Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Tourisme : la rançon du hub

La guerre entre l’Iran et les Etats-Unis a constitué un test de résilience pour le modèle touristique émirien. Après plusieurs années de croissance soutenue, les EAU abordaient la crise avec des fondamentaux solides, portés par la double fonction de Dubaï, à la fois destination touristique de premier plan et plateforme aérienne mondiale. Le tourisme représentait près de 13 % du PIB en 2025, ce qui en fait l’un des piliers les plus visibles de la diversification économique et de la connectivité des EAU. La récente crise a ainsi mis en lumière une vulnérabilité structurelle du secteur, dont le dynamisme dépend surtout de la capacité du pays à garantir, dans un environnement régional instable, la continuité des flux internationaux.

Avant la guerre, le tourisme émirien s’inscrivait dans une trajectoire de croissance particulièrement favorable. Dubaï a accueilli 19,6 millions de visiteurs internationaux en 2025, signant une troisième année consécutive de fréquentation record, avec un taux d’occupation hôtelier supérieur à 80 %. L’aéroport international de Dubai a vu affluer 95,2 millions de passagers, un niveau historique qui confirme la double fonction de l’émirat comme destination finale et plateforme mondiale de transit. L’ampleur des flux est telle que Dubaï a engagé l’expansion d’un deuxième aéroport international, appelé à devenir le principal hub de l’émirat, avec une capacité cible de 260 millions de passagers par an à long terme. Abu Dhabi occupe également une place significative, avec 5,9 millions de clients hôteliers et une forte hausse des revenus du secteur. Ces performances traduisent la maturité croissante du modèle touristique national, dont l’impact excède désormais la seule fréquentation hôtelière et se diffuse, par effet de halo, à l’ensemble de l’économie de services.

Les premiers effets de la guerre se sont matérialisés dans le secteur aérien, principal canal de transmission du choc au secteur touristique émirien. Les restrictions d’espace et les déroutements ont réduit temporairement la capacité des EAU à convertir leur connectivité internationale en recettes touristiques, alors que les dépenses des visiteurs internationaux étaient estimées à 228,5 Md AED en 2025. À Dubaï, le taux d’occupation hôtelier, qui atteignait 85 % sur les deux premiers mois de 2026, est tombé à 23 % début mars, son plus bas niveau depuis avril 2020. Accor a également enregistré une baisse de 9 % du revenu par chambre disponible aux EAU au premier trimestre 2026, principalement liée au recul de l’occupation et les annulations de locations de courte durée. En réponse, Dubaï a approuvé un premier paquet de soutien de 1 Md AED en mars, puis 1,5 Md AED en mai, portant l’enveloppe totale à 2,5 Md AED. Ces mesures, essentiellement sous forme de reports, d’exemptions de frais et de facilités administratives, ciblaient notamment le tourisme, l’hôtellerie, l’événementiel et le commerce de détail. Dans une économie où le tourisme agit comme un relais de diversification et un exportateur de services, la désorganisation des flux a eu un effet macroéconomique immédiat : elle pèse sur l’activité des services, sur les recettes extérieures liées aux visiteurs internationaux et, plus largement, sur la contribution du tourisme à la croissance non pétrolière.

Les perspectives post-crise restent néanmoins favorables si la désescalade se confirme. Les principales compagnies aériennes ont rapidement reconstitué une large partie de leurs volumes de vols, et la levée progressive de certains avis de voyage devrait également soutenir la reprise des réservations, en particulier sur les marchés où la couverture assurantielle dépend directement des recommandations officielles. Pour autant, la normalisation devrait être graduelle. Le retour des capacités aériennes ne garantit pas immédiatement le retour de la demande, car les voyageurs loisirs, les familles et les marchés long-courriers peuvent conserver une attitude prudente plusieurs semaines après la stabilisation opérationnelle. La reprise dépendra donc autant de la réouverture effective des routes que de la reconstruction d’un sentiment de sécurité.

