Partenariat G7 pour l’inclusion financière et numérique des femmes en Afrique : un événement de haut niveau pour valoriser l’engagement de la France
Le 23 juin 2026, la Direction générale du Trésor a organisé, avec l’Agence Française de Développement (AFD) et le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) un événement de haut niveau dédié à l’inclusion financière et numérique des femmes en Afrique.
Cet événement, qui a obtenu la labellisation « Présidence française du G7 », a été ouvert par Eléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, aux côtés de Bertrand Dumont, directeur général du Trésor et de Chistophe Lecourtier, directeur général de l’AFD.
S’inscrivant dans le cadre des priorités de la Présidence française du G7 dans le domaine des partenariats internationaux et de la solidarité, et visant plus largement à promouvoir l’égalité de genre, cette conférence a réuni des représentants de pays africains (Banque centrale, Banque nationale de développement, ministères), des représentants de banques multilatérales de développement (Banque mondiale, Banque africaine de développement), des acteurs clés du secteur privé en Afrique, ainsi que des représentants de partenaires du G7 (Allemagne, Japon, Royaume-Uni, Italie).
Cette conférence a permis de mettre en lumière les avancées concrètes du partenariat du G7 pour l’inclusion financière et numérique des femmes en Afrique, lancé en 2019 lors de la réunion des ministres des finances du G7 sous la précédente présidence française. Ce partenariat vise à renforcer l’accès des femmes africaines aux services financiers numériques en agissant tant sur les infrastructures, l’accès à l’identification numérique, la numérisation des paiements que sur les cadres réglementaires et la production de données probantes.
Des initiatives concrètes
À travers ce partenariat PG7, la DG Trésor finance 5 initiatives complémentaires qui font partie du PG7 :
- Le Fonds d’Identification pour le Développement (ID4D) piloté par la Banque mondiale ;
- La Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique (ADFI) à la Banque Africaine de Développement ;
- L’initiative African Policy Accelerator (APA) du fond d’équipement des Nations Unies (UNCDF) ;
- Le programme Digital Identification and Finance Initiative in Africa (DigiFi) porté par le laboratoire J-PAL ;
- La Better than Cash Alliance (BTCA) hébergée au PNUD.
La DG Trésor soutient le travail de ces initiatives car l’inclusion financière des femmes est un levier essentiel pour la croissance économique et la réduction des inégalités de genre. L’accès limité aux appareils électroniques, le manque de pièces d’identité officielles et l’isolement géographique ralentissent les progrès en inclusion financière. En Afrique subsaharienne, bien que 58 % des adultes disposent désormais d’un compte bancaire en 2024, il reste un écart de 12% en matière d’inclusion financière entre les femmes et les hommes. Cette exclusion limite la capacité des femmes à épargner, investir et entreprendre, freinant ainsi la croissance économique. Selon la Banque mondiale, l’exclusion des femmes du marché du travail pourrait entrainer une perte de 15 à 20% du PIB, selon les régions (voir le Rapport de la Banque mondiale : Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2026).
Que retenir de l'événement ?
Cet événement a permis de :
- Faire le point sur les réussites des initiatives dans le PG7 depuis 2019 ;
- Partager les bonnes pratiques en matière d’inclusion financière et numérique des femmes mais aussi redéfinir comment mieux cibler le travail à venir ;
- Assurer une bonne coordination entre les acteurs, particulièrement dans le pays d’intervention ;
- Cibler les priorités d’action autour des population et entreprises les plus fragiles, généralement les femmes et les jeunes, les petites et moyennes entreprises (PME), et les populations rurales.
La Ministre Eléonore Caroit a souligné que l’inclusion financière des femmes n’est pas seulement une question d’équité, c’est un impératif économique.
L’intervention de la Reine Maxima, Envoyée spéciale de Secrétaire général de l’ONU pour la santé financière, a permis de mettre en avant les éléments clés pour une finance inclusive et durable :
- L’investissement dans des biens publics numériques favorisant l’accès pour les femmes aux services financiers ;
- L’investissement dans des solutions digitales renforçant la résilience et la subsistance des femmes. Il s’agit de dépasser la simple question de l’accès pour se concentrer sur l’épargne, l’assurance et d’autres outils financiers ;
- Toutefois, la technologie numérique ne constitue pas une solution miracle, elle doit s’accompagner de formations et d’opportunités concrètes pour que les femmes puissent tirer pleinement parti de outils financier et digitaux.
Les panelistes, tant de la session de haut niveau que la session technique, se sont accordés sur le fait que lorsque les femmes ont accès aux ressources financières, elles investissent dans l’éducation, la santé et l’entrepreneuriat, ce qui profite à toute la société. L’accès aux produits financiers et la numérisation des services financiers sont des éléments clés pour favoriser l’inclusion des femmes dans les économies africaines, permettant ainsi une croissance économique durable.
À travers cet événement, l’engagement de la France à travailler main dans la main avec l’ensemble des partenaires pour accélérer ces dynamiques a été réaffirmé. Il a également constitué un appel à rejoindre le partenariat du G7 afin de mutualiser les ressources pour renforcer l’impact des actions visant à soutenir l’autonomisation économique des femmes en Afrique.