Inde

Reprise des routes commerciales à la frontière entre la Chine et l’Inde

Après six ans d’interruption, un premier groupe de 26 commerçants indiens devrait franchir le col de Lipulekh, un col de haute altitude en Uttarakhand, pour entrer en territoire tibétain le 26 juin, marquant la reprise du commerce transfrontalier entre l’Inde et la Chine. A noter qu'un bureau des douanes a été ouvert à Gunji en Uttarakhand pour faciliter les opérations. Les marchandises sont déjà stockées dans des entrepôts situés dans les villages proches du col.

Cette reprise fait suite à l'accord diplomatique d'août 2025 entre l'Inde et la Chine pour rouvrir trois routes commerciales himalayennes désignées : Lipulekh, Shipki La et Nathu La. Le commerce avait été suspendu en 2019-2020 en raison de la pandémie de Covid-19, puis des tensions frontalières ayant suivi.

Cinquième hausse consécutive de l’inflation en mai

L'inflation de détail en Inde, mesurée par l'indice des prix à la consommation (IPC), a accéléré pour le cinquième mois consécutif à 3,93 % en mai 2026, dans un contexte de tensions géopolitiques, selon les données officielles publiées par le ministère des Statistiques (MoSPI). Il s'agit de l’inflation la plus élevée enregistrée dans la nouvelle série CPI à base 2024, introduite en janvier, et de la hausse séquentielle la plus marquée de l'année.

L'inflation alimentaire a atteint 4,78 % en mai, contre 4,20 % en avril. Les tomates ont émergé comme facteur majeur, avec une flambée de 57 % sur un an à 36 roupies le kilo. Le prix du riz a également progressé de 2,7 %. Du côté de l'énergie, les distributeurs publics de carburant ont relevé leurs prix à quatre reprises en mai, entraînant inéluctablement une hausse des coûts de transport dont l'inflation est passée de -0,01 % en avril à 1,75 % en mai.

 

Maldives

Nouveau cadre pour le financement des infrastructures par l’investissement touristique 

Le décret présidentiel n° 2026/11 du 22 juin actualise le régime des projets d’intérêt public pouvant être réalisés selon le mécanisme de financements croisés (« cross-subsidy »). Ce dispositif prévoit qu’un investisseur finance ou réalise un projet prioritaire pour l’État en contrepartie de l’attribution d’un terrain, d’une île ou d’un lagon destiné notamment au développement touristique. 19 catégories assez larges de projets sont prévues (dont les principaux sont le tourisme et l’aménagement foncier, les transports et la connectivité interinsulaire, le logement et le développement urbain, les services essentiels et l’environnement, la justice et la sécurité nationale), assorties de seuils minimaux d’investissement compris entre 4 et 100 MUSD. L’idée est d’attirer davantage de capitaux privés, notamment étrangers, et d’accélérer la réalisation d’infrastructures sans décaissement budgétaire initial équivalent pour l’État et d’utiliser la valeur des actifs touristiques pour financer des équipements publics.

 

 

Népal

Maintien sur la liste grise du GAFI

Le Népal reste inscrit sur la liste grise du GAFI en 2026, faute de progrès suffisants dans la mise en œuvre de son dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Le GAFI reconnaît certaines avancées techniques, mais estime que les résultats restent insuffisants. Les principales faiblesses concernent l’évaluation des risques, la supervision fondée sur les risques, les transferts informels, ainsi que le faible nombre d’enquêtes et de poursuites pour blanchiment. Les secteurs jugés prioritaires sont les banques commerciales, les coopératives à risque élevé, les casinos, l’immobilier et les négociants en métaux et pierres précieuses. Le GAFI demande également de renforcer la capacité des autorités à identifier, saisir et confisquer les produits d’activités criminelles. Le maintien sur la liste grise accroît la surveillance des transactions internationales et peut renchérir les coûts de conformité pour les banques, les investisseurs et les transferts de fonds.