À moyen terme, la crise ne semble pas remettre en cause les fondamentaux du tourisme émirien. Le pays conserve des infrastructures de premier rang, une offre hôtelière profonde et une capacité reconnue à attirer les flux internationaux. Elle souligne en revanche la nécessité d’intégrer plus explicitement le risque géopolitique dans l’analyse du secteur. Pour les EAU, l’enjeu ne sera pas seulement de retrouver les niveaux de fréquentation antérieurs, mais de démontrer que leur modèle de hub reste fiable dans un environnement régional plus incertain. La résilience du tourisme émirien se mesurera donc à la capacité du pays à transformer le retour progressif des flux en reprise durable de l’activité.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

 

Pétrole et gaz

Brent 26/6/2026 à 12h00 GST : 73,27 USD/Bbl

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Cette semaine, le Brent a nettement effacé l’essentiel de sa prime de risque géopolitique. Après avoir évolué au-dessus de 80 USD en début de semaine, il est retombé autour de 72 USD/baril, repassant sous son niveau d’avant-guerre et confirmant un net retournement du sentiment de marché. Cette baisse ne traduit pas seulement la détente diplomatique entre Washington et Téhéran, elle reflète surtout la normalisation plus rapide qu’attendu des flux via le détroit d’Ormuz, portée par la reprise des transits de tankers et le retour progressif de l’offre du Golfe sur le marché international.

Cette détente des prix intervient alors que le marché physique montre désormais des signes de surabondance à court terme. Le spread prompt du Brent est passé en contango pour la première fois depuis le début du conflit, signal classique d’un marché moins tendu à court terme. En Europe comme en Asie, les acheteurs font face à un afflux d’offres en provenance du Moyen-Orient. Cette situation contraste fortement avec les dernières semaines, durant lesquelles les raffineurs avaient accéléré leurs achats afin de sécuriser leurs approvisionnements face au risque de perturbation des flux via le détroit d’Ormuz.

Les Émirats arabes unis apparaissent comme l’un des producteurs ayant le mieux amorti le choc logistique. Selon l’AIE, les exportations émiriennes auraient retrouvé près de 85 % de leur niveau d’avant-guerre dès le début juin, contre seulement 1,9 Mb/j en mars, grâce à la combinaison du pipeline vers Fujairah, des capacités de stockage de Mandous et de transits discrets via Ormuz. Cette résilience confirme l’intérêt stratégique des infrastructures de contournement développées par Abu Dhabi, mais elle contribue aussi, dans la phase actuelle, à accentuer la pression baissière sur les prix en remettant rapidement des volumes importants sur le marché

Le Qatar rejoint à son tour ce mouvement de reprise des flux énergétiques du Golfe. Les premières ventes observées de brut qatari à des raffineurs asiatiques depuis le début de la guerre, notamment d’Al-Shaheen à Taïwan et à l’Inde, signalent une normalisation progressive des échanges pétroliers. Sur le gaz, l’enjeu est encore plus sensible : l’activité autour de Ras Laffan reprend, et Doha viserait une restauration de l’essentiel de sa capacité d’exportation de GNL en deux mois après réouverture complète du détroit. Pour le marché gazier, cette perspective réduit le risque immédiat de tension sur l’offre asiatique et européenne, même si la reconstitution des stocks et la sécurité des routes maritimes resteront déterminantes.

L’Iran constitue l’autre variable clé de ce nouvel équilibre. La licence américaine de 60 jours autorisant temporairement certaines ventes de pétrole iranien apporte une perspective favorable à Téhéran, tout en ajoutant des volumes à un marché déjà en voie de détente. Cette reprise demeure toutefois politiquement fragile, tant que les discussions sur le nucléaire, le Liban et le régime futur de navigation dans le détroit restent ouvertes. La possibilité de frais ou d’un mécanisme d’administration du détroit par l’Iran a déjà été qualifiée de ligne rouge par D. Trump, ce qui limite pour l’instant l’hypothèse d’un retour complet à la normale.

Ce basculement pénalise également les producteurs qui avaient bénéficié de la prime de risque, à commencer par la Russie. Les exportations russes de brut ont atteint leur plus haut niveau de 2026, à 3,89 mbpj en moyenne sur quatre semaines, mais la baisse des prix et le retour des barils iraniens et golfiques réduisent la rente de Moscou et pourraient l’obliger à élargir ses décotes, notamment sur le marché indien. Dans ce contexte, la compétition pour les débouchés asiatiques pourrait redevenir plus vive, alors même que la demande chinoise reste encore limitée.

