recettes (+13,28 %) a largement absorbé celle des dépenses (+8,63 %), ramenant le déficit trimestriel à 65 M USD (25 M OMR) contre 354 M USD (136 M OMR) un an plus tôt, tandis que S&P confirmait en mars la note « BBB- », perspective stable, saluant la discipline budgétaire engagée depuis l'accession au trône du Sultan Haitham en 2020. Cette trajectoire s'est nettement accentuée depuis : à l'issue de sa mission à Mascate, menée du 7 au 15 juin, le FMI projette un excédent de 4,5 % du PIB en 2026 puis 4,2 % en 2027 (contre une budgétisation initialement prudente en janvier), porté par la flambée de production consécutive à la fermeture du détroit d'Ormuz début mars. Les exportations omanaises n'ayant pas été affectées par le conflit, contrairement à ses voisins du Golfe, Oman a atteint une production moyenne de 1,17 Mb/j en mai (record), avec des exportations à 863 000 b/j, pour des recettes d'exportation pétrolière mensuelles estimées à 3,3 Mds USD (1,3 Md OMR) par MEES, également un record. Seul point de vigilance : l'inflation, à 2,33 % au T1 contre 0,85 % un an plus tôt, attribuée par le ministère aux tensions régionales sur les coûts d'importation.

Hydrocarbures : Oman attribue le bloc offshore 80 au turc TPOC, marquant la première entrée d'Ankara dans le secteur pétrolier omanais. Le ministère de l'Énergie et des Minéraux a attribué le bloc d'exploration offshore 80, situé au large de l’exclave de Musandam, à la compagnie publique omanaise OQ Exploration and Production (50 %) et à Turkish Petroleum Overseas Company (50 %). Ce périmètre intègre les champs de Bukha et West Bukha, qui produisent actuellement près de 1 000 bpj de condensats et 8 millions de pieds cubes par jour de gaz naturel, tandis qu'un accord de vente de gaz distinct a été signé avec le champion national Integrated Gas Company pour valoriser cette production. Le programme d'exploration se déploiera sur deux phases de quatre ans, avec un engagement financier minimal de 60 M USD pour la première période et de 30 M USD pour la seconde. Cette première incursion turque concrétise l'accord de coopération bilatérale signé l'an dernier et s'inscrit dans la stratégie de Mascate visant à diversifier ses partenariats, une dynamique déjà à l'œuvre avec le malaisien Petronas sur le bloc offshore 18.

Oman lance un pôle industriel vert, le groupe d'ingénierie indien Larsen & Toubro (L&T) décroche la conception du projet sidérurgique Meranti Green Steel. L'Autorité publique des zones économiques spéciales et des zones franches (OPAZ) a initié le développement d'un « Green Park » intégré au sein de la Zone Économique Spéciale de Duqm (SEZAD), structuré autour de trois pôles : métallurgie bas-carbone, manufactures propres et transformation de silice de haute pureté, les cabinets internationaux disposant jusqu'au 14 juillet 2026 pour remettre leurs offres sur le schéma directeur. Le pôle métallurgique s’articule principalement autour du complexe de l'indien Jindal Steel (5 millions de tonnes par an - Mtpa) et de celui du singapourien Meranti Green Steel. Meranti vient de franchir une étape décisive pour le lancement de son usine (première tranche de 2,5 Mtpa) en confiant le contrat de conception technique (FEED) au groupe indien Larsen & Toubro (L&T), préfigurant une décision finale d'investissement au T3 2026. Fournie par l'américain Midrex, la technologie retenue permettra de substituer progressivement le gaz naturel par de l'hydrogène vert. Le projet a déjà sécurisé sa viabilité commerciale grâce à des contrats d'achat fermes (offtake) conclus avec l'allemand Thyssenkrupp (1,0 Mtpa) et INTERFER (0,25 Mtpa), le solde étant réparti entre le suisse Glencore et le site de Meranti en Thaïlande.

Le Sultanat muscle son réseau électrique : Siemens Energy va construire 2,6 GW de centrales à gaz, OETC installe des batteries géantes à Ibri et Duqm. Siemens Energy a remporté, auprès d'un consortium mené par Etihad Water and Electricity Company, Nebras Power et Bahwan Infrastructure Services, la fourniture de six turbines à gaz de classe F compatibles co-combustion hydrogène pour les centrales de Misfah et Duqm, soit 2,6 GW cumulés qui porteront la capacité nationale de près de 20 % au bénéfice de plus de deux millions d'habitants. En parallèle, le gestionnaire public du réseau de transport (OETC) achève à Ibri et Duqm deux projets de stockage par batterie parmi les plus importants du Golfe (500 MW / 2 000 MWh chacun), destinés à l'écrêtement des pics de consommation, avec 1 000 MW / 2 000 MWh supplémentaires prévus d'ici au T2 2026.