 

Sri Lanka

La banque centrale durcit la conversion des recettes d’exportation

La Banque Centrale a publié une nouvelle réglementation obligeant les exportateurs de biens à convertir en roupies, au plus tard le 10 du mois suivant leur encaissement, le solde de leurs recettes en devises qui n’a pas été utilisé pour des paiements autorisés. Jusqu’à présent, ce solde pouvait être conservé pendant trois mois. Ce texte doit encore être approuvé par le Parlement pour entrer en vigueur. La banque cherche à augmenter rapidement l’offre de dollars sur le marché local et à soutenir la roupie. Ce nouveau durcissement constitue un signe supplémentaire des tensions pesant sur l’approvisionnement du pays en devises, dans un contexte d’alourdissement de la facture énergétique et de pression sur le taux de change.

1,85 Md USD de prêts décaissés (hors FMI) depuis l’élection présidentielle de 2024 

À l’occasion d’une question posée au Parlement par un député de l’opposition, le gouvernement sri-lankais a précisé les financements extérieurs décaissés entre l’élection présidentielle de septembre 2024 et le 5 mai 2026, hors concours du FMI. Ces versements se répartissent entre 1,752 Md USD de financements multilatéraux et 102,31 MUSD de prêts bilatéraux (Japon pour 46,37 MUSD, Arabie saoudite 28,35 MUSD, Inde 20,64 MUSD, Corée du Sud 3,49 MUSD et Pays-Bas 3,46 MUSD). La majorité concerne des accords conclus avant les élections pour des projets dans les secteurs de l’eau, l’électricité, les routes, les chemins de fer, la santé et l’enseignement supérieur. Le détail des financements multilatéraux n’est pas précisé mais ils proviennent principalement de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement, ainsi que de l’OPEC Fund, de l’AIIB et de l’IFAD. Sur la période, le Fonds a versé environ 890 MUSD au Sri Lanka, si l’on exclut celui de 695 MUSD, autorisé le 27 mai 2026. Le relevé ne tient pas compte des financements non encore finalisés, tels que le prêt chinois équivalent à 500 MUSD envisagé auprès de China Exim Bank pour la section Kadawatha-Mirigama de la Central Expressway, ainsi que des 350 MUSD de lignes de crédit concessionnelles indiennes annoncées après le cyclone Ditwah.

Recul sur l'élargissement de la TVA 

Le gouvernement sri-lankais a renoncé à l'une des principales mesures fiscales prévues dans le budget 2026, à savoir l'abaissement du seuil d'assujettissement à la TVA de 60 à 36 MLKR de chiffre d'affaires annuel. Cette réforme devait faire entrer environ 30 000 plusieurs dizaines de milliers de PME dans le système de TVA et élargir l'assiette fiscale. L'abandon de la mesure pourrait représenter un manque à gagner de l'ordre de 40 à 60 Mds LKR par an (environ 120 à 180 MUSD), soit moins de 1% des recettes fiscales totales mais un montant non négligeable dans le cadre du programme de consolidation budgétaire soutenu par le FMI. Cette décision répond aux critiques des organisations de PME et des commerçants, qui estimaient que l'extension de la TVA aurait accru les coûts administratifs et les prix pour les consommateurs.

Les exportations progressent de 7,6% sur les cinq premiers mois de 2026 

Les exportations de biens et de services ont atteint 7,39 Mds USD entre janvier et mai 2026 (5,76 Mds USD pour les biens et 1,63 Md USD pour les services), en hausse de 7,6% sur un an, selon le Sri Lanka Export Development Board. Pour le seul mois de mai, elles se sont élevées à 1,57 Md USD, soit une progression annuelle de 18,3%. Les exportations de marchandises ont atteint 1,22 Md USD, tandis que celles de services sont estimées à 347 MUSD durant ce mois. L’EDB attribue cette évolution à la bonne tenue de plusieurs secteurs exportateurs et à la reprise de la demande sur certains marchés extérieurs. Les données reposent sur les statistiques de Sri Lanka Customs et de la Banque centrale, certaines catégories, notamment les services, faisant encore l’objet d’estimations provisoires.