Pour les économies importatrices, la chute du Brent offre un répit désinflationniste bienvenu. Plusieurs responsables européens soulignent déjà l’effet positif de la détente pétrolière sur les prix, même si l’inflation sous-jacente reste élevée. Pour les producteurs du Golfe, en revanche, l’arbitrage est plus délicat car la normalisation du détroit sécurise les volumes exportés et restaure la visibilité logistique, mais elle réduit simultanément les recettes unitaires et ravive le risque de surabondance. La semaine marque ainsi un changement net de régime de marché : après la peur de la pénurie, le pétrole se réajuste désormais à la perspective d’un excès d’offre temporaire.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

 

Brèves économiques 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

L’Arabie saoudite approuve les modalités d’application de la loi autorisant la propriété immobilière par les non-Saoudiens — Le Conseil des ministres saoudien a approuvé le règlement d’application de la loi sur la propriété immobilière des non-Saoudiens, ainsi que les zones géographiques dans lesquelles les étrangers seront autorisés à acquérir des biens immobiliers. Entrée en vigueur en janvier 2026 après sa publication au Journal officiel en juillet 2025, cette loi autorise les personnes physiques et morales non-Saoudiennes à détenir différents types de biens immobiliers, notamment résidentiels, commerciaux, agricoles et industriels, sous réserve de l’obtention des autorisations requises et du respect des dispositions réglementaires. Le texte accorde également aux entreprises étrangères opérant dans le Royaume le droit de posséder les actifs immobiliers nécessaires à leurs activités, tels que des bureaux, usines ou entrepôts, à condition de disposer des licences appropriées.

J.P. Morgan abaisse ses prévisions de prix du Brent pour le S2 2026 — La banque prévoit désormais un prix moyen du Brent de 86 USD par baril au T3 2026, puis de 80 USD au T4. Elle anticipe un prix de 78 USD par baril à la fin de l’année. Cette révision reflète des perspectives de marché moins tendues que prévu, malgré un contexte géopolitique toujours marqué par des incertitudes sur l’offre énergétique mondiale.

AviLease lève 650 M USD via une émission obligataire à échéance 2031 — AviLease, société de leasing aéronautique détenue par le Public Investment Fund (PIF), a réalisé une émission obligataire de 650 M USD à échéance 2031 via sa filiale AviLease Capital Ltd. Les obligations portent un coupon fixe de 5,5 % et sont notées Baa2 par Moody’s et BBB par Fitch.  Les fonds levés seront utilisés à des fins générales de financement et pour soutenir le développement de l’entreprise. Cette émission intervient après une première levée obligataire internationale de 850 M USD réalisée en novembre 2025. En 2025, la société a enregistré un chiffre d’affaires de 664 M USD, en hausse de 19 % sur un an, tandis que son bénéfice avant impôts a doublé pour atteindre 122 M USD. Son portefeuille comprend désormais 202 appareils détenus ou gérés, loués à plus de 50 compagnies aériennes dans plus de 30 pays, pour un total d’actifs de 9,3 Md USD.

Energie, Transport & Infrastructure

Un consortium saoudo-allemand remporte un contrat PPP hospitalier de 1 Md USD — Le ministère saoudien de la Santé et le National Center for Privatization (NCP) ont attribué un contrat de partenariat public-privé (PPP) pour l’exploitation et la gestion de l'hôpital spécialisé en santé comportementale Sabic, situé à Riyad. Le contrat a été remporté par le consortium SEH Healthcare, réunissant les entreprises saoudiennes Specialized Medical Company, Health Gates Complex, ainsi que l’allemand Dr Ebel Fachkliniken. La valeur estimée du projet s’élève à 1 Md USD. D’une durée de 15 ans, le contrat couvre l’exploitation de l’établissement, la maintenance, la gestion des équipements ainsi que la fourniture de services spécialisés dans les domaines de la santé mentale et du traitement des addictions. L’hôpital s’étendra sur 62 500 m² et dispose de 150 lits, 19 cliniques ambulatoires et six unités d’accueil de jour dédiées aux soins psychiatriques, à la réhabilitation et au suivi des patients. 

