Le 19 juin 2026, à l’occasion de Vivatech, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a annoncé le lancement de la troisième phase de l’initiative Tibi. Cette nouvelle étape mobilise un montant record de 13 milliards d’euros supplémentaires auprès des investisseurs institutionnels partenaires, avec l’objectif d’atteindre 15 milliards d’euros d’ici la fin de l’année.

Cette troisième phase prolonge la dynamique engagée depuis le lancement de l’initiative, annoncée en septembre 2019 et formellement lancée en 2020. Les deux premières phases ont déjà permis de mobiliser près de 16 milliards d’euros, dépassant les ambitions initiales fixées respectivement à 6 milliards d’euros pour la première phase et à 7 milliards d’euros pour la deuxième. Avec cette nouvelle enveloppe, près de 31 milliards d’euros auront été mobilisés depuis 2020 au service de l’innovation, des technologies de rupture et de la souveraineté économique européenne.

Une priorité donnée aux technologies de rupture

La troisième phase de l’initiative Tibi répond en priorité au besoin de financement des entreprises développant des technologies innovantes, notamment dans les grandes filières stratégiques de souveraineté et les chaînes de valeur des secteurs scientifiques critiques.

L’innovation de rupture est placée au cœur de cette nouvelle étape : l’initiative se donne une ambition de 50% d’investissements dans des entreprises de la deeptech, couvrant notamment le quantique, l’intelligence artificielle, les biotechnologies et la space tech. Cette orientation vise à renforcer le financement des technologies nécessaires à la souveraineté technologique, économique et industrielle de la France et de l’Europe.

L’initiative élargit également son périmètre à de nouveaux champs stratégiques, en particulier les infrastructures de l’intelligence artificielle et les chaînes de valeur des secteurs scientifiques critiques. Elle renforce aussi son volet « défense et souveraineté », dans le prolongement du soutien du gouvernement au financement de la base industrielle et technologique de défense.

Une mobilisation élargie des investisseurs partenaires

Cette troisième phase réunit désormais une quarantaine d’investisseurs partenaires. Elle accueille de nouveaux acteurs de premier plan : Carac, SNCF, RATP, Naval Group, MBDA et Eutelsat. Leur participation traduit l’élargissement de l’initiative à des enjeux industriels et technologiques directement liés à la souveraineté, en particulier dans les secteurs critiques, la défense et les télécommunications.

L’initiative Tibi repose sur la mobilisation des investisseurs institutionnels, en particulier les assureurs, mutuelles, fonds de pension et autres investisseurs de long terme, afin d’orienter une partie de l’épargne vers le financement des entreprises technologiques à forte croissance. Les investissements sont réalisés par l’intermédiaire de fonds spécialisés, couvrant le capital-risque, le capital-croissance et les fonds technologiques cotés.

Au 31 mars 2026, 176 fonds avaient obtenu une homologation Tibi. Les fonds de technologie non cotés ont collecté plus de 40 milliards d’euros, tandis qu’une trentaine de fonds technologiques boursiers totalisaient 18 milliards d’euros d’encours. L’initiative contribue ainsi à faire de la place de Paris un centre européen de référence pour le financement de la technologie.

Un nouveau soutien aux PME et ETI cotées

La troisième phase de l’initiative Tibi prévoit également un volet dédié au renforcement des investissements dans les valeurs cotées des PME et ETI, désormais éligibles à l’initiative. Ce volet sera porté par la Caisse des dépôts et consignations.

L’objectif est de renforcer l’écosystème boursier français sur les petites et moyennes capitalisations, afin de faciliter les introductions en bourse de start-up et de scale-up françaises au moment de leur passage à l’échelle. Cette orientation vise à offrir aux entreprises technologiques et stratégiques une perspective de croissance sur le territoire national, en complément des autres sources de financement disponibles.

Une ambition européenne renforcée

Cette troisième phase s’accompagne d’une ambition européenne assumée. Elle vise à accélérer l’intégration du marché du financement de l’innovation, en favorisant l’émergence de fonds paneuropéens de taille mondiale, capables d’accompagner les entreprises technologiques tout au long de leur croissance et d’intervenir sur les tours de financement les plus importants.

Les fonds de l’écosystème seront encouragés à renforcer leurs investissements à l’échelle européenne et à diversifier leur base de souscripteurs, grâce à une mobilisation accrue des investisseurs institutionnels internationaux.

Cette démarche a vocation à être menée de manière concertée avec nos principaux partenaires européens, notamment l’Allemagne. L’objectif est de contribuer à bâtir une capacité européenne de financement des technologies stratégiques, afin de permettre aux champions technologiques européens de se développer, de rivaliser avec leurs concurrents internationaux et de demeurer durablement ancrés en Europe.

D’ici la fin de l’année 2026, la France et l’Allemagne travaillent à la création d’une première plateforme réunissant des investisseurs institutionnels français et allemands autour de fonds franco-allemands. Ce réseau a vocation à être ouvert aux autres États membres souhaitant structurer leur propre dispositif national.

« Orienter massivement l’épargne vers l’innovation et les technologies de rupture »

« Dans le cadre de Vivatech, nous annonçons une mobilisation exceptionnelle et record de 13 milliards d’euros supplémentaires au titre de la troisième phase de l’initiative Tibi, qui seront investis dans les entreprises en croissance et innovantes françaises et européennes. Cette nouvelle phase, d’une ampleur inédite et dans un moment crucial, témoigne de la confiance des investisseurs institutionnels et de notre capacité collective à orienter massivement l’épargne vers l’innovation et les technologies de rupture, au service de notre souveraineté économique et industrielle », a déclaré Roland Lescure.

Au-delà des capitaux mobilisés, l’initiative Tibi contribue également à structurer l’écosystème technologique français par la formation, le partage des savoirs et le dialogue entre investisseurs, entreprises, scientifiques et économistes. La mission Tibi organise ainsi régulièrement des ateliers consacrés aux innovations de rupture, afin de renforcer la compréhension des technologies stratégiques et des besoins de financement associés.