 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

S&P anticipe un choc économique marqué en 2026, avec un PIB réel des EAU attendu en contraction de -2,7 %, après +6,2 % en 2025, principalement en raison de la baisse de la production pétrolière à 2,5–2,6 mb/j contre 3,14 mb/j en 2025. Les secteurs non pétroliers les plus exposés (tourisme, commerce, construction, immobilier et industrie) représentent environ 45 % du PIB, avec déjà des signes de stress : passagers à Dubai Airport en baisse de 20,6 % au T1 2026 et occupation hôtelière à Dubaï tombée à 33 % en mars. La reprise attendue à partir de 2027 reposerait surtout sur le redressement de la production pétrolière, prévue à 4 mb/j en 2027 puis 5 mb/j en 2029, et sur le développement de routes d’exportation hors détroit d’Ormuz. Malgré le choc, les EAU disposent d’importants amortisseurs, avec des actifs liquides publics estimés à environ 200 % du PIB, ce qui limite le risque budgétaire et financier à court terme.

MGX, le véhicule d’investissement IA d’Abu Dhabi adossé à Mubadala et G42, aurait levé près de 50 Md USD auprès de fonds souverains régionaux, fonds de pension et investisseurs institutionnels mondiaux, constituant l’un des plus grands fonds jamais dédiés à l’intelligence artificielle. Cette levée doit financer des investissements dans les infrastructures IA — modèles avancés, semi-conducteurs, data centers — alors que MGX vise plus de 100 Md USD d’actifs sous gestion et prévoit de déployer jusqu’à 10 Md USD par an dans les prochaines années. Déjà investie dans OpenAI et xAI, et active aux côtés de BlackRock et Microsoft, MGX confirme le positionnement d’Abu Dhabi comme financeur central de la chaîne de valeur mondiale de l’IA.

Mubadala Capital a déposé une offre ferme d’1 Md EUR (1,1 Md USD) pour acquérir Pierre & Vacances-Center Parcs, au prix de 1,90 EUR par action, avec un complément possible de 0,10 EUR en cas de retrait de la cote. L’opération, soutenue par le conseil d’administration et par trois actionnaires représentant près de 60 % du capital, renforcerait l’exposition européenne de Mubadala dans le tourisme.

Energie, Infrastructure & Industrie

Le train arrive aux Émirats (et la France y contribue) ! Les autorités émiriennes ont annoncé le lancement de la première ligne ferroviaire passager des Émirats arabes unis le 30 juin, permettant de relier les gares d’Abou Dhabi et Fujaïrah (durée 1h45) dans un premier temps. L’annonce a été faite le 24 juin lors de l’inauguration de la gare Mohamed bin Zayed City à Abou Dhabi par Cheikh Khaled, prince héritier d’Abou Dhabi. Les tarifs des billets sur la ligne Abou Dhabi-Foujaira commencent à 55 AED (15 USD) en classe « Comfort » et à 120 AED (32 USD) en classe « Premium ». La liaison entre Abu Dhabi et Dubaï sera opérationnelle dès le 30 septembre 2026, et les autres stations du pays ouvriront au fur et à mesure (fin 2026 pour les gares de la région d’Al Dhafra et fin mars 2027 pour la gare de Sharjah). Le réseau permettra de relier 11 stations à travers le pays, sur près de 900 km de lignes, avec une flotte de 13 trains pouvant accueillir jusqu’à 400 passagers chacun et allant jusqu’à 200 km/h. La ligne sera exploitée et maintenue par Keolis, en partenariat avec Etihad Rail au sein de la coentreprise Etihad Mobility. L’annonce du lancement de la ligne ferroviaire inter-émirats, en avance par rapport au calendrier qui prévoyait une mise en service après l’été, envoie un signal positif et confirme le maintien des ambitions émiriennes sur les grands projets d’infrastructures. La participation de Keolis au cœur de projet majeur aux Émirats arabes unis confirme l’excellence de la relation bilatérale et l’excellence de l’expertise française dans le secteur ferroviaire.

La construction prend du retard. Emaar Properties a annoncé reporter d’au moins quatre mois la publication de l'appel d'offres pour la Dubaï Creek Tower, invoquant la hausse du coût des matériaux de construction. À l’origine, le projet devait être achevé avant l’Expo 2020 et était conçu pour détrôner le Burj Khalifa en tant que plus haut bâtiment du monde. La tour a été imaginée comme le projet phare du développement du front de mer de Dubai Creek Harbour. Il s’agit du second report d’un projet majeur aux Émirats, après le report de l’ouverture du mégaprojet touristique de l’île Marjan à Ras Al Khaïmah (investissement de 5 Md USD), prévue pour 2026 et repoussée à mi-2027. De manière générale, la construction prend du retard, à Dubaï la moitié des 45 000 logements dont la livraison était prévue pour 2026 a été reportée à 2027. La hausse des coûts de construction aux Émirats arabes unis est substantielle (entre 1,5 % à 14 % selon les matériaux entre fin avril et mi-mai 2026), et provient de l’effet conjugué de la hausse des prix de l’énergie et des perturbations logistiques.

La préqualification pour la construction de la Gold Line est lancée. L’Autorité des routes et des transports de Dubaï (RTA) a lancé la procédure de qualification pour la partie génie civil de la nouvelle « Gold Line », dans le cadre de l’extension du réseau du métro de Dubaï, avec une date limite de dépôt des dossiers au 17 août. La Gold Line sera un réseau entièrement souterrain s'étendant sur plus de 42 kilomètres et comptant 18 stations, prévu pour 2032 et dont le montant est estimé à environ 34 M AED (9,2 Md USD).

Qatar

Une explosion sur le site de l’usine Barzan, située au sein du complexe industriel de Ras Laffan au nord de Doha, a fait 13 morts et 66 blessés. Les autorités qatariennes ont attribué l'incident à un accident technique sur cette unité qui fournit du gaz naturel pour le marché local et précisé que les installations de liquéfaction destinées à l'exportation n'avaient pas été touchées. Une enquête a été ouverte par QatarEnergy.

Plusieurs méthaniers liés à QatarEnergy ont franchi le détroit d'Ormuz en direction du Qatar. Cette évolution témoigne d'une amélioration progressive des conditions de navigation et pourrait faciliter le redémarrage des exportations énergétiques qatariennes à plus grande échelle.

La Qatar Development Bank (QDB) a participé à l’édition 2026 de VivaTech à Paris afin de promouvoir le Qatar comme destination pour les start-ups et l’innovation. À cette occasion, son directeur général, Abdulrahman bin Hesham Al Sowaidi, a souligné le renforcement du soutien de la banque publique aux start-ups à travers le programme Startup Qatar Investment Program.

La Qatar Investment Authority (QIA) a annoncé un investissement de 432 M EUR dans l’augmentation de capital de RWE, un des leaders mondiaux des énergies renouvelables, portant sa participation dans le groupe énergétique allemand de 9,27 % à 9,87 %. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une levée de fonds d’environ 4 Mds EUR destinée à renforcer les activités de RWE, notamment via une montée indirecte de sa participation dans Amprion, deuxième opérateur de réseau de transport d’électricité en Allemagne. La QIA a aussi participé à une levée de fonds de série D de 380 M USD dans Nearfield Instruments, une entreprise néerlandaise spécialisée dans les solutions avancées de métrologie et de contrôle des procédés pour les semi-conducteurs, portant sa valorisation à 1,6 Md USD. Cette opération, menée aux côtés de plusieurs investisseurs internationaux, vise à accélérer le développement technologique de l’entreprise dans un contexte de forte croissance des besoins liés à l’intelligence artificielle et aux puces de nouvelle génération.

Le ministre d’État aux Affaires énergétiques, Saad bin Sherida Al Kaabi, s’est entretenu, par téléphone, avec le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, afin d’échanger sur les relations énergétiques entre le Qatar et la France et les moyens de les renforcer. Le ministre français a fait part de son soutien suite à l’accident industriel survenu la veille.

Invest Qatar a annoncé le lancement du module « Venture Capital Funding » sur sa plateforme en ligne Invest Qatar Gateway, développé en partenariat avec la Qatar Investment Authority (QIA), afin de faciliter l’accès des startups aux financements. Ce nouvel outil centralise les opportunités de capital-risque, permettant aux entreprises de consulter les critères des fonds partenaires, d’accéder à des services d’accompagnement et de soumettre directement leurs projets à des investisseurs, dont plusieurs fonds soutenus par le programme Fonds de Fonds de 3 Mds USD de la QIA.

 

Koweït

Retour aux sources. La Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a lancé la conversion de son réseau de stations-service sous la marque internationale Q8 de KPI. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de sa stratégie d’unification de l’identité commerciale du groupe à l’horizon 2040. Une première station a déjà été inaugurée et huit sites doivent être convertis lors de la phase initiale du projet. L'ensemble du réseau passera progressivement sous la gestion de Kuwait Petroleum International (KPI). KNPC, qui gère les stations de carburant au Koweït depuis 1961, continue d’assurer son rôle dans la fourniture et l’approvisionnement en produits pétroliers pour l’ensemble du réseau. Au-delà du changement de marque, KPC ambitionne de transformer ses stations en pôles de services intégrés, avec bornes de recharge pour véhicules électriques, restauration, lavage automobile et solutions de paiement intelligentes. L’objectif est de diversifier les revenus, renforcer la fidélité des clients et accroître la visibilité de la marque énergétique koweïtienne sur son marché domestique.

Les prix montent discrètement. L’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 2,49 % en mai 2026 par rapport à mai 2025. L’inflation progresse également de 0,07 % entre avril et mai 2026, portée par la hausse de plusieurs catégories de dépenses. Les prix des aliments et boissons enregistrent la plus forte contribution, en hausse de 5,96 % en g.a, suivis des services divers (+6,61 %, plus forte hausse globale), du transport (+4,46 %), de la santé (+1,19 %), du logement (+0,49 %) et de l’habillement (+1,10 %). Les biens et services liés aux loisirs (+1,06 %), à l’éducation (+0,94 %), à la restauration et hôtellerie (+0,88 %) ainsi qu’aux communications (+1,03 %) enregistrent également des hausses. Le CSB souligne une dynamique inflationniste tirée principalement par les biens essentiels, notamment l’alimentation et les transports.

Valeur sûre. La Banque centrale du Koweït (BCK), pour le compte du ministère des Finances, a levé 550 millions de dinars koweïtiens (environ 1,8 milliard de dollars) via une émission de bons du Trésor et d'instruments de dette publique répartis en quatre tranches. L'opération, annoncée le 24 juin 2026, a été largement sursouscrite : les quatre tranches ont été couvertes entre 2,96 et 3,80 fois. Les rendements ont été fixés entre 2,70 % et 3,25 % selon les échéances. Cette forte demande reflète la confiance des investisseurs dans le crédit souverain koweïtien.

Coup de chauffe du solaire. La Kuwait Authority for Partnership Projects (KAPP) s'apprête à ouvrir les offres financières pour le projet solaire Al Dibdibah / Al Shagaya Phase III - Zone 1, d'une capacité de 1,1 GW. Trois consortiums sont en lice : ACWA Power, Masdar et EDF Renewables. L'attributaire sera désigné après validation par le Bureau d'audit de l'État. En parallèle, la KAPP évalue les offres reçues pour le projet Al Khairan Phase 1, qui combine une centrale électrique de 1 800 MW et une usine de dessalement de 125 millions de gallons par jour. Les offres techniques ont été ouvertes le 1er juin. Enfin, la Zone 2 du même programme solaire (500 MW) suit son propre calendrier : date limite de soumission fixée au 26 juillet, avec six consortiums et trois entreprises préqualifiés.

  

Bahreïn

Bahreïn ouvre les offres pour son mégaprojet de production d’électricité et d’eau de Sitra — L’Autorité de l’électricité et de l’eau de Bahreïn a ouvert le 18 juin les offres pour le projet indépendant de production d’eau et d’électricité (IWPP) de Sitra, l’un des principaux projets d’infrastructures énergétiques actuellement en préparation dans le Royaume. Le projet sera développé selon un modèle Build-Own-Operate (BOO) et comprend une centrale électrique d’une capacité comprise entre 1 400 MW et 1 500 MW, ainsi qu’une usine de dessalement par osmose inverse d’eau de mer capable de produire 5 682 m³ d’eau par heure.